Diversifiez votre programme!


Plusieurs mamans m’ont écrit suite à mes dernières publications, réalisant à quel point elles n’avaient pas compris le travail à faire en français.  Elles prennent conscience que leur façon de travailler leur programme de français était en partie responsable des lacunes de leurs enfants.

Elles doivent réaliser maintenant qu’il est vraiment facile de «bonifier» un programme très facilement au fond, en ajoutant, mine de rien, quelques petites choses ici et là !

Par exemple ? Je vous invite à fouiller le site «Manuels anciens» qui proposent des numérisations de manuels anciens.  Vous pourrez y puiser un texte ici et là, des idées pour améliorer l’orthographe, d’autres idées pour des rédactions ou encore des pistes de travail en vocabulaire ou en lecture.  On y retrouve des livres de lecture, d’étude de la langue, des livres pour des rédactions dirigées, etc.

Il y a là, sérieusement, des ressources incroyables et vraiment fabuleuses!

Manuels anciensclique

Afin de vous aider à mieux choisir :

  • CP = 1ère année québécoise
  • CE1 = 2e année
  • CE2 = 3e année
  • CM1 = 4e année
  • CM2 = 5e année
  • 6e Collège = 6e année
  • CS (cours supérieurs) ou Certificat d’étude : autour de la 6e année  / secondaire 1 et même secondaire 2 pour certaines choses !

Je réponds / les stratégies de lecture


«On dirait que tu travailles en parallèle des programmes officiels.  En prenant des textes partout, comment peux- tu travailler les stratégies de lecture?»

je-rc3a9pondsC’est vrai que je travaille en parallèle puisque je ne travaille pas avec uniquement des manuels québécois, au contraire, je ne les utilise qu’à l’occasion.  Par contre,  je connais les fameuses stratégies de lecture que je peux utiliser pour tous les textes que j’utilise.

En fait, j’ai sélectionné quelques stratégies que j’insère dans les lectures que nous faisons chaque semaine.  Même si je n’insiste pas sur le «terme» mon fils de 6e les travaille, mine de rien.

Les stratégies que je travaille auprès d’eux sont :

  1. Intention de lecture
  2. Comprendre les expressions et les mots nouveaux.
  3. Je fais des prédictions et des déductions.
  4. Je distingue faits et opinions
  5. Je fais des inférences : indices dans le texte ou mobilisation de connaissances antérieures.
  6. Je comprends les marqueurs de relation et les mots de substitution.
  7. Je repère les éléments essentiels : titre, sous-titre, idée principale, idées secondaires, la conclusion, etc…
  8. Je résume un texte, je raconte dans mes propres mots.
  9. Je fais des liens avec mon vécu.
  10. Je trouve des ressemblances et des différences.
  11. J’analyse les causes et effets.
  12. Je repère l’intention de l’auteur, le point de vue du narrateur, le ton, le style, etc.

 

Une fois que vous connaissez chacune d’elles, vous pouvez les travailler partout, même pour les lectures en histoire, en science, en géographie, en éthique, lors d’une lecture d’un roman, etc.

Il ne faut pas avoir un regard «fermé» sur les apprentissages : ouvrez-vous à d’autres possibilités c’est souvent là, d’ailleurs, que les vrais apprentissages se feront!

Je réponds / planification en français


«…J’aimerais pouvoir mieux planifier mes semaines en français, peux-tu dire ce que veut dire pour toi le cours de français ? et des trucs pour planifier.»

je-rc3a9ponds

Ce n’est jamais simple de donner des «trucs» puisque nous travaillons tous d’une manière tellement différente.  La vision d’une semaine de travail est tellement «élastique» qu’il est difficile pour certaines d’accomplir la moitié de mes semaines, alors que pour d’autres, elles pourraient facilement ajouter plusieurs autres éléments !

Dans mon cas, j’ai largement modifié notre façon de travailler depuis quelques mois.  J’ai une vision différente des apprentissages avec mes deux derniers.  La base reste la même…  mais j’ai réalisé que plusieurs choses n’apportaient rien à notre classe-maison et n’a pas laissé de traces positives dans la vie de mes deux premiers enfants.

