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La femme au parapluie (texte)


Un petit texte pour s’amuser…

 

-Tiens, drôle d’endroit pour perdre son parapluie. Il se pencha, ramassa le parapluie.

Le téléphone sonna.
-Allô.
-Bonsoir, monsieur. Vous avez trouvé mon parapluie?
-Pardon?
-Je vous demande si vous avez trouvé mon parapluie. Un parapluie noir avec…
-Oui, en effet, j’ai trouvé un parapluie, ce matin. Mais comment savez-vous, madame, que c’est moi qui l’ai trouvé?
-Mais mon cher monsieur, je l’ai perdu précisément pour que vous le trouviez! Et maintenant, je voudrais le ravoir. Vous voulez bien venir me le porter? Je vous attendrai ce soir au milieu du pont de bois, à l’est de la ville, à onze heures. Bonsoir, monsieur.

-Vous êtes en retard, je vous attends depuis dix minutes.
-Je m’excuse, j’ai été retardé… Voici votre parapluie, madame.
-Merci, monsieur.
Elle le regardait droit dans les yeux.
-Et maintenant, sautez. Votre heure est venue.
Il enjamba le garde-fou et se jeta dans la rivière.

Et elle repartit, laissant son parapluie au milieu du pont de bois, à l’est de la ville…

Michel Tremblay, «Contes pour buveurs attardés»

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Notre prochaine semaine en 6e


Mots de la semaine 

Pas cette semaine.


Notre dictée «éclairée » de la semaine.

Novembre règne depuis quelques jours à peine et il multiplie déjà ses méfaits.  Il ramène en effet les grands vents et les tempêtes, il apporte les pluies froides et monotones, il dépouille la nature de ses attraits et ses charmes ; la forêt pleure des larmes d’or et de sang et le vent fredonne aux passants ses chansons tristes.  Dans la chaumière, novembre apporte la misère et l’angoisse ; dans nos cœurs, il ramène la tristesse et le deuil.


En français cette semaine

Je travaille principalement avec MÉMO MAG 6e présentement… un vieux programme que j’aime particulièrement et que mon Gabriel adore!  J’en profite ha!  J’ajoute des textes puisés dans de vieux manuels ailleurs.

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Comme je travaille les préjugés et les stéréotypes…

Texte 1 : Mémo Mag 6 : «Jeans, tutu et préjugés».  Ce n’est pas un grand texte littéraire mais il correspond à ce que je recherchais.  Je voulais rappeler à mon plus jeune toute la place qu’occupent, encore maintenant, les préjugés et les stéréotypes.

pdf émoticonjeans-tutus-et-prejuges

Questions de compréhension

Texte 2 : un extrait du film «Billy Elliot» ( p.7)

Texte 3 : Un cauchemar terrifiant ( j’utilise ce texte pour travailler les émotions)


En étude de la langue cette semaine

  1. Conjugaison :  On passe toute la semaine en conjugaison…  toute la semaine!
    • Les verbes en «yer» à tous les temps.

On écrit cette semaine…

Résultats de recherche d'images pour « apprendre à rédiger 6 »

P.18 no.7 : Rédiger un paragraphe qui raconte, au présent, une planche de bande dessinée.


En mathématique cette semaine

On travaille les fractions toute la semaine…  qui dit fraction dit : «On prend son temps!!!»

  1. Les fractions équivalentes (Il termine)
  2. Réduire une fraction
  3. Ordonner des fractions

En science cette semaine

Fabrication d’un petit sous-marin et un petit aéroglisseur afin de découvrir quelques caractéristiques de l’eau et de l’air.


En géographie cette semaine

Des profondeurs à la surface de la terre : le pétrole.


En histoire cette semaine

Pour le moment, on ne fait que de la lecture sur l’histoire du monde.


En ECR cette semaine

Afin d’accompagner notre thème en français :

Des préjugés, des généralisations et des stéréotypes : SAÉ – Au-delà des apparences.


En anglais cette semaine

Notre cahier de grammaire :

Résultats de recherche d'images pour « yes we can !  intensive english »

Grammaire de la semaine :  Pronouns

Texte de la semaine : Lecture d’image en anglais, vocabulaire de la semaine à mémoriser, petit texte à lire à haute voix avec papa et à traduire, etc…


En arts plastiques cette semaine

Il doit illustrer son projet d’ECR sur les préjugés.


Géométrie

Pas cette semaine.


