Catégorie : Pédagogie Charlotte Mason

Longitude de Dava Sobel


J’oublie souvent de vous parler des livres que mon fils-2 lit…  Pourtant, il lit plusieurs choses intéressantes et, disons-le, différentes de ce qu’on propose souvent à nos jeunes adolescents en classe.

Vous me connaissez, j’aime bien proposer des livres un peu différents mais qui laissent de belles traces.

Il lit présentement un livre vivant, comme Charlotte Mason aimait bien proposer.

Dava Sobel - .

 

Lors des grands voyages d’exploration du XVIIIe siècle, les mauvaises estimations de la longitude, dues à la faible qualité des chronomètres de marine, furent la cause de bien des naufrages. Savants célèbres et techniciens émérites proposèrent quantité de méthodes sophistiquées pour résoudre ce problème. Pourtant, l’histoire des sciences ayant parfois des allures de roman, c’est un humble horloger, John Harrison, qui trouva la solution. Il construisit le premier chronomètre résistant à la houle du grand large mais dut faire face à l’animosité du milieu scientifique et à la mauvaise foi des représentants de l’Empire britannique. Une incroyable histoire dont tous les fils politiques, scientifiques ou académiques sont ici brillamment dénoués.

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Je réponds


« J’essaie d’inclure dans notre travail des lectures comme sur le site de Charlotte Mason, mais mes enfants ne réussissent jamais à lire les livres proposés.  Ce sont des lectures beaucoup trop difficiles pour mes enfants.  Comment les tiens peuvent-ils lire ce genre de romans?»

Aucun enfant n’est identique, chez nous non plus.  Effectivement, plusieurs livres proposés sont franchement difficiles à lire pour plusieurs enfants du niveau suggéré.  Par exemple, il est faux de penser que tous les enfants pourront lire «Oliver Twist» ou «capitaine courageux» en 5e année dans une version intégrale comme le suggère « ambleside online».  Sérieusement, absolument pas.  Par contre, Oliver Twist en 6e année fut simple et facile à lire pour mon fils-3.

Rien n’oblige de choisir un livre au niveau suggéré… puisque les enfants et le niveau de lecture sont tellement différents d’un enfant à l’autre.

Il ne faut pas oublier qu’un enfant habitué à lire depuis le tout début des textes puisés dans la littérature sera en mesure de lire plus facilement ce genre de sélections de romans 😉  Ce n’est pas simple de lire «Tom Sawyer» dans sa version intégrale pour un jeune enfant…  même le «livre de la jungle» n’était pas simple pour quelques-uns de mes enfants.  On s’habitue à ce genre de lecture…

Je pense aussi, qu’il est préférable de lire soi-même les romans afin de «voir» si notre enfant sera en mesure de lire ou non le roman.  On connaît nos enfants…  On peut très bien leur proposer un niveau de lecture un peu inférieur et s’assurer ainsi qu’il en retire un petit quelque chose.  Plusieurs romans proposent des personnages qui ressemblent étrangement à nos enfants…  c’est tellement intéressant, je trouve, de les faire découvrir.

Chez nous, plusieurs romans suggérés ont été lu plus tard.  Voici quelques exemples :

  • Charlotte Web… suggéré en 1re année, nous l’avons lu en 2e année
  • Pinocchio…  suggéré en 1re année, nous avons lu la version intégrale en 2e année
  • The Boxcar Children de Gertrude Chandler Warner… suggéré en 1re année, nous l’avons lu en version anglaise en 4e année
  • Robin des bois… suggéré en 2e année, je le garde toujours pour la 5e année.  Je trouve qu’il correspond davantage à l’esprit de cet âge.
  • Dr Dolittle…  suggéré en 2e année, deux de mes enfants l’ont lu en 2e année, 2 autres en 3e année.
  • etc…

Je m’ajuste aux enfants, au niveau de lecture de chacun, aux goûts, aux plaisirs de lire, au tempérament de chacun, au thème qu’il propose, aux valeurs qu’il véhicule, etc…  etc…

Lire est une route fabuleuse pour en apprendre un peu plus sur soi, donnons-nous cette chance d’utiliser le roman à cette fin!

Je réponds / Charlotte Mason


J’ai reçu ce courriel cette semaine :

« Je sais que tu fais beaucoup de choses de Charlotte Mason, mais pourquoi tu ne fais pas que ça?»

Tout le monde connaît ma passion pour la vision de cette femme sur l’éducation et l’instruction.  Je l’ai dit souvent :  j’adore ses principes!

Mais… mais…  il y a plusieurs «mais» qui sont difficiles à négliger pour moi.

Il est assez simple de ne faire que ça pour les trois premières années scolaires puisqu’au départ, l’important, est l’apprentissage de la lecture et de la calligraphie.

