Catégorie : Français secondaire 1 (5e)

Lyra Belacqua (texte)


Cette semaine, on fait un petit détour dans un roman que j’adore : « Les royaumes du Nord» de Philip Pullman.

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Lyra n’hésita pas un instant. Pantalaimon bondit vers la porte ; elle s’élança à sa suite et s’enfuit à toutes jambes, courant plus vite qu’elle n’avait jamais couru de sa vie.
— L’alarme d’incendie ! s’écria Pantalaimon, qui volait devant elle.
Apercevant un boîtier rouge à l’entrée du couloir suivant, elle brisa la glace d’un coup de poing et se remit à courir en direction des dortoirs. Elle déclencha une deuxième alarme, puis une troisième ; les gens commençaient à sortir dans les couloirs, cherchant à apercevoir les flammes.
Alors que Lyra arrivait près des cuisines, Pantalaimon lui souffla une idée.  Elle se précipita. En quelques secondes, elle avait ouvert tous les robinets de gaz et jeté une allumette enflammée près du brûleur le plus proche.  Après quoi, elle tendit le bras
pour attraper un sac de farine sur une étagère et le lança de toutes ses forces sur le coin de la table pour le faire éclater et remplir l’air de poudre blanche, car elle avait entendu dire que la farine explose quand on l’approche d’une flamme.
Puis elle ressortit à toute vitesse et fonça vers son dortoir. Les couloirs étaient maintenant envahis d’enfants courant dans tous les sens, au comble de l’excitation, car le mot «évasion » s’était répandu. Les plus âgés se dirigeaient vers les débarras où étaient rangés les vêtements, guidant les plus jeunes. Les adultes essayaient de contrôler les opérations, mais aucun d’entre eux ne savait ce qui se passait. Dans tous les coins, ce n’était que cris, pleurs, rires et bousculades.
Au milieu de ce chaos, Lyra et Pantalaimon continuaient à foncer vers le dortoir en se faufilant comme des anguilles, et juste au moment où ils atteignaient leur but, une explosion sourde ébranla tout le bâtiment.  Le dortoir était désert. Lyra traîna le placard métallique dans le coin, l’escalada, récupéra les fourrures derrière le faux plafond, et palpa l’épaisseur de son parka. L’aléthiomètre était toujours là. Elle s’habilla en hâte, en prenant soin de rabattre sa capuche sur sa tête. Pantalaimon qui
faisait le guet à la porte, trans formé en moineau, lui lança :
— C’est bon !
Lyra se précipita hors du dortoir. Par chance, un groupe d’enfants qui avaient déjà récupéré des vêtements chauds fonçaient dans le couloir en direction de la porte principale, et elle se joignit à eux, en nage , le cœur battant à tout rompre, et sachant qu’elle n’avait pas le choix : c’était fuir ou mourir.
Hélas, la voie était bloquée. Le feu dans les cuisines s’était rapidement propagé, et quelque chose avait provoqué l’effondrement d’une partie du toit. Certaines personnes escaladaient les poutres et les étançons pour accéder à l’air glacial et mordant. L’odeur de gaz s’était accentuée. Une seconde explosion se produisit, plus forte que la précédente, plus proche aussi. La détonation projeta à terre plusieurs
enfants ; les cris de terreur et de douleur envahirent tout l’espace.
Lyra lutta pour escalader les décombres et, grâce à Pantalaimon qui lui criait : « Par ici ! » ou : « Par là ! », au milieu des cris et des battements d’ailes des autres daemons, elle parvint à se hisser jusqu’au toit béant.  L’air qu’elle respirait était gelé, et elle espérait que tous les enfants avaient réussi à récupérer leurs vêtements chauds, car à quoi bon s’enfuir de la Station si c’était pour mourir de froid ensuite ?

