L’arroseur arrosé (extrait)


Mon fils de secondaire 5 a terminé son programme de français l’an dernier.  Comme je ne veux pas qu’il abandonne ses bonnes habitudes 😉  Je continue à lui proposer du travail.

Voici l’extrait qu’il travaille ce matin :

Maître Pathelin, avocat sans cause, achète à crédit de l’étoffe chez le drapier Guillaume.  Lorsque celui-­‐ci vient se faire payer, l’avocat se fait passer pour mourant et possédé par le diable,  si bien que Guillaume s’en va sans être payé.  À
quelques temps de là, le berger Thibault l’Agnelet demande à Pathelin de le  défendre dans un procès où il est accusé d’avoir mangé les brebis de son maître.  Mais, au tribunal, le maître, qui n’est autre que le drapier, découvre que Pathelin est plus vivant que jamais.  Dans un quiproquo irrésistible, aux questions posées par le juge concernant l’affaire des brebis, il répond en évoquant son étoffe impayée. Quant à Thibault, pour toute réponse au juge, il bêle, comme lui avait recommandé son avocat. Ce dernier gagne le procès, mais dès qu’il réclame ses honoraires, le berger continue de bêler en guise de paiement.

Extrait : Scène 10, devant le tribunal :

L’arroseur arrosé

PATHELIN. – Dis donc, Agnelet?

AGNELET. – Bée.

PATHELIN. – Viens ici, viens.  Est-ce que j’ai bien réglé ton affaire ?

AGNELET. – Bée.

PATHELIN. – Ta partie s’en est allée tu n’as plus besoin de dire «bée».  Est-­ce que je te l’ai bien entortillée ?  Et mes conseils, ils étaient bons ?

AGNELET. – Bée.

PATHELIN. – Sapristi ! Personne ne t’entendra. Parle sans crainte. N’aie pas peur.

AGNELET. – Bée.

PATHELIN. – Il est l’heure que je m’en aille. Paie-moi.

AGNELET. – Bée.

PATHELIN. ‐ À vrai dire, tu as très bien tenu ton rôle, tu t’es bien comporté. Ce qui l’a fait tomber dans le panneau, c’est que tu t’es retenu de rire.

ect…

Farce de maître Pathelin, vers 1464

 

Je n’ai pas le temps de tout mettre l’extrait…  mais je vous propose de le lire sur ce document :  CLIQUER ICI

 

Je ne lui demande que deux choses :

  1. Explique le comique de situation et le comique de mot mis en oeuvre dans cette farce.
  2. Explique le sens du titre : L’arroseur arrosé

Français – secondaire 5


Voici l’extrait qui accompagne mon fils-1 ce matin :

Balzac…

On aime… ou non…  mais certaines descriptions sont magnifiques :

Claude Monet, Étang aux nymphéas

Je descendis, l’âme émue, au fond de cette corbeille, et vis bientôt un village que la poésie qui surabondait en moi me fit trouver sans pareil.   Figurez-vous trois moulins posés parmi des îles gracieusement découpées, couronnées de quelques bouquets d’arbres au milieu d’une prairie d’eau ; quel autre nom donner à ces végétations aquatiques, si vivaces, si bien colorées, qui tapissent la rivière, surgissent au-dessus, ondulent avec elle, se laissent aller à ses caprices et se plient aux tempêtes de la rivière fouettée par la roue des moulins !  Cà et là, s’élèvent des masses de gravier sur lesquelles l’eau se brise en y formant des franges où reluit le soleil.  Les amaryllis, le nénuphar, le lys d’eau, les joncs, les flox décorent les rives de leurs magnifiques tapisseries.  Un pont tremblant composé de poutrelles pourries, dont les piles sont couvertes de fleurs, dont les garde-fous plantés d’herbes vivaces et de mousses veloutées se penchent sur la rivière et ne tombent point ; des barques usées, des filets de pécheurs, le chant monotone d’un berger, les canards qui voguaient entre les îles ou s’épluchaient sur le jard, nom du gros sable que charrie la Loire : des garçons meuniers, le bonnet sur l’oreille, occupés à charger leurs mulets ; chacun de ces détails rendait cette scène d’une naïveté surprenante.  Imaginez au delà du pont deux ou trois fermes, un colombier, des tourterelles, une trentaine de masures séparées par des jardins, par des haies de chèvrefeuilles, de jasmins et de clématites ; puis du fumier fleuri devant toutes les portes, des poules et des coqs par les chemins ? voilà le village du Pont-de-Ruan, joli village surmonté d’une vieille église pleine de caractère, une église du temps des croisades, et comme les peintres en cherchent pour leurs tableaux.  Encadrez le tout de noyers antiques, de jeunes peupliers aux feuilles d’or pâle, mettez de gracieuses fabriques au milieu des longues prairies où l’oeil se perd sous un ciel chaud et vaporeux, vous aurez une idée d’un des mille points de vue de ce beau pays.  Je suivis le chemin de Saché sur la gauche de la rivière, en observant les détails des collines qui meublent la rive opposée.  Puis enfin j’atteignis un parc orné d’arbres centenaires qui m’indiqua le château de Frapesle.  J’arrivai précisément à l’heure où la cloche annonçait le déjeuner.