On peut donc construire assez simplement un programme entier «Charlotte Mason» sans perdre quoi que ce soit.

  1. Littérature… on lit pour l’enfant et on lui suggère un manuel de lecture en parallèle / narration orale.  Puis, il lit seul éventuellement.  On choisit des petits romans «vivants»
  2. Poésie…  on lit pour lui, on lui fait découvrir plusieurs poèmes qu’il peut mémoriser.
  3. Recopie…  on débute par la calligraphie des lettres, puis la recopie de mots et de phrases.
  4. Mathématique…  un programme de son choix
  5. Histoire …  Story of the world
  6. Science… plusieurs albums pour enfants introduisent des notions simples à découvrir, des livres de « leçons de choses » etc…
  7. Géographie… plusieurs albums ou petits romans peuvent nous permettre d’explorer le monde.
  8. Arts…  un oeuvre chaque semaine
  9. Musique…  une oeuvre chaque semaine.
  10. Carnet nature…  explorer la nature chaque jour, chaque semaine.
  11. Chant…  Bible…

Les trois premières années sont assez simples à mettre en place.

Mais…

Lorsqu’on arrive plus tard…

L’étude de la langue française n’est pas l’étude de la langue anglaise.  Notre langue demande plusieurs années de travail avant de la maîtriser.  On ne peut pas la travailler uniquement en l’observant à travers un roman ou simplement en faisant une dictée préparée chaque semaine!  On doit s’y exercer…

Lire des livres vivants est extraordinaire et personnellement, je sélectionne minutieusement mes romans en fonction d’une «vision» que je veux partager avec mes enfants.  Je lis donc chacun des romans avant de le travailler pour que celui-ci me soit utile éventuellement non pas pour travailler en classe, mais bien aussi dans notre vie de tous les jours.  Par contre, en français, il n’y a pas les mêmes ressources qu’en anglais.  Oui…  plusieurs romans sont magnifiques en français…  plusieurs romans anglophones sont aussi traduits, mais pas tous.  Certaines ressources en anglais sont fabuleuses et on ne retrouve rien de comparable en français!

Histoire…  j’en ai parlé plusieurs fois.  Le Canada est un pays jeune… et peu d’auteur ont eu l’intérêt d’écrire pour la jeunesse.  C’est triste à dire…  mais il n’y a pas grand chose de palpitant sur le Canada et le Québec.  Oubliez donc les « livres vivants » sur le Canada.  Observez la littérature américaine sur l’histoire!!!!  Il y a tellement de choses fabuleuses…  ici?  Quelques romans…  sans plus.  J’ai trouvé quelques petits trésors…  mais nettement insuffisant pour accompagner tous les niveaux.

Géographie…  On peut dénicher plusieurs choses d’intéressantes mais…  encore là, souvent inaccessibles pour de jeunes enfants.  Livres vivants en géographie du Canada?  Ouf…  très peu.

Science…  même chose, il est difficile de trouver de bons livres «vivants» pour tous les niveaux.  Oui, il y en a quelques-uns mais il n’y en a pas pour tous les niveaux.  Il y a plusieurs ressources, mais pas de «livres vivants».

Ne travailler qu’avec des «livres vivants» seraient, pour moi, comme un rêve inaccessible.  Par contre, dans la réalité, je ne peux pas «ne faire que ça»..  pas avec les obligations de notre époque.  Je n’y crois pas.

Oui, j’utilise sa façon de faire dans plusieurs sections de ma classe-maison, vous le savez déjà :

  1. Recopie
  2. Dictée préparée
  3. Narration orale et écrite
  4. Géographie – Histoire ( plusieurs lectures )
  5. Littérature
  6. Science (lecture sur les hommes de sciences)
  7. Étude de la nature (zoologie entre autres)
  8. Poésie
  9. Chant
  10. Musique/compositeur
  11. Arts/artiste
  12. Dessin
  13. Carnet nature
  14. Théâtre ( par contre je ne fais pas que Shakespeare )

donc..  oui, il est possible d’accompagner notre quotidien avec sa philosophie…  mais ne faire que ça?  Hum..  pas moi.

Je réponds (Charlotte Mason)


J’en profite pour redire, puisque plusieurs m’écrivent pour me le demander, qu’effectivement je m’inspire beaucoup de Charlotte Mason mais je n’en parle pas beaucoup car…  j’ai tout dit ce qu’il y avait à dire! hihihi

C’est une routine quotidienne et hebdomadaire dans notre classe-maison alors pourquoi répéter sans cesse que je fais :

Lecture à haute voix tous les jours

J’en ai parlé plusieurs fois déjà.