Un véritable incendie avait commencé à se propager. En prenant pied sur le toit, sous le ciel noir et étoile, Lyra vit les flammes lécher les bords d’un immense trou sur le côté du bâtiment. Des enfants et des adultes étaient massés près de l’entrée principale, mais les adultes paraissaient maintenant plus nerveux et les enfants plus effrayés.
—Roger ! Roger ! Où es-tu ? hurla Lyra, et Pantalaimon, le regard perçant comme une chouette, lui cria qu’il venait de le voir.
Quelques secondes plus tard, ils se retrouvaient.
—Dis à tous les enfants de venir avec moi ! cria Lyra dans l’oreille de Roger.
—Impossible… ils sont trop paniqués.
—Explique-leur ce qu’ils font aux enfants qui disparaissent ! Ils leur arrachent leur daemon avec un grand couteau ! Raconte-leur ce que tu as vu cet après-midi, tous les daemons qu’on a libérés ! Explique-leur ce qui va leur arriver s’ils ne s’enfuient pas !
Roger demeura bouche bée, horrifié, mais il se ressaisit rapidement et se précipita vers le groupe d’enfants le plus proche. Lyra se chargea d’un autre groupe, et à mesure que le message circulait, des enfants éclataient en sanglots en serrant leur daemon contre eux.
— Venez tous avec moi ! leur cria Lyra. Les secours vont arriver ! Nous devons partir d’ici ! Faites vite !
Les enfants s’élancèrent dans le plus grand désordre en direction de l’avenue de lumières ; leurs bottes faisaient crisser la neige dure.  (…)
Philip Pullman «Les royaumes du Nord»
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Un extrait.  Lyra Belacqua (Philip Pullman)

Un extrait du roman «Les royaumes du Nord» p.350-352

Lyra Belacqua_Philip Pullman

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Travail sur le texte

On relève dans le texte des phrases qui montrent que :

  • Lyra est courageuse et pleine de ressources.
  • Lyra prend des décisions rapidement.
  • L’altruisme de Lyra

Champ lexical du feu, du froid.

En fait, on relève les qualité ou les caractéristiques qui font de Lyra une héroïne.

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Sherlock Holmes (extrait)


Nous débutons (depuis la semaine dernière) une séquence de travail sur l’étude des personnages.  Après avoir analysé deux textes très différents, nous entrons dans l’univers de M. Holmes pour découvrir un personnage assez particulier.

Voici l’extrait à lire :

Chapitre premier

M. Sherlock Holmes

En 1878, reçu médecin à l’Université de Londres, je me rendis à Netley pour suivre les cours prescrits aux chirurgiens de l’armée ; et là, je complétai mes études. On me désigna ensuite, comme aide-major, pour le 5e régiment de fusiliers de Northumberland en garnison aux Indes.

Avant que j’eusse pu le rejoindre, la seconde guerre d’Afghanistan avait éclaté. En débarquant à Bombay, j’appris que mon corps d’armée s’était engagé dans les défilés ; il avait même poussé très avant en territoire ennemi. A l’exemple de plusieurs autres officiers dans mon cas, je partis à sa poursuite aussitôt ; et je parvins sans encombre à Kandahar, où il stationnait. J’entrai immédiatement en fonctions.

Si la campagne procura des décorations et de l’avancement à certains, à moi elle n’apporta que déboires et malheurs. On me détacha de ma brigade pour m’adjoindre au régiment de Berkshire ; ainsi je participai à la fatale bataille de Maiwand. Une balle m’atteignit à l’épaule ; elle me fracassa l’os et frôla l’artère sous-clavière. Je n’échappai aux sanguinaires Ghazis que par le dévouement et le courage de mon ordonnance Murray : il me jeta en travers d’un cheval de bât et put me ramener dans nos lignes.

Épuisé par les souffrances et les privations. Je fus dirigé, avec un convoi de nombreux blessés, sur l’hôpital de Peshawar. Bientôt, j’entrai en convalescence ; je me promenais déjà dans les salles, et même j’allais me chauffer au soleil sous la véranda, quand la fièvre entérique me terrassa : c’est le fléau de nos colonies indiennes. Des mois durant, on désespéra de moi. Enfin je revins à la vie. Mais j’étais si faible, tellement amaigri, qu’une commission médicale décida mon rapatriement immédiat. Je m’embarquai sur le transport Oronte et, un mois plus tard, je posai le pied sur la jetée de Portsmouth. Ma santé était irrémédiablement perdue. Toutefois, un gouvernement paternel m’octroya neuf mois pour l’améliorer.

Je n’avais en Angleterre ni parents ni amis : j’étais aussi libre que l’air – autant, du moins, qu’on peut l’être avec un revenu quotidien de neuf shillings et six pence ! Naturellement, je me dirigeai vers Londres, ce grand cloaque où se déversent irrésistiblement tous les flâneurs et tous les paresseux de l’Empire. Pendant quelque temps, je menai dans un hôtel privé du Strand une existence sans but et sans confort ; je dépensais très libéralement. A la fin, ma situation pécuniaire m’alarma. Je me vis en face de l’alternative suivante : ou me retirer quelque part à la campagne, ou changer du tout au tout mon train de vie. C’est à ce dernier parti que je m’arrêtai ; et, pour commencer, je résolus de quitter l’hôtel pour m’établir dans un endroit moins fashionable et moins coûteux.