Le lys dans la vallée, Honoré de Balzac

J’adore…

Nous revisitons le réalisme en littérature et l’insertion d’une description dans un texte.

La folie des hommes ( extrait de La Bruyère )


Voici le texte qui accompagnera mon plus vieux cette semaine…  je l’ai choisi pour travailler la folie des hommes…

Petits hommes, hauts de six pieds, tout au plus de sept, qui vous enfermez aux foires comme géants ; et comme des pièces rares dont il faut acheter la vue, dès que vous allez jusques à huit pieds ; qui vous donnez sans pudeur de la hautesse et de l’éminence, qui est tout ce que l’on pourrait accorder à ces montagnes voisines du ciel, et qui voient les nuages se former au-dessous d’elles ; espèce d’animaux glorieux et superbes, qui méprisez toute autre espèce, qui ne faites pas même comparaison avec l’éléphant et la baleine ; approchez, hommes, répondez un peu à Démocrite.

Ne dites-vous pas en commun proverbe : des loups ravissants, des lions furieux, malicieux comme un singe ? Et vous autres ; qui êtes-vous ? J’entends corner sans cesse à mes oreilles : L’homme est un animal raisonnable ; qui vous a passé cette définition ? Sont-ce les loups, les singes et les lions, ou si vous vous l’êtes accordée à vous-mêmes ? C’est déjà une chose plaisante que vous donniez aux animaux, vos confrères, ce qu’il y a de pire, pour prendre pour vous ce qu’il y a de meilleur, laissez-les un peu se définir eux-mêmes, et vous verrez comme ils s’oublieront, et comme vous serez traités.

Je ne parle point, ô hommes, de vos légèretés, de vos folies et de vos caprices qui vous mettent au-dessous de la taupe et de la tortue, qui vont sagement leur petit train, et qui suivent, sans varier, l’instinct de la nature ; mais écoutez-moi un moment. Vous dites d’un tiercelet de faucon qui est fort léger, et qui fait une belle descente sur la perdrix : «Voilà un bon oiseau» ; et d’un lévrier qui prend un lièvre corps à corps : «C’est un bon lévrier». Je consens aussi que vous disiez d’un homme qui court le sanglier, qui le met aux abois, qui l’atteint et qui le perce : «Voilà un brave homme.»

Mais si vous voyez deux chiens qui s’aboient, qui s’affrontent, qui se mordent et se déchirent, vous dites «Voilà de sots animaux», et vous prenez un bâton pour les séparer. Que si l’on vous disait que tous les chats d’un grand pays se sont assemblés par milliers dans une plaine, et qu’après avoir miaulé tout leur soûl, ils se sont jetés avec fureur les uns sur les autres, et ont joué ensemble de la dent et de la griffe ; que de cette mêlée il est demeuré de part et d’autre neuf à dix mille chats sur la place, qui ont infecté l’air à dix lieues de là par leur puanteur, ne diriez-vous pas : « Voilà le plus abominable sabbat dont on ait jamais ouï parler ?» Et si les loups en faisaient de même : « Quels hurlements, quelle boucherie ! » Et si les uns ou les autres vous disaient qu’ils aiment la gloire, concluriez-vous de ce discours qu’ils la mettent à se trouver à ce beau rendez-vous à détruire ainsi, et à anéantir leur propre espèce ; ou près l’avoir conclu ne ririez-vous pas de tout votre coeur de l’ingénuité de ces pauvres bêtes ?

