Catégorie : Séquence : récit policier

Drôle de samedi soir (texte + écriture)


Voici la séquence de travail que nous ferons cette semaine en français (secondaire 2).

Elle porte sur ce petit roman (qui pourrait très bien être utilisé dès la 4e-5e année (cm1-cm2)) comme prétexte à l’écrit.

Le récit est divisé en 3 parties afin de prédire une suite à deux reprises.

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Comment Harp, 10 ans, amateur de télé et de poulet mayonnaise pourrait-il neutraliser quatre cambrioleurs seul et sans se fatiguer ?

**Pour le texte, voir mon document de travail.**

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 Feuille de route

  • Lecture de la partie 1
  • Je comprends et j’interprète le texte
  • Je rédige la suite du récit.
  • Lecture de la partie 2
  • Je comprends et j’interprète le texte
  • Je rédige la suite du récit.
  • Lecture de la partie 3
  • Je réagis au texte.

Je me suis inspirée d’ une séquence de travail proposée par «Au fil des mots et des idées» de Modulo (secondaire 2).

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pdf émoticon Drôle de samedi soir_Récit policier_séquence de travail 5

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Ma séquence sur le roman policier (secondaire 2)


Je regroupe toutes mes séquences de travail dans cette publication pour que ce soit plus facile de m’y retrouver à la rentrée.

Je ne me fixe pas d’objectif de temps, 5-6 semaines j’imagine.  On verra.

La mort en chambre close (texte)


J’arrive à la fin de ma séquence de travail sur le roman policier.  On pourrait continuer pendant des semaines puisqu’il y a plusieurs ressources intéressantes.  Cependant, il n’y a pas que le roman policier d’intéressant! ha!

Voici donc une dernière séquence de travail qui sert de prétexte pour travailler une des compétences obligatoires en secondaire 2 (au Québec) : la critique d’un roman.

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Voici le texte :

LA_MORT_EN_CHAMBRE_CLOSE

Il existe une version «audio» sur Youtube de ce texte…  mais d’une qualité vraiment mauvaise (du moins, c’est mon avis).

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Feuille de route

  • Lecture du texte
  • Fiche méthode :  une critique littéraire
    • Je vais passer pas mal de temps sur la critique littéraire en puisant plusieurs exercices dans le cahier «MisÀjour des éditions Grand Duc» aux pages 66 à 87.  Cette section porte essentiellement sur la critique.
  • Écriture : faire la critique littéraire de ce texte.

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Étude de la langue

à venir

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Si ce travail vous intéresse, voici mon document de travail :

Texte : LA_MORT_EN_CHAMBRE_CLOSE

Mon document :  Mort en chambre close_Récit policier_séquence de travail 6

Dix petits nègres d’Agatha Christie.


Je poursuis ma séquence de travail sur le roman policier : quatrième séquence de travail, «Dix petits nègres» d’Agatha Christie.

Ce n’est pas un travail «spectaculaire» puisque c’est le premier roman à l’étude.  Je ne suis donc pas très originale puisque j’ai utilisé, dans une large partie, une séquence de travail proposée par «le livre de poche».  Il s’agit d’installer, au départ, les personnages puis de donner son avis sur l’intrigue et le roman.

Vous pourriez faire le même travail avec un autre roman…  J’ai moi-même longuement hésité entre ce roman et «le chien des Baskerville»!

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Ils sont dix, ne se connaissent pas et sont invités pendant une semaine sur l’île du Nègre. À leur arrivée, personne ne les accueille. Sur une table du salon, dix statuettes de nègres. Dans chacune des chambres des hôtes, une comptine copiée sur un parchemin raconte la mort de dix petits nègres. Durant le dîner, les convives entendent une voix qui accuse chacun d’entre eux d’un crime. Antony Marston meurt alors subitement après avoir bu un whisky, comme la première victime de la comptine, et une statuette disparaît. Est ensuite retrouvé le corps du général Macarthur, le crâne fracturé. Il ne peut s’agir d’un accident. Les morts s’enchaînent alors dans une atmosphère oppressante : Thomas Rogers a le crâne fendu par une hache ; Miss Brent meurt apparemment d’une piqûre d’abeille, le juge Wargrave d’une balle de revolver. Aucune cachette n’est possible sur l’île; le meurtrier fait forcément partie des quatre survivants. Le jour suivant, l’officier Blore a la tête fracassée par une pendule et le docteur Amstrong est retrouvé noyé. Restent Véra Claythorne et Philip Lombard. Chacun soupçonne l’autre. À bout de nerfs, Véra abat Philip, puis, désespérée, se pend. L’assassin est le juge Wargrave. Son complice, le docteur Amstrong, avait simulé sa mort. Le juge l’a néanmoins tué, en le poussant d’une falaise. Il révèle toute la vérité, en écrivant un message placé dans une bouteille jetée à la mer, avant de se suicider.

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Feuille de route

  1. Découverte du roman (oralement)
  2. Hypothèse de lecture
  3. Découvrir les personnages
  4. Écriture : Imaginer l’intrigue.
  5. Donner son avis sur le roman

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Étude de la langue

à venir…  j’hésite encore pour ma progression officielle.

