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Les misérables


Voici notre thème de la semaine prochaine…  l’univers, si merveilleux pour moi, des misérables de Victor Hugo

Si vous n’avez pas encore pris le temps de lire ce chef-d’oeuvre, il est vraiment temps!  Victor Hugo reste pour moi un écrivain incomparable… à tous les niveaux!

Comme mes deux derniers sont encore trop jeunes pour se plonger, et réellement apprécier, l’univers des misérables, je préfère leur donner la chance de découvrir des extraits et reprendre ce thème éventuellement à la fin du secondaire lorsque le regard sur l’autre et le monde change un peu!

J’ai choisi ce thème pour faire travailler mes trois derniers sur un même thème…  Ce sera tellement plus simple puisque je pourrai placer le contexte historique du roman et donner une brève biographie de l’auteur pour tout le monde en même temps!

SECONDAIRE 4

Mon fils de secondaire 4 lira les romans en entier…  version intégrale, puisque pour moi c’est un incontournable dans le parcours scolaire d’un enfant.

J’ai choisi un accompagnement léger…  je ne veux pas qu’il soit envahi par trop de questions tout au long de son parcours, j’aimerais qu’il en apprécie réellement la lecture.  J’ai donc choisi un contrôle de lecture plutôt « léger » mais comme je tenais à une certaine rigueur dans sa lecture…  Je ne voulais pas une lecture pour une lecture.

J’ai choisi le travail d’un enseignant sur « prépabac »

Travail de l’enseignant : CLIQUER ICI

Je trouvais qu’il cernait bien l’essentiel du roman.  Pour faciliter le travail, je me suis permise une mise en page plus appropriée en classe :

 

6e année (6e)

Je le trouve trop jeune pour lire le roman entier… même en abrégé, non pas qu’il ne pourrait pas le lire, mais bien qu’il ne pourrait pas, à mon avis, l’apprécier comme je le souhaiterais.  J’ai choisi de travailler 4 textes sur Cosette.

***Je vais les mettre dans ma planification journalière.

 

4e année (CM1)

J’ai choisi aussi des textes sur Cosette.  Pour lui, beaucoup de lecture cette semaine.  J’ai choisi des textes que j’ai trouvés sur le net mais dont j’ignore la source.  Si vous la connaissez, faites-moi signe!  Ils sont courts et accompagnés d’entrecroisés.

  1. COSETTE1
  2. COSETTE2
  3. COSETTE3
  4. COSETTE4
  5. COSETTE5
  6. COSETTE6
  7. COSETTE7
  8. COSETTE8
  9. COSETTE9

 

Ce sera une belle semaine!!!!!

 

 

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Un hiver en Norvège ( extrait)


Voici la lecture et le travail que je propose à mon fils-2 demain :

L’hiver de 1799 à 1800 fut un des plus rudes dont le souvenir ait été gardé par les Européens ;

La mer de Norvège se prit entièrement dans les fjords, où la violence du ressac l’empêche ordinairement de geler. Un vent dont les effets ressemblaient à ceux du levantis espagnol, avait balayé la glace du Stromfjord en repoussant les neiges vers le fond du golfe.  Depuis longtemps il n’avait pas été permis aux gens de Jarvis de voir en hiver le vaste miroir des eaux réfléchissant les couleurs du ciel, spectacle curieux au sein de ces montagnes dont tous les accidents étaient nivelés sous les couches successives de la neige, et où les plus vives arêtes comme les vallons les plus creux ne formaient que de faibles plis dans l’immense tunique jetée par la nature sur ce paysage, alors tristement éclatant et monotone. Les longues nappes de la Sieg, subitement glacées, décrivaient une énorme arcade sous laquelle les habitants auraient pu passer à l’abri des tourbillons, si quelques-uns d’entre eux eussent été assez hardis pour s’aventurer dans le pays.

Mais les dangers de la moindre course retenaient au logis les plus intrépides chasseurs qui craignaient de ne plus reconnaître sous la neige les étroits passages pratiqués au bord des précipices, des crevasses ou des versants. Aussi nulle créature n’animait-elle ce désert blanc où régnait la bise du pôle, seule voix qui résonnât en de rares moments.