À quoi bon reproduire la même erreur avec les deux derniers! ha !

Lorsque je pense à la prochaine semaine, j’organise ma planification ainsi :

1 – Le texte en français.

Je débute toujours par cette matière pour la simple raison que je possède plusieurs manuels, des tonnes d’idées en tête, plusieurs buts à atteindre, etc.  C’est donc un peu compliqué puisque je n’utilise pas un seul manuel mais plusieurs !

Je le sélectionne, ce fameux texte de base, en fonction de ce que je désire travailler.  Parfois, un simple sujet d’intérêt, parfois pour travailler la structure, les descriptions, les personnages, le narrateur, le vocabulaire, etc.

Peu importe le choix de notre texte, on y travaille toujours quelque chose simplement en le lisant!  Les questions qui l’accompagnent sont franchement très secondaires puisque l’important c’est de le comprendre «réellement» ce texte !  Par contre, le choix du texte est, il me semble, primordial.  Dans mon cas, les textes «insignifiants» en langage trop familier sont à mettre de côté puisqu’ils n’apportent rien de positif!

Comme nous le travaillons «attentivement» ce texte ensemble, j’essaie de toujours utiliser des textes assez courts afin de pouvoir le lire plusieurs fois.  Je fais une grande distinction entre un texte travaillé en classe et une lecture quelconque d’un roman ou d’un texte pour le plaisir de lire.  Ce texte de français est choisi pour en faire son «analyse»!

2-Narration orale.

Je demande toujours une narration orale à la fin de nos lectures : un résumé, parler d’un personnage, discuter d’une section en particulier, etc.

C’est essentiel pour moi !  Je vérifie donc si l’enfant maîtrise suffisamment le texte pour accomplir un travail d’analyse par la suite.

3 –  Le travail à faire avec le texte de base.

Une fois le texte choisi, je planifie le travail à accomplir par l’élève : simple lecture, questionnaire de compréhension, étude d’une partie du texte, étude de la langue, narration orale, narration écrite, analyse du vocabulaire, etc.

Je sélectionne ce qui sera fait à l’écrit et ce qui sera fait à l’oral puisque, oui, il m’arrive de travailler plusieurs choses oralement.  Comme je lis tous les textes avec eux, je peux questionner tout au long de la lecture afin de m’assurer que la compréhension est totale!

4-  Dictée.

C’est un gros morceau de notre quotidien puisque, tous les jours, nous faisons une dictée.  J’utilise cette dictée pour revisiter les notions déjà étudiées en étude de la langue.  On peut tout revoir dans une dictée : conjugaison, conjugaison particulière de verbes plus difficiles, mots de la même famille, mots variables et invariables, accords dans les GN, accords sujet-verbe, etc…  Pour moi, c’est une richesse sans fond!

5 – Étude de la langue.

Naturellement, un autre gros morceau : l’Étude de la langue.

Par contre, avec le temps, j’ai diminué le nombre d’exercices à faire puisque, finalement, on finit par réaliser que ce n’est pas dans ces exercices que l’enfant apprend réellement à utiliser la notion mais bien lorsqu’il se retrouve dans l’obligation de l’utiliser à l’écrit!

Les exercices servent donc, pour moi, à installer une façon de faire, une certaine démarche d’observation et d’application.

Nous en faisons à tous les jours mais je sélectionne attentivement le type d’exercices.

6 – Narration écrite.

J’essaie de faire écrire les enfants plusieurs fois par semaine.  Ce n’est pas toujours des sujets qui nécessitent beaucoup de temps mais au moins, ils écrivent.

Je recherche plusieurs choses à travers ces écrits : amélioration de l’orthographe-grammaire, être en mesure de donner son opinion sur plusieurs sujets, mettre sur papier des réflexions, des idées, des projets, des ambitions,…  des sujets d’invention, des sujets d’analyse,…  bref écrire!

Ce que j’aime particulièrement : je vois «grandir» nos enfants à travers leurs écrits.  On les voit se transformer!  Merveilleux!


C’est donc le travail que nous faisons présentement en français.  Ça pourrait être mieux, mais sûrement pire!

