Mathématique – secondaire 2 (planification)


Virage en mathématique chez nous…

Pour accompagner «plus doucement» mon dernier dans son premier cycle du secondaire, et me donner l’occasion de prendre le temps de travailler, je laisse de côté «point de mire» que j’aime bien (mais qui demande beaucoup de temps à faire pour des petits secondaire 1-2) pour prendre un cahier un peu moins lourd mais très bien fait aussi.

J’aime l’idée de faire un peu moins d’exercices et prendre plus de temps pour BIEN les faire.  Avec Point de mire on court perpétuellement !

Comme pour le programme de secondaire 3, il se fera sur 4 jours par semaine.  Ma planification est très «encadrée» pour le moment mais, au fil des jours, elle s’assouplira en fonction des difficultés.

Comme je possède les manuels, je les garde comme référence et comme exercices de démonstration pendant les leçons.  J’aime bien le calepin des savoirs des manuels et c’est d’ailleurs eux qui me serviront de base pour les leçons.  Par contre, les exercices se feront dans ce cahier d’activités.


Voici ma planification pour 2017-2018

Ma planification_panoramath B_2017-2018


Calepin des savoirs


J’ai déjà mentionné (publication ici) qu’il y a plusieurs choses qui se retrouvent sur le net pour le programme de Panoramath puisqu’il est encore largement utilisé dans les écoles.  Quand on cherche un peu…  on trouve beaucoup d’outils intéressants !

 

Panoramath de CEC (secondaire 2)


Ce programme a toujours été un véritable coup de cœur pour plusieurs enseignants.  Même si la même maison d’éditions propose un autre programme plus récent (Point de Mire), plusieurs enseignants poursuivent leur route avec Panoramath.  D’ailleurs, ils proposent maintenant un cahier un peu moins lourd que «Point de mire» mais tout aussi complet.


Pour celles qui utilisent encore cette méthode, on trouve plusieurs choses sur internet.


Sur le site d’un enseignant de secondaire 2 ( La classe de Monsieur Ung) on retrouve ses notes de cours, des révisions, des fiches de consolidation avec corrigés, etc.

La classe de Monsieur Ung


Sur différents sites, éparpillés ici et là, on retrouve le calepin des savoirs.


Le site «Pro études » propose plusieurs capsules vidéos directement en lien avec le programme

Zone et famille Pro études


Le site « ma classe web mathématiques » propose aussi plusieurs capsules en lien avec le même programme.

Ma Classe Web Mathématique


Sur d’autres sites, on trouve des corrigés, des notes de cours, des exercices, etc.

Mathématique secondaire 2
Les mathématiques avec Mme Blanchette

Plusieurs enseignants mettent en ligne leurs notes, des exercices, des corrigés d’exercices, vidéos, etc.

Il faut chercher un peu mais on trouve plusieurs outils qui peuvent nous aider si le besoin se fait sentir.

On découvre encore…


Si, comme moi, vous êtes une amoureuse des textes de littérature (manuels anciens), sachez qu’on peut trouver de magnifiques trésors si on se donne la peine de fouiller un peu.

Franchement, je suis toujours étonnée de découvrir des petits bijoux qui viennent enrichir notre banque de textes à lire.

Naturellement, tous ces textes se retrouvent dans les romans.  Pour celles qui possèdent une bibliothèque impressionnante de livres, vous pouvez sélectionner quelques magnifiques extraits ici et là.  Par contre, comme dans mon cas, je n’ai pas le budget pour acheter tous les classiques!!!

Je trouve donc que ces petits manuels proposent une sélection intéressante d’extraits.

Voici mes dernières découvertes :

Celui-ci propose, en plus, les exercices typiques de ces manuels d’époque : les mots, les idées, la grammaire, vocabulaire et élocution. Classe de fin d’étude ? 11 à 13 ans… mais même à 14 ans c’est plus qu’acceptable!


Je l’adore ce petit manuel qui propose une vaste sélection de textes. Pour certains textes, on propose quelques questions pour aller plus loin dans notre analyse..


La suite du précédent… une vase sélection de textes.

Même aujourd’hui…


Vous connaissez mon désir profond de faire lire des romans «classiques» à mes enfants.  Pour moi, la littérature, la vraie, sont ces romans du passé.

Plusieurs romans actuels sont vraiment fabuleux, mais…  mais… je reste convaincue que les romans du passé avaient un petit quelque chose… de différents.

J’ai proposé à chacun de mes garçons de lire «Tom Sawyer».  Mes deux premiers l’ont lu avec plaisir alors que mes deux derniers ne voulaient  jamais «le lire maintenant».