Le jour où j’avais mûri cette grande décision, j’étais allé prendre un verre au Criterion Bar ; quelqu’un me toucha l’épaule. Je reconnus l’ex-infirmier Stamford, que j’avais eu sous mes ordres à Barts. Pour un homme réduit à la solitude, c’était vraiment une chose agréable que l’apparition d’un visage familier. Auparavant Stamford n’avait jamais été un réel ami, mais, ce jour-là, je l’accueillis avec chaleur, et lui, parallèlement, parut enchanté de la rencontre. Dans l’exubérance de ma joie, je l’invitai à déjeuner au Holborn ; nous partîmes ensemble en fiacre.

« A quoi avez-vous donc passé le temps, Watson ? me demanda-t-il sans dissimuler son étonnement, tandis que nous roulions avec une bruit de ferraille à travers les rues encombrées de Londres. Vous êtes aussi mince qu’une latte et aussi brun qu’une noix ! »

Je lui racontai brièvement mes aventures.

« Pauvre diable ! fit-il avec compassion, après avoir écouté mon récit. Qu’est-ce que vous vous proposez de faire maintenant ?

– Chercher un appartement, répondis-je. Peut-on se loger confortablement à bon marché ?

– Voilà qui est étrange, dit mon compagnon. Vous êtes le second aujourd’hui à me poser cette question.

– Qui était le premier ?

– Un type qui travaille à l’hôpital, au laboratoire de chimie. Ce matin, il se plaignait de ne pas pouvoir trouver avec qui partager un bel appartement qu’il a déniché : il est trop cher pour lui seul.

– Par Jupiter ! m’écriai-je. S’il cherche un colocataire, je suis son homme. La solitude me pèse, à la fin ! »

Le jeune Stamford me regarda d’un air assez bizarre par-dessus son verre de vin.

« Si vous connaissiez Sherlock Holmes, dit-il, vous n’aimeriez peut-être pas l’avoir pour compagnon.

– Pourquoi ? Vous avez quelque chose à dire contre lui ?

– Oh ! non. Seulement, il a des idées spéciales… Il s’est entiché de certaines sciences… Autant que j’en puisse juger, c’est un assez bon type.

– Il étudie la médecine, je suppose.

– Non. Je n’ai aucune idée de ce qu’il fabrique. Je le crois ferré à glace sur le chapitre de l’anatomie, et c’est un chimiste de premier ordre ; mais je ne pense pas qu’il ait jamais réellement suivi des cours de médecine. Il a fait des études décousues et excentriques ; en revanche, il a amassé un tas de connaissances rares qui étonneraient les professeurs !

– Qu’est-ce qui l’amène au laboratoire ? Vous ne lui avez jamais posé la question ?

– Non, il n’est pas facile de lui arracher une confidence… Quoique, à ses heures, il soit assez expansif.

– J’aimerais faire sa connaissance, dis-je. Tant mieux s’il a des habitudes studieuses et tranquilles : je pourrai partager avec lui l’appartement. Dans mon cas, le bruit et la surexcitation sont contre-indiqués : j’en ai eu ma bonne part en Afghanistan ! Où pourrais-je trouver votre ami ?

– Il est sûrement au laboratoire, répondit mon compagnon, tantôt il fuit ce lieu pendant des semaines, tantôt il y travaille du matin au soir. Si vous voulez, nous irons le voir après déjeuner.

– Volontiers », répondis-je.

La conversation roula ensuite sur d’autres sujets.

Du Holborn, nous nous rendîmes à l’hôpital. Chemin faisant. Stamford me fournit encore quelques renseignements.

« Si vous ne vous accordez pas avec lui, il ne faudra pas m’en vouloir, dit-il. Tout ce que je sais à son sujet, c’est ce que des rencontres fortuites au laboratoire ont pu m’apprendre. Mais puisque vous m’avez proposé l’arrangement, vous n’aurez pas à m’en tenir responsable.

– Si nous ne nous convenons pas, nous nous séparerons, voilà tout ! Pour vouloir dégager comme ça votre responsabilité, Stamford, ajoutai-je en le regardant fixement, vous devez avoir une raison. Laquelle ? L’humeur du type ? Est-elle si terrible ? Parlez franchement.