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Si ma séquence vous intéresse, voici mon document de travail :

Dix petits nègres_Récit policier_séquence de travail 4

***Je n’ai pas fait de corrigé puisque ce sont majoritairement des réponses personnelles qui sont attendues.  Pour les personnages, je vous invite à consulter la page suivante et celle-ci qui donnent une description sommaire des personnages.

Vous savez…  loin de moi l’idée de vous dire quoi faire mais…  lire le roman est un premier pas essentiel pour accompagner adéquatement nos enfants.

Le lit attaché ( texte + travail)


Je poursuis ma séquence de travail sur le roman policier : troisième séquence de travail, un extrait du «lit attaché».

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Le texte

Mademoiselle Stoner est inquiète des circonstances entourant la mort de sa sœur survenue dans la demeure du docteur Roylott, leur beau-père.  Elle demande l’aide de Sherlock Holmes, qui procède à un examen minutieux des lieux.

 

Le lit attaché

Le bâtiment était en pierres grises, avec des murs parsemés de mousse. La partie centrale élevée, deux ailes incurvées, comme des pinces de crabe étalées de chaque côté. Dans l’une des ailes, les vitres étaient cassées et des madriers bloquaient les fenêtres. Le toit révélait une crevasse. En somme, le château était en ruine.

La partie centrale avait été vaguement restaurée, le bloc de droite faisait même presque neuf : des stores aux fenêtres et de la fumée qui s’échappait des cheminées indiquaient que la famille résidait là. Une sorte d’échafaudage avait été dressé contre l’extrémité du mur et il y avait bien un trou dans la pierre, mais lors de notre inspection nous n’aperçûmes aucun ouvrier. Je marchai lentement dans le jardin, mal entretenu et examinai très attentivement l’extérieur des fenêtres.

  • Celle-ci est la fenêtre de la chambre où vous dormiez habituellement, celle du centre est celle de la chambre de votre sœur et la dernière, près du bâtiment central, est celle du docteur Roylott ?
  • Oui, c’est exact. Mais maintenant je dors dans celle du milieu.
  • Tant que dureront les travaux je suppose ? Au fait, ils étaient si urgents ces travaux ?
  • Aucune réparation n’était immédiatement nécessaire. J’en ai conclus que c’était juste un prétexte pour me faire changer de chambre… me répondit-elle pensive.
  • Ah ! Ah ! Brillante suggestion mon enfant ! lui dis-je en la félicitant. Je constate que vous utilisez votre cerveau à bon escient ! J’ai du souci à me faire !
  • La définition de « ravissante idiote » ne sera pas incarnée par moi ! Merci du compliment monsieur Holmes. Mais pour le reste, je sèche un peu…
  • Donc, comme vous vous enfermiez toutes les deux la nuit, vos chambres étaient inabordables… Je vous demanderai maintenant d’avoir la bonté de nous mener à votre chambre et de mettre les barreaux aux persiennes.

Mlle Stoner s’exécuta. Après avoir soigneusement regardé par la fenêtre ouverte, je m’efforçai d’ouvrir les persiennes de l’extérieur mais je n’y parvins pas. Je ne découvris aucune fente par où un couteau aurait pu se glisser pour soulever la barre. A l’aide de ma loupe, j’examinai les charnières : elles étaient en fer solide, bien encastrées dans le maçonnerie massive.

  • Huum, ma théorie se heurte à quelques difficultés quand les persiennes sont fermées à la barre, fis-je en me grattant le menton avec perplexité. Personne ne peut s’introduire par la fenêtre… Bien, allons voir si l’intérieur apportera plus d’atouts à notre jeu.

Une petite porte latérale, pourvue d’un porche et de trois marches nous conduisit dans le couloir et nous pénétrâmes dans la deuxième, celle où couchait à présent Mlle Stoner et où sa sœur avait trouvé la mort. C’était une pièce modeste, exiguë. Le plafond n’était pas trop haut et elle possédait une cheminée, comme dans beaucoup de maisons de campagne. Le lit était étroit et le mobilier sommaire : une commode dans un coin, une table de toilette et deux chaises composaient le décor. Les poutres et les panneaux des murs étaient en chêne, mangé par les vers. Je m’assis dans un coin et inspecta chaque détail de la pièce pour les graver dans ma mémoire.

  • Où sonne cette sonnette ? demandais-je en désignant un gros cordon à sonnette qui pendait à côté du lit, avec le gland posé sur l’oreiller.
  • Dans la chambre de la bonne.
  • Elle a récemment été installée on dirait…
  • Oui, elle l’a été voici trois ans.
  • C’est votre sœur qui l’a réclamée ?
  • Je ne crois pas qu’elle s’en soit jamais servie. Nous avions pris l’habitude de nous débrouiller sans domestique.
  • Vraiment, je ne vois pas la nécessité d’un aussi joli cordon de sonnette… Excusez-moi, je voudrais m’occuper du plancher.