Projet(s) particulier(s)

pas cette semaine.


Lecture

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Thème : préjugés et les stéréotypes


La semaine prochaine… un choix de thème particulièrement différent et moins lourd puisque j’ai une grosse semaine de prévue ! 😉

Comme je l’ai déjà mentionné, je choisis nos thèmes en fonction des sujets qui apparaissent au sein de notre famille présentement.  Comme je tiens à poursuivre un travail adéquat dans nos programmes scolaires, j’essaie de puiser mes ressources dans les manuels de chacun des niveaux des enfants.  Je m’assure ainsi que la matière sera couverte malgré un parcours atypique.

Mon thème pourrait être exploité de long en large sous plusieurs aspects..  mais, dans mon cas, mes deux derniers sont jeunes et ne voient pas ce qu’il y a de «bizarre» à côtoyer une personne d’une autre religion ou d’une autre nationalité, de se lier d’amitié avec une personne ayant un handicap quelconque ou de voir un homme occuper un emploi traditionnellement féminin.  Cependant, je tiens à soulever la question et surtout leur faire prendre conscience que nous avons TOUS des préjugés un jour ou l’autre!

Je pense que tout le monde a déjà bien compris ma routine de travail : j’insère le thème dans une base individuelle de travail.  Au lieu de vous élaborer chacune de mes journées avec toutes les matières, je ne vous donne que mon  thème inséré ici et là dans ma semaine.

 

Voici mon document de travail :

Préjugés_planification

 

Ma semaine ressemblera à ceci :

Lundi

Présentation du thème :

Je donne ces quelques phrases à lire individuellement :

  • Tous les Québécois aiment le hockey.
  • Les garçons sont plus agressifs que les filles.
  • Mon père s’occupe de mes petites soeurs à la maison pendant que maman travaille.
  • Une personne ayant l’air riche qui, dans un restaurant, est servie avant une autre qui semble moins riche
  • Une femme qui est refusée pour une promotion en faveur d’un homme.
  • Ma mère est mécanicienne.
  • Les hommes sont plus aventureux et plus courageux que les femmes.
  • Les femmes sont plus sensibles que les hommes.
  • Tous les autochtones sont alcooliques
  • Un officier de police qui surveille de plus près un adolescent de race noire plutôt qu’un adolescent de race blanche qui se tiennent en face d’un magasin.
  • Une femme de trente ans qui reçoit un meilleur service qu’une femme de 70 ans par le personnel d’un magasin.
  • C’est le rôle exclusif des femmes de soigner leurs enfants lorsqu’ils sont malades.
  • Les femmes doivent cuisiner et faire le ménage pendant que les hommes travaillent à l’extérieur.
  • Les pauvres sont moins travailleurs que les riches.
  • Tous les jeunes sont des délinquants ou des voyous.
  • C’est à mon père qu’il revient de réparer le grille-pain.

Est-ce que ces affirmations sont toujours vraies?

 

On écoute quelques capsules humoristiques

Je leur demande leurs impressions…  sans plus.  Je mentionne simplement que dans la prochaine semaine nous expliquerons ce que sont les préjugés et les stéréotypes.  Pour le moment, je les laisse réfléchir un peu…

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Mardi

Ce dessin a été réalisé par Jacques Azam. (© Milan Presse)
Ce dessin a été réalisé par Jacques Azam. (© Milan Presse)

 

Encore une fois, je laisse les enfants regarder cette illustration et on en discute.

 

Je lis à haute voix : UNE FAMILLE ORIGINALE 

Qu’est-ce qu’il y a de particulier dans cette histoire?  Qu’est-ce qui étonne Claudie?  Est-ce que cela t’étonne?

 

Je donne quelques définitions :

Qu’est-ce qu’un préjugé ? C’est une opinion toute faite, un jugement non fondé sur des faits réels, non vérifié par des recherches.