– Il n’est pas facile d’exprimer l’inexprimable ! répondit-il en riant. Holmes est un peu trop scientifique pour moi, – cela frise l’insensibilité ! Il administrerait à un ami une petite pincée de l’alcaloïde le plus récent, non pas, bien entendu, par malveillance, mais simplement par esprit scientifique, pour connaître exactement les effets du poison ! Soyons juste ; il en absorberait lui-même, toujours dans l’intérêt de la science ! Voilà sa marotte : une science exacte, précise.

– Il y en a de pires, non ?

– Oui, mais la sienne lui fait parfois pousser les choses un peu loin… quand, par exemple, il bat dans les salles de dissection, les cadavres à coups de canne, vous avouerez qu’elle se manifeste d’une manière pour le moins bizarre !

– Il bat les cadavres ?

– Oui, pour vérifier si on peut leur faire des bleus ! Je l’ai vu, de mes yeux vu.

– Et vous dites après cela qu’il n’étudie pas la médecine ?

– Dieu sait quel est l’objet de ses recherches ! Nous voici arrivés, jugez l’homme par vous-même. »

Comme il parlait, nous enfilâmes un passage étroit et nous pénétrâmes par une petite porte latérale dans une aile du grand hôpital. Là, j’étais sur mon terrain : pas besoin de guide pour monter le morne escalier de pierre et franchir le long corridor offrant sa perspective de murs blanchis à la chaux et de portes peintes en marron foncé. A l’extrémité du corridor un couloir bas et voûté conduisait au laboratoire de chimie.

C’était une pièce haute de plafond, encombrée d’innombrables bouteilles. Çà et là se dressaient des tables larges et peu élevées, toutes hérissées de cornues, d’éprouvettes et de petites lampes Bunsen à flamme bleue vacillante. La seule personne qui s’y trouvait, courbée sur une table éloignée, paraissait absorbée par son travail. En entendant le bruit de nos pas, l’homme jeta un regard autour de lui. Il se releva d’un bond en poussant une exclamation de joie :

« Je l’ai trouvé ! Je l’ai trouvé ! cria-t-il à mon compagnon en accourant, une éprouvette à la main. J’ai trouvé un réactif qui ne peut être précipité que par l’hémoglobine ! »

Sa physionomie n’aurait pas exprimé plus de ravissement s’il avait découvert une mine d’or.

« Docteur Watson, M. Sherlock Holmes, dit Stamford en nous présentant l’un à l’autre.

– Comment allez-vous ? » dit-il cordialement

Il me serra la main avec une vigueur dont je ne l’aurais pas cru capable.

« Vous avez été en Afghanistan, à ce que je vois !

– Comment diable le savez-vous ? demandai-je avec étonnement.

– Ah çà !… »

Il rit en lui-même.

« La question du jour, reprit-il, c’est l’hémoglobine ! Vous comprenez sans doute l’importance de ma découverte ?

– Au point de vue chimique, oui, répondis-je, mais au point de vue pratique…

– Mais, cher monsieur, c’est la découverte médico-légale la plus utile qu’on ait faite depuis des années ! Ne voyez-vous pas qu’elle nous permettra de déceler infailliblement les taches de sang ? Venez par ici ! »

Dans son ardeur, il me prit par la manche et m’entraîna vers sa table de travail.

« Prenons un peu de sang frais, dit-il. (Il planta dans son doigt un long poinçon et recueillit au moyen d’une pipette le sang de la piqûre.) Maintenant j’ajoute cette petite quantité de sang à un litre d’eau. Le mélange qui en résulte, a, comme vous voyez, l’apparence de l’eau pure. La proportion du sang ne doit pas être de plus d’un millionième. Je ne doute pas cependant d’obtenir la réaction caractéristique. »

Tout en parlant, il jeta quelques cristaux blancs ; puis il versa quelques gouttes d’un liquide incolore. Aussitôt le composé prit une teinte d’acajou sombre ; en même temps, une poussière brunâtre se déposa.

« Ah ! ah ! s’exclama-t-il en battant des mains, heureux comme un enfant avec un nouveau jouet. Que pensez-vous de cela ?

– Cela me semble une expérience délicate, répondis-je.

