Je réponds / français secondaire 2


Une maman demande :

«Je vais débuter à l’automne avec mon fils qui sera en secondaire 2, quel manuel (approuvé) as-tu préféré en français ?»

Je ne vais parler que des cahiers ou manuels (québécois) que je possède à la maison et que j’ai utilisés (en partie) puisque j’ignore ce que les autres proposent exactement.

Je possède les cahiers/manuels suivants :

MisàJour de HRW

J’en ai déjà parlé, pour moi, il demeure une belle option puisqu’il va à l’essentiel.  Chaque niveau regroupe les genres littéraires à étudier pour l’année.  On cible donc l’essentiel, uniquement.

Vous devrez ajouter une méthode de grammaire puisqu’il ne tient compte que de la grammaire du texte.

Je l’ai utilisé en combinaison avec d’autres manuels puisqu’il ne touche qu’à l’essentiel, le minimum!!!!  Je sais, par contre, que dans une classe régulière, on n’ajoute rien d’autres.  Je suis juste plus exigeante qu’eux…  ha!

 

 

Matière première de CEC

Quelle déception… franchement, je m’attendais à plus.  Si MisÀJour va à l’essentiel, dans ce cas-ci, il touche à peine à l’essentiel à voir.  Le seul avantage qu’il représente c’est qu’il contient une section «étude de la langue».  Pour moi, il ne représente pas un choix intéressant.

Je sais, par contre, que plusieurs l’apprécient exactement pour ce que je n’aime pas… sa grande simplicité.

On aurait avantage à le compléter avec d’autres ressources.

 

Rendez-vous de Graficor

Deux manuels et un cahier d’activités

À mon avis?  Un magnifique programme lorsqu’on a la chance d’avoir le guide enseignant.  Tout est là…  L’étude des textes, des textes supplémentaires à lire, des projets de lectures, etc.  On y retrouve même un cahier de grammaire pour l’accompagner et une tonne de fiches reproductibles pour aller plus loin.  Le choix des extraits est intéressant dans plusieurs sections et même surprenant pour un manuel québécois parfois.  Le manuel est divisé en thème et dans chacun on retrouve les différents types de textes à voir durant l’année. Ainsi, au lieu de ne voir que le texte narratif pendant un chapitre, comme dans les cahiers, on retrouve le texte narratif dans chacun des thèmes abordés tout au long du manuel.

Points négatifs ?  L’élève doit répondre dans un cahier de travail…  pour celles qui aiment les cahiers c’est un moins.  Un autre point négatif, non négligeable, c’est un programme qui coûte cher si on n’a pas la chance de trouver les manuels en solde et quelqu’un qui a le guide enseignant.

Pourquoi ne pas avoir utilisé que ce programme pour mes enfants ?

Toujours la même chose, comme tous les programmes québécois, les questions posées pour l’étude des textes ne correspond aucunement à ce que je recherche.  Les programmes québécois se concentrent toujours sur le ressenti, le vécu, la justification, etc.  Je cherche autre chose.  Je l’utilise épisodiquement pour quelques sections particulièrement intéressantes à mes yeux.  C’est un beau programme je trouve.

Je préfère prendre plusieurs cahiers et manuels et construire un programme à mon goût…  mais cela demande beaucoup de temps.

Comme je le répète souvent : «Soyons créatives!»

Les étoiles (texte)


Cette semaine, avec mon fils de secondaire 2 (4e), nous travaillons un texte d’Alphonse Daudet.

Un extrait de « Les Lettres de mon moulin ».


LES ÉTOILES.