Pour ceux et celles qui ne connaissent pas…

Tom Sawyer est né de l’imagination de Mark Twain. C’est un jeune garçon du sud des États-Unis vivant dans le Missouri. Le roman est en partie autobiographique mais Twain a aussi donné à Tom Sawyer des caractéristiques de ses camarades d’enfance.

«  Tom Sawyer et Huckleberry Finn sont deux amis aussi turbulents qu’inséparables. Tom vit chez sa tante Polly , aime à se battre avec les nouveaux venus au village et est amoureux de Becky Thatcher, la fille du Juge. Huck , son ami, mène une vie de bohème à l’image de son vagabond de père.

Ce roman raconte leurs aventures. Un soir, alors qu’ils se rendent en cachette au cimetière pour enterrer un chat, Tom et Huck assistent à une scène qui les glace . Trois hommes, le docteur du village, Joe l’Indien et Muff Potter déterrent un homme. Soudain, une bagarre éclate entre les trois hommes. Joe l’Indien tue le docteur de son couteau. Puis il glisse l’arme du crime dans la main de son compère, Potter, qui est complètement ivre. Le lendemain, Potter est arrêté et accusé du meurtre.

Lors du procès , Potter risque d’être condamné à la pendaison. N’écoutant que son courage, Tom dénonce Joe l’Indien , le vrai coupable. Mais ce dernier réussit à s’enfuir. Avant de s‘échapper, il promet de se venger. Grâce à leur débrouillardise, leur intelligence et leur courage, Tom et Huck réussiront à déjouer les plans du bandit. Certes ils seront en mauvaise posture dans la caverne au trésor, mais ils parviendront à s’enfuir. Finalement Joe l’Indien mourra et Potter sera définitivement innocenté. Tom et Huck , après avoir découvert un trésor dans la caverne, seront considérés comme des héros. »

Comme je connais mes deux derniers, je me doutais bien qu’ils apprécieraient «eux aussi» ce roman.  Et, comme je ne voulais pas le leur imposer, j’ai passé par la porte d’en arrière en leur proposant d’écouter d’abord le film.

Vous devinez la suite ?  Dès la fin du film, on m’a demandé où était le roman!  Depuis, ils ont écouté le film plusieurs fois et lu, chacun de leur côté, le roman.

Vous savez, les classiques restent, demeurent des classiques.  Ils ne se démodent pas, ils ne perdent pas la saveur qui les imprègne.

Commentaires de mes fils :

«les garçons sont drôles, attachants, amusants, intéressants, débrouillards, …»

« On sent que les personnages sont eux-mêmes »

« On aimerait les connaître pour vivre des aventures avec eux ! »

Même aujourd’hui, en 2017, ce roman reste un roman intéressant à découvrir…  oui, même aujourd’hui !

J’aime et je conserve / arts plastiques


J’ignore si chez vous c’est comme chez nous, mais ici, les enfants aiment bien les arts plastiques.  Je leur propose toujours une découverte d’œuvres chaque semaine et j’essaie de faire au moins un projet chaque semaine afin de faire naître un large sourire dans la figure de mes deux petits grognons, surtout à la fin de la semaine!

C’est vrai qu’internet regorge d’idées magnifiques mais…  mais…  il y a aussi quelques petits cahiers qui offrent une belle différence.  L’an dernier, je suis tombée sur un cahier qui propose d’unir l’histoire et les arts.

Une belle idée je trouve.  Ce ne sont pas des cahiers extraordinaires, mais je les aime bien.  Ils ont l’avantage de remplir les objectifs sans que je me creuse la tête pour chercher des oeuvres qui travaillent les bonnes compétences!

 

Secondaire 1

L’art est un langage utilisé depuis la nuit des temps. C’est un langage tiré d’abord de l’image, qui a évolué pour permettre aux hommes de communiquer et d’exprimer leur point de vue. L’art a joué un rôle capital dans l’histoire de l’homme.

Au fil de cette première année d’initiation au monde des arts, vous serez appelés à vous mettre dans la peau des artistes et artisans de différentes époques. De cette façon, vous pourrez suivre le cours de l’histoire ainsi que l’évolution des différents matériaux et les idéologies propres au monde des arts.

Ce cahier d’exercices a pour but de vous faire traverser les époques en vous proposant des idées de créations stimulantes.

Secondaire 2

L’art est un langage utilisé depuis la nuit des temps. C’est un langage tiré d’abord de l’image, qui a évolué pour permettre aux hommes de communiquer et d’exprimer leur point de vue. L’art a joué un rôle capital dans l’histoire de l’homme.

Ce cahier d’exercices a pour but de vous faire traverser les époques en vous proposant des idées de créations stimulantes.