– Magnifique ! Magnifique ! L’ancienne expérience par le gaïacol était grossière et peu sûre. De même, l’examen au microscope des globules du sang : il ne sert à rien si les taches de sang sont vieilles de quelques heures. Or, que le sang soit vieux ou non, mon procédé s’applique. Si on l’avait inventé plus tôt, des centaines d’hommes actuellement en liberté de par le monde auraient depuis longtemps subi le châtiment de leurs crimes.

– En effet ! murmurai-je.

– Toutes les causes criminelles roulent là-dessus. Mettons que l’on soupçonne un homme d’un crime commis il y a plusieurs mois ; on examine son linge et ses vêtements et on y décèle des taches brunâtres. Mais voilà : est-ce qu’il s’agit de sang, de boue, de rouille ou de fruits ? Cette question a embarrassé plus d’un expert, et pour cause. Avec le procédé Sherlock Holmes, plus de problème ! »

Au cours de cette tirade, ses yeux avaient jeté des étincelles ; il termina, la main sur le cœur, et s’inclina comme pour répondre aux applaudissements d’une foule imaginaire.

« Mes félicitations ! dis-je étonné de son enthousiasme.

– Prenez le procès de von Bischoff à Francfort, l’année dernière, reprit-il. A coup sûr, il aurait été pendu si l’on avait connu ce réactif. Il y a eu aussi Mason de Bradford, et le fameux Muller, et Lefèvre de Montpellier et Samson de La Nouvelle-Orléans. Je pourrais citer vingt cas où mon test aurait été probant.

– Vous êtes les annales ambulantes du crime ! lança Stamford en éclatant de rire. Vous devriez fonder un journal : Les Nouvelles policières du Passé !

– Cela serait d’une lecture très profitable », dit Sherlock Holmes en collant un petit morceau de taffetas gommé sur la piqûre de son doigt.

Se tournant vers moi, avec un sourire, il ajouta :

« Il faut que je prenne des précautions, car je tripote pas mal de poisons ! »

Il exhiba sa main ; elle était mouchetée de petits morceaux de taffetas et brûlée un peu partout par des acides puissants.

« Nous sommes venus pour affaires », dit Stamford.

Il s’assit sur un tabouret et il en poussa un autre vers moi.

« Mon ami, ici présent, cherche un logis. Comme vous n’avez pas encore trouvé de personne avec qui partager l’appartement, j’ai cru bon de vous mettre en rapport. »

Sherlock Holmes parut enchanté.

« J’ai l’œil sur un appartement dans Baker Street, dit-il. Cela ferait très bien notre affaire. L’odeur du tabac fort ne vous incommode pas, j’espère ?

– Je fume moi-même le « ship », répondis-je.

– Un bon point pour vous. Je suis toujours entouré de produits chimiques ; et, à l’occasion, je fais des expériences. Cela non plus ne vous gêne pas ?

– Pas du tout.

– Voyons : quels sont mes autres défauts ? Ah ! oui, de temps à autre, j’ai le cafard ; je reste plusieurs jours de suite sans ouvrir la bouche. Il ne faudra pas croire alors que je vous boude. Cela passera si vous me laissez tranquille. A votre tour, maintenant. Qu’est-ce que vous avez à avouer ? Il vaut mieux que deux types qui envisagent de vivre en commun connaissent d’avance le pire l’un de l’autre ! »

L’idée d’être à mon tour sur la sellette m’amusa.

« J’ai un petit bouledogue, dis-je. Je suis anti-bruit parce que mes nerfs sont ébranlés. Je me lève à des heures impossibles et je suis très paresseux. En bonne santé, j’ai bien d’autres vices ; mais, pour le moment, ceux que je viens d’énumérer sont les principaux.

– Faites-vous entrer le violon dans la catégorie des bruits fâcheux ? demanda-t-il avec anxiété.

– Cela dépend de l’exécutant, répondis-je. Un morceau bien exécuté est un régal divin, mais, s’il l’est mal !…

– Allons, ça ira ! s’écria-t-il en riant de bon cœur. C’est une affaire faite – si, bien entendu, l’appartement vous plaît.

– Quand le visiterons-nous ?

– Venez me prendre demain midi. Nous irons tout régler ensemble.

– C’est entendu, dis-je, en lui serrant la main. A midi précis. »

Stamford et moi, nous le laissâmes au milieu de ses produits chimiques et nous marchâmes vers mon hôtel. Je m’arrêtai soudain, et, tourné vers lui :

« A propos, demandai-je, à quoi diable a-t-il vu que je revenais de l’Afghanistan ? »

Mon compagnon eut un sourire énigmatique.