Le ciel, presque toujours grisâtre, donnait au lac les teintes de l’acier bruni. peut-être un vieil eider traversait-il parfois impunément l’espace à l’aide du chaud duvet sous lequel glissent les songes des riches, qui ne savent par combien de dangers cette plume s’achète ; mais, semblable au Bédouin qui sillonne seul les sables de l’Afrique, l’oiseau n’était ni vu ni entendu ; l’atmosphère engourdie, privée de ses communications électriques, ne répétait ni le sifflement de ses ailes, ni ses joyeux cris.

Quel oeil assez vif eût d’ailleurs pu soutenir l’éclat de ce précipice garni de cristaux étincelants, et les rigides reflets des neiges à peine irisées à leurs sommets par les rayons d’un pâle soleil, qui, par moments, apparaissait comme un moribond jaloux d’attester sa vie ? Souvent, lorsque des amas de nuées grises, chassées par escadrons à travers les montagnes et les sapins, cachaient le ciel sous de triples voiles, la terre, à défaut de lueurs célestes, s’éclairait par elle-même.

Là donc se rencontraient toutes les majestés du froid éternellement assis sur le pôle, et dont le principal caractère est le royal silence au sein duquel vivent les monarques absolus.

Séraphîta, Honoré de Balzac

Étude du texte :

Nous travaillons l’idée principale et les idées secondaire de cet extrait. ( idée principale au premier paragraphe, 4 idées secondaires, le dernier paragraphe dégage l’impression générale )

On trace le plan de ce texte ( introduction, développement et conclusion )

Exercice d’écriture :

Le plus beau paysage d’hiver.

Sous la forme d’une lettre à un ami, fais le tableau d’un paysage d’hiver qui montre toutes les beautés que peut revêtir cette saison ( neige, dentelles de givre, lumière du soleil, le crissement de la neige sous les pas, etc. )

Pour télécharger cet extrait :

Un hiver en Norvège

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L’hiver au village ( extrait )


La première neige floconna : les vergers, les toits de feurre et de tuiles sombrèrent dans un silence blanc. L’intimité alors se retira au cœur des maisons, une quiète vie feutrée de silence et d’attente près des bêtes domestiques.

L’horloge, au chaud des âtres, scanda les heures actives, le rythme des mains tressant l’osier, les molles et muettes détentes de la veillée au feu des crassets. Tout le hameau, derrière les vitres, façonnait des bannes, des paniers à égoutter le fromage et de délicates corbeilles.

On entendait au fond des étables le ruminement pesant des vaches, le barbotement des porcs dans l’auge; et les routes étaient vides, il n’y avait point d’autre bruit. Toute attache sembla coupée avec le monde du dehors.

Cependant au matin un clapotement de sabots d’enfants traînait, filles et garçons en petites bandes, le nez bleu et les mains dans les moufles. C’était la classe du cordonnier Jean.La petite école finissait à midi.  Alors, comme au matin, les sabots se remettaient à battre le long des haies(…)

Quand nous rentrions, la pomme de terre fumait sur la table.  Il y avait le père et trois de ses fils, assis autour de l’âtre, sur des escabeaux bas, avec les outils et les osiers frais.  Ils ne s’interrompaient de remuer les mains que pour manger et ensuite travaillaient jusqu’au soir.

Dans le taciturne hiver de la maison, l’horloge battait d’un pouls lent, la lampe s’allumait, le chaudron cuisait à la crémaillère.

Camille Lemonnier, Au coeur frais de la forêt

Notre travail sur ce texte :

  • Chercher les détails réalistes
  • Relever  les verbes d’action
  • Relever les métaphores
  • Quel est le rôle de l’horloge dans ce tableau?  Pourquoi.
  • Montrer que l’énumération des actions suit l’ordre du temps.

Exercice d’imitation :

Utiliser un des tableaux suivants et écrire en suivant un ordre chronologique.

  • Une journée d’hiver à la campagne, bloquée par le mauvais temps.
  • Le rythme d’une journée pendant une tempête de neige.
  • Une journée de repos « obligatoire » en hiver ( rhume, grippe ).
  • La vie au coin du feu après une longue sortie à l’extérieur en hiver.

