Catégorie : Français secondaire 3 (3e)

Encore des nouvelles…


Et oui…  encore…  si vous travaillez la nouvelle, en voici deux autres

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PESQUETOIZAN (nouvelle)


Les mamans canadiennes comprendront sûrement davantage ces deux versions d’une courte nouvelle.  Elle m’a fait sourire.


Première manière

Tibouderiendutou* ouvre les yeux. Sept heures. Mais il n’en sait rien. Tout ce qu’il sait, c’est qu’on dirait que dehors il fait soleil. Il faut aller voir ça de plus près. Se lever, attraper une pomme sur la table de la salle à manger et s’installer à une fenêtre.

Tibouderiendutou, «deuzanmipesquetoizan* », rejette les couvertures au pied du lit et, sans faire de bruit, va se cueillir une pomme dans la salle à manger, s’arrête à la première fenêtre venue, soulève un coin de la toile, plisse les yeux et sourit, béat.

Il faut que Mimi et Luc voient ça.

Alors il file dans leur chambre et, une fois arrivé à la fenêtre, tire de toutes ses forces sur la toile qui se bloque puis se débloque soudainement et disparaît violemment en s’enroulant vers le plafond. Vacarme. Tibouderiendutou reste cloué sur place. Sa pomme tombe par terre et rebondit bruyamment quand Luc et Mimi se dressent dans leur lit en criant presque en chœur : «Tiboutte, dans ta chambre !»

Tibouderiendutou éclate en sanglots, oublie de ramasser sa pomme et court se réfugier dans son lit.

 

 Deuxième manière

Sept heures. Tibouderiendutou, «deuzanmipesquepesquetoizan», se lève sans faire de bruit. On dirait bien qu’il fait drôlement beau. Qu’est-ce que ça doit être bon d’être assis au soleil et de croquer dans une pomme !

Alors il se rend à la cuisine, ouvre le tiroir défendu, prend la plus grosse paire de ciseaux, attrape au passage une pomme bien juteuse et une pince à linge, revient dans sa chambre, referme doucement la porte, pose sa pomme sur le bord de la fenêtre, fait une incision dans la toile en partant du bas vers le haut puis relève le pan de tissu et le maintient en place à l’aide de la pince à linge, prend sa pomme, s’assoit dans le carré de soleil — trente, trente-cinq centimètres carrés, c’est tout ce qu’il faut à un Tibouderiendutou — et croque dans sa pomme.

DIANE-MONIQUE DAVIAU

*Tibouderiendutou : petit bout de rien du tout

*deuzanmipesquetoizan : deux ans mais presque trois ans


Si elle vous intéresse :  PESQUETOIZAN


 

La partie de carte (théâtre)


On poursuit en théâtre cette semaine…  Voici l’extrait à l’étude demain matin.


Extrait

MARIUS

ACTE III

PREMIER TABLEAU

Il est 9 heures du soir. Dans le petit café, Escartefigue, Panisse, César et M. Brun sont assis autour d’une table. Ils jouent à la manille. Autour d’eux, sur le parquet, deux rangs de bouteilles vides. Au comptoir, le chauffeur du ferry-boat, déguisé en garçon de café, mais aussi sale que jamais.

Scène première

Escartefigue, Panisse. César, M. Brun, Le Chauffeur

Quand le rideau se lève, Escartefigue regarde son jeu intensément et perplexe, se gratte la tête. Tous attendent sa décision.

Panisse, impatient : Eh bien, quoi ? C’est à toi !

Escartefigue : Je le sais bien. Mais J’hésite…

Il se gratte la tête. Un client de la terrasse frappe sur la table de marbre.

César, au chauffeur : Hé, l’extra ! On frappe !

Le chauffeur qui faisait tourner la roue du comptoir tressaille et crie.

Le Chauffeur : Voilà! Voilà!

Il saisit un plateau vide, jette une serviette sur son épaule et s’élance vers la terrasse.

César, à Escartefigue : Tu ne vas pas hésiter jusqu’à demain !

M. Brun : Allons, capitaine, nous vous attendons !

Escartefigue se décide soudain. Il prend une carte, lève le bras pour la jeter sur le tapis, puis, brusquement, il la remet dans son jeu.

Escartefigue : C’est que la chose est importante ! ( À César ) Ils ont trente-deux et nous, combien nous avons ?

César jette un coup d’œil sur les jetons en os qui sont près de lui, sur le tapis.

César : Trente.

M. Brun, sarcastique : Nous allons en trente-quatre.

Panisse : C’est ce coup-ci que la partie se gagne ou se perd.

Escartefigue : C’est pour ça que Je me demande si Panisse coupe à cœur.

César : Si tu avais surveillé le Jeu, tu le saurais.

Panisse, outré : Eh bien, dis donc, ne vous gênez plus ! Montre-lui ton jeu puisque tu y es !

César : Je ne lui montre pas mon jeu. Je ne lui ai donné aucun renseignement.