Durant l’année, nous approfondirons nos connaissances de l’art dans la Grèce antique, en passant par les propriétés romaines et sa cité Pompéi. Nous poursuivrons cette aventure en nous initiant au travail de Michel-Ange. Nous prendrons ensuite le large pour naviguer vers les îles du Sud et le Mexique. Nous y découvrirons un art précolombien grandiose. Nous terminerons la deuxième partie de l’année en nous initiant au travail d’Arcimboldo et des artistes romantiques de la fin du XVIIe siècle.

Bonne année et bonne création !

Ce sont deux cahiers que j’aime et que je conserve  pour l’an prochain.

On débute toujours par un peu d’histoire, on s’interroge sur la période, les gestes et techniques, le langage plastique, réalisation du croquis, critères d’évaluation, retour sur le projet (autoévaluation), appréciation d’oeuvres, bilan, etc.

Naturellement, l’idéal est d’avoir le guide enseignant qui explique les différentes techniques et donne des explications sur les différents projets.  Par contre,  nous n’avons pas tous des budgets illimités…  Hélas…   Cependant, même sans le guide, on peut très bien faire les projets sans trop de difficultés.  Il suffit de chercher un peu sur le net ou proposer quelques alternatives si on ne se sent pas à l’aise avec une technique en particulier.

Après tout…  ce n’est que des arts plastiques!!!!

Je réponds / français secondaire 2


Une maman demande :

«Je vais débuter à l’automne avec mon fils qui sera en secondaire 2, quel manuel (approuvé) as-tu préféré en français ?»

Je ne vais parler que des cahiers ou manuels (québécois) que je possède à la maison et que j’ai utilisés (en partie) puisque j’ignore ce que les autres proposent exactement.

Je possède les cahiers/manuels suivants :

MisàJour de HRW

J’en ai déjà parlé, pour moi, il demeure une belle option puisqu’il va à l’essentiel.  Chaque niveau regroupe les genres littéraires à étudier pour l’année.  On cible donc l’essentiel, uniquement.

Vous devrez ajouter une méthode de grammaire puisqu’il ne tient compte que de la grammaire du texte.

Je l’ai utilisé en combinaison avec d’autres manuels puisqu’il ne touche qu’à l’essentiel, le minimum!!!!  Je sais, par contre, que dans une classe régulière, on n’ajoute rien d’autres.  Je suis juste plus exigeante qu’eux…  ha!

 

 

Matière première de CEC

Quelle déception… franchement, je m’attendais à plus.  Si MisÀJour va à l’essentiel, dans ce cas-ci, il touche à peine à l’essentiel à voir.  Le seul avantage qu’il représente c’est qu’il contient une section «étude de la langue».  Pour moi, il ne représente pas un choix intéressant.

Je sais, par contre, que plusieurs l’apprécient exactement pour ce que je n’aime pas… sa grande simplicité.

On aurait avantage à le compléter avec d’autres ressources.

 

Rendez-vous de Graficor

Deux manuels et un cahier d’activités

À mon avis?  Un magnifique programme lorsqu’on a la chance d’avoir le guide enseignant.  Tout est là…  L’étude des textes, des textes supplémentaires à lire, des projets de lectures, etc.  On y retrouve même un cahier de grammaire pour l’accompagner et une tonne de fiches reproductibles pour aller plus loin.  Le choix des extraits est intéressant dans plusieurs sections et même surprenant pour un manuel québécois parfois.  Le manuel est divisé en thème et dans chacun on retrouve les différents types de textes à voir durant l’année. Ainsi, au lieu de ne voir que le texte narratif pendant un chapitre, comme dans les cahiers, on retrouve le texte narratif dans chacun des thèmes abordés tout au long du manuel.

Points négatifs ?  L’élève doit répondre dans un cahier de travail…  pour celles qui aiment les cahiers c’est un moins.  Un autre point négatif, non négligeable, c’est un programme qui coûte cher si on n’a pas la chance de trouver les manuels en solde et quelqu’un qui a le guide enseignant.

Pourquoi ne pas avoir utilisé que ce programme pour mes enfants ?

Toujours la même chose, comme tous les programmes québécois, les questions posées pour l’étude des textes ne correspond aucunement à ce que je recherche.  Les programmes québécois se concentrent toujours sur le ressenti, le vécu, la justification, etc.  Je cherche autre chose.  Je l’utilise épisodiquement pour quelques sections particulièrement intéressantes à mes yeux.  C’est un beau programme je trouve.

Je préfère prendre plusieurs cahiers et manuels et construire un programme à mon goût…  mais cela demande beaucoup de temps.

Comme je le répète souvent : «Soyons créatives!»

J’aime et je conserve!


On me demande souvent les outils que j’utilise et que j’apprécie particulièrement.  En voici un justement.

Ce petit manuel me suit depuis 3 ans et je l’apprécie beaucoup.

Je l’aime parce que…

J’aime utiliser la dictée comme base de travail en étude de la langue.