C’est à quatre pattes, le visage contre terre, ou plutôt contre ma loupe, que je commençai mon inspection du plancher. J’examinai avec le plus grand soin les interstices entre les lames. Je procédai ensuite à l’inspection des panneaux de bois sur les murs. Puis, je me dirigeai vers le lit et le considérai pendant quelques minutes. Mon regard grimpa et redescendit le long du mur. Une idée me vint et j’attrapai le cordon de sonnette et le tirai.

  • Tiens ! Étrange… C’est une fausse sonnette ! m’exclamais-je.
  • Elle ne sonne pas ? me demanda Watson.
  • Elle n’est même pas reliée à un fil. Très intéressant ! Regardez vous-même : le cordon est attaché à un crochet juste au-dessus de la petite ouverture de la bouche d’aération. Vous aviez vu mademoiselle ?
  • Non, je n’ai jamais inspecté ce cordon je dois vous avouer. J’aurais peut-être dû…
  • Allons, allons ! lui murmurais-je tout en posant ma main sur son épaule amicalement. C’est normal, vous avez dormi une seule nuit dans cette chambre… Et puis, le détective, c’est moi ! Pas vous !
  • Je sais… me répondit-elle avec un pauvre sourire. Merci, vous êtes gentil.
  • En tout cas, c’est très étrange… marmonnais-je pendu au cordon de sonnette. Il y a un ou deux détails bien surprenants dans cette chambre ! Par exemple, il faut qu’un architecte soit fou pour ouvrir une bouche d’aération vers une autre pièce, alors qu’il aurait pu, sans davantage de travail, l’ouvrir sur l’extérieur !
  • Cela aussi est très récent, m’indiqua-t-elle.
  • Aménagé à la même époque que la sonnette ?
  • Il y a eu diverses modifications légères apportées dans cette période là.
  • Curieuses ces modifications ! Un cordon de sonnette qui ne sonne pas, un ventilateur qui ne ventile pas…

Pendant que je me tenais à côté du lit, Mlle Stoner s’était rapprochée de moi pour regarder elle aussi les petits problèmes que je venais de soulever. Elle se tenait à ma gauche, juste derrière moi. Si jamais je reculais, je la touchais… Watson lui, heureusement, regardait ailleurs. La sentir si proche de moi, son souffle régulier que je pouvais presque sentir dans mon cou fit accélérer mon rythme cardiaque. Quand elle tendit la main gauche pour tirer le cordon, sa manche frôla la mienne et fis naître un frisson dans tout mon corps. Pour éviter de perdre l’équilibre en avant, elle appuya sa main droite sur mon dos. Mais je sentis aussi autre chose me toucher le dos : son sein ! La tension était tellement palpable qu’on aurait pu la couper au couteau. Ayant fini de constater que le cordon n’était relié qu’au crochet, elle se recula tout doucement, troublée elle aussi. Mais qu’est-ce qui me prenais moi ? Il fallait mettre fin à tout ça tout de suite et reprendre mes esprits.

  • Avec votre permission, mademoiselle, nous allons maintenant nous transporter dans l’autre chambre, lui dis-je pour mettre fin à ce trouble.

La chambre du docteur Roylott était plus grande que celle de sa belle-fille, mais n’était guère mieux meublée. Un lit de camp à armature métallique – l’origine du bruit peut-être ? – une petite étagère chargée de livres de caractères techniques, un fauteuil près du lit, une chaise en bois, une table ronde et un gros coffre en fer étaient les principales choses qui frappaient le regard. Je fis le tour de la pièce en examinant chaque objet avec la plus grande attention. Cela me permis aussi par la même occasion de reprendre un peu mes esprits.

  • Qu’y a-t-il là-dedans ? demandais-je en posant ma main sur le coffre.
  • Les papiers d’affaires de mon beau-père.
  • Vous avez déjà vu l’intérieur ?
  • Une fois, il y a de ça plusieurs années. Je me rappelle qu’il était plein de papiers.
  • Il ne contient pas un chat, par hasard ?
  • Un chat ? Non. Mais quelle idée bizarre monsieur Holmes… Un chat dans un coffre ?
  • Regardez, lui dis-je tout en lui montrant un petit bol de lait qui était posé sur le coffre.
  • Étrange… Nous n’avons pas de chat. Juste un guépard et un babouin.
  • Oui, le guépard n’est en somme qu’un gros, un très gros chat. Mais ce petit bol de lait ne lui suffirait pas j’imagine. Juste de quoi contenter un chaton… Il y a encore un point que je voudrais éclaircir…

Je m’accroupis devant la chaise en bois et examinai le siège de très près.

  • Merci ! Voilà qui est réglé, dis-je en me relevant et en remettant ma loupe dans ma poche. Tiens, quelque chose d’intéressant…

L’objet qui avait capté mon regard était une courte lanière pendue à un coin du lit. La lanière, cependant, était enroulée sur elle-même à une extrémité, comme pour un faire un nœud coulant.