 

 

 

 

 

Le naufrage (situation d’écriture)


Vous savez que j’adore ce genre d’exercice «bilan» en étude de la langue.  On découvre une oeuvre, on l’analyse et on s’en inspire pour travailler une notion en étude de la langue!


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I.K.Aivazovsky (1817-1900) Le Naufrage, huile sur toile, 1973

Expression écrite

En utilisant l’imparfait et le passé simple, rédige un court récit décrivant ce tableau.  Qu’a-t-il pu se passer ?


pdf émoticonle-naufrage

Mousquetaire de coeur (texte)


Voici le texte qui accompagne mon troisième cette semaine (secondaire 2)…


Arrivé à Paris, d’Artagnan se rend chez monsieur de Tréville, capitaine des mousquetaires du roi dans l’espoir de se faire engager.  Il y croise les inséparables Athos, Porthos et Aramis, mousquetaires du roi, se justifiant auprès de leur capitaine d’un duel qu’ils ont perdu contre les mousquetaires du cardinal et au cours duquel Athos a été blessé.  D’Artagnan leur voue sur le champ une immense admiration.  Malencontreusement et bien malgré lui, le jeune Gascon se retrouve engagé pour un duel avec chacun des trois compagnons.  Ce n’est qu’une fois arrivés sur les lieux du rendez-vous que ces derniers découvrent avec stupeur qu’ils doivent affronter le même adversaire.  Ils tirent au sort pour savoir dans quel ordre chacun des trois compagnons affrontera d’Artagnan. Athos est le premier…
Il était midi et un quart. Le soleil était à son zénith et l’emplacement choisi pour être le théâtre du duel se trouvait exposé à toute son ardeur.
– Il fait très chaud, dit Athos en tirant son épée à son tour, et cependant je ne saurais ôter mon pourpoint ; car, tout à l’heure encore, j’ai senti que ma blessure saignait, et je craindrais de gêner monsieur en lui montrant du sang qu’il ne m’aurait pas tiré lui-même.
– C’est vrai, monsieur, dit d’Artagnan, et, tiré par un autre ou par moi, je vous assure que je verrai toujours avec bien du regret le sang d’un aussi brave gentilhomme ; je me battrai donc en pourpoint comme vous.
– Voyons, voyons, dit Porthos, assez de compliments comme cela, et songez que nous attendons notre tour.
– Parlez pour vous seul, Porthos, quand vous aurez à dire de pareilles incongruités, interrompit Aramis. Quant à moi, je trouve les choses que ces messieurs se disent fort bien dites et tout à fait dignes de deux gentilshommes.
– Quand vous voudrez, monsieur, dit Athos en se mettant en garde.
– J’attendais vos ordres, dit d’Artagnan en croisant le fer.
Mais les deux rapières avaient à peine résonné en se touchant, qu’une escouade des gardes de Son Eminence, commandée par M. de Jussac, se montra à l’angle du couvent.
– Les gardes du cardinal ! s’écrièrent à la fois Porthos et Aramis. L’épée au fourreau, messieurs ! l’épée au fourreau !
Mais il était trop tard. Les deux combattants avaient été vus dans une pose qui ne permettait pas de douter de leurs intentions.
– Holà ! s’écria Jussac en s’élançant vers eux et en faisant signe à ses hommes d’en faire autant, holà ! mousquetaires, on se bat donc ici ? Et les édits, qu’en faisons-nous?
– Vous êtes bien généreux, messieurs les gardes, dit Athos plein de rancune, car Jussac était l’un des agresseurs de l’avant-veille. Si nous vous voyions battre, je vous réponds, moi, que nous nous garderions bien de vous en empêcher. Laissez-nous donc faire, et vous allez avoir du plaisir sans prendre aucune peine.
– Messieurs, dit Jussac, c’est avec grand regret que je vous déclare que la chose est impossible. Notre devoir avant tout. Rengainez donc, s’il vous plaît, et nous suivez.
– Monsieur, dit Aramis parodiant Jussac, ce serait avec un grand plaisir que nous obéirions à votre gracieuse invitation si cela dépendait de nous ; mais malheureusement la chose est impossible : M. de Tréville nous l’a défendu. Passez donc votre chemin, c’est ce que vous avez de mieux à faire.
Cette raillerie exaspéra Jussac.
– Nous vous chargerons donc, dit-il, si vous désobéissez.
– Ils sont cinq, dit Athos à demi-voix, et nous ne sommes que trois ; nous serons encore battus, il nous faudra mourir ici, car, je le déclare, je ne reparais pas vaincu devant le capitaine.
Athos, Porthos et Aramis se rapprochèrent à l’instant les uns des autres pendant que Jussac alignait ses soldats. Ce seul moment suffit à d’Artagnan pour prendre son parti : c’était là un de ces événements qui décident de la vie d’un homme, c’était un choix à faire entre le roi et le cardinal ; ce choix fait, il fallait y persévérer. Se battre, c’est-à-dire désobéir à la loi, c’est-à-dire risquer sa tête, c’est-à-dire se faire d’un seul coup l’ennemi d’un ministre plus puissant que le roi lui-même ; voilà ce qu’entrevit le jeune homme, et disons-le à sa louange, il n’hésita point une seconde. Se tournant donc vers Athos et ses amis :
– Messieurs, dit-il, je reprendrai, s’il vous plaît, quelque chose à vos paroles. Vous avez dit que vous n’étiez que trois, mais il me semble, à moi, que nous sommes quatre.
– Mais vous n’êtes pas des nôtres, dit Porthos.
– C’est vrai, répondit d’Artagnan ; je n’ai pas l’habit, mais j’ai l’âme. Mon coeur est mousquetaire, je le sens bien, monsieur, et cela m’entraîne.
– Écartez-vous, jeune homme, cria Jussac, qui sans doute à ses gestes et à l’expression de son visage avait deviné le dessein de d’Artagnan. Vous pouvez vous retirer, nous y consentons. Sauvez votre peau ; allez vite.
D’Artagnan ne bougea point.
– Décidément, vous êtes un joli garçon, dit Athos en serrant la main du jeune homme.
– Allons ! allons ! prenons un parti, reprit Jussac.
– Voyons, dirent Porthos et Aramis, faisons quelque chose.
– Monsieur est plein de générosité, dit Athos.
Mais tous trois pensaient à la jeunesse de d’Artagnan, et redoutaient son inexpérience.
– Nous ne serions que trois, dont un blessé, plus un enfant, reprit Athos, et l’on n’en dira pas moins que nous étions quatre hommes.
– Oui, mais reculer ! dit Porthos.
– C’est difficile, reprit Athos.
D’Artagnan comprit leur irrésolution.
– Messieurs, essayez-moi toujours, dit-il, et je vous jure sur l’honneur que je ne veux pas m’en aller d’ici Si nous sommes vaincus.
– Comment vous appelle-t-on, mon brave ? dit Athos.
– D’Artagnan, monsieur.
– Eh bien ! Athos, Porthos, Aramis et d’Artagnan, en avant ! cria Athos.