La réputation de BLED n’est pas à faire… BLED c’est BLED !  Toutes les règles et trucs y passent.

Ce livre me donne la possibilité de choisir des dictées en fonction du travail que je fais en étude de la langue.

On y retrouve des dictées de phrases (celles que je travaille quotidiennement)

On y retrouve des dictées de révision (celles que je donne en fin de la semaine)

 

Il poursuivra sa route l’an prochain puisqu’il demeure toujours d’actualité.  De plus, pour partager sa route, j’utiliserai deux de ses petits frères :

 

 

 

 

 

 

 

Si, comme moi, vous aimez les exercices «ciblés» c’est un outil pour vous.  Il va à l’essentiel…  tout simplement.

 

Dans les prochaines semaines on lit…


J’impose un dernier roman pour terminer l’année.  Dans notre cas, comme nous débutons tôt en début d’année, nous terminons plus tôt que plusieurs d’entre vous.  Cette année encore, nous devrions terminer en mai…  il ne reste donc que très peu de temps pour terminer nos programmes.

Voici les derniers romans à l’étude :

Gabriel – 6e année

Je voulais terminer l’année avec un livre «léger»et pour rester dans l’univers du conte fantastique j’ai choisi :

Ce sont deux romans qui pourraient très bien se lire avant la 6e.   Dans notre cas, comme nous avons travaillé le conte cette année, j’en profite!


Raphaël- secondaire 2

Il y a longtemps que je voulais qu’il lise cette collection que j’ai adorée mais je lui proposais toujours autre chose…  ha!  Comme il m’en a parlé à plusieurs reprises, j’ai décidé de terminer l’année avec ces romans.

C’est une belle collection à découvrir.  Je n’ai pas lu le denier puisqu’au départ c’était une trilogie, mon fils le lira aussi.

Quand Angèle fut seule… (texte)


Je sais…  Je n’écris plus très souvent pour vous présenter notre travail.  Comme je l’ai mentionné : j’ai besoin de cette pause puisque je suis particulièrement occupée cette année et de toute façon, il me semble n’avoir plus rien d’intéressant à dire! ha!

Cela ne veut pas dire que nous ne travaillons pas, au contraire!

Pour le moment, mon fils de secondaire 2 nage dans les nouvelles.  Pour la prochaine semaine, nous lirons cette nouvelle à chute :

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QUAND ANGÈLE FUT SEULE …

         Bien sûr, tout n’avait pas toujours marché comme elle l’aurait souhaité pendant toutes ces années; mais tout de même, cela lui faisait drôle de se retrouver seule, assise à la grande table en bois. On lui avait pourtant souvent dit que c’était là le moment le plus pénible, le retour du cimetière. Tout s’était bien passé, tout se passe toujours bien d’ailleurs. L’église était pleine. Au cimetière, il lui avait fallu se faire embrasser par tout le village. Jusqu’à la vieille Thibault qui était là, elle qu’on n’avait pas vue depuis un an au moins. Depuis l’enterrement d’Émilie Martin en fait. Et encore, y était-elle seulement, à l’enterrement d’Émilie Martin ?

Impossible de se souvenir. Par contre, Angèle aurait sans doute pu citer le nom de tous ceux qui étaient là aujourd’hui. André, par exemple, qui lui faisait tourner la tête, au bal, il y a bien quarante ans de cela. C’était avant que n’arrive Baptiste. Baptiste et ses yeux bleus, Baptiste et ses chemises à fleurs, Baptiste et sa vieille bouffarde, qu’il disait tenir de son père, qui lui-même… En fait ce qui lui avait déplu aujourd’hui, ç’avait été de tomber nez à nez avec Germaine Richard, à la sortie du cimetière. Celle-là, à soixante ans passés, elle avait toujours l’air d’une catin. Qu’elle était d’ailleurs.

Angèle se leva. Tout cela était bien fini maintenant. Il fallait que la mort quitte la maison. Les bougies tout d’abord. Et puis les chaises, serrées en rang d’oignon le long du lit. Ensuite, le balai. Un coup d’œil au jardin en passant. Non, décidément, il n’était plus là, penché sur ses semis, essayant pour la troisième fois de la journée de voir si les radis venaient bien. Il n’était pas non plus là-bas, sous les saules. Ni même sous le pommier, emplissant un panier. Vraiment, tout s’était passé très vite, depuis le jour où en se réveillant, il lui avait dit que son ulcère recommençait à le taquiner. Il y était pourtant habitué, depuis le temps. Tout de même, il avait bientôt fallu faire venir le médecin. Mais celui, il le connaissait trop bien pour s’inquiéter vraiment. D’ailleurs, Baptiste se sentait déjà un peu mieux… Trois semaines plus tard, il faisait jurer à Angèle qu’elle ne les laisserait pas l’emmener à l’hôpital. Le médecin était revenu. Il ne comprenait pas. Rien à faire, Baptiste, tordu de douleur sur son lit, soutenait qu’il allait mieux, que demain, sans doute, tout cela serait déjà oublié. Mais, quand il était seul avec elle, il lui disait qu’il ne voulait pas mourir à l’hôpital. Il savait que c’était la fin, il avait fait son temps. La preuve, d’autres, plus jeunes, étaient partis avant lui… Il aurait seulement bien voulu tenir jusqu’à la Saint-Jean. Mais cela, il ne le disait pas. Angèle le savait, et cela lui suffisait. La Saint-Jean il ne l’avait pas vue cette année. Le curé était arrivé au soir, Baptiste était mort au petit jour. Le mal qui lui sciait le corps en deux avait triomphé. C’était normal.