Qu’est-ce qu’un stéréotype?  Un stéréotype est une idée préconçue que l’on attribue à un groupe de personnes mais qui ne se révèle pas forcément vrai.   (Ex : le rôle que l’homme ou la femme devrait avoir – comme dans notre texte )

On revient sur les affirmations de lundi :

  • Tous les Québécois aiment le hockey. (préjugé)
  • C’est le rôle exclusif des femmes de soigner leurs enfants lorsqu’ils sont malades.(stéréotype)
  • Les garçons sont plus agressifs que les filles.(préjugé)
  • Une personne ayant l’air riche qui, dans un restaurant, est servie avant une autre qui semble moins riche(préjugé)
  • Une femme qui est refusée pour une promotion en faveur d’un homme.(stéréotype)
  • Un officier de police qui surveille de plus près un adolescent de race noire plutôt qu’un adolescent de race blanche qui se tiennent en face d’un magasin.(préjugé)
  • Une femme de trente ans qui reçoit un meilleur service qu’une femme de 70 ans par le personnel d’un magasin. (préjugé)
  • Les hommes sont plus aventureux que les femmes.(préjugé)
  • Les femmes sont plus sensibles que les hommes.(préjugé)
  • Tous les autochtones sont alcooliques (préjugé)
  • Les pauvres sont moins travailleurs que les riches.(préjugé)
  • Tous les jeunes sont des délinquants ou des voyous.(préjugé)
  • Mon père s’occupent des mes sœurs à la maison pendant que ma mère travaillent à l’extérieur.(stéréotype)
  • Ma mère est mécanicienne.(stéréotype)

On verra cette semaine plusieurs catégories de préjugés, l’effet néfaste qu’ils ont sur nous et ce qu’on peut faire pour les éviter ou corriger une situation

 

Lecture personnelle : 

pour mon fils de 4e année

Un drôle de garçon s’est installé dans le quartier de Bastien. Il s’appelle Gaby. Il est bizarre et différent des autres. Bien qu’il ait dix-huit ans, son cerveau est resté celui d’un enfant de trois ans. Bastien aimerait bien savoir pourquoi Gaby sourit tout le temps. Comment apprivoiser ce grand garçon qui tremble comme une feuille dès qu’on lui adresse la parole ?

pour mon fils de 6e année

Billy Elliot vit dans une petite ville minière d’Angleterre. Dans la famille Elliot, on est mineur de père en fils et, depuis de longues semaines, on se bat pour que le gouvernement ne ferme pas les mines. Dans la famille Elliot, on fait de la boxe de père en fils mais, sur le ring, Billy esquive les coups, fait des pirouettes. On dirait qu’il danse. Et c’est ce qu’il aime Billy, danser. Et il est doué. Si doué qu’il pourrait un jour devenir danseur étoile. Mais pour ça, il va devoir se battre. Pour la famille Elliot commence alors un nouveau combat, plein d’espoir…

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Mercredi

Français – lecture et travail sur le texte.

6e année :   «Jeans, tutu et préjugés » de Michèle Marineau ( Mémo Mag 6e)

voici le lien vers le texte numérisé :  « Cliquer ici »

Travail sur le texte :

  1. Les différentes opinions émises par les personnages constituent-elles des préjugés? Explique ton point de vue.  ***voir mon document de travail
  2. Comment juges-tu l’attitude de Raphaël lorsqu’on le traite de « femmelette? »
  3. Si tu avais été à la place de Raphaël, comment aurais-tu réagi?
  4. Fanny et Niko ont-ils raison de renoncer à leurs projets? Que ferais-tu à leur place?

Question oralement : En quoi ce texte illustre notre thème de la semaine?

Voici mon document de travail : Jeans, tutu et préjugés

 

4e année :   « La peau bleue »

Travail sur le texte :

  1. Pourquoi celui qui raconte est-il triste?
  2. Qui vient aider le narrateur?
  3. Que font-ils ensemble?
  4. Comment comprends-tu la dernière phrase?
  5. Relève tous les verbes conjugués à la première personne du singulier.  À quels temps sont-ils conjugués?  Qui désigne ce « je »?

Question oralement : En quoi ce texte illustre notre thème de la semaine?

Voici mon document de travail : La peau bleue_travail sur le texte

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Jeudi

On retrouve toutes sortes de préjugés :

  1. Racisme ou antisémitisme: croire que la race, la couleur de la peau ou la culture rend certaines personnes inférieures (p.ex. croire que les blancs sont supérieurs aux gens de couleur ou à ceux qui pratiquent le judaïsme).
  2. Préjugé de classe: croire que certaines classes économiques sont supérieures (p. ex. les riches sont supérieurs aux pauvres).
  3. Sexisme: croire que le sexe et le genre déterminent le statut (p.ex. les garçons et les hommes sont supérieurs aux filles et aux femmes).
  4. Imagisme: croire que l’apparence et le style déterminent le statut (p.ex. les personnes « peu séduisantes » sont inférieures à celles qui sont « séduisantes »).
  5. Homophobie/Hétérosexisme: croire que l’orientation sexuelle rend un groupe inférieur (p. ex. les hétérosexuels sont supérieurs aux homosexuels).
  6. Discrimination fondée sur la capacité physique:croire que la capacité physique ou mentale rend un groupe supérieur à un autre (p. ex. les handicapés sont inférieurs aux personnes sans handicap).
  7. Âgisme:croire que l’âge détermine le statut (p.ex. les adultes sont supérieurs aux jeunes et aux aînés).