« Voilà justement sa petite originalité, dit-il. Il a un don de divination extraordinaire. Plusieurs ont cherché sans succès à se l’expliquer.

– Oh ! un mystère ? A la bonne heure ! dis-je en me frottant les mains. C’est très piquant. Je vous sais gré de nous avoir mis en rapport. L’étude de l’homme est, comme vous le savez, le propre de l’homme.

– Alors, étudiez-le ! dit Stamford en prenant congé de moi. Mais vous trouverez le problème épineux !… Je parie qu’il en apprendra plus sur vous que vous n’en apprendrez sur lui. Au plaisir, Watson !

– Au plaisir ! » répondis-je.

Je déambulai vers mon hôtel, fort intrigué par ma nouvelle relation.

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Si cela vous intéresse, voici ce premier chapitre :  «Une étude en rouge» chapitre 1

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Notre travail sur le texte

Nous faisons l’étude du personnage ( son physique, personnalité, traits de caractère, aptitudes, etc. ) en relevant des citations pour appuyer les informations recueillies.

Pour terminer le travail, je lui demande de me décrire le détective en une centaine de mots (ou plus) en s’appuyant sur ce qu’il aura relevé préalablement.

Petit travail pas trop long mais j’aimerais bien que le portrait qu’il en fait soit représentatif.

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35 kilos d’espoir (Anna Gavalda)


Le petit roman à l’étude cette semaine :

« Tout ce qui se passe à l’école, c’est comme si c’était du chinois pour moi. Ça rentre par une oreille et ça ressort de l’autre.  »
Grégoire déteste tellement l’école qu’en sixième, il a déjà redoublé deux fois. Le seul endroit qu’il aime, son refuge, c’est le cabanon de son grand-père Léon, avec qui il passe des heures à bricoler. Pourtant, quand Grégoire est renvoyé du collège, cette fois, Léon est furieux. Il renonce à consoler son petit-fils et lui refuse sa protection.  Il est peut-être temps pour Grégoire d’accepter de grandir…


Mon manuel de français (TEXTO de Averbode) propose l’étude de l’œuvre complète.  Comme j’aime bien avoir un document à insérer dans le portfolio de l’enfant, j’ai préparé ce document à imprimer.

35 kilos d’espoir

corrigé_35 kilos d’espoir

Source :


 

Le petit violon (théâtre)


Voici ce qu’on explore cette semaine en secondaire 1.

 

Léo, le camelot, est seul dans sa roulotte et découvre le secret du bonheur : avoir un enfant. La petite fille sourde rencontrée au cirque univers le rend quelque temps heureux, mais il songe à son éducation. Il la confie au pédagogue. Sarah grandit et revient au cirque, tombe amoureuse du jeune homme et, bien sûr, elle part vivre sa vie. Léo est seul à nouveau, et  » ainsi va la vie « .


Ce petit vidéo résume bien la pièce je trouve


On retrouve sur le net, le tapuscrit : Le petit violon_Jean-Claude Grumberg


Nous, on l’explore sous un angle un peu inattendu : les difficultés de la communication.


Compréhension de lecture


Voici des épreuves de compréhension de lecture.  Elles sont principalement pour des élèves qui éprouvent des difficultés avec la lecture.  Par contre, quelle belle idée de les utiliser pour vérifier si nos enfants saisissent bien le sens des questions posées et comment y répondre adéquatement.

Les exercices sont proposés par une équipe de chercheuses à l’UQAM:

Cliquer ici pour vous rendre sur leur site.

Ce que j’aime particulièrement de ces évaluations c’est le corrigé qui les accompagne.   On propose, dans le corrigé, les «bonnes réponses» et celles qui devraient être «rejetées» en mentionnant pourquoi elles devraient l’être.  Cela permet de mieux comprendre ce que nos enfants n’arrivent pas à saisir dans la question posée.

Je sais que plusieurs mamans éprouvent de la difficulté à bien évaluer les réponses de leurs enfants… c’est un moyen de s’entraîner!


Plusieurs niveaux de disponible sur le site :

Les types de textes au secondaire


Je réponds à une question :

«Il me semble avoir lu à quelque part sur ton blogue qu’il y a différents types de textes à travailler selon le niveau.  Tu peux les mentionner?»