Angèle ne l’avait pas entendue arriver. Cécile, après s’être changée, était venue voir si elle n’avait besoin de rien. De quoi aurait-elle pu voir besoin ? Angèle la fit asseoir. Elles parlèrent. Enfin, Cécile parla. De l’enterrement bien sûr, des larmes de quelques-uns, du chagrin de tous. Angèle l’entendait à peine.

Baptiste et elle n’étaient jamais sortis de Sainte-Croix, et elle le regrettait un peu. Elle aurait surtout bien aimé aller à Lourdes. Elle avait dû se contenter de processions télévisées. Elle l’avait aimé son Baptiste dès le début, ou presque. Pendant les premières années de leur mariage elle l’accompagnait aux champs pour lui donner la main. Mais depuis bien longtemps, elle n’en avait plus la force. Alors elle l’attendait veillant à ce que le café soit toujours chaud, sans jamais être bouillant.

Elle avait appris à le surveiller du coin de l’œil, levant à peine le nez de son ouvrage. Et puis, pas besoin de montre. Elle savait quand il lui fallait aller nourrir les volailles, préparer le dîner. Elle savait quand Baptiste rentrait. Souvent Cécile venait lui tenir compagnie. Elle apportait sa couture, et en même temps les dernières nouvelles du village. C’est ainsi qu’un jour elle lui dit, sur le ton de la conversation bien sûr, qu’il lui semblait bien avoir aperçu Baptiste discutant avec Germaine Richard, près de la vigne. Plusieurs fois au cours des mois qui suivirent, Cécile fit quelques autres  » discrètes  » allusions. Puis elle n’en parla plus. Mais alors Angèle savait. Elle ne disait rien. Peu à peu elle s’était habituée. Sans même avoir eu à y réfléchir, elle avait décidé de ne jamais en parler à Baptiste, ni à personne. C’était sa dignité. Cela avait duré jusqu’à ce que Baptiste tombe malade pour ne plus jamais se relever. Cela avait duré près de vingt ans. Son seul regret, disait-elle parfois, était de n’avoir pas eu d’enfants. Elle ne mentait pas. Encore une raison de détester la Germaine Richard d’ailleurs, car elle, elle avait un fils, né peu de temps après la mort de son père; Edmond Richard, un colosse aux yeux et aux cheveux noirs avait été emporté en quelques semaines par un mal terrible, dont personne n’avait jamais rien su. Le fils Richard, on ne le connaissait pas à Sainte-Croix. Il avait été élevé par une tante, à Angers. Un jour cependant, c’était juste avant que Baptiste ne tombe malade, il était venu voir sa mère. Cécile était là, bien sûr, puisque Cécile est toujours là où il se passe quelque chose. Elle lui avait trouvé un air niais, avec ses grands yeux bleus délavés. Angèle en avait semblé toute retournée.

Cécile était partie maintenant. La nuit était tombée. Angèle fit un peu de vaisselle. Elle lava quelques tasses, puis la vieille cafetière blanche, maintenant inutile, puisqu’Angèle ne buvait jamais de café. Elle la rangea tout en haut du bahut. Sous l’évier, elle prit quelques vieux pots à confiture vides. À quoi bon faire des confitures, elle en avait un plein buffet. Elle prit également quelques torchons, un paquet de mort-aux-rats aux trois-quarts vide, et s’en alla mettre le tout aux ordures. Il y avait bien vingt ans qu’on n’avait pas vu un rat dans la maison.

Pascal Mérigeau Quand Angèle fut seule…, 1983


J’adore ce type de lecture puisqu’on voit clairement le niveau de lecture de nos jeunes adolescents.  Pas toujours facile de comprendre la chute de ce genre de nouvelle!!!