 

Quels effets néfastes ont les préjugés?

 Avec le temps, une personne peut croire ce qu’elle entend à son sujet et peut commencer à se faire à l’idée qu’elle est supérieure ou inférieure.

Cela peut entraîner : une souffrance émotive; un manque d’estime de soi; un sentiment d’inutilité ou un manque de contrôle; une culpabilisation des victimes; une perte d’espoir pour l’avenir; une peur des autres ou une méfiance à leur égard; un non-respect des autorités…

Une personne peut s’empêcher de choisir un métier ou une activité qui lui plaît par crainte ( stéréotype)

 

Situation d’écriture de la semaine : 

6e année : Préjugés déjoués : voir ma publication : CLIQUER ICI

4e année : CLIQUER ICI

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Vendredi

Tu peux aider, de plusieurs façons, à réduire les préjugés ou la discrimination. Voici quelques suggestions :

  • refuse de rire lorsqu’on te conte des blagues racistes ou sexistes;
  • refuse de couper une file d’attente et faire remarquer aux autres que les personnes qui attendent depuis plus longtemps ont le droit d’être servies en premier;
  • refuse de regarder des films, lire des livres, jouer à des jeux vidéos ou participer à des activités qui encouragent la violence ou la discrimination contre certains groupes;
  • confronte tes amis ou tes pairs qui affichent des préjugés ou qui ont des croyances discriminatoires;
  • appuie les associations ou les organismes dont la mission est d’aider à aborder les effets ou l’origine des préjugés;
  • combat les préjugés à l’école en travaillant avec divers groupe de personnes;
  • combat les préjugés au travail en refusant de travailler dans un milieu qui appuie les politiques de favoritisme ou les pratiques discriminatoires.

Un dernier point très important à garder en mémoire : avoir un préjugé ou se faire un avis trop vite sur quelqu’un est bien souvent une erreur !

***J’ai pris plusieurs choses sur le site de « Jeunesse j’écoute »

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Situation d’écriture


Voici une des situations d’écriture de mon fils-2 pour la semaine prochaine…  J’adore ce genre de courtes situations d’écriture car elles ne prennent pas beaucoup de temps mais permettent de mettre l’enfant en situation d’écriture rapidement.

Le shérif veut prendre Billy the kid, le célèbre hors-la-loi.  Alors que celui-ci a déjà la corde autour du cou, l’un de ses complices s’apprête à le libérer.

Raconte en dix à quinze lignes et au présent de l’indicatif cette scène d’évasion en te mettant à la place de son complice ( tu emploieras donc la première personne).  Décris le décor, emploie des verbes d’action et dit ce que tu éprouves.

Les couleurs du français p.34 no.4

Voici sa fiche de travail pour écrire le brouillon:   Situation d’écriture_Billy le Kid

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La peur de Maupassant ( texte )


On remonta sur le pont après dîner. Devant nous, la Méditerranée n’avait pas un frisson sur toute sa surface qu’une grande lune calme moirait. Le vaste bateau glissait, jetant sur le ciel, qui semblait ensemencé d’étoiles, un gros serpent de fumée noire ; et, derrière nous, l’eau toute blanche, agitée par le passage rapide du lourd bâtiment, battue par l’hélice, moussait, semblait se tordre, remuait tant de clartés qu’on eût dit de la lumière de lune bouillonnant.

Nous étions là, six ou huit, silencieux, admirant, l’oeil tourné vers l’Afrique lointaine où nous allions. Le commandant, qui fumait un cigare au milieu de nous, reprit soudain la conversation du dîner.

– Oui, j’ai eu peur ce jour-là. Mon navire est resté six heures avec ce rocher dans le ventre, battu par la mer. Heureusement que nous avons été recueillis, vers le soir, par un charbonnier anglais qui nous aperçut.