  • Qu’est-ce que vous en pensez, Watson ?
  • C’est une laisse de chien assez banale. Mais je ne vois pas pourquoi ce nœud…
  • Pas si banale que cela, n’est-ce pas ? Ah ! Mon cher le monde est bien méchant ! Et quand un homme intelligent voue au crime son intelligence, il devient le pire de tous ! Je crois que nous avons assez vu mademoiselle Stoner. Nous avons mis les pieds dans le septième, le huitième et le neuvième cercle de l’enfer. Bien, si vous nous y autorisez, nous ferons maintenant un tour de jardin.

(…)

  • Sérieusement, Watson, me dit Holmes alors que nous étions en train de contempler la nuit, savez-vous que j’ai quelques remords à vous avoir emmené ce soir ? Il y a certainement du danger dans l’air !
  • Est-ce que je pourrai vous aider?
  • Votre présence peut s’avérer déterminante.
  • Alors je vous suivrai.
  • C’est très chic de votre part.
  • Vous avez parlé de danger… Évidemment vous avez vu dans ces chambres bien plus que je n’y ai vu moi-même !
  • Ce qui est possible, c’est que j’aie poussé mes déductions plus loin que vous. Mais nous avons vu les mêmes choses, vous et moi.
  • Je n’ai rien vu de particulier, sauf ce cordon à sonnette dont l’installation répond à un but que je suis incapable de définir.
  • Vous avez vu aussi la bouche d’aération.
  • Mais je ne vois pas ce qu’il y a d’extraordinaire à établir une sorte de communication entre deux pièces: le trou est si petit qu’un rat pourrait à peine s’y glisser.
  • Je savais, avant d’arriver à Stoke Moran, que nous trouverions une bouche d’aération.
  • Mon cher Holmes!…
  • Oui, oui, je le savais ! Rappelez-vous que, dans la déclaration de Mlle Stoner, il y avait ce trait que sa sœur était incommodée par l’odeur des cigares du docteur Roylott. D’où la nécessité absolue d’une communication quelconque entre les deux chambres. Communication qui ne pouvait être que petite : sinon, elle aurait été repérée lors de l’enquête menée par le coroner. J’avais conclu qu’il s’agissait d’une bouche d’aération.
  • Soit, Mais quel mal voyez-vous à cela?
  • Tout de même il y a d’étranges coïncidences de dates. Voici une bouche d’aération qui est aménagée, un cordon qui pend et une demoiselle, couchée dans son lit, qui meurt.  Ça ne vous frappe pas?
  • Je ne vois pas le lien.
  • Vous n’avez rien observé de particulier à propos du lit?
  • Il est chevillé au plancher. Avez-vous déjà vu un lit attaché ainsi?
  • Je ne crois pas.
  • La demoiselle ne pouvait pas remuer son lit, le déplacer. Il devait par conséquent être maintenu toujours dans la même position par rapport à la bouche d’aération et au cordon, ou plutôt à la corde, puisque cet objet n’a jamais servi à sonner une cloche ou à actionner une sonnerie.
  • Holmes! m’écriai-je. Il me semble que je devine obscurément le sens de vos paroles.  Mon Dieu!  Nous sommes arrivés à temps pour empêcher un crime aussi subtil qu’horrible.

Sir Arthur Conan Doyle, «Le ruban moucheté et autres aventures de Sherlock Holmes» 1997, p.148-154 et 157-158.

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Feuille de route

  1. Première lecture du texte (seul) la veille.
  2. Deuxième lecture avec moi.
  3. Discerner les éléments qu’on s’attend à trouver dans un récit policier.
  4. Retrouver les étapes du crime en tenant compte des indices relevés.

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pdf émoticonSi ma séquence vous intéresse : Le lit attaché_Récit policier_ séquence de travail 3

Poirot refuse une affaire (texte + travail)


Je poursuis ma séquence sur le roman policier.  Voici mon deuxième arrêt.

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Le texte

Agatha Christie

Extrait du roman «Le crime de l’Orient-Express»

Levé de bon matin, M. Hercule Poirot avait déjeuné à peu près seul au wagon-restaurant et passé la matinée à compulser ses notes sur l’affaire qui le rappelait d’urgence à Londres. Il avait à peine vu son compagnon de voyage.

Comme il arrivait légèrement en retard pour le lunch au wagon-restaurant, M. Bouc, qui l’attendait, déjà attablé, l’accueillit avec force gestes et le pria de s’asseoir à la place inoccupée en face de lui.

Poirot s’installa et constata avec plaisir que leur table était servie la première et que la chère était excellente.

Lorsqu’on en fut au délicieux fromage à la crème, M. Bouc détourna ses pensées des choses de la table. Il arrivait à ce moment du repas où l’on devient philosophe.

— Ah ! soupira-t-il. Que n’ai-je la plume de Balzac pour décrire cette scène !

— Ça, c’est une idée, dit Poirot encourageant.

— Vous trouvez ? Je crois que personne n’y a encore songé. Et pourtant… il y a là matière à un roman, mon cher. Voici réunis des gens de toutes classes, de toutes nationalités et de tous âges.

Pendant trois jours, ces personnes, étrangères les unes aux autres, vont dormir et manger sous le même toit. Elles mèneront une vie commune, et au bout de ces trois jours, elles se sépareront pour ne se revoir peut-être jamais.