récit d’un berger provençal

Du temps que je gardais les bêtes sur le Luberon, je restais des semaines entières sans voir âme qui vive, seul dans le pâturage avec mon chien Labri et mes ouailles. De temps en temps l’ermite du Mont-de-l’Ure passait par là pour chercher des simples ou bien j’apercevais la face noire de quelque charbonnier du Piémont ; mais c’étaient des gens naïfs, silencieux à force de solitude, ayant perdu le goût de parler et ne sachant rien de ce qui se disait en bas dans les villages et les villes. Aussi, tous les quinze jours, lorsque j’entendais, sur le chemin qui monte, les sonnailles du mulet de notre ferme m’apportant les provisions de quinzaine, et que je voyais apparaître peu à peu, au-dessus de la côte, la tête éveillée du petit miarro (garçon de ferme), ou la coiffe rousse de la vieille tante Norade, j’étais vraiment bien heureux. Je me faisais raconter les nouvelles du pays d’en bas, les baptêmes, les mariages ; mais ce qui m’intéressait surtout, c’était de savoir ce que devenait la fille de mes maîtres, notre demoiselle Stéphanette, la plus jolie qu’il y eût à dix lieues à la ronde. Sans avoir l’air d’y prendre trop d’intérêt, je m’informais si elle allait beaucoup aux fêtes, aux veillées, s’il lui venait toujours de nouveaux galants ; et à ceux qui me demanderont ce que ces choses-là pouvaient me faire, à moi pauvre berger de la montagne, je répondrai que j’avais vingt ans et que cette Stéphanette était ce que j’avais vu de plus beau dans ma vie.

Or, un dimanche que j’attendais les vivres de quinzaine, il se trouva qu’ils n’arrivèrent que très tard. Le matin je me disais : « C’est la faute de la grand’messe ; » puis, vers midi, il vint un gros orage, et je pensai que la mule n’avait pas pu se mettre en route à cause du mauvais état des chemins. Enfin, sur les trois heures, le ciel étant lavé, la montagne luisante d’eau et de soleil, j’entendis parmi l’égouttement des feuilles et le débordement des ruisseaux gonflés les sonnailles de la mule, aussi gaies, aussi alertes qu’un grand carillon de cloches un jour de Pâques. Mais ce n’était pas le petit miarro, ni la vieille Norade qui la conduisait. C’était… devinez qui !… notre demoiselle, mes enfants ! notre demoiselle en personne, assise droite entre les sacs d’osier, toute rose de l’air des montagnes et du rafraîchissement de l’orage.

Le petit était malade, tante Norade en vacances chez ses enfants. La belle Stéphanette m’apprit tout ça, en descendant de sa mule, et aussi qu’elle arrivait tard parce qu’elle s’était perdue en route ; mais à la voir si bien endimanchée, avec son ruban à fleurs, sa jupe brillante et ses dentelles, elle avait plutôt l’air de s’être attardée à quelque danse que d’avoir cherché son chemin dans les buissons. Ô la mignonne créature ! Mes yeux ne pouvaient se lasser de la regarder. Il est vrai que je ne l’avais jamais vue de si près. Quelquefois l’hiver, quand les troupeaux étaient descendus dans la plaine et que je rentrais le soir à la ferme pour souper, elle traversait la salle vivement, sans guère parler aux serviteurs, toujours parée et un peu fière… Et maintenant je l’avais là devant moi, rien que pour moi ; n’était-ce pas à en perdre la tête ?

Quand elle eut tiré les provisions du panier, Stéphanette se mit à regarder curieusement autour d’elle. Relevant un peu sa belle jupe du dimanche qui aurait pu s’abîmer, elle entra dans le parc, voulut voir le coin où je couchais, la crèche de paille avec la peau de mouton, ma grande cape accrochée au mur, ma crosse, mon fusil à pierre. Tout cela l’amusait.

— Alors c’est ici que tu vis, mon pauvre berger ? Comme tu dois t’ennuyer d’être toujours seul ! Qu’est-ce que tu fais ? À quoi penses-tu ?…

J’avais envie de répondre : « À vous, maîtresse, » et je n’aurais pas menti ; mais mon trouble était si grand que je ne pouvais pas seulement trouver une parole. Je crois bien qu’elle s’en apercevait, et que la méchante prenait plaisir à redoubler mon embarras avec ses malices :

— Et ta bonne amie, berger, est-ce qu’elle monte te voir quelquefois ?… Ça doit être bien sûr la chèvre d’or, ou cette fée Estérelle qui ne court qu’à la pointe des montagnes…

Et elle-même, en me parlant, avait bien l’air de la fée Estérelle, avec le joli rire de sa tête renversée et sa hâte de s’en aller qui faisait de sa visite une apparition.

— Adieu, berger.

— Salut, maîtresse.

Et la voilà partie, emportant ses corbeilles vides.