 

Si vous voulez télécharger ce court extrait :

L’hiver au village

Si vous avez envie de lire le texte en entier : cliquer ici

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Notre travail sur le texte – semaine 7


Fils-2 : Français secondaire 4

On poursuit une séquence de travail sur la sagesse des autres.  Cette semaine, un texte d’Hubert Reeves : Homo sapiens au pays des merveilles.

Voici une copie du texte : CLIQUER ICI

Il travaille la situation d’énonciation, le point de vue et le discours rapporté.

Il n’y a pas grand chose à dire sur le travail demandé…  pfffffff…   Vous ais-je dit que je n’aimais pas trop ce genre de manuel de français?  Mon fils l’aime bien justement pour ce que je déteste… ha!  Il ne va pas trop loin…  les questions sont simples et courtes à répondre…  donc… on ne va jamais suffisamment loin pour mon goût!

J’ajoute : 

Terre, planète bleue d’Hubert Reeves : CLIQUER ICI

et ceci :

Un extrait de « LA CHUTE » de Camus

Un jour où, conduisant ma voiture, je tardais une seconde à démarrer au feu vert, pendant que nos patients concitoyens déchaînaient sans délai leurs avertisseurs dans mon dos, je me suis souvenu soudain d’une autre aventure, survenue dans les mêmes circonstances. Une motocyclette conduite par un petit homme sec, portant lorgnon et pantalon de golf, m’avait doublé et s’était installée devant moi, au feu rouge. En stoppant, le petit homme avait calé son moteur et s’évertuait en vain à lui redonner souffle. Au feu vert, je lui demandai, avec mon habituelle politesse, de ranger sa motocyclette pour que je puisse passer. Le petit homme s’énervait encore sur son moteur poussif. Il me répondit donc, selon les règles de la courtoisie parisienne, d’aller me rhabiller. J’insistai, toujours poli, mais avec une légère nuance d’impatience dans la voix. On me fit savoir aussitôt que, de toute manière, on m’emmenait à pied et à cheval. Pendant ce temps, quelques avertisseurs commençaient, derrière moi, de se faire entendre. Avec plus de fermeté, je priai mon interlocuteur d’être poli et de considérer qu’il entravait la circulation. L’irascible personnage, exaspéré sans doute par la mauvaise volonté, devenue évidente, de son moteur, m’informa que si je désirais ce qu’il appelait une dérouillée, il me l’offrirait de grand coeur. Tant de cynisme me remplit d’une bonne fureur et je sortis de ma voiture dans l’intention de frotter les oreilles de ce mal embouché. Je ne pense pas être lâche (mais que ne pense-t-on pas!), je dépassais d’une tête mon adversaire, mes muscles m’ont toujours bien servi. Je crois encore maintenant que la dérouillée aurait été reçue plutôt qu’offerte. Mais j’étais à peine sur la chaussée que, de la foule qui commençait à s’assembler, un homme sortit, se précipita sur moi, vint m’assurer que j’étais le dernier des derniers et qu’il ne me permettrait pas de frapper un homme qui avait une motocyclette entre les jambes et s’en trouvait, par conséquent, désavantagé. Je fis face à ce mousquetaire et, en vérité, ne le vis même pas. À peine, en effet, avais-je la tête tournée que, presque en même temps, j’entendis la motocyclette pétarader de nouveau et je reçus un coup violent sur l’oreille. Avant que j’aie eu le temps d’enregistrer ce qui s’était passé, la motocyclette s’éloigna. Étourdi, je marchai machinalement vers d’Artagnan quand, au même moment, un concert exaspéré d’avertisseurs s’éleva de la file, devenue considérable, des véhicules. Le feu vert revenait. Alors, encore un peu égaré, au lieu de secouer l’imbécile qui m’avait interpellé, je retournai docilement vers ma voiture et je démarrai, pendant qu’à mon passage l’imbécile me saluait d’un « pauvre type » dont je me souviens encore.

Histoire sans importance, direz-vous?