Vous avez déjà, en animaux raisonnables, et pour vous distinguer de ceux qui ne se servent que de leurs dents et de leurs ongles ; imaginé les lances ; les piques, les dards, les sabres et les cimeterres, et à mon gré fort judicieusement ; car avec vos seules mains que pouviez-vous vous faire les uns aux autres, que vous arracher les cheveux, vous égratigner au visage, ou tout au plus vous arracher les yeux de la tête ? au lieu que vous voilà munis d’instruments commodes, qui vous servent à vous faire réciproquement de larges plaies, d’où peut couler votre sang jusqu’à la dernière goutte, sans que vous puissiez craindre d’en échapper. Mais, comme vous devenez d’année à autre plus raisonnables, vous avez bien enchéri  sur cette vieille manière de vous exterminer : vous  avez de petits globes qui vous tuent tout d’un coup, s’ils peuvent seulement vous atteindre à la tête ou à la poitrine ; vous en avez d’autres plus pesants et plus massifs, qui vous coupent en deux parts ou qui vous éventrent, sans compter ceux qui, tombant sur vos toits, enfoncent les planchers, vont du grenier à la cave, en enlevant les voûtes, et font sauter en l’air, avec vos femmes, l’enfant et la nourrice ; et c’est là encore où gît la gloire ; elle aime le remue-ménage, et elle est personne d’un grand fracas.[ … ]

LA BRUYERE (1645-1696)

Extrait de « Des Jugements » (Les Caractères XII – 1688)

Étude du texte :

  • Montre que l’idée principale de ce texte est la suivante : les hommes sont les plus prétentieux et les plus fous des animaux.
  • Montre que la suite des idées secondaires forme un véritable raisonnement.
  • Étudie l’expression de la raillerie dans les quatre premières paragraphes.
  • Étudie l’expression de l’ironie dans les deux derniers paragraphes.

Exercice d’imitation :

Rédige un texte qui se moquera ( au choix ) :

  • la folie des hommes qui font servir toutes leurs inventions à la guerre.
  • La folie des hommes qui font servir le langage à se disputer, s’injurier, se haïr au lieu de le faire servir à se comprendre
  • La folie des hommes qui sacrifient leur vie à l’avenir, au lieu de s’assurer le présent.
  • ou…  la folie des hommes qui…  au choix!

Voici ma fiche de travail :

La folie des hommes

Un sauvetage miraculeux ( texte )


Voici l’extrait que je propose de travailler demain avec mon plus vieux ( secondaire 5- 1re ).   Il a lu le texte en entier, mais j’ai choisi cet extrait pour travailler un peu plus.

 

Quand la barque, conduite par la miraculeuse adresse du pilote, arriva presque en vue d’Ostende, à cinquante pas du rivage, elle en fut repoussée par une convulsion de la tempête, et chavira soudain.

L’étranger au lumineux visage dit alors à ce petit monde de douleur :

– Ceux qui ont la foi seront sauvés ; qu’ils me suivent !

Cet homme se leva, marcha d’un pas ferme sur les flots. Aussitôt la jeune mère prit son enfant dans ses bras et marcha près de lui sur la mer.

Le soldat se dressa soudain en disant dans son langage de naïveté :

– Ah ! nom d’une pipe ! je te suivrais au diable.

Puis, sans paraître étonné, il marcha sur la mer.

La vieille pécheresse, croyant à la toute-puissance de Dieu, suivit l’homme et marcha sur la mer.

Les deux paysans se dirent :

– Puisqu’ils marchent sur l’eau, pourquoi ne ferions-nous pas comme eux ? Ils se levèrent et coururent après eux en marchant sur la mer.

Thomas voulut les imiter ; mais sa foi chancelant, il tomba plusieurs fois dans la mer, se releva ; puis, après trois épreuves, il marcha sur la mer.

L’audacieux pilote s’était attaché comme un rémora sur le plancher de sa barque.

L’avare avait eu la foi et s’était levé ; mais il voulut emporter son or, et son or l’emporta au fond de la mer.

Se moquant du charlatan et des imbéciles qui l’écoutaient, au moment où il vit l’inconnu proposant aux passagers de marcher sur la mer, le savant se prit à rire et fut englouti par l’océan.