Alors un grand homme à figure brûlée, à l’aspect grave, un de ces hommes qu’on sent avoir traversé de longs pays inconnus, au milieu de dangers incessants, et dont l’oeil tranquille semble garder, dans sa profondeur, quelque chose des paysages étranges qu’il a vus ; un de ces hommes qu’on devine trempés dans le courage, parla pour la première fois :

– Vous dites, commandant, que vous avez eu peur ; je n’en crois rien. Vous vous trompez sur le mot et sur la sensation que vous avez éprouvée. Un homme énergique n’a jamais peur en face du danger pressant. Il est ému, agité, anxieux ; mais la peur, c’est autre chose. Le commandant reprit en riant :

– Fichtre ! je vous réponds bien que j’ai eu peur, moi.

Alors l’homme au teint bronzé prononça d’une voix lente :

– Permettez-moi de m’expliquer ! La peur (et les hommes les plus hardis peuvent avoir peur), c’est quelque chose d’effroyable, une sensation atroce, comme une décomposition de l’âme, un spasme affreux de la pensée et du coeur, dont le souvenir seul donne des frissons d’angoisse. Mais cela n’a lieu, quand on est brave, ni devant une attaque, ni devant la mort inévitable, ni devant toutes les formes connues du péril : cela a lieu dans certaines circonstances anormales, sous certaines influences mystérieuses en face de risques vagues. La vraie peur, c’est quelque chose comme une réminiscence des terreurs fantastiques d’autrefois. Un homme qui croit aux revenants, et qui s’imagine apercevoir un spectre dans la nuit, doit éprouver la peur en toute son épouvantable horreur.

Moi, j’ai deviné la peur en plein jour, il y a dix ans environ. Je l’ai ressentie, l’hiver dernier, par une nuit de décembre.

Et, pourtant, j’ai traversé bien des hasards, bien des aventures qui semblaient mortelles. Je me suis battu souvent. J’ai été laissé pour mort par des voleurs. J’ai été condamné, comme insurgé, à être pendu, en Amérique, et jeté à la mer du pont d’un bâtiment sur les côtes de Chine. Chaque fois je me suis cru perdu, j’en ai pris immédiatement mon parti, sans attendrissement et même sans regrets.

Mais la peur, ce n’est pas cela.

Je l’ai pressentie en Afrique. Et pourtant elle est fille du Nord ; le soleil la dissipe comme un brouillard. Remarquez bien ceci, Messieurs. Chez les Orientaux, la vie ne compte pour rien ; on est résigné tout de suite ; les nuits sont claires et vides des inquiétudes sombres qui hantent les cerveaux dans les pays froids. En Orient, on peut connaître la panique, on ignore la peur.

Eh bien ! voici ce qui m’est arrivé sur cette terre d’Afrique :

Je traversais les grandes dunes au sud de Ouargla. C’est là un des plus étranges pays du monde. Vous connaissez le sable uni, le sable droit des interminables plages de l’Océan. Eh bien ! figurez-vous l’Océan lui-même devenu sable au milieu d’un ouragan ; imaginez une tempête silencieuse de vagues immobiles en poussière jaune. Elles sont hautes comme des montagnes, ces vagues inégales, différentes, soulevées tout à fait comme des flots déchaînés, mais plus grandes encore, et striées comme de la moire. Sur cette mer furieuse, muette et sans mouvement, le dévorant soleil du sud verse sa flamme implacable et directe. Il faut gravir ces lames de cendre d’or, redescendre, gravir encore, gravir sans cesse, sans repos et sans ombre. Les chevaux râlent, enfoncent jusqu’aux genoux, et glissent en dévalant l’autre versant des surprenantes collines.

Nous étions deux amis suivis de huit spahis et de quatre chameaux avec leurs chameliers. Nous ne parlions plus, accablés de chaleur, de fatigue, et désséchés de soif comme ce désert ardent. Soudain un de nos hommes poussa une sorte de cri ; tous s’arrêtèrent ; et nous demeurâmes immobiles, surpris par un inexplicable phénomène, connu des voyageurs en ces contrées perdues.

Quelque part, près de nous, dans une direction indéterminée, un tambour battait, le mystérieux tambour des dunes ; il battait distinctement, tantôt plus vibrant, tantôt affaibli, arrêtant, puis reprenant son roulement fantastique.

Les Arabes, épouvantés, se regardaient ; et l’un dit, en sa langue : « La mort est sur nous ». Et voilà que tout à coup mon compagnon, mon ami, presque mon frère, tomba de cheval, la tête en avant, foudroyé par une insolation.

