Bloc français : La description – jours 5-6


Nous poursuivons notre travail sur le texte descriptif et la description.  Voici notre deuxième journée sur la description d’un animal.

Jour 5

Première lecture :

 

« Dans sa corbeille, l’obscurité éveille peu à peu son fils qui se déroule, chenille velue, et tend des pattes tâtonnantes… Il se dresse, maladroit, s’assied plus large que haut, avec une majesté puérile. Le bleu hésitant de ses yeux, qui seront peut-être verts, peut-être vieil or, se trouble d’inquiétude. Il dilate, pour mieux crier, son nez chamois où aboutissent toutes les rayures convergentes de son visage… Mais il se tait, malicieux et rassuré : il a vu le dos bigarré de sa mère, assise sur le perron.

Debout sur ses quatre pattes courtaudes, fidèle à la tradition qui lui enseigna cette danse barbare, il s’approche, les oreilles renversées, le dos bossu, l’épaule de biais, par petits bonds de joujou terrible, et fond sur Nonoche qui ne s’y attendait pas… La bonne farce ! Elle a presque crié. On va sûrement jouer comme des fous jusqu’au dîner !

Mais un revers de patte nerveux a jeté l’assaillant au bas du perron, et maintenant une grêle de tapes sèches s’abat sur lui, commentées de fauves crachements et de regards en furie !… La tête bourdonnante, poudré de sable, le fils de Nonoche se relève, si étonné qu’il n’ose pas demander pourquoi, ni suivre celle qui ne sera plus jamais sa nourrice et qui s’en va très digne, le long de la petite allée noire, vers le bois hanté… » COLETTE.  Les vrilles de la vigne (p. 992)

 

Complètement différent du texte lu le jour 4…

Travail de l’élève :

Montrer que la séquence descriptive peut se retrouver à l’intérieur d’un autre type de texte : narratif, argumentatif, explicatif, justificatif,…

Questions à poser :

  • De quel type de texte s’agit-il? (extrait d’un texte narratif contenant une description très précise d’un chaton)
  • Est-ce que l’auteur raconte un évènement dans le texte?

Prendre le temps de retrouver des aspects et sous-aspects.

Jour 5 et 6

Écriture :

Source de ce dessin : Dessins de Margo

Observez un dessin, une photo, une illustration d’une scène mettant en vedette un animal et inventez une histoire qui raconte ce qui s’est passé avant la scène représentée, ce qui se passe dans cette scène et ce qui pourrait se passer après.  Cette courte histoire doit contenir la description de l’animal.

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Si cela vous intéresse, voici mon document de travail :

Description d’un animal_2_écriture

Le geai bleu (texte)


Voici un texte supplémentaire pour accompagner la description d’un animal cette semaine.

Le geai bleu

par Claude Melançon

Voici le sergent Bellehumeur de la forêt. Vêtu de bleu et de blanc comme un garde-français, gai, fanfaron, pillard, tapageur, brave au besoin, il copie bien les allures de son modèle littéraire. Il pousse même l’analogie jusqu’à s’enivrer de jus de fruits et à pousser des exclamations qui ressemblent à des jurons.

D’ailleurs le talent d’imitation des geais est bien connu. Après le Moqueur, c’est lui qui reproduit le plus facilement le chant des oiseaux et les cris des animaux. Il le fait généralement pour son propre plaisir, à voix basse, mais il s’amuse aussi à répéter à haute voix le cri de chasse du Faucon crécerelle ou celui de l’Épervier, répandant ainsi la terreur parmi les petits hôtes des buissons. Lui-même est un piètre chanteur. Quelques notes graves qui rappellent vaguement celles d’une cloche composent tout son bagage musical. Lorsque, battant l’estrade, il converse avec ses congénères ou s’exprime au naturel, les sons qui sortent de son gosier sont plutôt rauques et désagréables.

Mais ils sont caractéristiques et permettent d’identifier un oiseau qui a l’art de se dérober. Malgré ses couleurs brillantes et bien qu’il pousse souvent ses incursions jusque près de nos maisons, le Geai n’est pas facile à voir. D’habitude il s’arrange pour mettre un écran de feuillage entre lui et la personne qui le regarde. Et quand celle-ci veut l’approcher de trop près elle n’aperçoit souvent qu’un éclair bleu, un lambeau de ciel qui fuit sous la ramure.