Lorsqu’elle disparut dans le sentier en pente, il me semblait que les cailloux, roulant sous les sabots de la mule, me tombaient un à un sur le cœur. Je les entendis longtemps, longtemps ; et jusqu’à la fin du jour je restai comme ensommeillé, n’osant bouger, de peur de faire en aller mon rêve. Vers le soir, comme le fond des vallées commençait à devenir bleu et que les bêtes se serraient en bêlant l’une contre l’autre pour rentrer au parc, j’entendis qu’on m’appelait dans la descente, et je vis paraître notre demoiselle, non plus rieuse ainsi que tout à l’heure, mais tremblante de froid, de peur, de mouillure. Il paraît qu’au bas de la côte elle avait trouvé la Sorgue grossie par la pluie d’orage, et qu’en voulant passer à toute force elle avait risqué de se noyer. Le terrible, c’est qu’à cette heure de nuit il ne fallait plus songer à retourner à la ferme ; car le chemin par la traverse, notre demoiselle n’aurait jamais su s’y retrouver toute seule, et moi je ne pouvais pas quitter le troupeau. Cette idée de passer la nuit sur la montagne la tourmentait beaucoup, surtout à cause de l’inquiétude des siens. Moi, je la rassurais de mon mieux :

— En juillet, les nuits sont courtes, maîtresse… Ce n’est qu’un mauvais moment.

Et j’allumai vite un grand feu pour sécher ses pieds et sa robe toute trempée de l’eau de la Sorgue. Ensuite j’apportai devant elle du lait, des fromageons ; mais la pauvre petite ne songeait ni à se chauffer, ni à manger, et de voir les grosses larmes qui montaient dans ses yeux, j’avais envie de pleurer, moi aussi.

Cependant la nuit était venue tout à fait. Il ne restait plus sur la crête des montagnes qu’une poussière de soleil, une vapeur de lumière du côté du couchant. Je voulus que notre demoiselle entrât se reposer dans le parc. Ayant étendu sur la paille fraîche une belle peau toute neuve, je lui souhaitai la bonne nuit, et j’allai m’asseoir dehors devant la porte… Dieu m’est témoin que, malgré le feu d’amour qui me brûlait le sang, aucune mauvaise pensée ne me vint ; rien qu’une grande fierté de songer que dans un coin du parc, tout près du troupeau curieux qui la regardait dormir, la fille de mes maîtres, — comme une brebis plus précieuse et plus blanche que toutes les autres, — reposait, confiée à ma garde. Jamais le ciel ne m’avait paru si profond, les étoiles si brillantes… Tout à coup, la claire-voie du parc s’ouvrit et la belle Stéphanette parut. Elle ne pouvait pas dormir. Les bêtes faisaient crier la paille en remuant, ou bêlaient dans leurs rêves. Elle aimait mieux venir près du feu. Voyant cela, je lui jetai ma peau de bique sur les épaules, j’activai la flamme, et nous restâmes assis l’un près de l’autre sans parler. Si vous avez jamais passé la nuit à la belle étoile, vous savez qu’à l’heure où nous dormons, un monde mystérieux s’éveille dans la solitude et le silence. Alors les sources chantent bien plus clair, les étangs allument des petites flammes. Tous les esprits de la montagne vont et viennent librement ; et il y a dans l’air des frôlements, des bruits imperceptibles, comme si l’on entendait les branches grandir, l’herbe pousser. Le jour, c’est la vie des êtres ; mais la nuit, c’est la vie des choses. Quand on n’en a pas l’habitude, ça fait peur… Aussi notre demoiselle était toute frissonnante et se serrait contre moi au moindre bruit. Une fois, un cri long, mélancolique, parti de l’étang qui luisait plus bas, monta vers nous en ondulant. Au même instant une belle étoile filante glissa par-dessus nos têtes dans la même direction, comme si cette plainte que nous venions d’entendre portait une lumière avec elle.

— Qu’est-ce que c’est ? me demanda Stéphanette à voix basse.

— Une âme qui entre en paradis, maîtresse ; et je fis le signe de la croix.

Elle se signa aussi, et resta un moment la tête en l’air, très recueillie. Puis elle me dit :

— C’est donc vrai, berger, que vous êtes sorciers, vous autres ?