Alexandre Dumas, Les Trois Mousquetaires, chapitre V.


Narration écrite

Athos écrit à un ami. Il lui raconte sa rencontre avec d’Artagnan et fait un portrait du jeune homme.


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Un drame en mer – le canon maîtrisé (texte)


Nous travaillerons ce texte la semaine prochaine.

J’ignore si je l’ai déjà mentionné ?  J’adore lire Victor Hugo ! Il écrit d’une manière sublime!

Contrairement à plusieurs, j’aime beaucoup les textes qui proposent un vocabulaire ancien ou plus difficile.  On en profite pour observer comment l’élève mobilise ses connaissances antérieures, sa façon de réagir à de nouveaux mots, comment il remédie à la situation pour mieux comprendre, etc.  Bref, on travaille «réellement»!


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Au début du roman, la corvette Claymore approche des côtes françaises.  Un canon, mal amarré, s’est détaché, et ses embardées, favorisées par le tangage et le roulis, ont tué cinq hommes, fait des brèches dans les flancs de bois, entamé la base du grand mât, rendu inutilisables la plupart des autres canon.  Le responsable du désastre est descendu dans l’entrepôt pour réparer sa faute au péril de sa vie, et, seul, il cherche à maîtriser l’énorme masse de bronze.  Un vieillard, passager mystérieux, assiste à cette lutte désespérée de l’homme et du monstre.