Albert Camus, La chute, 1956 p.56-58

***  J’ai choisi ce texte pour travaillé les énoncés rapportés

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Fils-3 : Français 5e année

Mon fils-3 travaille sur une nouvelle fable : Le lièvre et la tortue.

Il redécouvre la fable traditionnel de LaFontaine mais aussi deux autres versions amusantes : celle de Gudule et une fable détournée de Vivian french ( version vraiment différente et vraiment drôle )

Le lièvre et la tortue

.
Rien ne sert de courir; il faut partir à point :
Le lièvre et la tortue en sont un témoignage.
«Gageons, dit celle-ci, que vous n’atteindrez point
Sitôt que moi ce but. – Sitôt? Êtes-vous sage ?
Repartit l’animal léger :
Ma commère, il vous faut purger
Avec quatre grains d’ellébore.
– Sage ou non, je parie encore. »
Ainsi fut fait; et de tous deux
On mit près du but les enjeux :
Savoir quoi, ce n’est pas l’affaire,
Ni de quel juge l’on convint.
Notre lièvre n’avait que quatre pas à faire,
J’entends de ceux qu’il fait lorsque, prêt d’être atteint,
Il s’éloigne des chiens, les renvoie aux calendes,
Et leur fait arpenter les landes.
Ayant, dis-je, du temps de reste pour brouter,
Pour dormir et pour écouter
D’où vient le vent, il laisse la tortue
Aller son train de sénateur.
Elle part, elle s’évertue,
Elle se hâte avec lenteur.
Lui cependant méprise une telle victoire,
Tient la gageure à peu de gloire,
Croit qu’il y a de son honneur
De partir tard. Il broute, il se repose,
Il s’amuse à toute autre chose
Qu’à la gageure. A la fin, quand il vit
Que l’autre touchait presque au bout de la carrière,
Il partit comme un trait; mais les élans qu’il fit
Furent vains : la tortue arriva la première.
« Eh bien! lui cria-t-elle, avais-je pas raison ?
De quoi vous sert votre vitesse ?
Moi l’emporter! et que serait-ce
Si vous portiez une maison ? »
Jean de la Fontaine

 Pour télécharger une copie de la  fable version La Fontaine : CLIQUER ICI

***  Quel plaisir de proposer plusieurs versions et les comparer… on s’amuse beaucoup plus!!!!  J’aime les fables…  au-delà de la morale, elle propose un vocabulaire différent qui pousse l’enfant à mieux lire, à chercher, à se questionner.  C’est un univers fascinant ne trouvez-vous pas?

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Fils-4 : français 3e année

Après les contes à problèmes, il débute une séquence sur les textes répétitifs.

Premier texte de la séquence de travail?

Avanceras-tu cochon têtu?

Un jour, une fermière partit vendre son cochon au marché.  Arrivé près d’un pont, le cochon refusa d’avancer.  La femme, contrariée, lui parla d’abord gentiment : « Allons, cochon, il faut que tu passes sur ce pont! »

Le cochon baissait la tête et refusait toujours d’avancer.  Rien n’y faisait : ni les paroles douces, ni les encouragements, ni les cris, ni quelques coups de baguette.

Alors, la fermière appela son chien et lui ordonna : « Chien, viens mordre le cochon!  Le cochon ne veut pas avancer. »  Mais le chien répondit : « Le cochon est mon ami, je ne le mordrai pas. »

Alors la fermière appela le bâton : « Bâton, viens battre le chien!  Le chien ne veut pas mordre le cochon.  Le cochon ne veut pas avancer. »  Mais le bâton répondit : « Le chien est mon ami, je ne le battrai pas. »

Alors la fermière appela le feu : « Feu, viens brûler le bâton!  Le bâton ne veut pas battre le chien.  Le chien ne veut pas mordre le cochon.  Le cochon ne veut pas avancer. »  Mais le feu répondit : « Le bâton est mon ami, je ne le brûlerai pas. »

Alors la fermière appela le ruisseau : « Ruisseau, viens éteindre le feu!  Le feu ne veut pas brûler le bâton.  Le bâton ne veut pas battre le chien.  Le chien ne veut pas mordre le cochon.  Le cochon ne veut pas avancer. »   Mais le ruisseau répondit : « Le feu est mon ami, je ne l’éteindrai pas. »