— A moins qu’une catastrophe…

— Ah ! non, mon ami…

— Évidemment, de votre point de vue, ce serait regrettable. Mais supposons un instant qu’un accident se produise. En ce cas, tout ce monde se trouvera uni… dans la mort.

— Encore un doigt de vin, dit M. Bouc. Vous êtes sinistre, mon cher. C’est, sans doute, l’effet de la digestion.

— J’avoue qu’en Syrie la nourriture ne convenait guère à mon estomac.

Il but lentement une gorgée de vin. Puis, se rejetant en arrière, il fit des yeux le tour du wagon. Il compta dix-sept convives, de toutes classes et de toutes nationalités, ainsi que l’avait annoncé M. Bouc. Il se mit à les observer.

À la table en face de la leur étaient assis trois hommes qui voyageaient seuls et avaient été placés là suivant le flair infaillible du maître d’hôtel : un gros Italien bronzé qui se curait les dents avec satisfaction ; vis-à-vis de lui, un Anglais réservé et correct, aux traits impassibles et dédaigneux du serviteur britannique bien stylé, et, près de celui-ci, un Américain de forte carrure, vêtu d’un complet de ton criard… probablement un représentant de commerce.

— Il faut en jeter plein la vue ! disait ce dernier d’une voix nasillarde.

L’Italien retira son cure-dent de sa bouche et le brandit en déclarant :

 — Pour sûr ! C’est bien, ce que j’ai toujours dit !

L’Anglais regarda par la fenêtre et toussota.

Poirot dirigea ensuite son regard vers une petite table occupée par une vieille femme, très laide, mais d’une laideur distinguée, plutôt fascinante que repoussante. Cette femme se tenait très droite.

Elle portait un collier de grosses perles qui, si peu croyable que cela paraisse, étaient vraies. De ses mains chargées de bagues, elle rejeta sur ses épaules le col de son manteau de zibeline. La petite toque noire très coûteuse posée sur le côté de sa tête ne seyait guère à sa figure jaune de crapaud.

En ce moment, cette vieille dame parlait au maître d’hôtel d’un ton poli, mais hautain :

— Vous aurez la complaisance de porter dans mon compartiment une bouteille d’eau minérale et un verre d’orangeade. Veillez à ce que j’aie du poulet froid ce soir à dîner…

Respectueux, le maître d’hôtel lui répondit qu’elle pouvait y compter.

Elle inclina la tête et se leva. Son regard croisa celui de Poirot, et elle se détourna avec l’indifférence d’une grande dame.

— C’est la princesse Dragomiroff, expliqua M. Bouc à voix basse. Une Russe. Son mari avait placé tout son argent à l’étranger avant la révolution et elle est extrêmement riche.

Poirot avait déjà entendu parler de cette personnalité cosmopolite.

— Laide comme les sept péchés capitaux, ajouta M. Bouc, mais vous avouerez qu’elle a de l’allure.

À une autre table, Mary Debenham était assise, ainsi que deux autres femmes. L’une d’elles, de trente-cinq à quarante ans et très grande, portait un corsage écossais et une jupe de tweed. Son épaisse chevelure, d’un jaune fade, formait un chignon plat et disgracieux. Une paire de lunettes ornait son profil de mouton aux traits doux et bienveillants. Elle écoutait avec attention les propos d’une femme d’âge mûr, au visage agréable et aux formes replètes, qui parlait d’une voix lente et monotone et semblait ne devoir jamais s’arrêter, même pour reprendre haleine.

— … Alors ma fille disait : « Inutile de songer à appliquer les méthodes américaines dans ce pays. Ici, les gens sont indolents par nature et manquent totalement d’énergie. » Cependant, vous seriez étonnée des résultats obtenus par notre collège, dont le personnel est composé de professeurs compétents. Pour moi, il n’y a rien au-dessus de l’instruction. Ma fille disait…

Comme le train plongeait dans un tunnel, la voix se perdit…

À la petite table suivante, le colonel Arbuthnot déjeunait… solitaire, le regard rivé sur la nuque de Mary Debenham. Ils n’étaient pas assis à la même table, alors que cela paraissait si facile.

Pourquoi ?

Sans doute Mary Debenham avait-elle hésité, par prudence. Une gouvernante ne doit pas se compromettre.

Poirot continua son étude. De l’autre côté du wagon, appuyée à la cloison, il remarqua une femme vêtue de noir, à la figure large et dénuée d’expression. Une Allemande ou une Scandinave, songea Poirot… probablement une femme de chambre.

Ensuite venait un couple : penchés l’un vers l’autre, les deux jeunes gens conversaient avec animation. L’homme portait un costume de cheviotte venu directement de Londres, mais il n’était pas Anglais ; la forme de sa tête et de ses épaules suffit pour renseigner Poirot sur ce point. Soudain il se tourna et Poirot put l’observer de profil. C’était un très bel homme, d’une trentaine d’années, aux fines moustaches blondes.