— Nullement, notre demoiselle. Mais ici nous vivons plus près des étoiles, et nous savons ce qui s’y passe mieux que des gens de la plaine.

Elle regardait toujours en haut, la tête appuyée dans la main, entourée de la peau de mouton comme un petit pâtre céleste :

— Qu’il y en a ! Que c’est beau ! Jamais je n’en avais tant vu… Est-ce que tu sais leurs noms, berger ?

— Mais oui, maîtresse… Tenez ! juste au-dessus de nous, voilà le Chemin de saint Jacques (la voie lactée). Il va de France droit sur l’Espagne. C’est saint Jacques de Galice qui l’a tracé pour montrer sa route au brave Charlemagne lorsqu’il faisait la guerre aux Sarrasins. Plus loin, vous avez le Char des âmes (la grande Ourse) avec ses quatre essieux resplendissants. Les trois étoiles qui vont devant sont les Trois bêtes, et cette toute petite contre la troisième c’est le Charretier. Voyez-vous tout autour cette pluie d’étoiles qui tombent ? ce sont les âmes dont le bon Dieu ne veut pas chez lui… Un peu plus bas, voici le Râteau ou les Trois rois (Orion). C’est ce qui nous sert d’horloge, à nous autres. Rien qu’en les regardant, je sais maintenant qu’il est minuit passé. Un peu plus bas, toujours vers le midi, brille Jean de Milan, le flambeau des astres (Sirius). Sur cette étoile-là, voici ce que les bergers racontent. Il paraît qu’une nuit Jean de Milan, avec les Trois rois et la Poussinière (la Pléiade), furent invités à la noce d’une étoile de leurs amies. La Poussinière, plus pressée, partit, dit-on, la première, et prit le chemin haut. Regardez-la, là-haut, tout au fond du ciel. Les Trois rois coupèrent plus bas et la rattrapèrent ; mais ce paresseux de Jean de Milan, qui avait dormi trop tard, resta tout à fait derrière, et furieux, pour les arrêter, leur jeta son bâton. C’est pourquoi les Trois rois s’appellent aussi le Bâton de Jean de Milan… Mais la plus belle de toutes les étoiles, maîtresse, c’est la nôtre, c’est l’Étoile du berger, qui nous éclaire à l’aube quand nous sortons le troupeau, et aussi le soir quand nous le rentrons. Nous la nommons encore Maguelonne, la belle Maguelonne qui court après Pierre de Provence (Saturne) et se marie avec lui tous les sept ans.

— Comment ! berger, il y a donc des mariages d’étoiles ?

— Mais oui, maîtresse.

Et comme j’essayais de lui expliquer ce que c’était que ces mariages, je sentis quelque chose de frais et de fin peser légèrement sur mon épaule. C’était sa tête alourdie de sommeil qui s’appuyait contre moi avec un joli froissement de rubans, de dentelles et de cheveux ondés. Elle resta ainsi sans bouger jusqu’au moment où les astres du ciel pâlirent, effacés par le jour qui montait. Moi, je la regardais dormir, un peu troublé au fond de mon être, mais saintement protégé par cette claire nuit qui ne m’a jamais donné que de belles pensées. Autour de nous, les étoiles continuaient leur marche silencieuse, dociles comme un grand troupeau ; et par moments je me figurais qu’une de ces étoiles, la plus fine, la plus brillante, ayant perdu sa route, était venue se poser sur mon épaule pour dormir…

Alphonse Daudet, Lettres de mon moulin


 

Pour celles qui voudraient le lire ou le proposer en classe :

daudet_livre

le texte débute à la page 33


Notre travail sur le texte :

  • Le vocabulaire ( et un peu de géographie! ) pas si simple pour un jeune du Canada qui ne connaît pas ce coin de pays (la Sorgue, la Galice, le midi, etc…)
  • Schéma du récit
  • Analyse des personnages
  • Le sens du récit
  • L’intérêt du texte
  • L’auteur et le narrateur
  • Le point de vue
  • La chronologie du texte
  • Qu’est-ce que le texte nous rapporte sur la vie en Provence au XIXe siècle et sur les relations entre les hommes et les femmes de l’époque?
  • L’évolution de la situation de Stéphanette et du berger.