Lire et comprendre

  1. Comme nous travaillons en parallèle le résumé, je lui demande, à chaque semaine, de me faire un court résumé de ces lectures de la semaine y compris celle-ci.
    • Il éprouve encore un peu de difficulté à bien résumer certains extraits.  Il a tendance à oublier certaines informations ou, au contraire, à en mettre beaucoup plus que ce qui est nécessaire pour bien résumer le texte.
  2. Quel est le point de vue du narrateur ?  Justifie ton choix.
  3. À quel genre appartient cette nouvelle (fantastique, réaliste, autobiographique, policier ou science-fiction).  Justifie ta réponse par deux arguments.
  4. Etc…  On fait le tour du texte sous divers aspects.

Écrire

Choisir un autre point de vue, le narrateur est au choix : Cécile, Germaine ou Angèle qui sont interrogées par la police et qui rédige son rapport.

 


QUAND ANGÈLE FUT SEULE

Les étoiles (texte)


Cette semaine, avec mon fils de secondaire 2 (4e), nous travaillons un texte d’Alphonse Daudet.

Un extrait de « Les Lettres de mon moulin ».


LES ÉTOILES.

récit d’un berger provençal

Du temps que je gardais les bêtes sur le Luberon, je restais des semaines entières sans voir âme qui vive, seul dans le pâturage avec mon chien Labri et mes ouailles. De temps en temps l’ermite du Mont-de-l’Ure passait par là pour chercher des simples ou bien j’apercevais la face noire de quelque charbonnier du Piémont ; mais c’étaient des gens naïfs, silencieux à force de solitude, ayant perdu le goût de parler et ne sachant rien de ce qui se disait en bas dans les villages et les villes. Aussi, tous les quinze jours, lorsque j’entendais, sur le chemin qui monte, les sonnailles du mulet de notre ferme m’apportant les provisions de quinzaine, et que je voyais apparaître peu à peu, au-dessus de la côte, la tête éveillée du petit miarro (garçon de ferme), ou la coiffe rousse de la vieille tante Norade, j’étais vraiment bien heureux. Je me faisais raconter les nouvelles du pays d’en bas, les baptêmes, les mariages ; mais ce qui m’intéressait surtout, c’était de savoir ce que devenait la fille de mes maîtres, notre demoiselle Stéphanette, la plus jolie qu’il y eût à dix lieues à la ronde. Sans avoir l’air d’y prendre trop d’intérêt, je m’informais si elle allait beaucoup aux fêtes, aux veillées, s’il lui venait toujours de nouveaux galants ; et à ceux qui me demanderont ce que ces choses-là pouvaient me faire, à moi pauvre berger de la montagne, je répondrai que j’avais vingt ans et que cette Stéphanette était ce que j’avais vu de plus beau dans ma vie.

Or, un dimanche que j’attendais les vivres de quinzaine, il se trouva qu’ils n’arrivèrent que très tard. Le matin je me disais : « C’est la faute de la grand’messe ; » puis, vers midi, il vint un gros orage, et je pensai que la mule n’avait pas pu se mettre en route à cause du mauvais état des chemins. Enfin, sur les trois heures, le ciel étant lavé, la montagne luisante d’eau et de soleil, j’entendis parmi l’égouttement des feuilles et le débordement des ruisseaux gonflés les sonnailles de la mule, aussi gaies, aussi alertes qu’un grand carillon de cloches un jour de Pâques. Mais ce n’était pas le petit miarro, ni la vieille Norade qui la conduisait. C’était… devinez qui !… notre demoiselle, mes enfants ! notre demoiselle en personne, assise droite entre les sacs d’osier, toute rose de l’air des montagnes et du rafraîchissement de l’orage.

Le petit était malade, tante Norade en vacances chez ses enfants. La belle Stéphanette m’apprit tout ça, en descendant de sa mule, et aussi qu’elle arrivait tard parce qu’elle s’était perdue en route ; mais à la voir si bien endimanchée, avec son ruban à fleurs, sa jupe brillante et ses dentelles, elle avait plutôt l’air de s’être attardée à quelque danse que d’avoir cherché son chemin dans les buissons. Ô la mignonne créature ! Mes yeux ne pouvaient se lasser de la regarder. Il est vrai que je ne l’avais jamais vue de si près. Quelquefois l’hiver, quand les troupeaux étaient descendus dans la plaine et que je rentrais le soir à la ferme pour souper, elle traversait la salle vivement, sans guère parler aux serviteurs, toujours parée et un peu fière… Et maintenant je l’avais là devant moi, rien que pour moi ; n’était-ce pas à en perdre la tête ?

Quand elle eut tiré les provisions du panier, Stéphanette se mit à regarder curieusement autour d’elle. Relevant un peu sa belle jupe du dimanche qui aurait pu s’abîmer, elle entra dans le parc, voulut voir le coin où je couchais, la crèche de paille avec la peau de mouton, ma grande cape accrochée au mur, ma crosse, mon fusil à pierre. Tout cela l’amusait.