Je lis…  ou parfois un enfant lit pour les autres, un livre.  Présentement, nous lisons : « La vie des bêtes pourchassées » d’Ernest Thompson Seton.  Pendant la lecture, les enfants dessinent ou enjolivent des pages de poésie, textes qu’ils ont faits, etc.

Analyse d’oeuvre – artiste à l’étude

Ici encore j’en ai parlé tellement souvent.  Chaque semaine nous analysons une oeuvre artistique et musicale.  J’en profite très souvent pour faire faire une situation d’écriture en relation avec cette oeuvre.

Oeuvre artistique cette semaine :

Jean-Baptiste Greuze: Jeune fille pleurant son oiseau mort (1759), huile sur toile 68 x 55 cm. Louvre.

On fait toujours la même démarche :

Nom de l’artiste à l’étude, écris en rouge au centre et souligné.

Nom : __________

Dates : __________

Pays : __________

Ce que j’ai découvert :

  • Sa naissance, ses parents
  • Ses études, ses professeurs, ses influences
  • Sa vie, son lieu de travail, sa mort
  • Ses œuvres les plus marquantes
  • Anecdotes

Ce que j’ai analysé:

Tu indiques le titre de l’œuvre, le type d’œuvre et l’année de sa composition.

  • Donne ta première impression.
  • Que vois-tu?  Donne la description du tableau en donnant des détails sur les plans, les couleurs, les textures, etc.

puis…  une situation d’écriture.  Je demande souvent d’inventer une scène à partir de ce qu’il voit.

 

Je fais la même chose pour une oeuvre musicale.  Cette semaine, nous avons écouté/analysé une oeuvre vocale de Brahms

Leçons courtes

Ici encore, j’en ai parlé tellement souvent…  leçons courtes pour garder l’attention et la concentration.  Il faut éviter que l’enfant « tombe dans la lune » devant sa feuille de travail ou encore éviter qu’il ne s’énerve inutilement devant les tâches à faire.  On laisse peu de temps pour que les enfants gardent leur attention sur le peu de temps à faire pour la matière.  Ainsi, une matière particulièrement difficile passe tellement mieux lorsqu’on sait qu’elle se termine rapidement! hihihi  À partir de la 4e année, les enfants peuvent travailler facilement 30 minutes sur une matière en restant attentifs.

Recopie 

Je pense qu’il est bien inutile d’y revenir sans cesse…  Nous recopions une phrase chaque jour avec « attention ».  C’est un exercice merveilleux pour l’acquisition de vocabulaire, pour parfaire l’orthographe, pour améliorer la calligraphie, pour travailler la mémoire et l’imagerie des mots, etc.  Finalement, après plusieurs années d’utilisation c’est un plus qui ne quitte plus ma classe-maison.

Comment ?

On regarde le mot à copier ( pour les plus jeunes ) ou la phrase ( pour les plus grands ), on le ou la  cache et on l’écrit sans regarder.  Par la suite, on vérifie.

  • On lit l’extrait à recopier une première fois en entier…
  • On relit pour mieux s’en imprégner…  lire lentement en portant attention aux détails de ponctuation, d’orthographe, etc…
  • On se prépare à écrire : crayon, joli papier de préférence, une plume ou un stylo ( oui… on a pas le droit à l’erreur en recopie…  J’exagère un peu…  mais on essaie d’être mieux qu’habituellement )
  • On regarde le premier mot… hum… on sépare les syllabes, on l’examine…
  • On cache l’extrait et on se questionne… on pense au mot…
  • On vérifie pour être certaine de l’orthographe
  • On écrit le mot sur notre papier DE MÉMOIRE en s’appliquant.

 

Livres vivants :

ben oui…  ça aussi j’en ai parlé plusieurs fois.  On essaie de choisir des romans, livres qui sont écrits avec « passion » sur un sujet donné.  Par exemple, si on veut en apprendre davantage sur les chevaux, quoi de mieux qu’un passionné des chevaux qui a passé sa vie auprès d’eux pour nous en parler!

En fait, ce n’est pas toujours simple à trouver.

J’essaie de « choisir » mes lectures pour véhiculer des « leçons de vie » intéressantes aux enfants..  mais ce n’est pas toujours simple de trouver la même chose, en français, pour l’histoire du Canada ou les sciences.

 

Carnet nature ( ou leçons de choses pour moi )

Chaque semaine, lors d’une marche à l’extérieur, ou l’hiver on sélectionne un thème en particulier, on dessine, étudie un élément de la nature.  Au fil du temps, on a tellement appris de choses!!!!

Cette semaine : on revient sur les cinq sens pour approfondir.

1 –  On revient sur la différence entre organe / sens / action

***mon exemple sera la vue

  • L’organe de la vue est l’oeil
  • Le sens est la vue
  • L’acte de voir se nomme la vision.