Cette répugnance à se montrer n’est pas un caprice. Le geai est un oiseau sage et prudent. Il se sait un peu trop voyant pour sa sécurité. Au lieu de faire parade de sa beauté il la cache le mieux possible aux rapaces, ce qui ne l’empêche pas de les défier et de se moquer d’eux à haute voix quand ils approchent de l’une de ses retraites impénétrables.

Car, il est aussi taquin. Il tourmente volontiers le Hibou que la lumière du jour aveugle à demi, les petits oiseaux qu’il menace de mettre en morceaux et les écureuils qui ont l’audace devenir habiter près de lui. Il s’en prend aussi aux chasseurs de cerfs ; on dirait même qu’il prend un malin plaisir à dénoncer leur présence à tous les échos et à faire le vide devant eux. Au fond, il n’y met aucune arrière-pensée, mais il est bavard et tapageur par tempérament.

CLAUDE MELANÇON, Charmants voisins

L.Geslin. La narration

Si ce texte vous intéresse :

carte

Bloc français : La description – jour 4


Je poursuis, avec mon fils de secondaire 1, l’exploration du texte descriptif.  J’aime beaucoup cette façon de travailler…

Après la description d’un objet et le plan de la description, on poursuit avec la description d’un animal et l’exploration des aspects/sous-aspects.  On installe donc le schéma d’une description.

Jour 4

Première lecture :

J’ai choisi un texte dans un cahier québécois (MATIÈRE PREMIÈRE DE CEC),  il a l’avantage d’être très bien expliqué.

Pour rendre le travail plus «productif», j’ai recopié le texte pour permettre à mon fils-3 de faire une première recherche des aspects et sous-aspects au lieu de simplement lire ce que la maison d’éditions suggère.  Je pense que chercher soi-même des informations nous permet de mieux comprendre par la suite 😉

Perché dans un arbre ou tapis sous les buissons qui bordent la route, le porc-épic est quasi invisible pour qui n’est pas très observateur et peut même passer inaperçu s’il n’est pas trahi par sa mastication un peu bruyante.
Un physique singulier
Ce mammifère de la famille des rongeurs est un animal plutôt costaud pesant environ 5 kg et mesurant de 75 à 100 cm. Son corps, couvert d’un duvet noir très dense parsemé de longs poils lustrés de couleur brune, est pourvu d’environ 30 000 dards. Sa grosse tête au museau aplati cache des petits yeux ronds et des oreilles bien peu apparentes. Campé sur de courtes pattes arquées, le porc-épic se déplace nonchalamment à la façon d’un ours. Bien qu’il jouisse d’une ouïe très fine et d’un odorat bien développé, le porc-épic a une vue plutôt faible.

Un comportement qui ne manque pas de piquant!
Le porc-épic est un animal arboricole plutôt nocturne, toujours en quête de nourriture. En été, il se nourrit essentiellement des bourgeons et des feuilles de certains arbres et arbustes, de petits fruits et de noix. L’hiver, il se contente de ronger l’écorce des pins, des épinettes, des mélèzes et des petits érables.
Quand il fait face à un ennemi, le porc-épic opte d’abord pour la fuite, dans un galop maladroit, vers l’abri le plus proche : sous une roche, sous une souche, dans un arbre. S’il en est empêché, il se pelotonne en cachant soigneusement sa tête vulnérable entre ses épaules. Puis, tous ses piquants dressés, il pivote de manière à présenter son dos au prédateur, qu’il menace en fouettant l’air avec son épaisse queue musclée. Qu’on soit rassuré, le porc-épic ne lance pas ses dards. C’est en essayant d’effrayer son ennemi avec sa queue que certains dards se détachent et s’accrochent à l’agresseur.
Considéré par plusieurs comme un animal nuisible parce qu’il détruit l’écorce de certains arbres, qu’il ronge des outils et qu’il ravage des champs de maïs ou des jardins, le porc-épic joue malgré tout un rôle non négligeable dans la nature. En effet, en éclaircissant des peuplements de jeunes arbres, en leur permettant donc de disposer de plus d’espace pour croître et se développer, il contribue à la conservation des forêts.
Bref, cet animal à l’instinct défensif si particulier gagnerait sans aucun doute à être mieux connu.