La jeune femme assise en face de lui devait compter vingt ans. Vêtue d’un élégant tailleur noir sur une blouse de satin blanc, un minuscule chapeau noir incliné sur le côté de la tête suivant la dernière mode, elle avait la peau très blanche, de grands yeux sombres et des cheveux d’un noir de jais. Elle fumait une cigarette au bout d’un long tube d’ambré ; sur sa main soignée aux ongles rouges, Poirot distingua une énorme émeraude montée sur platine. Il y avait beaucoup de coquetterie dans sa voix et dans son regard.

— Elle est jolie… et elle a du chic ! murmura Poirot. Sans doute le mari et la femme ?

— Oui. Lui, appartient à l’ambassade de Hongrie, je crois. Un couple bien assorti.

Il ne restait que deux autres convives : le compagnon de voyage de Poirot, MacQueen, et son patron, Mr. Ratchett. Pour la seconde fois, Poirot scruta le visage peu engageant du vieillard, compara la fausse bienveillance du reste de la face avec la cruauté des yeux petits et enfoncés.

Bouc dut s’apercevoir d’un changement dans l’expression de son ami, car il lui demanda :

— Vous regardez votre animal sauvage ?

— Oui, répondit Poirot.

Comme on apportait le café à Poirot, M. Bouc se leva. Il avait commencé à déjeuner avant son ami et avait fini depuis un moment.

— Je retourne dans mon compartiment, lui dit-il. Venez m’y rejoindre. Nous bavarderons un peu.

— Avec plaisir.

Poirot dégusta son café et commanda un petit verre de liqueur. Le maître d’hôtel passait d’une table à l’autre sa caisse portative pour recueillir le montant des additions. La voix de la forte dame américaine se fit entendre :

— Ma fille me disait : « Prends un carnet de tickets de repas et tu seras tranquille. » Mais elle n’y connait rien. Il faut donner dix pour cent de pourboire, et puis… leur eau minérale a un drôle de goût. On ne peut se procurer ni eau d’Evian ni eau de Vichy, c’est très désagréable.

— Ils doivent… comment dirais-je… servir l’eau du pays, expliqua la dame au profil de mouton.

— Je trouve cette pratique stupide, déclara l’Américaine en regardant d’un air dégoûté le tas de menue monnaie posée sur la table devant elle. Voyez ce que le garçon m’a rendu… des dinars!  À quoi cela ressemble-t-il ? Ma fille me disait…

Mary Debenham recula sa chaise et s’en alla en adressant un léger salut aux deux autres dames.

Le colonel Arbuthnot se leva et la suivit. Ramassant la monnaie dédaignée, l’Américaine sortit et, après elle, la dame au masque ovin. Le couple hongrois avait déjà quitté le wagon-restaurant, et il n’y restait plus que Poirot, Ratchett et MacQueen.

Ratchett glissa un mot à son compagnon qui se leva et sortit. Ensuite lui-même se leva, mais, au lieu de suivre MacQueen, il vint s’asseoir à la table de Poirot.

— Voulez-vous avoir l’obligeance de me donner du feu ? lui demanda-t-il d’une voix douce, un peu nasillarde. Je me nomme Ratchett.

Poirot s’inclina, plongea sa main dans sa poche et tendit à l’autre une boîte d’allumettes.

— Ai-je bien le plaisir de parler à M. Hercule Poirot ?

De nouveau, Poirot s’inclina.

— On ne vous a pas trompé, monsieur. Je suis Hercule Poirot.

Avant de poursuivre, Ratchett observa longuement le détective.

— Chez nous, dit-il enfin, on va droit au but. Monsieur Poirot, je voudrais que vous travailliez pour mon compte.

Hercule Poirot leva légèrement les sourcils.

— Monsieur, pour le moment ma clientèle est limitée. Je ne m’occupe que d’un très petit nombre d’affaires criminelles.

— Je le comprends, monsieur Poirot, mais vous n’y perdrez pas, je vous le promets, dit l’autre d’une voix persuasive.

Hercule Poirot, après une minute ou deux de réflexion, lui demanda :

— Eh bien, que désirez-vous de moi, monsieur… euh… Ratchett ?

— Voici. Monsieur Poirot, je suis riche… fabuleusement riche, et tous les gens dans ma situation sont assiégés d’ennemis. J’en ai un.

— Un seul ?

— Pourquoi cette question ?

— Monsieur, quand on se trouve dans une situation qui, selon vos dires, vous crée des ennemis, généralement ceux-ci ne se réduisent pas à un seul.

Cette réponse parut soulager Ratchett. Il se hâta de poursuivre :

— Evidemment, je saisis votre point de vue. Mais un ennemi… ou plusieurs… c’est pareil ! Ce qui compte avant tout, c’est ma sécurité.

— Votre sécurité ?

— Oui. Ma vie a été menacée, monsieur Poirot. Je suis capable de me défendre.

De la poche de son veston, sa main sortit, une seconde, un petit revolver.

— On ne m’aura pas facilement. Néanmoins, on ne s’entoure jamais de trop de précautions, et vous êtes l’homme qu’il me faut, monsieur Poirot. Comme je vous l’ai déjà laissé entendre, je vous rétribuerai généreusement.