M. Brun : En tout cas, nous jouons à la muette, il est défendu de parler.

Panisse : Et si c’était une partie de championnat, tu serais déjà disqualifié.

César, froid : J’en ai vu souvent des championnats. J’en ai vu plus de dix. Je n’y ai jamais vu une figure comme la tienne.

Panisse : Toi, tu es perdu. Les injures de ton agonie, ne peuvent pas toucher ton vainqueur.

César : Tu es beau. Tu ressembles à la statue de Victor Gelu.

Escartefigue, pensif : Oui, et je me demande toujours s’il coupe à cœur.

À la dérobée. César fait un signe qu’Escartefigue ne voit pas, mais Panisse l’a surpris.

Panisse, furieux : Et je te prie de ne pas lui faire de signes.

César : Moi je lui fais des signes ? Je bats la mesure.

Panisse : Tu ne dois regarder qu’une seule chose : ton Jeu. ( À Escartefigue ) Et toi aussi.

César : Bon.

II baisse les yeux vers ses cartes.

Panisse, à Escartefigue : Si tu continues à faire des grimaces, Je fous les cartes en l’air et je rentre chez moi.

M. Brun : Ne vous fâchez pas, Panisse. Ils sont cuits.

Escartefigue : Moi, Je connais très bien le jeu de la manille et je n’hésiterais pas une seconde si j’avais la certitude que Panisse coupe à cœur.

Panisse : Je t’ai déjà dit qu’on ne doit pas parler, même pour dire bonjour à un ami.

Escartefigue Je ne dis bonjour à personne. Je réfléchis.

Panisse : Eh bien ! réfléchis en silence… Et ils se font encore des signes ! Monsieur Brun, surveillez Escartefigue. Moi, je surveille César.

César, à Panisse : Tu te rends compte comme c’est humiliant ce que tu fais là ? Tu me surveilles comme un tricheur. Réellement, ce n’est pas bien de ta part. Non, ce n’est pas bien.

Panisse, presque ému : Allons, César, je t’ai fait de la peine ?

César : Quand tu me parles sur ce ton, quand tu m’espinches comme si j’étais un scélérat, eh bien, tu me fends le cœur.

Panisse : Allons, César…

César : Oui, tu me fends le cœur. Pas vrai, Escartefigue ? Il nous fend le cœur.

Escartefigue, ravi : Très bien !

Il jette une carte sur le tapis. Panisse la regarde, regarde César, puis se lève brusquement, plein de fureur.

Panisse : Est-ce que tu me prends pour un imbécile ? Tu as dit : « II nous fend le cœur » pour lui faire comprendre que je coupe à cœur. Et alors il joue cœur, parbleu !

César : …

Panisse, il lui jette les cartes au visage : Tiens, les voilà tes cartes, tricheur, hypocrite ! Je ne joue pas avec un Grec; siou pas plus fade qué tu, sas ! Foou pas mi prendre per un aoutré ! ( Il se frappe la poitrine ) Siou mestré Panisse, et siès pas pron fin per m’aganta !

Il sort violemment en criant : « Tu me fends le cœur ! »

Marcel Pagnol, Marius, acte III, scène 1


Voici la scène…

ha ha…  J’adore cette scène !

Le Bourgeois gentilhomme (théâtre)


Le théâtre…  j’aime beaucoup.  Présentement, mes deux garçons travaillent sur ce genre littéraire.  On découvre.  On redécouvre.

Ce n’est pas tous les enfants qui aiment le théâtre surtout s’ils n’ont pas la chance de pouvoir voir une pièce jouée devant eux.  Avouons-le, le théâtre est beaucoup plus intéressant quand on le voit !

On peut, par contre, utiliser Internet pour leur proposer une pièce sur YOUTUBE !

Mon fils de secondaire 3 doit lire un très long extrait du Bourgeois gentilhomme.  On retrouve la pièce entière sur internet en plusieurs versions d’ailleurs !

et il y en a beaucoup d’autres !

Ce n’est pas comme «voir» une pièce jouée mais… c’est déjà un premier pas !

 

 

 

Le silence de la mer (texte + travail)


Voici notre texte du jour en secondaire 3 (3e)


En 1941, au début de l’Occupation, un officier allemand épris de culture française est logé de force dans une famille comprenant un vieil homme et sa nièce, qui ne peuvent exprimer leur opposition et leur patriotisme que par un mutisme profond, une lutte silencieuse.