Alors la fermière appela la vache : « Vache, viens boire le ruisseau !  Le ruisseau ne veut pas éteindre le feu. Le feu ne veut pas brûler le bâton.  Le bâton ne veut pas battre le chien.  Le chien ne veut pas mordre le cochon.  Le cochon ne veut pas avancer. »  Mais la vache répondit : « Le ruisseau est mon ami, je ne le boirai pas. »

Alors la fermière appela le boucher : « Boucher, viens tuer la vache!  La vache ne veut pas boire le ruisseau.  Le ruisseau ne veut pas éteindre le feu. Le feu ne veut pas brûler le bâton.  Le bâton ne veut pas battre le chien.  Le chien ne veut pas mordre le cochon.  Le cochon ne veut pas avancer. »  Et le boucher dit : « Je viens tuer la vache! »

Alors la cache de peur d’être tué accepta de boire le ruisseau, le ruisseau de peur d’être bu accepta d’éteindre le feu, le feu de peur d’être éteint accepta de brûler le bâton, le bâton de peur d’être brûlé accepta de battre le chien, le chien de peur d’être battu accepta de mordre le cochon, le cochon de peur d’être mordu accepta d’avancer sur le pont.

Mais le marché était déjà fini.  La fermière ramena le cochon chez elle.  C’était tout ce qu’il attendait.  Il ne voulait pas être vendu et finir en saucisses et boudin!

Conte d’Europe, variante hollandaise.

Pour télécharger ce conte : Avanceras-tu cochon têtu

***  ce sont toujours des petits textes humoristiques…  mon plus jeune adore ce genre de texte.

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L’armoire aux souvenirs (texte)


Un grand-père raconte à sa petite-fille l’histoire de sa vie au moyen d’un enregistrement.

Voilà le texte qui accompagne mon fils-2 cette semaine…

Si cela vous intéresse, vous pouvez lire ce texte sur le site du Devoirs : CLIQUER ICI

Une idée de situation d’écriture pour accompagner ce texte?

Choisir une personne de l’entourage qui inspire la sagesse.  Comme Josée Blanchette, rédiger un texte biographique sous la forme d’un commentaire.  Exprimer son point de vue en s’appuyant sur certains des propos de cette personne.

Source : Zones, CEC

***  C’est une belle idée je trouve…  J’aime particulièrement ce genre de suggestion de travail à faire.  Inspirant n’est-ce pas?

Textes secondaire 4 (2e)

Nouvelle « Aux champs » de Maupassant – texte


Aux champs

Les deux chaumières étaient côte à côte, au pied d’une colline, proches d’une petite ville de bains. Les deux paysans besognaient dur sur la terre inféconde pour élever tous leurs petits. Chaque ménage en avait quatre. Devant les deux portes voisines, toute la marmaille grouillait du matin au soir. Les deux aînés avaient six ans et les deux cadets quinze mois environ ; les mariages et, ensuite les naissances, s’étaient produites à peu près simultanément dans l’une et l’autre maison.

Les deux mères distinguaient à peine leurs produits dans le tas ; et les deux pères confondaient tout à fait. Les huit noms dansaient dans leur tête, se mêlaient sans cesse ; et, quand il fallait en appeler un, les hommes souvent en criaient trois avant d’arriver au véritable.

La première des deux demeures, en venant de la station d’eaux de Rolleport, était occupée par les Tuvache, qui avaient trois filles et un garçon ; l’autre masure abritait les Vallin, qui avaient une fille et trois garçons.