 

Secondaire 1 :

  • Le texte descriptif
  • Le texte justificatif
  • Le texte narratif
  • Le texte poétique

Secondaire 2 :

  • Le texte descriptif
  • Le texte justificatif
  • Le texte narratif
  • Le texte poétique

Secondaire 3:

  • Le texte descriptif
  • Le texte explicatif
  • Le texte narratif
  • Le texte poétique

Pour ceux qui font l’examen de français : texte descriptif

Secondaire 4 :

  • Le texte descriptif
  • Le texte argumentatif
  • Le texte narratif
  • Le texte théâtral
  • le texte poétique

Pour ceux qui font l’examen de français (DES) : texte argumentatif –  texte d’opinion

Secondaire 5 :

  • Le texte argumentatif
  • Le texte narratif
  • Le texte poétique

Pour ceux qui font l’examen de français (DES) : texte argumentatif – lettre ouverte

Il est important de se rappeler que même si un type de texte est étudié à chaque niveau, l’angle de travail est différent.

Prochaine semaine : travail sur le texte


Fils-3 (secondaire 1-5e)

Comme l’année file à vive allure…  février déjà…  je dois me concentrer sur quelques notions importantes à voir avant la fin de l’année.  À ma présentation du portfolio, en juin, on s’attend à ce que certaines choses soient vues…  ce qui n’est pas encore le cas dans tous les types de texte.

Cette semaine, je reviens sur la narration et plus particulièrement sur le type de narrateur et les marques de l’énonciation.  Il me semble qu’il connaît déjà tout ça…  mais…  je sais qu’il éprouve parfois de la difficulté à bien cerner le narrateur omniscient.

Je n’ai pas cherché longtemps pour mes textes à travailler…  j’utilise trois très courts extraits proposés par un cahier québécois (MisÀjour français de HRW)  Je ne veux pas y passer des heures…

  • Premier extrait : Nuit noire (Carole Tremblay)
  • Deuxième extrait : En été de Jade (Charlotte Gingras)
  • Troisième extrait : La route de Chlifa (Michèle Marineau)

Quelqu’un a mis le dossier sur la narration sur le net : CLIQUER ICI

 

Fils-4 (5e année/CM2)

Après plusieurs jours sur le Moyen âge…  nous lirons sur nos origines.

  • Premier texte : Qui sont nos ancêtres de la préhistoire?
  • Deuxième texte : Les débuts de la vie sur la Terre
  • Troisième texte : Bébé en devenir

Les trois textes sont proposés par un manuel scolaire québécois «Signet B de ERPI»  un manuel que mon fils-4 aime particulièrement depuis quelques semaines.  J’ai décidé de travailler quelques temps avec ce manuel puisqu’il s’y sent à l’aise et l’apprécie.

Lectures supplémentaires

Naturellement…  vous me connaissez, je bonifie ce choix d’extraits avec des lectures que je puise ici et là dans mes vieux manuels puisque j’aime davantage ce type de manuel de travail.

Mon fils-3 (secondaire 1/5e)

Le miracle du froid et du chaud de Henry Bordeaux

Il poursuit aussi la lecture de son roman « Percy Jackson»

 

Mon fils-4 (5e année/CM2)

Comment la baleine perdit ses pieds de Pierre Mille

Je réponds / ma semaine en français


On me demande : «J’ai vraiment adoré lire ton exemple de planification en français pour ton fils de secondaire 1.  Ça m’aide beaucoup à mieux savoir quoi faire avec ma fille.  Si tu as le temps, peux-tu en mettre une autre semaine?»

Ça me fait plaisir de le faire.

Français – texte et écriture

Cette semaine, je travaille principalement à partir d’un vieux manuel pour l’étude de texte, le vocabulaire, l’orthographe et les situations d’écriture.

Comme je n’ai pas le manuel que j’utilise cette semaine et que j’aime bien avoir des feuilles qui contiennent les endroits où répondre aux questions, j’ai préparé un document entier qui regroupe le travail que je prévois faire cette semaine.

Voici mon document de travail : Thème 11 _ les animaux domestiques

Ce document contient 3 courtes situations d’écriture.  C’est beaucoup…  mais c’est tellement efficace comme travail.