— Alors c’est ici que tu vis, mon pauvre berger ? Comme tu dois t’ennuyer d’être toujours seul ! Qu’est-ce que tu fais ? À quoi penses-tu ?…

J’avais envie de répondre : « À vous, maîtresse, » et je n’aurais pas menti ; mais mon trouble était si grand que je ne pouvais pas seulement trouver une parole. Je crois bien qu’elle s’en apercevait, et que la méchante prenait plaisir à redoubler mon embarras avec ses malices :

— Et ta bonne amie, berger, est-ce qu’elle monte te voir quelquefois ?… Ça doit être bien sûr la chèvre d’or, ou cette fée Estérelle qui ne court qu’à la pointe des montagnes…

Et elle-même, en me parlant, avait bien l’air de la fée Estérelle, avec le joli rire de sa tête renversée et sa hâte de s’en aller qui faisait de sa visite une apparition.

— Adieu, berger.

— Salut, maîtresse.

Et la voilà partie, emportant ses corbeilles vides.

Lorsqu’elle disparut dans le sentier en pente, il me semblait que les cailloux, roulant sous les sabots de la mule, me tombaient un à un sur le cœur. Je les entendis longtemps, longtemps ; et jusqu’à la fin du jour je restai comme ensommeillé, n’osant bouger, de peur de faire en aller mon rêve. Vers le soir, comme le fond des vallées commençait à devenir bleu et que les bêtes se serraient en bêlant l’une contre l’autre pour rentrer au parc, j’entendis qu’on m’appelait dans la descente, et je vis paraître notre demoiselle, non plus rieuse ainsi que tout à l’heure, mais tremblante de froid, de peur, de mouillure. Il paraît qu’au bas de la côte elle avait trouvé la Sorgue grossie par la pluie d’orage, et qu’en voulant passer à toute force elle avait risqué de se noyer. Le terrible, c’est qu’à cette heure de nuit il ne fallait plus songer à retourner à la ferme ; car le chemin par la traverse, notre demoiselle n’aurait jamais su s’y retrouver toute seule, et moi je ne pouvais pas quitter le troupeau. Cette idée de passer la nuit sur la montagne la tourmentait beaucoup, surtout à cause de l’inquiétude des siens. Moi, je la rassurais de mon mieux :

— En juillet, les nuits sont courtes, maîtresse… Ce n’est qu’un mauvais moment.

Et j’allumai vite un grand feu pour sécher ses pieds et sa robe toute trempée de l’eau de la Sorgue. Ensuite j’apportai devant elle du lait, des fromageons ; mais la pauvre petite ne songeait ni à se chauffer, ni à manger, et de voir les grosses larmes qui montaient dans ses yeux, j’avais envie de pleurer, moi aussi.

Cependant la nuit était venue tout à fait. Il ne restait plus sur la crête des montagnes qu’une poussière de soleil, une vapeur de lumière du côté du couchant. Je voulus que notre demoiselle entrât se reposer dans le parc. Ayant étendu sur la paille fraîche une belle peau toute neuve, je lui souhaitai la bonne nuit, et j’allai m’asseoir dehors devant la porte… Dieu m’est témoin que, malgré le feu d’amour qui me brûlait le sang, aucune mauvaise pensée ne me vint ; rien qu’une grande fierté de songer que dans un coin du parc, tout près du troupeau curieux qui la regardait dormir, la fille de mes maîtres, — comme une brebis plus précieuse et plus blanche que toutes les autres, — reposait, confiée à ma garde. Jamais le ciel ne m’avait paru si profond, les étoiles si brillantes… Tout à coup, la claire-voie du parc s’ouvrit et la belle Stéphanette parut. Elle ne pouvait pas dormir. Les bêtes faisaient crier la paille en remuant, ou bêlaient dans leurs rêves. Elle aimait mieux venir près du feu. Voyant cela, je lui jetai ma peau de bique sur les épaules, j’activai la flamme, et nous restâmes assis l’un près de l’autre sans parler. Si vous avez jamais passé la nuit à la belle étoile, vous savez qu’à l’heure où nous dormons, un monde mystérieux s’éveille dans la solitude et le silence. Alors les sources chantent bien plus clair, les étangs allument des petites flammes. Tous les esprits de la montagne vont et viennent librement ; et il y a dans l’air des frôlements, des bruits imperceptibles, comme si l’on entendait les branches grandir, l’herbe pousser. Le jour, c’est la vie des êtres ; mais la nuit, c’est la vie des choses. Quand on n’en a pas l’habitude, ça fait peur… Aussi notre demoiselle était toute frissonnante et se serrait contre moi au moindre bruit. Une fois, un cri long, mélancolique, parti de l’étang qui luisait plus bas, monta vers nous en ondulant. Au même instant une belle étoile filante glissa par-dessus nos têtes dans la même direction, comme si cette plainte que nous venions d’entendre portait une lumière avec elle.