On pourrait le travailler sous plusieurs angles!!!

Compréhension de lecture


Voici des épreuves de compréhension de lecture.  Elles sont principalement pour des élèves qui éprouvent des difficultés avec la lecture.  Par contre, quelle belle idée de les utiliser pour vérifier si nos enfants saisissent bien le sens des questions posées et comment y répondre adéquatement.

Les exercices sont proposés par une équipe de chercheuses à l’UQAM:

Cliquer ici pour vous rendre sur leur site.

Ce que j’aime particulièrement de ces évaluations c’est le corrigé qui les accompagne.   On propose, dans le corrigé, les «bonnes réponses» et celles qui devraient être «rejetées» en mentionnant pourquoi elles devraient l’être.  Cela permet de mieux comprendre ce que nos enfants n’arrivent pas à saisir dans la question posée.

Je sais que plusieurs mamans éprouvent de la difficulté à bien évaluer les réponses de leurs enfants… c’est un moyen de s’entraîner!


Plusieurs niveaux de disponible sur le site :

Philo-fables / Les trois tamis


Un jour, un homme vint trouver le philosophe Socrate et lui dit :

  • Écoute, Socrate, il faut que je te raconte comment ton ami s’est conduit.

  • Je t’arrête tout de suite, répondit Socrate As-tu songé à passer ce que tu as à me dire au travers des trois tamis ?

Et comme l’homme le regardait d’un air perplexe, il ajouta :

  • Oui, avant de parler, il faut toujours passer ce qu’on a à dire au travers des trois tamis. Voyons un peu ! Le premier tamis est celui de la vérité. As-tu vérifié que ce que tu as à me dire est parfaitement exact ?

  • Non, je l’ai entendu raconter et…- Bien ! Mais je suppose que tu l’as au moins fait passer au travers du second tamis, qui est celui de la bonté. Ce que tu désires me raconter, est-ce au moins quelque chose de bon ?

L’homme hésita, puis répondit :

  • Non, ce n’est malheureusement pas quelque chose de bon, au contraire…

  • Hum !   dit le philosophe. Voyons tout de même le troisième tamis. Est-il utile de me raconter ce que tu as envie de me dire ?

  • Utile ? Pas exactement…

  • Alors, n’en parlons plus ! dit Socrate. Si ce que tu as à me dire n’est ni vrai, ni bon, ni utile, je préfère l’ignorer. Et je te conseille même de l’oublier…

« Convenons-en ! Raconter ce qu’on a entendu dire nous brûle souvent la langue. C’est le plaisir de la conversation et des petits ragots. Une manière parfois même de se rendre intéressant aux yeux des autres, mais qui oublie que cela peut porter gravement préjudice au « sujet » de la conversation. N’oublions donc pas les trois tamis ! Il y aura alors beaucoup plus de silence autour de la machine à café ! »

Michel Piquemal, «Les trois tamis», Les philo-fables.

Philo-fables / Les maçons


Un jour, un voyageur traversa un lotissement où de nombreuses maisons étaient en construction. C’était l’après-midi. Il faisait une chaleur accablante. Et le voyageur crut bon de dire un petit mot à chacun.

– Bonjour, dit-il au premier, que faites-vous donc là ?

– Moi ? répondit l’homme d’un ton rogue. Vous ne voyez pas que j’entasse des briques? Par une chaleur pareille, ce n’est vraiment pas humain. Je fais un boulot de galérien.

Et, à chacun des hommes qu’il croisa, le voyageur posa la même question.

– Moi, répondit un second avec flegme, je suis maçon. Je fais un métier dur et pénible, mais on gagne sa vie comme on peut.

– Moi, répondit un troisième avec un sourire, je suis en train de construire ma maison. Je vais enfin avoir quelque chose qui sera à moi.

– Moi, répondit le dernier, qui semblait comme illuminé de l’intérieur, je construis la maison de la femme que j’aime. J’y mets tout mon cœur et ce sera la plus belle maison du lotissement.

Le voyageur passa son chemin, mais plusieurs heures plus tard, il avait encore en tête le sourire radieux de l’homme amoureux.