 

Français – lectures supplémentaires

Théophile de Banville : les lapins (poésie)

Un extrait de «Black Beauty» de Anna Sewell ( manuel scolaire québécois)

 

Français – dictée

Le petit cochon était charmant, tout rose, le groin lavé par les eaux grasses, avec le cercle de crasse que son continuel barbotement dans l’auge lui laissait près des yeux.  Il frottait, bousculant les poules, accourant pour leur manger ce qu’on leur jetait, emplissant l’étroite cour de ses détours brusques.  Ses oreilles battaient sur ses yeux, son groin ronflait à terre ; il ressemblait avec ses pattes minces à une bête à roulettes.  Et par-derrière, sa queue avait l’air d’une ficelle qui servait à l’accrocher.

*** Je divise cette dictée en 5 jours…  j’en donne un bout chaque jour.

 

Français – étude de la langue

Il n’a pas tout à fait terminé : La fonction sujet.

On verra pour la suite.

 

Orthographe (vieux manuel) en duo avec mon dernier

Cette semaine : E devant une consonne double ou devant un X

  • exemple?  exemple, excepté, etc…  on ne met pas d’accent sur le «e»
  • exemple?  essayer, effrayer, etc…  on ne met pas d’accent sur le «e»

***Si j’ai le temps, je placerai ma feuille dans les prochains jours.

 

Ma semaine en français devrait ressembler à ça.  J’espère que cela vous aidera un peu.

 

Je réponds / planification


J’ai reçu la même question 3 fois en fin de semaine…  j’en profite pour vous donner un exemple.

«Peux-tu, si tu as le temps, nous donner un exemple de ce que tu feras cette semaine en français avec ton fils de secondaire 1.  J’aimerais me faire une idée du genre de travail que tu proposes dans cette matière et m’ajuster pour ma fille.  Merci »

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Français – travail sur le texte

**Nous travaillons le portrait cette semaine.

  1. Premier texte : Un extrait de «Anne…  La maison aux pignons verts»
  2. Second texte : Le charmeur de serpents
  3. ***Troisième texte: Quelques extraits de «Une étude en rouge» de Sir Arthur Conan Doyle  ( on verra si le temps le permet, sinon il prendra place la semaine prochaine)

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Français – Étude la langue

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Français – Vocabulaire

  • Exercices de vocabulaire sur un thème (avec mon plus jeune) : CLIQUER ICI
  • Avant d’écrire…  Apprenez à penser! : CLIQUER ICI
  • Dictée d’une-deux phrases tous les matins.

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Français – Écriture

  • Le charmeur de serpents p.11-15
  • Après la lecture de son extrait de «Anne…  La maison aux pignons verts » :  il doit «réagir» sur l’attitude d’Anne.  Lui donne-t-il raison d’avoir réagi de cette façon?  Il doit expliquer sa réponse en établissant des liens entre ce qu’il a lu et ce qu’il en pense.

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Français – lectures supplémentaires

Il est en train de lire :

Depuis des années, Sophie sait qu’elle n’est pas comme tout le monde. Elle se sent à part à l’école, où elle n’a pas besoin d’écouter les cours pour comprendre. La raison ? Elle est dotée d’une mémoire photographique… Mais ce n’est pas tout : ce qu’elle n’a jamais révélé à personne, c’est qu’elle entend penser les autres comme s’ils lui parlaient à voix haute. Un casque vissé sur la tête pour empêcher ce bruit de fond permanent de la rendre folle, elle se promène un matin avec sa classe au musée d’Histoire naturelle quand un étrange garçon l’aborde. Dès cet instant, la vie qu’elle connaissait est terminée : elle n’est pas humaine et doit abandonner son existence entière pour rejoindre un autre univers, qu’elle a quitté douze ans plus tôt. L’y attendent une pléiade de nouveaux condisciples, amis et ennemis, et une question obsédante : qui est-elle ? Pourquoi l’a-t-on cachée dans le monde des humains ? Pourquoi n’a-t-elle que des souvenirs partiels de son passé ?

 

Je le mentionne car il a presque terminé de le lire et il devra m’en faire une narration écrite ensuite.  Je lui demande de me faire le portrait d’un personnage du roman.  Je ne m’attends pas à voir un portrait physique, mais bien le portrait global du personnage : caractéristiques physiques, traits de caractère, personnalité, habitudes, rôles dans l’histoire, etc…

 

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Il ne faut pas oublier que ce n’est qu’une «planification»… il peut arriver que cette planification soit insuffisante ou, au contraire, trop ambitieuse.  C’est là qu’entre en jeu l’idée de «suivre» notre enfant 🙂