Catégorie : Textes à télécharger en secondaire 3 (3e)

Encore des nouvelles…


Et oui…  encore…  si vous travaillez la nouvelle, en voici deux autres

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L’âcre parfum (nouvelle)


Les nouvelles de ce genre plaisent énormément à mon fils-3 même si cela demande toujours d’être un bon lecteur pour en comprendre le sens.
L’acre parfum
André Vanasse
Dès l’instant où il eut jeté un coup d’oeil sur l’envoi postal, il fut conquis. Son nom était précédé d’un «Monsieur le professeur». Il ne résistait jamais à cette flatterie.
Georges-Etienne de Roquebrune se hâta donc de décacheter le paquet contenant un manuscrit d’une centaine de pages à l’intérieur duquel il découvrit une enveloppe qu’il lut d’une traite non sans avoir humé le parfum — ma foi étrange, tenace même — qui s’en dégageait. La signataire lui disait à quel point elle appréciait ses talents de critique qui avaient — la louange lui parut excessive — largement débordé les frontières de son pays.  Elle sollicitait son avis sur le manuscrit qu’il trouverait sous pli. «Dois-je vous dire, Monsieur le professeur, que je tremble à l’idée de vous soumettre mon roman intitulé.  À dire vrai, ma vie dépend de vous. La vôtre aussi peut-être…»
Georges-Etienne de Roquebrune n’arriva pas à saisir le sens de ces propos sybillins. «Sans doute, une mégalomane.» Piqué par la curiosité, il ne put s’empêcher de lire le début. Il s’apprêtait à entreprendre la deuxième page quand il comprit qu’il avait commis une impardonnable erreur.
L’Acre parfum, songea-t-il avec horreur. Je l’ai respiré. Je mourrai comme le ridicule personnage de ce mauvais roman…
De fait, il fut frappé d’apoplexie. Sa tête buta sur le manuscrit dont il avait dit naguère, à titre de lecteur d’une maison d’édition, qu’il était d’un ennui… mortel !
Si cette nouvelle vous intéresse : Cliquez ici

La femme au parapluie (texte)


Un petit texte pour s’amuser…

 

-Tiens, drôle d’endroit pour perdre son parapluie. Il se pencha, ramassa le parapluie.

Le téléphone sonna.
-Allô.
-Bonsoir, monsieur. Vous avez trouvé mon parapluie?
-Pardon?
-Je vous demande si vous avez trouvé mon parapluie. Un parapluie noir avec…
-Oui, en effet, j’ai trouvé un parapluie, ce matin. Mais comment savez-vous, madame, que c’est moi qui l’ai trouvé?
-Mais mon cher monsieur, je l’ai perdu précisément pour que vous le trouviez! Et maintenant, je voudrais le ravoir. Vous voulez bien venir me le porter? Je vous attendrai ce soir au milieu du pont de bois, à l’est de la ville, à onze heures. Bonsoir, monsieur.

-Vous êtes en retard, je vous attends depuis dix minutes.
-Je m’excuse, j’ai été retardé… Voici votre parapluie, madame.
-Merci, monsieur.
Elle le regardait droit dans les yeux.
-Et maintenant, sautez. Votre heure est venue.
Il enjamba le garde-fou et se jeta dans la rivière.

Et elle repartit, laissant son parapluie au milieu du pont de bois, à l’est de la ville…

Michel Tremblay, «Contes pour buveurs attardés»

Le chant des partisans (texte)


Voici un de nos textes à l’étude cette semaine.

Maurice Druon et son oncle Joseph Kessel sont deux écrivains qui s’engagèrent dans la Résistance pendant la Seconde Guerre mondiale.  Tous deux furent correspondants de guerre pendant l’Occupation et c’est ensemble qu’ils composèrent, en 1943 à Londres, « Le chant des partisans », qui devait devenir l’hymne de la Résistance.