La jeune fille fut entraînée dans l’abîme par son amant. L’évêque et la vieille dame allèrent au fond, lourds de crimes, peut-être, mais plus lourds encore d’incrédulité, de confiance en de fausses images, lourds de dévotion, légers d’aumônes et de vraie religion.

La troupe fidèle qui foulait d’un pied ferme et sec la plaine des eaux courroucées entendait autour d’elle les horribles sifflements de la tempête. D’énormes lames venaient se briser sur son chemin. Une force invincible coupait l’océan.

À travers le brouillard, ces fidèles apercevaient dans le lointain, sur le rivage, une petite lumière faible qui tremblotait par la fenêtre d’une cabane de pêcheurs. Chacun, en marchant courageusement vers cette lueur, croyait entendre son voisin criant à travers les mugissements de la mer :

– Courage ! Et cependant, attentif à son danger, personne ne disait mot. Ils atteignirent ainsi le bord de la mer. Quand ils furent tous assis au foyer du pêcheur, ils cherchèrent en vain leur guide lumineux.

Honoré de Balzac, Jésus-Christ en Flandre

Si vous avez envie de lire le texte en entier…

Vous pouvez télécharger le texte: Jésus-Christ en Flandre : cliquer ici

Étude du texte :

Étudiez comment les circonstance de l’histoire de cette narration donnent toutes une impression de mystère :

  • le lieu
  • les personnages
  • l’action
  • le dénouement

Exercice d’imitation :

Raconte dans un style aussi simple que possible :  ( au choix )

  • La parabole de l’enfant prodigue
  • L’apaisement de la tempête par Jésus, dans la barque où il s’était endormi au milieu de ses disciples épouvantés par la fureur de la mer
  • La pêche miraculeuse
  • L’arrivée de Jésus marchant sur les flots, la nuit, dans la barque d’où ses disciples le prennent d’abord pour un fantôme.

***  Je sais…   Je suis probablement la seule à présenter ce genre de textes à mon fils de secondaire 5! ha!  J’ignore si cela pourra être utile à quelqu’un…  mais je persiste à dire que ce genre de textes est différent certes, mais il apporte une vision tellement différente de la littérature!!!

J’adore!  oui… J’adore vraiment!

L’hiver chez les esquimaux ( texte )


Voici l’extrait de texte que j’ai proposé à mon fils-1 ce matin :

Nous arrivâmes à une contrée où le soleil ne se couchait plus. Pâle et élargi, cet astre tournait tristement autour d’un ciel glacé ; de rares animaux erraient sur des montagnes inconnues. D’un côté s’étendaient des champs de glace contre lesquels se brisait une mer décolorée ; de l’autre s’élevait une terre hâve et nue qui n’offrait qu’une morne succession de baies solitaires et de caps décharnés. Nous cherchions quelquefois un asile dans des trous de rocher, d’où les aigles marins s’envolaient avec de grands cris. J’écoutais alors le bruit des vents répétés par les échos de la caverne et le gémissement des glaces qui se fondaient sur la rive.

Et cependant, mon jeune ami, il est quelquefois un charme à ces régions désolées. Rien ne te peut donner une idée du moment où le soleil, touchant la terre, semblait rester immobile, et remontait ensuite dans le ciel, au lieu de descendre sous l’horizon. Les monts revêtus de neige, les vallées tapissées de la mousse blanche que broutent les rennes, les mers couvertes de baleines et semées de glaces flottantes, toute cette scène, éclairée comme à la fois par les feux du couchant et par la lumière de l’aurore, brillait des plus tendres et des plus riches couleurs : on ne savait si on assistait à la création ou à la fin du monde. Un petit oiseau, semblable à celui qui chante la nuit dans tes bois, faisait entendre un ramage plaintif. L’amour amenait alors le sauvage Esquimau sur le rocher où l’attendait sa compagne : ces noces de l’homme aux dernières bornes de la terre n’étaient ni sans pompe ni sans félicité.

Mais bientôt à une clarté perpétuelle succéda une nuit sans fin. Un soir le soleil se coucha, et ne se leva plus. Une aurore stérile, qui n’enfanta point l’astre du jour, parut dans le septentrion. Nous marchions à la lueur du météore dont les flammes mouvantes et livides s’attachaient à la voûte du ciel comme à une surface onctueuse.