« Rien n’est agréable ni pénible en soi. Une marche dans la campagne sous un soleil d’été peut être vécue comme un vrai bonheur ou un pur calvaire. Tout dépend de l’état d’esprit dans lequel on l’accomplit. Mais, si l’on en croit ce texte, c’est bien évidemment l’amour qui magnifie le mieux le monde ! »

Michel Piquemal, «Les maçons», Les philo-fables

 

Notre séquence de travail sur «La fable»


J’ai décidé de reprendre une ancienne façon de travailler chez nous.

Vous le savez déjà, j’ai toujours apprécié travailler lentement, en profondeur, sur une section en particulier du programme de français.  J’ai donc décidé de travailler sur la fable avec mon fils de secondaire 2.

***C’est une section du programme de secondaire 2 au Québec (texte narratif)


Voici notre programme pour la semaine


Jour 1

1- On écoute une fable. 

J’ai sélectionné une première fable :

2– Connaissances du schéma narratif

Comme la fable est avant tout un récit (imaginaire court qui illustre une leçon à retenir, une morale), nous débuterons pas un petit retour sur le schéma narratif.  Nous l’avons vu des dizaines de fois au moins.  Ce ne sera donc qu’un petit survol.

3– Recopie de la fable «le lion et le rat.

le-lion-et-le-rat_fontaine

clique

Une fois la fable écrite, nous repérons les différentes parties du schéma narratif qui seront encadrées ou surlignées.

[Il faut, autant qu’on peut… en preuves abonde] morale

[Entre les pattes d’un lion… à l’étourdie] Situation initiale

[Le Roi des animaux…et lui donna la vie] Élément déclencheur

[Ce bienfait ne fut pas perdu… ne le purent défaire ] Péripéties

[Sire Rat accourut… emporta tout l’ouvrage] Dénouement

[Patience et longueur… ni que rage ] Situation finale


Jour 2

1– Étude de la langue : partie narrative, descriptive, dialogale et argumentative

Partie narrative : parties du texte qui racontent.

Partie de dialogue ou dialogale : partie du texte qui transmet des interactions verbales.  Qui parle à qui ?

Partie descriptive : Partie du texte contenant une description.  Qui est décrit?  Qu’est-ce qui est décrit ?  Elle contient des organisateurs textuels de temps, d’espace, d’ordre.

Partie argumentative : Partie du texte construite autour d’une argumentation dont l’auteur défend son point de vue.  Un des personnages veut convaincre, influencer, persuader.

2– Recopie de la fable : Le renard et le bouc

3– Repérer les parties du schéma narratif dans cette fable.

[Capitaine Renard… en fait de tromperie] Situation initiale

[La soif les obligea de descendre en un puits] Élément perturbateur

[Là, chacun d’eux se désaltère… je l’avoue.»¸] Péripéties

[Le renard sort du puits… d’arrêter en chemin.»] Dénouement

[En toute chose il faut considérer la fin]  Morale


Jour 3

1– Retrouver dans la fable «Le renard et le bouc» les différentes séquences (narratives, descriptives, dialogales et argumentatives)

2– Lecture de la fable : «Le loup et l’agneau»

le-loup-et-lagneau

3– Repérer les différentes parties.


Jour 4

1– Lecture «Le Corbeau et le Renard» Esope

2– Lecture «Le Corbeau et le Renard» Jean de La Fontaine

3– Écoute d’une version chantée «le Corbeau et le Renard»

4– Écoute d’une seconde version chantée « Le Corbeau et le Renard»

5– On fait la comparaison de toutes ces versions!


Jour 5

1– Lecture «Le Corbeau et le Renard, le renardeau et le Corbillat» Didier Strasser

On fait l’analyse de cette version un peu différente de la même fable qu’hier.


À suivre…

Dix petits nègres d’Agatha Christie.


Je poursuis ma séquence de travail sur le roman policier : quatrième séquence de travail, «Dix petits nègres» d’Agatha Christie.

Ce n’est pas un travail «spectaculaire» puisque c’est le premier roman à l’étude.  Je ne suis donc pas très originale puisque j’ai utilisé, dans une large partie, une séquence de travail proposée par «le livre de poche».  Il s’agit d’installer, au départ, les personnages puis de donner son avis sur l’intrigue et le roman.