Tout cela vivait péniblement de soupe, de pomme de terre et de grand air. A sept heures, le matin, puis à midi, puis à six heures, le soir, les ménagères réunissaient leurs mioches pour donner la pâtée, comme des gardeurs d’oies assemblent leurs bêtes. Les enfants étaient assis, par rang d’âge, devant la table en bois, vernie par cinquante ans d’usage. Le dernier moutard avait à peine la bouche au niveau de la planche. On posait devant eux l’assiette creuse pleine de pain molli dans l’eau où avaient cuit les pommes de terre, un demi-chou et trois oignons ; et toute la lignée mangeait jusqu’à plus faim. La mère empâtait elle-même le petit. Un peu de viande au pot-au-feu, le dimanche, était une fête pour tous, et le père, ce jour-là, s’attardait au repas en répétant : « Je m’y ferais bien tous les jours »

Par un après-midi du mois d’août, une légère voiture s’arrêta brusquement devant les deux chaumières, et une jeune femme, qui conduisait elle-même, dit au monsieur assis à côté d’elle :

– Oh ! regarde, Henri, ce tas d’enfants ! Sont-ils jolis, comme ça, à grouiller dans la poussière.

L’homme ne répondit rien, accoutumé à ces admirations qui étaient une douleur et presque un reproche pour lui.

La jeune femme reprit :

– Il faut que je les embrasse ! Oh ! comme je voudrais en avoir un, celui-là, le tout petit.

Et, sautant de la voiture, elle courut aux enfants, prit un des deux derniers, celui des Tuvache, et, l’enlevant dans ses bras, elle le baisa passionnément sur ses joues sales, sur ses cheveux blonds frisés et pommadés de terre, sur ses menottes qu’il agitait pour se débarrasser des caresses ennuyeuses.

Puis elle remonta dans sa voiture et partit au grand trot. Mais elle revint la semaine suivante, s’assit elle-même par terre, prit le moutard dans ses bras, le bourra de gâteaux, donna des bonbons à tous les autres ; et joua avec eux comme une gamine, tandis que son mari attendait patiemment dans sa frêle voiture.

Elle revint encore, fit connaissance avec les parents, reparut tous les jours, les poches pleines de friandises et de sous.

Elle s’appelait Mme Henri d’Hubières.

Un matin, en arrivant, son mari descendit avec elle ; et, sans s’arrêter aux mioches, qui la connaissaient bien maintenant, elle pénétra dans la demeure des paysans.

Ils étaient là, en train de fendre du bois pour la soupe ; ils se redressèrent tout surpris, donnèrent des chaises et attendirent. Alors la jeune femme, d’une voix entrecoupée, tremblante commença :

– Mes braves gens, je viens vous trouver parce que je voudrais bien… je voudrais bien emmener avec moi votre… votre petit garçon…

Les campagnards, stupéfaits et sans idée, ne répondirent pas.

Elle reprit haleine et continua.

– Nous n’avons pas d’enfants ; nous sommes seuls, mon mari et moi… Nous le garderions… voulez-vous ?

La paysanne commençait à comprendre. Elle demanda :

– Vous voulez nous prend’e Charlot ? Ah ben non, pour sûr.

Alors M. d’Hubières intervint :

– Ma femme s’est mal expliquée. Nous voulons l’adopter, mais il reviendra vous voir. S’il tourne bien, comme tout porte à le croire, il sera notre héritier. Si nous avions, par hasard, des enfants, il partagerait également avec eux. Mais s’il ne répondait pas à nos soins, nous lui donnerions, à sa majorité, une somme de vingt mille francs, qui sera immédiatement déposée en son nom chez un notaire. Et, comme on a aussi pensé à vous, on vous servira jusqu’à votre mort, une rente de cent francs par mois. Avez-vous bien compris ?

La fermière s’était levée, toute furieuse.

– Vous voulez que j’vous vendions Charlot ? Ah ! mais non ; c’est pas des choses qu’on d’mande à une mère çà ! Ah ! mais non ! Ce serait abomination.

L’homme ne disait rien, grave et réfléchi ; mais il approuvait sa femme d’un mouvement continu de la tête.

Mme d’Hubières, éperdue, se mit à pleurer, et, se tournant vers son mari, avec une voix pleine de sanglots, une voix d’enfant dont tous les désirs ordinaires sont satisfaits, elle balbutia :

– Ils ne veulent pas, Henri, ils ne veulent pas !

Alors ils firent une dernière tentative.

– Mais, mes amis, songez à l’avenir de votre enfant, à son bonheur, à …

La paysanne, exaspérée, lui coupa la parole :

– C’est tout vu, c’est tout entendu, c’est tout réfléchi… Allez-vous-en, et pi, que j’vous revoie point par ici. C’est i permis d’vouloir prendre un éfant comme ça !