Le chant des partisans

Ami, entends-tu le vol noir du corbeau sur nos plaines?
Ami, entends-tu les cris sourds du pays qu’on enchaîne?
Ohé! Partisans, ouvriers et paysans, c’est l’alarme.
Ce soir, l’ennemi connaîtra le prix du sang et des larmes.

Montez de la mine, descendez des collines, camarades!
Sortez de la paille les fusils, la mitraille, les grenades.
Ohé! Les tueurs à la balle et au couteau, tirez vite!
Ohé! Saboteur, attention à ton fardeau : dynamite!

C’est nous qui brisons les barreaux des prisons pour nos frères!
La haine à nos trousses et la faim qui nous pousse, la misère!
Il est des pays où les gens aux creux des lits font des rêves!
Ici, nous vois-tu, nous on marche et nous on tue, nous on crève.

Ici chacun sait, ce qu’il veut, ce qu’il fait, quand il passe.
Ami, si tu tombes, un ami sort de l’ombre à ta place.
Demain du sang noir sèchera au grand soleil sur les routes.
Chantez, compagnons, dans la nuit la liberté vous écoute.

Ami, entends-tu ces cris sourds du pays qu’on enchaîne?
Ami, entends-tu le vol noir des corbeaux sur nos plaines?
Oh oh oh oh oh oh oh oh oh oh oh oh oh oh oh oh…

Paroles de Maurice Druon et Joseph Kessel (1943)

 

 

 

 

Le danseur de corde et le balancier (fable)


C’est incroyable de découvrir que certains textes, pourtant écrits au XVIIIe siècle,  sont encore actuels et tout à fait à sa place dans la vie de nos jeunes.

Cette fable, à l’étude ce matin, convient parfaitement au jeune qui doit la lire chez nous! hi hi

Le danseur de corde et le balancier

Sur la corde tendue un jeune voltigeur
Apprenait à danser ; et déjà son adresse,
Ses tours de force, de souplesse,
Faisaient venir maint spectateur.
Sur son étroit chemin on le voit qui s’avance,
Le balancier en main, l’air libre, le corps droit,
Hardi, léger autant qu’adroit ;
Il s’élève, descend, va, vient, plus haut s’élance,
Retombe, remonte en cadence,
Et, semblable à certains oiseaux
Qui rasent en volant la surface des eaux,
Son pied touche, sans qu’on le voie,
À la corde qui plie et dans l’air le renvoie.
Notre jeune danseur, tout fier de son talent,
Dit un jour : à quoi bon ce balancier pesant
Qui me fatigue et m’embarrasse ?
Si je dansais sans lui, j’aurais bien plus de grâce,
De force et de légèreté.
Aussitôt fait que dit. Le balancier jeté,
Notre étourdi chancelle, étend les bras, et tombe.
Il se cassa le nez, et tout le monde en rit.
Jeunes gens, jeunes gens, ne vous a-t-on pas dit
Que sans règle et sans frein tôt ou tard on succombe ?
La vertu, la raison, les lois, l’autorité,
Dans vos désirs fougueux vous causent quelque peine ;
C’est le balancier qui vous gêne,
Mais qui fait votre sûreté.

Jean-Pierre Claris de Florian.

 

Le silence de la mer (texte + travail)


Voici notre texte du jour en secondaire 3 (3e)


En 1941, au début de l’Occupation, un officier allemand épris de culture française est logé de force dans une famille comprenant un vieil homme et sa nièce, qui ne peuvent exprimer leur opposition et leur patriotisme que par un mutisme profond, une lutte silencieuse.