Et pendant deux heures, pendant que j’essayais en vain de la sauver, toujours ce tambour insaisissable m’emplissait l’oreille de son bruit monotone, intermittent et incompréhensible ; et je sentais glisser dans mes os la peur, la vraie peur, la hideuse peur, en face de ce cadavre aimé, dans ce trou incendié par le soleil entre quatre monts de sable, tandis que l’écho inconnu nous jetait, à deux cents lieues de tout village français, le battement rapide du tambour.

Ce jour-là, je compris ce que c’était que d’avoir peur ; je l’ai su mieux encore une autre fois…

Le commandant interrompit le conteur :

– Pardon, Monsieur, mais ce tambour ? Qu’était-ce ?

Le voyageur répondit :

– Je n’en sais rien. Personne ne sait. Les officiers, surpris souvent par ce bruit singulier, l’attribuent généralement à l’écho grossi, multiplié, démesurément enflé par les vallonnements des dunes, d’une grêle de grains de sable emportés dans le vent et heurtant une touffe d’herbes sèches ; car on a toujours remarqué que le phénomène se produit dans le voisinage de petites plantes brûlées par le soleil, et dures comme du parchemin.

Ce tambour ne serait donc qu’une sorte de mirage du son. Voilà tout. Mais je n’appris cela que plus tard.

J’arrive à ma seconde émotion.

C’était l’hiver dernier, dans une forêt du nord-est de la France. La nuit vint deux heures plus tôt, tant le ciel était sombre. J’avais pour guide un paysan qui marchait à mon côté, par un tout petit chemin, sous une voûte de sapins dont le vent déchaîné tirait des hurlements. Entre les cimes, je voyais courir des nuages en déroute, des nuages éperdus qui semblaient fuir devant une épouvante. Parfois, sous une immense rafale, toute la forêt s’inclinait dans le même sens avec un gémissement de souffrance ; et le froid m’envahissait, malgré mon pas rapide et mon lourd vêtement.

Nous devions souper et coucher chez un garde forestier dont la maison n’était plus éloignée de nous. J’allais là pour chasser.

Mon guide, parfois, levait les yeux et murmurait : « Triste temps ! ». Puis il me parla des gens chez qui nous arrivions. Le père avait tué un braconnier deux ans auparavant, et, depuis ce temps, il semblait sombre, comme hanté d’un souvenir. Ses deux fils, mariés, vivaient avec lui.

Les ténèbres étaient profondes. Je ne voyais rien devant moi, ni autour de moi, et toute la branchure des arbres entre-choqués emplissait la nuit d’une rumeur incessante. Enfin, j’aperçus une lumière, et bientôt mon compagnon heurtait une porte. Des cris aigus de femmes nous répondirent. Puis, une voix d’homme, une voix étranglée, demanda : « Qui va là ? ». Mon guide se nomma. Nous entrâmes. Ce fut un inoubliable tableau.

Un vieil homme à cheveux blancs, à l’oeil fou, le fusil chargé dans la main, nous attendait debout au milieu de la cuisine, tandis que deux grands gaillards, armés de haches, gardaient la porte. Je distinguai dans les coins sombres deux femmes à genoux, le visage caché contre le mur.

On s’expliqua. Le vieux remit son arme contre le mur et ordonna de préparer ma chambre ; puis, comme les femmes ne bougeaient point, il me dit brusquement :

– Voyez-vous, Monsieur, j’ai tué un homme, voilà deux ans, cette nuit. L’autre année, il est revenu m’appeler. Je l’attends encore ce soir.

Puis il ajouta d’un ton qui me fit sourire :

– Aussi, nous ne sommes pas tranquilles.

Je le rassurai comme je pus, heureux d’être venu justement ce soir-là, et d’assister au spectacle de cette terreur superstitieuse.

Je racontai des histoires, et je parvins à calmer à peu près tout le monde.

Près du foyer, un vieux chien, presque aveugle et moustachu, un de ces chiens qui ressemblent à des gens qu’on connaît, dormait le nez dans ses pattes.

Au-dehors, la tempête acharnée battait la petite maison, et, par un étroit carreau, une sorte de judas placé près de la porte, je voyais soudain tout un fouillis d’arbres bousculés par le vent à la lueur de grands éclairs.