Alors Mme d’Hubières, en sortant, s’avisa qu’ils étaient deux tout petits, et elle demanda à travers ses larmes, avec une ténacité de femme volontaire et gâtée, qui ne veut jamais attendre :

– Mais l’autre petit n’est pas à vous ?

Le père Tuvache répondit :

– Non, c’est aux voisins ; vous pouvez y aller si vous voulez.

Et il rentra dans sa maison, où retentissait la voix indignée de sa femme.

Les Vallin étaient à table, en train de manger avec lenteur des tranches de pain qu’ils frottaient parcimonieusement avec un peu de beurre piqué au couteau, dans une assiette entre eux deux.

M. d’Hubières recommença ses propositions, mais avec plus d’insinuations, de précautions oratoires, d’astuce.

Les deux ruraux hochaient la tête en signe de refus ; mais quand ils apprirent qu’ils auraient cent francs par mois, ils se considèrent, se consultant de l’oeil, très ébranlés.

Ils gardèrent longtemps le silence, torturés, hésitants. La femme enfin demanda :

– Qué qu’t’en dis, l’homme ? Il prononça d’un ton sentencieux :

– J’dis qu’c’est point méprisable.

Alors Mme d’Hubières, qui tremblait d’angoisse, leur parla de l’avenir du petit, de son bonheur, et de tout l’argent qu’il pourrait leur donner plus tard.

Le paysan demanda :

– C’te rente de douze cents francs, ce s’ra promis d’vant l’notaire ?

M. d’Hubières répondit :

– Mais certainement, dès demain.

La fermière, qui méditait, reprit :

– Cent francs par mois, c’est point suffisant pour nous priver du p’tit ; ça travaillera dans quéqu’z’ans ct’éfant ; i nous faut cent vingt francs.

Mme d’Hubières trépignant d’impatience, les accorda tout de suite ; et, comme elle voulait enlever l’enfant, elle donna cent francs en cadeau pendant que son mari faisait un écrit. Le maire et un voisin, appelé aussitôt, servirent de témoins complaisants.

Et le jeune femme, radieuse, emporta le marmot hurlant, comme on emporte un bibelot désiré d’un magasin.

Les Tuvache sur leur porte, le regardaient partir muets, sévères, regrettant peut-être leur refus.

On n’entendit plus du tout parler du petit Jean Vallin. Les parents, chaque mois, allaient toucher leurs cent vingt francs chez le notaire ; et ils étaient fâchés avec leurs voisins parce que la mère Tuvache les agonisait d’ignominies, répétant sans cesse de porte en porte qu’il fallait être dénaturé pour vendre son enfant, que c’était une horreur, une saleté, une corromperie.

Et parfois elle prenait en ses bras son Charlot avec ostentation, lui criant, comme s’il eût compris :

– J’t’ai pas vendu, mé, j’t’ai pas vendu, mon p’tiot. J’vends pas m’s éfants, mé. J’sieus pas riche, mais vends pas m’s éfants.

Et, pendant des années et encore des années, ce fut ainsi chaque jour des allusions grossières qui étaient vociférées devant la porte, de façon à entrer dans la maison voisine. La mère Tuvache avait fini par se croire supérieure à toute la contrée parce qu’elle n’avait pas venu Charlot. Et ceux qui parlaient d’elle disaient :

– J’sais ben que c’était engageant, c’est égal, elle s’a conduite comme une bonne mère.

On la citait ; et Charlot, qui prenait dix-huit ans, élevé dans cette idée qu’on lui répétait sans répit, se jugeait lui-même supérieur à ses camarades, parce qu’on ne l’avait pas vendu.

Les Vallin vivotaient à leur aise, grâce à la pension. La fureur inapaisable des Tuvache, restés misérables, venait de là.

Leur fils aîné partit au service. Le second mourut ; Charlot resta seul à peiner avec le vieux père pour nourrir la mère et deux autres soeurs cadettes qu’il avait.