Les neiges descendirent ; les daims, les caribous, les oiseaux mêmes disparurent : on voyait tous ces animaux passer et retourner vers le midi : rien n’était triste comme cette migration qui laissait l’homme seul. Quelques coups de foudre qui se prolongeaient dans des solitudes où aucun être animé ne les pouvait entendre semblèrent séparer les deux scènes de la vie et de la mort.

La mer fixa ses flots; tout mouvement cessa, et, au bruit des glaces brisées, succéda un silence universal.

Chateaubriand

Étude du texte :

Étudier l’expression de la lumière, le son, la tristesse et le mouvement.

Situation d’écriture :

Sujets d’invention :  En s’inspirant du texte, faire le tableau :

  • D’un jour d’hiver brumeux.
  • D’un paysage de neige à la campagne.
  • De la ville sous la neige.
  • D’une journée de solitude, en hiver, à la maison.
  • D’une nuit froide en hiver.
  • D’un matin de Noël.

*** Venez me dire, après la lecture d’un texte comme celui-ci, que la littérature n’est pas belle…  les descriptions sont magnifiques!

Français… secondaire 5


Mon fils travaille très rapidement…  Ouf…  Je n’ai presque pas le temps de tout lire!!!! ha!  Heureusement que j’ai déjà lu ce que je lui propose!!!

Nous entrons dans une nouvelle période, le XVIIe siècle avec le triomphe de la raison.

Notre premier arrêt fut  pour quelques poésies…

  • La solitude de Théophile de Viau : cliquer ici
  • Le corbeau devant moi croasse ( le monde à l’envers )  de Théophile de Viau : cliquer ici
  • Consolation à Monsieur du Périer de Malherbe : cliquer ici

Et maintenant…

Notre prochain arrêt est la pièce de théâtre : Le Cid de Corneille.

Résumé :

Rodrigue (le « Cid » = « Seigneur ») est le fils de don Diègue et l’amant de Chimène, elle-même fille du comte de Gormas, lequel a giflé don Diègue suite à une querelle qui les opposait sur la fonction de gouverneur du prince. Du fait de son grand âge, don Diègue ne peut se venger et demande à son fils de retrouver un honneur perdu…

Pour télécharger le texte :

Vous pouvez lire le texte intégral : cliquer ici

Pour mieux travailler le texte…

  • Bordas propose un dossier pédagogique : cliquer ici
  • Pour ceux qui ont la chance de posséder un accès…  Gallimard propose aussi un dossier pour la 4e : cliquer ici

Pour nous…  un sujet de dissertation ( au choix ):

  • Pourquoi, selon toi, la pièce « le Cid de Corneille »  a toujours autant de succès à notre époque?
  • Le Cid est-t-il un drame romantique?
  • Le Cid de Corneille : quelle dimension prend le mot honneur dans cette pièce ? À votre avis est-ce la même chose aujourd’hui ? Pourquoi peut on dire que Chimène et Rodrigue sont des héros ? ( sujet pris  ici )
  • Pourquoi le Cid est une tragicomédie? ( sujet pris ici )
  • Démontrez en quoi Don Rodrigue est un personnage tragique. ( sujet pris ici )
  •  Le Cid de corneille est elle une pièce violente ?

Pour la suite?

Don Quichotte de Cervantès!

***  N’est-ce pas un parcours extraordinaire pour terminer son parcours de classe-maison en français cette année!

Un magnifique parcours dans la littérature française…  nous prendrons le temps de découvrir quelques oeuvres du Québec très bientôt!

Français… secondaire 5


Et oui…  je prépare déjà la suite…

Après Gargantua, nous explorons quelques extraits d’un essai de Montaigne.  Nous terminerons ainsi le parcours des textes pour le XVIe siècle.