Quelques secondes durant, Poirot garda un mutisme et une impassibilité absolus. Son interlocuteur n’aurait pu deviner ce qui se passait dans son esprit.

— Je regrette infiniment, monsieur, de ne pouvoir vous obliger.

L’autre le dévisagea un instant.

— Fixez-moi votre prix.

Poirot secoua la tête.

— Vous semblez ne pas comprendre, monsieur. J’ai admirablement réussi dans ma carrière et je possède de quoi satisfaire mes besoins et mes caprices. Je me charge seulement des affaires… que j’estime intéressantes.

— Vous vous montrez difficile. Vingt mille dollars vous tenteraient ?

— Pas le moins du monde.

— Si vous espérez davantage de moi par vos réticences, vous perdez votre temps. Je connais la valeur des choses.

— Moi aussi… monsieur Ratchett.

— Eh bien alors… qu’est-ce qui vous déplaît dans ma proposition ?

Poirot se leva.

— Puisque vous insistez, permettez-moi de vous dire que… votre tête ne me revient pas, monsieur Ratchett.

Sur ce, il quitta le wagon-restaurant.

Agatha Christie, «Le crime de l’Orient-Express»

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Ma séquence de travail :

  1. Première lecture (seul) la veille.
  2. Deuxième lecture du texte avec l’élève.  Je tiens à cette deuxième lecture puisque c’est dans celle-ci que je vérifie la compréhension «réelle» de l’enfant.  On en profite pour ajouter des informations qui pourraient être pertinentes et utiles à la compréhension du texte : vocabulaire, histoire, contexte, etc.
  3. Cerner les personnages ainsi que leurs traits physiques, psychologiques, intellectuels, etc. (voir mon document)
  4. Reconstituer le schéma narratif de cet extrait. (voir mon document)
  5. Deuxième lecture (seul)…  la suite.  Lecture-plaisir seulement ( voir mon document)
  6. Écriture : exprimer son opinion

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Étude de la langue

Le verbe : mode et temps.

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Si cette séquence de travail vous intéresse :

Poirot refuse une affaire_Récit policier_séquence de travail 2

La perle noire (texte + travail)


Comme je l’ai mentionné cette semaine, ma première séquence de travail porte sur le roman policier ( fils-3)

Première lecture

Adella Landell s’épongeait les yeux avec un de ses précieux mouchoirs réduit au misérable état de boulette.

  • Jamais je ne me consolerai, commandant. Enfin, vous savez mieux que moi tout ce que représente cette perle, quels souvenirs historiques s’attachent à elle.

Un invraisemblable accent achevait de faire de la vieille et caricaturale Américaine un personnage de vaudeville. Mais le commandant Berteret ne songeait guère à sourire. Immobile au milieu de la luxueuse cabine, les traits affaissés, il regardait sans la voir la mer calme et grise, indifférente. Il fit, banalement :

  • Croyez, miss, que je suis absolument navré.

Adella Landell eu une poussée de colère.

  • Sur un cargo, passe encore. Mais imaginer une pareille chose à bord du Picardie!
  • Que n’avez-vous déposé la perle noire dans nos coffres, en embarquant ?  D’autant plus que la presse avait donné une telle publicité à l’achat de ce bijou, comme à votre voyage que nul ne pouvait ignorer…
  • Je n’ai aucune confiance dans les coffres. Quand on sait l’habileté des voleurs aujourd’hui…

L’officier écarta les bras en une expressive mimique qui se pouvait traduire par l’apostrophe familière : « Vous êtes bien avancée maintenant ! »

Patrice, le détective du bord, allait, lui, de droite et de gauche à travers les bagages jonchant le sol, courbé en deux, évoquant irrésistiblement l’image d’un chien de chasse.

  • Inutile de vous demander si vous êtes bien certaine de l’endroit où …
  • Cette question ! Je vous répète que la perle noire était dans cette malle, sous mes combinaisons. Je l’avais glissé dans un bas.
  • Très ingénieux. Et qui connaissait la cachette ?
  • Personne, vous pensez bien ! Enfin, quand je dis personne… Ma femme de chambre, Alice, et ma soeur, Mrs Hanagan, étaient au courant. Mais vous n’allez pas soupçonner…

Patrice faisait jouer la serrure de la malle. Il se redressa lentement.

  • Cette Alice est depuis combien de temps à votre service ?
  • Combien de temps ? Attendez…Oui, c’est cela, dix-sept ans. Je l’ai engagée juste à mon retour du Tibet.
  • Dix-sept ans ! C’est, en effet, une référence.
  • Yes, référence… Si Alice avait dû me voler un jour, elle n’aurait pas attendu dix-sept ans.

C’était là l’évidence et le détective s’inclina.

  • Vous avez également nommé votre soeur, reprit-il après un instant, et non sans gêne.

Cette fois, la vieille demoiselle éclata d’un rire nerveux.