Il prenait vingt et un ans, quand, un matin, une brillante voiture s’arrêta devant les deux chaumières. Un jeune monsieur, avec une chaîne de montre en or, descendit, donnant la main à une vieille dame en cheveux blancs. La vieille dame lui dit :

– C’est là, mon enfant, à la seconde maison.

Et il entra comme chez lui dans la masure des Vallin.

La vieille mère lavait ses tabliers ; le père, infirme, sommeillait près de l’âtre. Tous deux levèrent la tête, et le jeune homme dit :

– Bonjour, papa ; bonjour maman.

Ils se dressèrent, effarés. La paysanne laissa tomber d’émoi son savon dans son eau et balbutia :

– C’est-i té, m’n éfant ? C’est-i té, m’n éfant ?

Il la prit dans ses bras et l’embrassa, en répétant : – « Bonjour, maman ». Tandis que le vieux, tout tremblant, disait, de son ton calme qu’il ne perdait jamais : « Te v’là-t’i revenu, Jean ? ». Comme s’il l’avait vu un mois auparavant.

Et, quand ils se furent reconnus, les parents voulurent tout de suite sortir le fieu dans le pays pour le montrer. On le conduisit chez le maire, chez l’adjoint, chez le curé, chez l’instituteur.

Charlot, debout sur le seuil de sa chaumière, le regardait passer.

Le soir, au souper il dit aux vieux :

– Faut-i qu’vous ayez été sots pour laisser prendre le p’tit aux Vallin !

Sa mère répondit obstinément :

– J’voulions point vendre not’ éfant !

Le père ne disait rien.

Le fils reprit :

– C’est-i pas malheureux d’être sacrifié comme ça !

Alors le père Tuvache articula d’un ton coléreux :

– Vas-tu pas nous r’procher d’ t’avoir gardé ?

Et le jeune homme, brutalement :

– Oui, j’vous le r’proche, que vous n’êtes que des niants. Des parents comme vous, ça fait l’malheur des éfants. Qu’vous mériteriez que j’vous quitte.

La bonne femme pleurait dans son assiette. Elle gémit tout en avalant des cuillerées de soupe dont elle répandait la moitié :

– Tuez-vous donc pour élever d’s éfants !

Alors le gars, rudement :

– J’aimerais mieux n’être point né que d’être c’que j’suis. Quand j’ai vu l’autre, tantôt, mon sang n’a fait qu’un tour. Je m’suis dit : « V’là c’que j’serais maintenant ! ».

Il se leva.

– Tenez, j’sens bien que je ferai mieux de n’pas rester ici, parce que j’vous le reprocherais du matin au soir, et que j’vous ferais une vie d’misère. Ca, voyez-vous, j’vous l’pardonnerai jamais !

Les deux vieux se taisaient, atterrés, larmoyants.

Il reprit :

– Non, c’t’ idée-là, ce serait trop dur. J’aime mieux m’en aller chercher ma vie aut’part !

Il ouvrit la porte. Un bruit de voix entra. Les Vallin festoyaient avec l’enfant revenu.

Alors Charlot tapa du pied et, se tournant vers ses parents, cria :

– Manants, va !

Et il disparut dans la nuit

Guy de maupassant

Mon fils de 2nde devra étudier cette nouvelle la semaine prochaine.  Voici le type de travail que je lui propose : 

  1. Dresser le schéma narratif de la nouvelle
  2. Étudier le rythme de l’histoire
  3. Le type de discours qui domine
  4. Les personnages ( les deux familles )
  5. Initiation à l’argument : la place des enfants
  6. Le dénouements particulièrement cruel
  7. La vision de la société que la nouvelle apporte
Situation d’écriture possible :
  • Une scène dans laquelle tu raconteras l’arrivée de Jean Vallin dans sa nouvelle maison chez M. et Mme d’Hubières.
  • Tu es un éditeur qui désire publier cette nouvelle dans ton journal, mais en lui donnant un autre titre, à la fois plus explicite et plus séduisant.  Quel titre proposera-tu?  Comment réussiras-tu à convaincre Maupassant?  Rédige ce discours en justifiant ton choix.
  • Il est possible de demander de ré-écrire cette nouvelle dans un registre différent…  pathétique par exemple.