De telles choses ne peuvent durer longtemps. Le canon sembla se dire tout à coup: Allons! il faut en finir! et il s’arrêta. On sentit l’approche du dénouement. Le canon, comme en suspens, semblait avoir ou avait, car pour tous c’était un être, une préméditation féroce. Brusquement, il se précipita sur le canonnier. Le canonnier se rangea de côté, le laissa passer, et lui cria en riant:  » A refaire!  » Le canon, comme furieux, brisa une caronade à bâbord ; puis ressaisi par la fronde invisible qui le tenait, il s’élança à tribord sur l’homme, qui échappa. Trois caronades s’effondrèrent sous la poussée du canon ; alors, comme aveugle et ne sachant plus ce qu’il faisait, il tourna le dos à l’homme, roula de l’arrière à l’avant, détraqua l’étrave et alla faire une brèche à la muraille de proue. L’homme s’était réfugié au pied de l’escalier, à quelques pas du vieillard témoin. Le canonnier tenait sa barre d’anspect en arrêt. Le canon parut l’apercevoir, et, sans prendre la peine de se retourner, recula sur l’homme avec une promptitude de coup de hache. L’homme acculé au bordage était perdu. Tout l’équipage poussa un cri.

Mais le vieux passager jusqu’alors immobile s’était élancé lui-même plus rapide que toutes ces rapidités farouches. Il avait saisi un ballot de faux assignats, et, au risque d’être écrasé, il avait réussi à le jeter entre les roues de la caronade. Ce mouvement décisif et périlleux n’eût pas été exécuté avec plus de justesse et de précision par un homme rompu à tous les exercices décrits dans le livre de Durosel sur la Manoeuvre du canon de mer.

Le ballot fit l’effet d’un tampon. Un caillou enraye un bloc, une branche d’arbre détourne une avalanche.

La caronade trébucha. Le canonnier à son tour, saisissant ce joint redoutable, plongea sa barre de fer entre les rayons d’une des roues d’arrière. Le canon s’arrêta.

Il penchait. L’homme, d’un mouvement de levier imprimé à la barre, le fit basculer. La lourde masse se renversa, avec le bruit d’une cloche qui s’écroule, et l’homme se ruant à corps perdu, ruisselant de sueur, passa le nœud coulant de la drosse au cou de bronze du monstre terrassé.

C’était fini. L’homme avait vaincu. La fourmi avait eu raison du mastodonte ; le pygmée avait fait le tonnerre prisonnier.

Les soldats et les marins battirent des mains.

Tout l’équipage se précipita avec des câbles et des chaînes, et en un instant le canon fut amarré.

Le canonnier salua le passager.

  • Monsieur, lui dit-il, vous m’avez sauvé la vie.

Le vieillard avait repris son attitude impassible, et ne répondit pas.

Victor Hugo «Quatre-vingt-treize»


Grammaire

  • Quand l’auteur emploie-t-il le présent ?
  • Justifiez l’emploi de l’imparfait dans « ne sachant plus ce qu’il faisait » ( l.10)
  • Quelle est la valeur du plus-que-parfait. (l.18-20, 32-33)
  • Quelle est la différence entre le passé simple et le passé composé (l. 37-38)

Vocabulaire

Cite le nom de bateaux anciens et modernes que tu connais, en donnant autant que possible quelques-unes de leurs caractéristiques.


Narration

Raconte une promenade sur l’eau – mer, lac, rivière.


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Prière d’un petit enfant nègre (texte)


On pourrait travailler ce texte sous plusieurs angles…  dans mon cas, je le prends au premier niveau, tout simple : mon fils de 6e pourrait faire la même prière.  Hihihi.  Quel enfant ne rêve pas d’une vie simple loin de l’école!


Il y a longtemps qu’on sourit de «Nos ancêtres les Gaulois», que devaient réciter les petits écoliers Sénégalais ou algériens.  Sans doute le petit enfant nègre raille-t-il ici notre conception de la civilisation, mais il représente d’abord un enfant qui voudrait vivre à sa guise ; en quoi il se montre bien le frère de nombreux écoliers de France et du monde.