Michel Eyquem de Montaigne

Voici l’extrait analysé :

Pour tout ceci , je ne veux pas qu’on emprisonne ce garçon, je ne veux pas qu’on l’abandonne à la
colère et humeur mélancolique d’un furieux maître d’école ; je ne veux pas corrompre son esprit à le
tenir à la gêne et au travail, à la mode des autres, quatorze ou quinze heures par jour, comme un
portefaix; ni ne trouverais bon, quand, par quelque complexion solitaire et mélancolique, on le verrait adonné d’une application trop indiscrète à l’étude des livres, qu’on la lui nourrît ; cela les rend ineptes à la conversation civile, et les détourne de meilleures occupations. Et combien ai-je vu do mon temps d’hommes abêtis par téméraire avidité de science ? Carnéade s’en trouva si affolé, qu’il n’eut plus le loisir de se faire le poil et les ongles. Ni ne veux gâter ses mœurs généreuses par l’incivilité et barbarie d’autrui. La sagesse française a été anciennement en proverbe, pour une sagesse qui prenait de bonne heure et n’avait guères de tenue. A la vérité, nous voyons encore qu’il n’est rien si gentil que les petits enfants en France ; mais ordinairement ils trompent l’espérance qu’on a conçue ; et, hommes faits, on n’y voit aucune excellence. J’ai ouï tenir à gens d’entendement que ces collèges où on les envoie, de quoi ils ont foison, les abrutissent ainsi.

Au nôtre, un cabinet, un jardin, la table et le lit, la solitude, la compagnie, le matin et le vêpre, toutes
heures lui seront une, toutes places lui seront étude ; car la philosophie, qui, comme formatrice des
jugements et des mœurs, sera sa principale leçon, a ce privilége de se mêler partout. Isocrate l’orateur, étant prié en un festin de parler de son art, chacun trouve qu’il eut raison de répondre : « Il n’est pas maintenant temps de ce que je sais faire ; et ce de quoi il est maintenant temps, je ne le sais pas faire; » car de présenter des harangues ou des disputes de rhétorique à une compagnie assemblée pour rire et faire bonne chère, ce serait un mélange de trop mauvais accord ; et autant en pourrait-on dire de toutes les autres sciences. Mais, quant à la philosophie, en la partie où elle traite de l’homme et de ses devoirs et offices, c’a été le jugement commun de tous les sages, que, pour la douceur de sa conversation, elle ne devait être refusée ni aux festins ni aux jeux ; et Platon , l’ayant invitée à son convive, nous voyons comme elle entretient l’assistance, d’une façon molle et accommodée au temps et au lieu, quoique ce soit de ses plus hauts discours et plus salutaires. (…)

(…)

Ce n’est pas une âme, ce n’est pas un corps qu’on dresse, c’est un homme ; Il n’en faut pas faire à deux. Et, comme dit Platon, il ne faut pas les dresser l’un sans l’autre, mais les conduire également, comme une couple de chevaux attelés à même timon. Et à l’ouïr, semble-t-il pas prêter plus de temps et plus de sollicitude aux exercices du corps, et estimer que, l’esprit s’en exerce quant à quant, et non au rebours.

Au demeurant cette institution se doit conduire par une sévère douceur, non comme il se fait. Au lieu de convier les enfants aux lettres, on ne leur présente, à la vérité, que horreur et cruauté. Otez-moi la violence et la force ; il n’est rien à mon avis qui abâtardisse et étourdisse si fort une nature bien née. Si vous avez envie qu’il craigne la honte et le châtiment ne l’y endurcissez pas. Endurcissez-le à la sueur et au froid, au vent, au soleil et aux hasards qu’il lui faut mépriser ; ôtez-lui toute mollesse et délicatesse au vêtir et coucher, au manger et au boire ; accoutumez-le à tout. Que ce ne soit pas un beau garçon et dameret, mais un garçon vert et vigoureux. Enfant, homme, vieil, j’ai toujours cru et jugé de même. Mais, entre autres choses, cette police de la plupart de nos collèges m’a toujours déplu.
On eût failli à l’aventure moins dommageablement, s’inclinant vers l’indulgence. C’est une vraie geôle de jeunesse captive. On la rend débauchée, l’en punissant avant qu’elle le soit. Arrivez-y sur le point de leur office : vous n’oyez que cris et d’enfants suppliciés, et de maîtres enivrés en leur colère. Quelle manière pour éveiller l’appétit envers leur leçon, à ces tendres âmes et craintives, de les y guider d’une trogne effroyable, les mains armées de fouets ? Inique et pernicieuse forme. Joint ce que Quintilien en a très bien remarqués, que cette impérieuse autorité tire des suites périlleuses, et nommément à notre façon de châtiment.
Combien leurs classes seraient plus décemment jonchées de fileurs et de feuilles que de tronçons d’osier sanglants. J’y ferais pour traire la joie, l’allégresse, et Flora et les Grâces, comme fit en son école le philosophe Speusippes, Où est leur profit, que ce fût aussi leur ébat. On doit ensucrer les viandes salubres à l’enfant, et enfieller celles qui lui sont nuisibles.