Matière Première de CEC p.4-5

(voir mon document de travail au bas de cette publication)

Travail de l’élève :

  • On retrouve premièrement le plan de la description (introduction, développement, conclusion)
  • Je lui rappelle qu’un texte descriptif traite d’aspects qui sont développés dans les sous-aspects.
  •  Je lui demande de surligner les sous-aspects de ce texte descriptif.  Comme c’est une première approche, l’idée est d’en retrouver le plus possible pour le moment.  Pour l’aider, il peut se questionner :
    • De quoi parle le texte?
    • Quel est le sujet du texte?
    • Que dit- on à propos de ce sujet?
    • Quel est le sujet divisé du texte?
    • Qu’est-ce que l’auteur mentionne à propos de chaque élément du sujet divisé?
    • Que mentionne l’auteur à propos de chaque aspect?
    • Quel contenu aborde-t-il pour développer chaque idée?
    • Quelles sont les informations connexes à l’idée principale du paragraphe?
    • Quelle est l’idée principale pour chacun des paragraphes?
    • Quelles sont les idées secondaires?

 

S’il reste du temps, on fait la correction ensemble à l’aide du document proposé par le cahier. ( voir mon document de travail)

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Si cela vous intéresse :

Description d’un animal

***source : MATIÈRE PREMIÈRE de CEC

Bloc français : La description – jour 1-2-3


Secondaire 1 (5e)

Comme j’explore le texte d’une manière totalement différente que la majorité d’entre vous, j’aime bien placer mon parcours pour simplement rappeler qu’il est possible de travailler différemment mais de «cadrer» dans ce qui est demandé habituellement.   Je mentionne ceci parce que j’ai reçu plusieurs questions dernièrement à ce sujet : on comprend difficilement comment je fais pour utiliser des textes aussi différents et atteindre les objectifs du niveau.

Notre prochaine séquence de travail en est un exemple puisque je sélectionne des textes ici et là pour construire un bloc de travail autour du texte descriptif.

Il ne faut jamais oublier que les principaux types de texte reviennent continuellement année après année : (texte narratif, descriptif, justificatif, dramatique) alors pourquoi s’inquiéter?  Tôt ou tard, on croisera un de ces principaux types de textes!

J’ai décidé d’aborder avec lui ceci :

  • La description : d’un personnage, d’un lieu, d’un objet ou d’un animal, d’un événement ou d’une situation.
  • Le type descriptif : article encyclopédique, mode d’emploi, quatrième de couverture, etc…
  • Séquence descriptive dans un roman ou un conte.

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Jour 1-2-3 ou plus…

Première lecture

Une très faible brise vient de se lever.   Le bleu du ciel pâlit un peu.   Là-bas, dans le faubourg de Paris le plus proche, les fenêtres commencent à flamboyer sous les rayons obliques du soleil couchant.  Voici bientôt le soir; et sur le tapis de feuilles mortes qui craque sous les pas du poète, d’autres feuilles tombent.  Elles tombent, rarement,  lentement, mais continuellement.  La gelée de la nuit dernière les a tout à fait brûlées.  Sèches et couleur de rouille, elles ne tiennent plus aux arbres qu’à peine, et, si léger que soit le souffle du vent qui passe, il les cueille l’une après l’autre.  Se détachant de la branche, tournoyant un instant dans la lumière dorée et rejoignant enfin, avec un petit bruit triste, leurs sœurs déjà flétries qui jonchent le sable de l’allée, les feuilles tombent, les feuilles tombent!  (François Coppée)

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Le plan de la description

 

  • Introduction : on présente le sujet du texte ( de quoi il est question)
  • Développement : on détermine et développe les aspects du sujet de la description.
  • Conclusion : on fait un rappel du sujet en résumant les principaux aspects.