Un soir, – j’étais monté dans ma chambre pour y chercher du tabac, – j’entendis s’élever le chant de l’harmonium.  On jouait ces “VIIIe Prélude et Fugue » que travaillait ma nièce avant la débâcle.  Le cahier était resté ouvert à cette page mais, jusqu’à ce soir-là, ma nièce ne s’était pas résolue à de nouveaux exercices.  Qu’elle les eût repris souleva en moi du plaisir et de l’étonnement: quelle nécessité intérieure pouvait bien l’avoir soudain décidée?
Ce n’était pas elle. Elle n’avait pas quitté son fauteuil ni son ouvrage.  Son regard vint à la rencontre du mien, m’envoya un message que je ne déchiffrai pas.  Je considérai le long buste devant l’instrument, la nuque penchée, les mains longues, fines, nerveuses, dont les doigts se déplaçaient sur les touches comme des individus autonomes.
Il joua seulement le Prélude. Il se leva, rejoignit le feu.
– “Rien n’est plus grand que cela”, dit-il de sa voix sourde qui ne s’éleva pas beaucoup plus haut qu’un murmure.  “Grand?…ce n’est pas même le mot.  Hors de l’homme, – hors de sa chair.  Cela nous fait comprendre, non :  deviner…  non : pressentir ce qu’est la nature… la nature divine et inconnaissable… la nature… désinvestie… de l’âme humaine.  Oui : c’est une musique inhumaine.”
Il parut, dans un silence songeur, explorer sa propre pensée. Il se mordillait lentement une lèvre.
– Bach… Il ne pouvait être qu’Allemand.  Notre terre a ce caractère : ce caractère inhumain.  Je veux dire: pas à la mesure de l’homme.
Un silence, puis :
– Cette musique-là, je l’aime, je l’admire, elle me comble, elle est en moi comme la présence de Dieu mais… Mais ce n’est pas la mienne.
“Je veux faire, moi, une musique à la mesure de l’homme : cela aussi est un chemin pour atteindre la vérité.  C’est mon chemin.  Je n’en voudrais, je n’en pourrais suivre un autre.  Cela, maintenant, je le sais.  Je le sais tout à fait.  Depuis quand?  Depuis que je vis ici.
Il nous tourna le dos.  Il appuya ses mains au linteau, s’y retint par les doigts et offrit son visage à la flamme entre ses avant-bras, comme à travers les barreaux d’une grille.  Sa voix se fit plus sourde et plus bourdonnante :
– Maintenant j’ai besoin de la France.  Mais je demande beaucoup : je demande qu’elle m’accueille.  Ce n’est rien, être chez elle comme un étranger, – un voyageur ou un conquérant.  Elle ne donne rien alors, – car on ne peut rien lui prendre.  Sa richesse, sa haute richesse, on ne peut la conquérir.  Il faut la boire à son sein, il faut qu’elle vous offre son sein dans un mouvement et un sentiment maternels…  Je sais bien que cela dépend de nous…  Mais cela dépend d’elle aussi.  Il faut qu’elle accepte de comprendre notre soif, et qu’elle accepte de l’étancher… qu’elle accepte de s’unir à nous.
Il se redressa, sans cesser de nous tourner le dos, les doigts toujours accrochés à la pierre.
– Moi, dit-il un peu plus haut, il faudra que je vive ici, longtemps.  Dans une maison pareille à celle-ci.  Comme le fis d’un village pareil à ce village… Il faudra…
Il se tut.  Il se tourna vers nous.  Sa bouche souriait, mais non ses yeux qui regardaient ma nièce.
– Les obstacles seront surmontés, dit-il.  La sincérité toujours surmonte les obstacles.
“Je vous souhaite une bonne nuit.”
Extrait de : Vercors «Le silence de la mer»

Après l’analyse du texte, on revient sur l’écriture d’un résumé.

 Écrire…
Je lui demande de me résumer l’extrait en 100 mots maximums.
À partir de ce niveau, je propose souvent des exercices avec un nombre de mots précis afin de l’habituer à des examens futurs où, par souci d’uniformité de l’évaluation, on comptabilise le nombre de mots, identique pour tous.
Comme le résumé doit se faire en peu de mots, il forcera Raphaël à rechercher le chemin le plus juste dans un nombre limité de
mots.