Un soir, – j’étais monté dans ma chambre pour y chercher du tabac, – j’entendis s’élever le chant de l’harmonium.  On jouait ces “VIIIe Prélude et Fugue » que travaillait ma nièce avant la débâcle.  Le cahier était resté ouvert à cette page mais, jusqu’à ce soir-là, ma nièce ne s’était pas résolue à de nouveaux exercices.  Qu’elle les eût repris souleva en moi du plaisir et de l’étonnement: quelle nécessité intérieure pouvait bien l’avoir soudain décidée?
Ce n’était pas elle. Elle n’avait pas quitté son fauteuil ni son ouvrage.  Son regard vint à la rencontre du mien, m’envoya un message que je ne déchiffrai pas.  Je considérai le long buste devant l’instrument, la nuque penchée, les mains longues, fines, nerveuses, dont les doigts se déplaçaient sur les touches comme des individus autonomes.
Il joua seulement le Prélude. Il se leva, rejoignit le feu.
– “Rien n’est plus grand que cela”, dit-il de sa voix sourde qui ne s’éleva pas beaucoup plus haut qu’un murmure.  “Grand?…ce n’est pas même le mot.  Hors de l’homme, – hors de sa chair.  Cela nous fait comprendre, non :  deviner…  non : pressentir ce qu’est la nature… la nature divine et inconnaissable… la nature… désinvestie… de l’âme humaine.  Oui : c’est une musique inhumaine.”
Il parut, dans un silence songeur, explorer sa propre pensée. Il se mordillait lentement une lèvre.
– Bach… Il ne pouvait être qu’Allemand.  Notre terre a ce caractère : ce caractère inhumain.  Je veux dire: pas à la mesure de l’homme.
Un silence, puis :
– Cette musique-là, je l’aime, je l’admire, elle me comble, elle est en moi comme la présence de Dieu mais… Mais ce n’est pas la mienne.
“Je veux faire, moi, une musique à la mesure de l’homme : cela aussi est un chemin pour atteindre la vérité.  C’est mon chemin.  Je n’en voudrais, je n’en pourrais suivre un autre.  Cela, maintenant, je le sais.  Je le sais tout à fait.  Depuis quand?  Depuis que je vis ici.
Il nous tourna le dos.  Il appuya ses mains au linteau, s’y retint par les doigts et offrit son visage à la flamme entre ses avant-bras, comme à travers les barreaux d’une grille.  Sa voix se fit plus sourde et plus bourdonnante :
– Maintenant j’ai besoin de la France.  Mais je demande beaucoup : je demande qu’elle m’accueille.  Ce n’est rien, être chez elle comme un étranger, – un voyageur ou un conquérant.  Elle ne donne rien alors, – car on ne peut rien lui prendre.  Sa richesse, sa haute richesse, on ne peut la conquérir.  Il faut la boire à son sein, il faut qu’elle vous offre son sein dans un mouvement et un sentiment maternels…  Je sais bien que cela dépend de nous…  Mais cela dépend d’elle aussi.  Il faut qu’elle accepte de comprendre notre soif, et qu’elle accepte de l’étancher… qu’elle accepte de s’unir à nous.
Il se redressa, sans cesser de nous tourner le dos, les doigts toujours accrochés à la pierre.
– Moi, dit-il un peu plus haut, il faudra que je vive ici, longtemps.  Dans une maison pareille à celle-ci.  Comme le fis d’un village pareil à ce village… Il faudra…
Il se tut.  Il se tourna vers nous.  Sa bouche souriait, mais non ses yeux qui regardaient ma nièce.
– Les obstacles seront surmontés, dit-il.  La sincérité toujours surmonte les obstacles.
“Je vous souhaite une bonne nuit.”
Extrait de : Vercors «Le silence de la mer»

Après l’analyse du texte, on revient sur l’écriture d’un résumé.

 Écrire…
Je lui demande de me résumer l’extrait en 100 mots maximums.
À partir de ce niveau, je propose souvent des exercices avec un nombre de mots précis afin de l’habituer à des examens futurs où, par souci d’uniformité de l’évaluation, on comptabilise le nombre de mots, identique pour tous.
Comme le résumé doit se faire en peu de mots, il forcera Raphaël à rechercher le chemin le plus juste dans un nombre limité de
mots.

Les types de textes au secondaire


Je réponds à une question :

«Il me semble avoir lu à quelque part sur ton blogue qu’il y a différents types de textes à travailler selon le niveau.  Tu peux les mentionner?»

 

Secondaire 1 :

  • Le texte descriptif
  • Le texte justificatif
  • Le texte narratif
  • Le texte poétique

Secondaire 2 :

  • Le texte descriptif
  • Le texte justificatif
  • Le texte narratif
  • Le texte poétique

Secondaire 3:

  • Le texte descriptif
  • Le texte explicatif
  • Le texte narratif
  • Le texte poétique

Pour ceux qui font l’examen de français : texte descriptif

Secondaire 4 :

  • Le texte descriptif
  • Le texte argumentatif
  • Le texte narratif
  • Le texte théâtral
  • le texte poétique

Pour ceux qui font l’examen de français (DES) : texte argumentatif –  texte d’opinion

Secondaire 5 :

  • Le texte argumentatif
  • Le texte narratif
  • Le texte poétique

Pour ceux qui font l’examen de français (DES) : texte argumentatif – lettre ouverte

Il est important de se rappeler que même si un type de texte est étudié à chaque niveau, l’angle de travail est différent.