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Analyse de notre lecture

Quel est le sujet de notre description, de quoi parle-t-on?  les feuilles mortes.
Introduction :

«Une très faible brise vient de se lever.   Le bleu du ciel pâlit un peu.   Là-bas, dans le faubourg de Paris le plus proche, les fenêtres commencent à flamboyer sous les rayons obliques du soleil couchant.  Voici bientôt le soir; et sur le tapis de feuilles mortes qui craque sous les pas du poète, d’autres feuilles tombent. »

Développement :

«Elles tombent, rarement,  lentement, mais continuellement.  La gelée de la nuit dernière les a tout à fait brûlées.  Sèches et couleur de rouille, elles ne tiennent plus aux arbres qu’à peine, et, si léger que soit le souffle du vent qui passe, il les cueille l’une après l’autre.»

Conclusion :

«Se détachant de la branche, tournoyant un instant dans la lumière dorée et rejoignant enfin, avec un petit bruit triste, leurs sœurs déjà flétries qui jonchent le sable de l’allée, les feuilles tombent, les feuilles tombent!»

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La description d’un objet

En Normandie, au XIXe siècle, Emma épouse Charles Bovary, un médecin de campagne.  On apporte, au dessert, une superbe pièce montée…

On avait été chercher un pâtissier à Yvetot, pour les tourtes et les nougats. Comme il débutait dans le pays, il avait soigné les choses ; et il apporta, luimême, au dessert, une pièce montée qui fit pousser des cris. À la base, d’abord, c’était un carré de carton bleu figurant un temple avec portiques, colonnades et statuettes de stuc tout autour, dans des niches constellées d’étoiles en papier doré ; puis se tenait au second étage un donjon en gâteau de Savoie, entouré de menues fortifications en angélique, amandes, raisins secs, quartiers d’oranges ; et enfin, sur la plateforme supérieure, qui était une prairie verte il y avait des rochers avec des lacs de confitures et des bateaux en écales de noisettes, on voyait un petit Amour, se balançant à une escarpolette de chocolat, dont les deux poteaux étaient terminés par deux boutons de rose naturelle, en guise de boules, au sommet.

Gustave Flaubert, Madame Bovary

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Faire une analyse sommaire de ce deuxième texte.

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Lecture plaisir

Le poêle de chez nous est à deux ponts, bas sur pattes, et massif. Sur ses flancs, aux parois épaisses, des reliefs déjà frustes dessinent des arabesques où se jouent des animaux étranges. Dans son vaste foyer, une bûche d’érable entre toute ronde, et, à l’époque des corvées, son fourneau cuit sans peine le repas de vingt batteurs de blé.

L’été, quand le soleil grâle les visages et mûrit les grains, le poêle se repose. Toujours à son poste pourtant, dans la cuisine, au beau mitan de la place, il se rend encore utile : il sert de garde-manger.

Mais sitôt que vient l’automne et qu’il commence à gelauder, le poêle se réveille. Et tout l’hiver, sa respiration s’échappe du toit, érigée en spirale dans l’air tranquille, ou fuyante et déchirée par la rafale. Tout l’hiver, il chante, ronfle ou murmure ; dans les nuits calmes, quand les marionnettes dansent au ciel pur, la voix du poêle se fait régulière, monotone, rassurante ; mais, si le nord-est court la campagne, tourmente les arbres nus et hurle, le poêle gronde, furieux. Il défend le logis contre le froid qui pince ; sa chaleur se répand, bienfaisante, sous les poutres noires, et jusque dans la grande chambre, où l’on ne va qu’aux jours de fête et aux jours de deuil. Il fend la neige maligne que la poudrerie souffle sous la porte mal fermée, réchauffe les petits pieds rougis, fait fumer la bonne soupe (…)  Adjutor Rivard, «Le poêle»

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Écriture

L’élève doit, le plus possible, respecter le plan de la description : introduction /développement ( aspect et sous-aspect) / conclusion.

Au choix…
  1.  On apporta, au dessert, un gâteau extraordinaire…  Imagine le gâteau de tes rêves.  Comme Flaubert (texte 2), tu le compareras à un paysage de ton choix (mer, montagne, campagne, etc) en utilisant des groupes nominaux enrichis.  ( un océan ~ de coulis de framboises…)
  2.  Tu retrouves, tout à coup, un objet connu de toi que tu avais complètement oublié.  Raconte.
  3.  Fais la description d’un objet de ton choix.

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 Voici mon document de travail

La description d’un objet