Malgré mes efforts, je sentais bien qu’une terreur profonde tenait ces gens, et chaque fois que je cessais de parler, toutes les oreilles écoutaient au loin. Las d’assister à ces craintes imbéciles, j’allais demander à me coucher, quand le vieux garde tout à coup fit un bond de sa chaise, saisit de nouveau son fusil, en bégayant d’une voix égarée : « Le voilà ! le voilà ! Je l’entends ! ». Les deux femmes retombèrent à genoux dans leurs coins en se cachant le visage ; et les fils reprirent leurs haches. J’allais tenter encore de les apaiser, quand le chien endormi s’éveilla brusquement et, levant sa tête, tendant le cou, regardant vers le feu de son oeil presque éteint, il poussa un de ces lugubres hurlements qui font tressaillir les voyageurs, le soir, dans la campagne. Tous les yeux se portèrent sur lui, il restait maintenant immobile, dressé sur ses pattes comme hanté d’une vision, et il se remit à hurler vers quelque chose d’invisible, d’inconnu, d’affreux sans doute, car tout son poil se hérissait. Le garde, livide cria : « Il le sent ! il le sent ! il était là quand je l’ai tué ». Et les deux femmes égarées se mirent, toutes les deux, à hurler avec le chien.

Malgré moi, un grand frisson me courut entre les épaules. Cette vision de l’animal dans ce lieu, à cette heure, au milieu de ces gens éperdus, était effrayant à voir.

Alors, pendant une heure, le chien hurla sans bouger ; il hurla comme dans l’angoisse d’un rêve ; et la peur, l’épouvantable peur entrait en moi ; la peur de quoi ? Le sais-je ? C’était la peur, voilà tout.

Nous restions immobiles, livides, dans l’attente d’un événement affreux, l’oreille tendue, le coeur battant, bouleversés au moindre bruit. Et le chien se mit à tourner autour de la pièce, en sentant les murs et gémissant toujours. Cette bête nous rendait fous ! Alors, le paysan qui m’avait amené, se jeta sur elle, dans une sorte de paroxysme de terreur furieuse, et, ouvrant une porte donnant sur une petite cour jeta l’animal dehors.

Il se tut aussitôt ; et nous restâmes plongés dans un silence plus terrifiant encore. Et soudain tous ensemble, nous eûmes une sorte de sursaut : un être glissait contre le mur du dehors vers la forêt ; puis il passa contre la porte, qu’il sembla tâter, d’une main hésitante ; puis on n’entendit plus rien pendant deux minutes qui firent de nous des insensés ; puis il revint, frôlant toujours la muraille ; et il gratta légèrement, comme ferait un enfant avec son ongle ; puis soudain une tête apparut contre la vitre du judas, une tête blanche avec des yeux lumineux comme ceux des fauves. Et un son sortit de sa bouche, un son indistinct, un murmure plaintif.

Alors un bruit formidable éclata dans la cuisine. Le vieux garde avait tiré. Et aussitôt les fils se précipitèrent, bouchèrent le judas en dressant la grande table qu’ils assujettirent avec le buffet.

Et je vous jure qu’au fracas du coup de fusil que je n’attendais point, j’eus une telle angoisse du coeur, de l’âme et du corps, que je me sentis défaillir, prêt à mourir de peur.

Nous restâmes là jusqu’à l’aurore, incapables de bouger, de dire un mot, crispés dans un affolement indicible.

On n’osa débarricader la sortie qu’en apercevant, par la fente d’un auvent, un mince rayon de jour.

Au pied du mur, contre la porte, le vieux chien gisait, la gueule brisée d’une balle.

Il était sorti de la cour en creusant un trou sous une palissade.

L’homme au visage brun se tut ; puis il ajouta :

– Cette nuit-là pourtant, je ne courus aucun danger ; mais j’aimerais mieux recommencer toutes les heures où j’ai affronté les plus terribles périls, que la seule minute du coup de fusil sur la tête barbue du judas.

La peur par Guy de MAUPASSANT

 

Questions :

  • Qui parle?  Le personnage est-il un personnage du récit?
  • Comment les paroles ds personnages sont-elles rapportées?
  • Quel est le sens de « VRAIE » dans « la vraie peur » (l.40)?
  • Justifie le titre, la peur.
  • Quand le narrateur commence-t-il à avoir peur?  Pourquoi?
  • Parvient-il à définir la peur?
  • On peut travailler le champ lexical de la peur…  les émotions…  etc!