Seigneur, je suis très fatigué.
Je suis né fatigué.
Et j’ai beaucoup marché depuis le chant du coq
Et le morne est bien haut qui mène à leur école.
Je veux suivre mon père dans les ravines fraîches
Quand la nuit flotte encore dans le mystère des bois
Où glissent les esprits que l’aube vient chasser.
Je veux aller pieds nus par les rouges sentiers
Que cuisent les flammes de midi,
Je veux dormir ma sieste au pied des lourds manguiers,
Je veux me réveiller
Lorsque là-bas mugit la sirène des blancs
Et que l’Usine
Sur l’océan des cannes
Comme un bateau ancré
Vomit dans la campagne son équipage nègre…
Seigneur, je ne veux plus aller à leur école,
Faites, je vous en prie, que je n’y aille plus.
Ils racontent qu’il faut qu’un petit nègre y aille
Pour qu’il devienne pareil
Aux messieurs de la ville
Aux messieurs comme il faut.
Mais moi, je ne veux pas
Devenir, comme ils disent,
Un monsieur de la ville,
Un monsieur comme il faut.
Je préfère flâner le long des sucreries
Où sont les sacs repus
Que gonfle un sucre brun autant que ma peau brune.
Je préfère, vers l’heure où la lune amoureuse
Parle bas à l’oreille des cocotiers penchés,
Écouter ce que dit dans la nuit
La voix cassée d’un vieux qui raconte en fumant
Les histoires de Zamba et de compère Lapin,
Et bien d’autres choses encore
Qui ne sont pas dans les livres.
Les nègres, vous le savez, n’ont que trop travaillé.
Pourquoi faut-il de plus apprendre dans des livres
Qui nous parlent de choses qui ne sont point d’ici ?
Et puis elle est vraiment trop triste leur école,
Triste comme
Ces messieurs de la ville,
Ces messieurs comme il faut
Qui ne savent plus danser le soir au clair de lune
Qui ne savent plus marcher sur la chair de leurs pieds
Qui ne savent plus conter les contes aux veillées.
Seigneur, je ne veux plus aller à leur école !

Guy Tirolien


pdf émoticonpriere-dun-petit-enfant-negre


Faisons une petite différence!


On ne réalise pas assez à quel point l’attitude que nous avons devant nos enfants est d’une très grande importance, surtout dans notre classe-maison!

Mon attitude influence grandement notre quotidien.  Si je suis fatiguée, je suis moins patiente, moins tolérante, moins bienveillante, moins…, moins,…  Je l’ai remarqué plus d’une fois, mon énergie change grandement l’atmosphère de la classe.

Notre attitude apporte un regard bien différent sur l’enfant lui-même mais aussi sur la matière que l’on enseigne.   Si on aime ce que l’on fait, si on aime vraiment, on le communique à un moment où a un autre!

Lorsqu’on aime ce que l’on enseigne, on transmet notre passion et ce, même pour des élèves qui éprouvent de la difficulté.  Plus on répète que c’est une matière passionnante, facile, agréable, intéressante, amusante, enrichissante,…  plus l’enfant voit le travail à faire d’une manière totalement différente.

Je l’observe quotidiennement…  Si j’aime ce que j’enseigne, si j’aime «vraiment» ce que j’enseigne, il est rare que les enfants détestent ça.

Je reçois souvent des courriels de mamans qui éprouvent beaucoup de difficultés avec leurs petits en classe…   Parce qu’elles n’aiment pas toujours ce qu’elles vivent auprès d’eux, le quotidien devient souvent lourd et pénible.  Les enfants sentent notre détresse, nos exaspérations, nos découragements, notre déception,…  Ils le sentent «vraiment».  Notre attitude auprès d’eux est vraiment importante…

Si nous pouvions ne retenir que ça, quelle belle différence apparaîtrait dans notre classe-maison.  Nous avons le pouvoir de changer l’atmosphère de nos classes!

Alors, maman qui m’écrit ce matin, courage!!!!  Tu peux faire une grande différence dans ton quotidien en prenant conscience de l’importance d’être «bien» dans ce que tu fais auprès d’eux!