— Qu’est-ce que c’est ? me demanda Stéphanette à voix basse.

— Une âme qui entre en paradis, maîtresse ; et je fis le signe de la croix.

Elle se signa aussi, et resta un moment la tête en l’air, très recueillie. Puis elle me dit :

— C’est donc vrai, berger, que vous êtes sorciers, vous autres ?

— Nullement, notre demoiselle. Mais ici nous vivons plus près des étoiles, et nous savons ce qui s’y passe mieux que des gens de la plaine.

Elle regardait toujours en haut, la tête appuyée dans la main, entourée de la peau de mouton comme un petit pâtre céleste :

— Qu’il y en a ! Que c’est beau ! Jamais je n’en avais tant vu… Est-ce que tu sais leurs noms, berger ?

— Mais oui, maîtresse… Tenez ! juste au-dessus de nous, voilà le Chemin de saint Jacques (la voie lactée). Il va de France droit sur l’Espagne. C’est saint Jacques de Galice qui l’a tracé pour montrer sa route au brave Charlemagne lorsqu’il faisait la guerre aux Sarrasins. Plus loin, vous avez le Char des âmes (la grande Ourse) avec ses quatre essieux resplendissants. Les trois étoiles qui vont devant sont les Trois bêtes, et cette toute petite contre la troisième c’est le Charretier. Voyez-vous tout autour cette pluie d’étoiles qui tombent ? ce sont les âmes dont le bon Dieu ne veut pas chez lui… Un peu plus bas, voici le Râteau ou les Trois rois (Orion). C’est ce qui nous sert d’horloge, à nous autres. Rien qu’en les regardant, je sais maintenant qu’il est minuit passé. Un peu plus bas, toujours vers le midi, brille Jean de Milan, le flambeau des astres (Sirius). Sur cette étoile-là, voici ce que les bergers racontent. Il paraît qu’une nuit Jean de Milan, avec les Trois rois et la Poussinière (la Pléiade), furent invités à la noce d’une étoile de leurs amies. La Poussinière, plus pressée, partit, dit-on, la première, et prit le chemin haut. Regardez-la, là-haut, tout au fond du ciel. Les Trois rois coupèrent plus bas et la rattrapèrent ; mais ce paresseux de Jean de Milan, qui avait dormi trop tard, resta tout à fait derrière, et furieux, pour les arrêter, leur jeta son bâton. C’est pourquoi les Trois rois s’appellent aussi le Bâton de Jean de Milan… Mais la plus belle de toutes les étoiles, maîtresse, c’est la nôtre, c’est l’Étoile du berger, qui nous éclaire à l’aube quand nous sortons le troupeau, et aussi le soir quand nous le rentrons. Nous la nommons encore Maguelonne, la belle Maguelonne qui court après Pierre de Provence (Saturne) et se marie avec lui tous les sept ans.

— Comment ! berger, il y a donc des mariages d’étoiles ?

— Mais oui, maîtresse.

Et comme j’essayais de lui expliquer ce que c’était que ces mariages, je sentis quelque chose de frais et de fin peser légèrement sur mon épaule. C’était sa tête alourdie de sommeil qui s’appuyait contre moi avec un joli froissement de rubans, de dentelles et de cheveux ondés. Elle resta ainsi sans bouger jusqu’au moment où les astres du ciel pâlirent, effacés par le jour qui montait. Moi, je la regardais dormir, un peu troublé au fond de mon être, mais saintement protégé par cette claire nuit qui ne m’a jamais donné que de belles pensées. Autour de nous, les étoiles continuaient leur marche silencieuse, dociles comme un grand troupeau ; et par moments je me figurais qu’une de ces étoiles, la plus fine, la plus brillante, ayant perdu sa route, était venue se poser sur mon épaule pour dormir…

Alphonse Daudet, Lettres de mon moulin


 

Pour celles qui voudraient le lire ou le proposer en classe :

daudet_livre

le texte débute à la page 33


Notre travail sur le texte :

  • Le vocabulaire ( et un peu de géographie! ) pas si simple pour un jeune du Canada qui ne connaît pas ce coin de pays (la Sorgue, la Galice, le midi, etc…)
  • Schéma du récit
  • Analyse des personnages
  • Le sens du récit
  • L’intérêt du texte
  • L’auteur et le narrateur
  • Le point de vue
  • La chronologie du texte
  • Qu’est-ce que le texte nous rapporte sur la vie en Provence au XIXe siècle et sur les relations entre les hommes et les femmes de l’époque?
  • L’évolution de la situation de Stéphanette et du berger.

On pourrait le travailler sous plusieurs angles!!!