Michel Eyquem de Montaigne, Essais

Je lui propose de répondre uniquement à la question suivante :

  • À quoi s’oppose Montaigne concernant l’éducation des enfants et que prône-t-il justement comme éducation?

Français… secondaire 5


Nous poursuivons notre périple dans la littérature française…  Après le roman de Renart, nous avons lu quelques poèmes de Pierre de Ronsard ( 1524-1585 ).

Ce matin, il découvre François Rabelais…  grand médecin du royaume, moine, professeur d’anatomie, voyageur et écrivain,…  on le reconnait comme un des premiers à avoir écrit un « roman moderne ».  On connait surtout plusieurs des expressions que nous utilisons encore aujourd’hui :

  • Ignorance est mère de tous les maux
  • Revenons à nos moutons
  • L’habit ne fait pas le moine
  • L’appétit vient en mangeant, la soif s’en va en buvant

Mon fils découvre un texte que tout le monde connait j’imagine :  Gargantua

Si vous voulez télécharger le texte :

  • Il est possible de lire le texte en entier sur le net : cliquer ici

Pour exploiter le roman :

  • Roman humaniste : séquence en première : cliquer ici
  • Livre de poche jeunesse propose une séquence pour la 5e : cliquer ici
  • Étude d’oeuvre intégrale proposée par Kristina Olivier : cliquer ici

Sujet de dissertation :

  • Dans quelle mesure peut-on considérer le roman Gargantua comme une oeuvre humaniste?

***  par la suite, on poursuivra notre route avec  Montaigne

Français… secondaire 5


Nous poursuivons notre route dans la littérature…

Nous avons quitté « Tristan et Iseult » pour pénétrer dans le roman satirique.

Après avoir lu « le vilain et le souricon » un fabliau du 13e siècle, nous entrons dans le roman de Renart.

Mon fils avait déjà lu ce roman en entier en 4e je crois…

Résumé :

Renart, rusé, habile et surtout beau parleur, a plus d’un tour dans son sac lorsqu’il s’amuse à piéger Ysengrin, le loup sot et glouton. Tiécelin le corbeau, Chantecler le coq, Dame Pinte la poule…
Mais, las d’être dupés par ce goupil malicieux, les animaux lui complotent à leur façon une drôle de surprise !
Rira bien qui rira le dernier !

Vous cherchez le texte?

On peut télécharger le texte en français courant…  moins pénible à lire : cliquer ici

Vous cherchez le texte audio?

Et oui… il est possible de l’écouter…  cliquer ici

Comment allons-nous aborder ce roman en classe?

 Par la découverte du comique médiéval, de la satire et de la parodie…

et par un sujet de dissertation :  Le portrait de la société humaine à travers le masque animal dans le Roman de Renart.

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***  Est-ce que j’ai mentionné que j’adore cette aventure littéraire que mon fils-1 fait présentement?  Je suis tellement contente de mon idée!!! 😉

L’amour courtois…


Nous poursuivons notre périple dans l’amour courtois avec mon fils de secondaire 5

Au programme aujourd’hui?

Un extrait de Roméo et Juliette :

Acte II , Scène 2 :

JULIETTE. – Tu sais, le masque de la nuit colore mon visage, sinon une rougeur de vierge aurait coloré mes joues pour ce que tu m’as entendu dire cette nuit. Ah si je pouvais demeurer dans les bons usages, si je pouvais, si je pouvais effacer tout ce que j’ai dit. Mais non, adieu adieu cérémonie ! M’aimes-tu ? Je sais que tu répondras « oui », je croirai ta parole, et pourtant si tu jures tu peux te montrer faux, des parjures d’amants on dit que Jupiter sourit. Doux Roméo, si tu aimes, proclame le sincèrement ; ou si tu penses que trop vite je suis conquise je serai sévère et méchante, je dirai non pour que tu me fasses ta cour ; mais autrement, pour rien au monde ! En vérité, beau Montaigue, j’ai trop d’amour, c’est pourquoi tu peux penser ma conduite bien légère ; mais crois-moi, noble jeune homme, je me montrerai plus fidèle que celles qui ont plus d’adresse à demeurer réservée ; mais voici que tu as surpris, avant que je fusse prévenue, ma vraie passion d’amour, aussi pardonne-moi et n’impute pas à la légèreté mon abandon que cette sombre nuit t’a révélée.