Vous pourriez faire le même travail avec un autre roman…  J’ai moi-même longuement hésité entre ce roman et «le chien des Baskerville»!

_______________________________

Ils sont dix, ne se connaissent pas et sont invités pendant une semaine sur l’île du Nègre. À leur arrivée, personne ne les accueille. Sur une table du salon, dix statuettes de nègres. Dans chacune des chambres des hôtes, une comptine copiée sur un parchemin raconte la mort de dix petits nègres. Durant le dîner, les convives entendent une voix qui accuse chacun d’entre eux d’un crime. Antony Marston meurt alors subitement après avoir bu un whisky, comme la première victime de la comptine, et une statuette disparaît. Est ensuite retrouvé le corps du général Macarthur, le crâne fracturé. Il ne peut s’agir d’un accident. Les morts s’enchaînent alors dans une atmosphère oppressante : Thomas Rogers a le crâne fendu par une hache ; Miss Brent meurt apparemment d’une piqûre d’abeille, le juge Wargrave d’une balle de revolver. Aucune cachette n’est possible sur l’île; le meurtrier fait forcément partie des quatre survivants. Le jour suivant, l’officier Blore a la tête fracassée par une pendule et le docteur Amstrong est retrouvé noyé. Restent Véra Claythorne et Philip Lombard. Chacun soupçonne l’autre. À bout de nerfs, Véra abat Philip, puis, désespérée, se pend. L’assassin est le juge Wargrave. Son complice, le docteur Amstrong, avait simulé sa mort. Le juge l’a néanmoins tué, en le poussant d’une falaise. Il révèle toute la vérité, en écrivant un message placé dans une bouteille jetée à la mer, avant de se suicider.

_______________________________

Feuille de route

  1. Découverte du roman (oralement)
  2. Hypothèse de lecture
  3. Découvrir les personnages
  4. Écriture : Imaginer l’intrigue.
  5. Donner son avis sur le roman

_______________________________

Étude de la langue

à venir…  j’hésite encore pour ma progression officielle.

_______________________________

Si ma séquence vous intéresse, voici mon document de travail :

Dix petits nègres_Récit policier_séquence de travail 4

***Je n’ai pas fait de corrigé puisque ce sont majoritairement des réponses personnelles qui sont attendues.  Pour les personnages, je vous invite à consulter la page suivante et celle-ci qui donnent une description sommaire des personnages.

Vous savez…  loin de moi l’idée de vous dire quoi faire mais…  lire le roman est un premier pas essentiel pour accompagner adéquatement nos enfants.

Terre des lettres 4e – 2e texte.


On avance tranquillement…  je suis réellement contente de mon choix.  Je l’adore ce manuel!

Deuxième texte : L’Avare – «Sans dot!» p.18-19

Comme pour le premier, je lui propose, après une première lecture, l’écoute de l’extrait.

Texte 2 débute à 29:00 et se termine à 31:53

Le théâtre donne l’occasion de s’amuser un peu…  nous prendrons le temps de jouer tous les deux avec cet extrait après l’analyse du texte.

Ici encore, j’ai préparé une feuille de travail pour l’expression écrite proposée.

Si cela vous intéresse :

p.20_expression écrite_Élise plaide sa cause

***Source: Terre des lettres 4e de Nathan

Étude de la langue

Premier arrêt : les mots variables (p.290-291)

Si cela vous intéresse, voici mon document de travail :

Les mots variables p.290-291

*** il faut le manuel pour l’utiliser ce document de travail.

Comme je m’y attendais, mon fils a écouté, hier, la version entière de l’Avare par Louis de Funès…

Comme je m’y attendais, mon dernier s’est installé auprès de lui…

Comme je m’y attendais, mon conjoint a rejoint le groupe…

Et finalement, mon fils-2 s’est installé à son tour en récitant plusieurs extraits de mémoire pour épater tout le monde!

Nous avons donc écouté de nouveau l’Avare de Molière en rigolant devant Harpagon joué par Louis de Funès!