  • Oui, ma soeur, Mrs Hanagan.  Peut-être ignorez-vous qu’elle vient d’épouser le roi du papier peint. Sa fortune doit se chiffrer par deux zéros de plus que la mienne.
  • Mais je ne soupçonne personne, miss. Je cherche seulement à m’expliquer comment votre voleur a si facilement découvert…

Adella l’interrompit :

  • Enfin, en ce qui me concerne, je vous précise que je n’ai pas encore assuré la perle noire… Pas eu le temps, d’abord. Il y a à peine huit jours que j’en suis possesseur… Et puis, ce n’est pas la petite fortune que représente ce bijou qui compte pour moi. C’est… C’est…

Sa voix s’étrangla et elle se remit à s’essuyer les yeux. Un silence régna, que l’impatient Patrice ne laissa pas se prolonger.

  • Vous êtes demeurée combien de temps absente de votre cabine ?
  • Une demi-heure au plus, j’étais au bar, avec ma soeur.
  • Et où était Alice, pendant ce temps ?
  • À la lingerie.

Le détective hocha la tête.

  • Évidemment, notre inconnu a eu tout le loisir… Mais comment savait-il ?  Comment?  Comment ?

Il désigna d’un geste circulaire les bagages épars autour de lui.

  • Car ne vous y trompez pas, mon commandant. Ce n’est pas là le désordre laissé par quelqu’un qui cherche, mais grossière mise en scène destinée à donner le change.  Je parierai que le voleur est allé droit au but… et qu’il avait déjà la perle noire en poche lorsqu’il s’est amusé à fracturer – et avec quelle maladresse – toutes les autres malles.
  • Maladresse ou non!…

Lorsque, une heure plus tard, les deux hommes se retirèrent, après avoir longuement interrogé la soeur, puis la domestique de la victime, leur enquête en était au même point. Tout de suite, ils purent se convaincre que la nouvelle du vol s’était déjà répandue de la proue à la poupe6 du navire. Partout, sur leur passage, le silence se faisait dans les groupes, et ils devinaient les regards curieux et inquiets attachés à leurs dos.

À pas rapides, ils gagnèrent le bureau du commandant, où ils se laissèrent lourdement tomber dans des fauteuils.

  • Enfin, Patrice, vous êtes de mon avis. C’est… invraisemblable, cette histoire-là.
  • Invraisemblable est le mot exact. Car, enfin, il ne peut y avoir que trois coupables.
  • …et tous trois sont, de tout évidence, innocents.  La fortune de Mrs Hanagan la met au-dessus de tout soupçon.  Alice est la fidélité même.  Quant à miss Landell…
  • Elle n’est pas assurée. Par conséquent…
  • Vous repoussez, naturellement, l’hypothèse d’une parole imprudente lâchée par une des trois intéressées ?

Patrice haussa les épaules.

  • Vous les avez entendues comme moi. Mrs Hanagan et Alice sont suffisamment douées de bon sens pour ne pas s’être laissées aller à une telle confidence.  Aussi bien, nous l’eussent-elles avoué. Quant à miss Landell, qui vivait dans les transes depuis qu’elle a acquis ce maudit bijou, elle était la dernière à aller raconter où elle l’avait caché.
  • Autrement dit, nous en revenons toujours à notre conclusion : trois personnes seulement… et toutes trois incapables…

[…]

  • Savez-vous à quoi notre affaire me fait penser ? … À ces exaspérants problèmes policiers, en apparence insolubles, que posent certains magazines, et dont la dernière page apporte, en une ligne, au lecteur confus, la solution enfantine.
  • Je donnerais gros pour avoir cette dernière page, soupira comiquement Patrice.
  • Adella Andell se tenait assise au milieu de ses malles, ses yeux étaient secs depuis longtemps, aussi était-ce d’un mouvement purement machinal que, pour la dernière fois, elle y porta son mouchoir réduit en boule. Après quoi, elle déplia avec précaution la fine étoffe et laissa couler dans sa paume un petit objet ayant la forme et la grosseur d’une noisette et la couleur du charbon.

Amoureusement, la vieille demoiselle contempla la perle, la porta à ses lèvres, murmura :

  • Maintenant, ma beauté noire, les voleurs te chercheront partout, excepté ici. Enfin, je vais dormir en paix !

Boileau-Nercejac, «Quarante ans de suspense»

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Feuille de route

  1. Première lecture (seul) la veille.
  2. Reconnaître un roman policier et ses caractéristiques (voir mon document de travail)
  3. Vingt règles pour le crime d’un auteur (voir aussi mon document)
  4. Deuxième lecture du texte avec l’élève.  Je tiens à cette deuxième lecture puisque c’est dans celle-ci que je vérifie la compréhension «réelle» de l’enfant.  On en profite pour ajouter des informations qui pourraient être pertinentes et utiles à la compréhension du texte : vocabulaire, histoire, contexte, etc.
  5. Discerner les éléments qu’on s’attend à trouver dans un récit policier (un crime, une enquête, des suspects et une résolution)  (voir mon document de travail)

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Étude de la langue

Les mots variables (noms, déterminants, pronoms, adjectifs, verbes)

Mon document de travail comporte un exercice d’écriture (bilan)

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 Si cela vous intéresse, voici mon premier document de travail sur le récit policier :

La perle noire_Récit policier_séquence de travail 1