ROMÉO. – Ô ma dame, par la lune sacrée je jure, Qui touche d’argent clair tous ces arbres fruitiers…

JULIETTE. – Oh! ne jure pas par la lune, l’inconstante lune qui change chaque moi en son orbite ronde, de peur que ton amour ne se montre comme elle changeant.

Analyse…

  • Juliette oppose diverses attitudes.  Quelles sont-elles?  Lesquelles privilégie-t-elle?
  • Quels sont les deux sentiments dominants de Juliette dans cet extrait?

Notre deuxième extrait..  Tristan et Yseult : La mort des amants

La mort des amants

«Le vent sur la mer s’est levé et il gonfle la voile : il fait venir le bateau à terre. Yseult a mis pied à terre et elle entend de grandes plaintes dans la rue, les cloches qui sonnent dans les églises et les chapelles. Elle demande des nouvelles aux gens : pourquoi sonne-t-on ainsi ? Pour qui donc sont toutes ces larmes ? Un vieillard lui répond : « Belle dame, que Dieu nous aide ! Nous subissons ici une immense douleur, si grande que personne n’en a jamais eu de telle. Le preux, le noble Tristan est mort : il était le réconfort de tous les habitants de ce royaume. Il était généreux envers ceux qui étaient dans le besoin. Il venait à l’aide de ceux qui souffraient. Il vient de mourir dans son lit d’une blessure qu’il avait reçue. Jamais une si grande calamité n’a frappé cette région ! »

Dès qu’Yseult apprend la nouvelle, elle devient muette de douleur. Elle est si affligée de la mort de Tristan qu’elle erre à travers les rues, les vêtements en désordre, et elle passe devant tout le monde, jusqu’au palais. Les Bretons n’ont jamais vu de femme aussi belle qu’elle : on s’étonne à travers la ville, on se demande d’où elle vient et qui elle peut bien être.
Yseut va droit vers le corps : elle se tourne vers l’Orient, elle prie humblement pour son ami. « Ami Tristan, quand je vous vois mort, il m’est impossible de trouver une bonne raison de vivre. Vous êtes mort de l’amour que vous me portiez, et moi je meurs, ami, de tendresse, puisque je n’ai pas pu venir à temps vous guérir de votre mal. Ami, ami, à cause de votre mort je ne trouverai jamais de réconfort en aucune chose. Je ne ressentirai jamais de joie, ni de gaieté, ni de plaisir à rien. Maudit soit cet orage, qui me fit tant rester en mer que je n’ai pas pu venir à vous ! Si j’étais arrivée à temps, je vous aurais rendu la vie, ami, et je vous aurais parlé doucement de l’amour qu’il y avait entre nous. J’aurais eu la douleur de raconter ma destinée, notre joie, nos réjouissances, la peine et la grande douleur que nous avons connues dans nos amours. Et je vous aurais rappelé tout cela, et je vous aurais pris dans mes bras, et je vous aurais embrassé. Si je n’ai pas pu vous secourir, mourons au moins ensemble ! Comme je n’ai pas pu venir à temps, et comme j’ignorais votre malheur, et comme je ne suis arrivée que pour vous trouver mort, c’est le même breuvage qui me réconfortera. Vous avez perdu la vie pour moi, j’agirai en véritable amie : je veux mourir pour vous de la même manière. »
Elle le serre dans ses bras, elle s’étend près de lui et embrasse sa bouche et son visage. Elle le tient tout contre elle. Elle s’est étendue, son corps contre le sien, sa bouche contre la sienne. Elle rend l’âme en un instant et meurt ainsi à ses côtés, de la peine qu’elle éprouve pour son ami. Tristan est mort de son amour ; Yseult parce qu’elle n’a pas pu venir à temps. Tristan est mort de son amour ; la belle Yseult de sa tendresse pour lui. »

Analyse…

  • Le mythe de « Tristan et Yseult » est celui de l’amour absolu et éternel.  En quoi cet extrait le montre-t-il?

***Je ne fais pas lire les textes en entier, car ils les a déjà lus par le passé.