Français 4e – Terre des lettres


C’est un nouveau départ, on débute officiellement un second niveau en français ce matin.  Comme je l’ai mentionné dernièrement, c’est la première fois que je fais ça en 15 ans!

J’ai décidé de débuter une prochaine année parce que mes enfants avaient «réellement» terminé le niveau actuel mais aussi pour avoir le temps de «tout» faire pour le niveau suivant.

Je veux nager à l’intérieur des manuels que j’ai choisis…   je veux prendre le temps de l’utiliser pleinement.  Sans oublier que j’ajouterai ce qui me plaît ou qui complétera nos séquences de travail.  Je veux qu’on s’amuse avec cette matière!!!!

Mon manuel : j’ai choisi «Terre des lettres» parce qu’il correspond à ce que je recherche présentement.  Comme je l’ai dit, j’ajouterai plusieurs choses au fur et à mesure.

 

Premier arrêt : «L’Avare» de Molière.

Dès que j’ai mentionné que nous débutons ce manuel par des extraits de cette pièce, j’ai vu naître un magnifique sourire accompagné d’un «Enfin quelque chose que j’aime!»  Mon fils-3 connaît déjà cette pièce et l’a même vue dans la version de «Louis de Funès» que nous avions beaucoup aimée chez nous.

Texte 1 : p.16-17 / Maître et valet.

Pour moi le théâtre est tellement meilleur joué que lu…  c’est comme ça.  On a souvent tenté de me montrer le contraire, mais rien à faire, je trouve que le théâtre est tellement meilleur lorsqu’on le voit.

Nous avons la chance, avec internet, de pouvoir «écouter» des extraits facilement.  Je vais donc proposer, pour mon fils-3, une première lecture dans son manuel mais je vais aussi lui proposer de revoir la pièce au fil des extraits à lire.

Notre premier extrait à l’étude

Du début jusqu’à 4:09 pour notre premier extrait.

 

Et oui…  Je suis comme ça

Par la suite, nous ferons l’analyse du texte, naturellement, y compris le petit travail d’écriture proposé.

Comme j’aime que tout soit clair…  ha! J’ai préparé une feuille pour la petite situation d’écriture.

Si cela vous intéresse :

p.17_expression écrite_portrait de Harpagon

***Source : Terre des lettres 4e de Nathan (p.17)

La ficelle de Maupassant (4e – secondaire 2)


Voici sur quoi portera la semaine de français de mon fils-3.  Une séquence de travail entière sur cette nouvelle réaliste de Guy de Maupassant.  Je vais probablement déborder dans la prochaine semaine.

Comme je l’ai mentionné il y a quelques jours,  je prends mon temps pour faire les choses.  On prendra donc le temps de situer l’auteur dans le temps;  de faire une courte recherche sur lui; de rappeler le contexte social; de situer le courant réaliste; etc.

Finalement, il lit la nouvelle et on l’analyse en profondeur.

Comme je vais installer cette nouvelle lentement…  et surtout avec beaucoup de minutie, je vais lui proposer une première lecture à faire «seul», une écoute audio de la nouvelle et une relecture avec moi lors de l’analyse.  Je veux m’assurer qu’il comprend bien «tout» à la perfection!!!!

Je vais profiter de cette séquence pour retravailler minutieusement avec lui la lecture et l’écriture des questions que l’on propose.

*** Il a tendance à lire rapidement et sauter des mots lors de la lecture d’une question…  Je trouve toujours ça tellement étrange d’ailleurs.  Il me répète toujours que c’est pour aller plus vite…  alors qu’il doit souvent reprendre son travail! ha ha!

 

Voici le texte intégral de la nouvelle

La ficelle de Maupassant

Voici la version audio de la nouvelle

Litterature audio.com

Questionnaire de lecture

Voici un questionnaire de lecture suivie proposé par un enseignant…  il fait vraiment le tour de la nouvelle!!!

Questionnaire proposé par Mohammed Bouchriha

Travail final pour moi

Après tout le travail sur le texte, le vocabulaire du texte…  je vais terminer la séquence par ceci :

Appréciation d’un texte littéraire :

On classe la nouvelle «La ficelle de Guy de Maupassant» dans le courant réaliste.  Selon toi, le texte respecte-t-il le genre littéraire auquel il appartient ?