2- Que peut-on faire avec chaque sens?

  • Avec la vue je peux voir ce qui m’entoure, voir les formes, les couleurs, etc.

3-  On examine ensuite chaque organe

  • L’oeil : anatomie de l’oeil / comment voit-on? / test de la vue / quelques problèmes de vision.

4-  On pousse plus loin la réflexion

  • type de lumière : douce( aube, crépuscule…) , forte (éblouissante, soleil,…), faible (pénombre,…), absente (obscurité, noirceur,…)

 

Dictées préparées

Ici, j’avoue que je préférais faire des dictées non préparées avant…  mais cette année j’expérimente la dictée préparée et j’aime beaucoup le résultat.  D’ailleurs, c’est au-delà de mes attentes.  On peut vraiment profiter de cette dictée pour revoir d’anciennes notions, installer de nouveaux mots, vérifier le genre et le nombre des noms et adjectifs, vérifier l’acquisition de certains temps de conjugaison, etc.  L’enfant se sent en confiance lorsqu’on donne la dictée et c’est merveilleux de voir autant de fierté dans le regard d’un petit 😉

 

Shakespeare

J’avoue que j’en parle rarement…  parce qu’il n’y a pas grand chose à dire non plus hihihi  Je propose une oeuvre de théâtre que nous lisons en entier à haute voix.  La différence entre Charlotte Mason et moi…  j’ajoute des oeuvres de Molière aussi.

Présentement : Hamlet de Shakespeare.

 

Géographie

J’essaie de choisir des livres vivants pour approfondir un pays par exemple.  Présentement nous lisons « le tour du monde en 80 jours » pour découvrir quelques pays.  J’en profite alors pour mentionner quelques faits sur chacun des pays visités.

 

Poésie – hymne – chants

Inutile de vous redire cent fois que nous lisons un poème chaque  jour…  et nous mémorisons un poème chaque semaine ou aux deux semaines.  Je fais aussi mémoriser à l’occasion un chant.

 

Dessin et travaux manuels

Tous les enfants font du dessin chez nous…  J’en ai parlé aussi à plusieurs reprises.  Le dessin pour affiner le regard sur les choses, la minutie, la patience, etc…  Dessiner c’est « mettre un peu de soi à travers ce que l’on voit » j’aime l’idée…

Pour les travaux manuels, c’est par période.  Avoir des garçons, ce n’est pas comme avoir des filles.  La couture, le tricot, le crochet, la tapisserie…  pas facile d’installer ça au-delà de 7-8 ans.  Mes garçons préfèrent clouer, visser, peindre, réparer, bricoler dans un appareil, monter et démonter un vieux vélo, etc.

 

Narration orale et écrite

J’en ai tellement parlé que je ne pourrais rien ajouter de plus.  Oui, je propose des narrations oralement et écrites sur plusieurs de toutes nos lectures.

 

Biographie 

À partir de la 6e surtout, je propose plusieurs lectures biographiques : Hugo, voltaire, Jeanne d’Arc, etc…  C’est une belle façon d’approfondir des apprentissages en science, en art, etc.  encore là, la difficulté réside dans des textes accessibles aux jeunes lecteurs mais qui ne sont pas trop ridicules.

 

Entraînements quotidiens… discipline de vie….  le quotidien.

Habitudes de vie, routine, mode de vie, jardinage, cuisine, motivation, persévérance, etc.

Il y a tellement de choses que l’on peut faire à la maison pour «construire et conduire » nos enfants jusqu’à l’âge adulte.  D’ailleurs, Charlotte Mason était très inspirante sur l’apprentissage de bonnes habitudes et la correction d’une mauvaise habitude.  Une à la fois…  pendant 2 mois au moins!

 

Citoyenneté

J’ai donné, au fil du temps, plusieurs lectures qu’elle proposait : The fallacy detective, « ourselves » de Charlotte Mason, etc…

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Que pourrais-je ajouter d’autres…  Je pense rien oublier de ce que je fais.

Je m’inspire de ses écrits, mais je ne fais pas que ça.  C’est trop difficile chez nous, à mon avis, de proposer 3 curriculums entiers « à la manière de » en langue française en plus.  Je puise donc ici et là pour construire nos semaines mais je m’intéresse à beaucoup d’autres choses aussi!

Journal quotidien


I know you may bring a horse to the water, but you cannot make him drink. What I complain of is that we do not bring our horse to the water. We give him miserable little text-books, mere compendiums of facts, which he is to learn off and say and produce at an examination; or we give him various knowledge in the form of warm diluents, prepared by his teacher with perhaps some grains of living thought to the gallon. And all the time we have books, books teeming with ideas fresh from the minds of thinkers upon every subject to which we can wish to introduce children.

Charlotte Mason vol. 3 p.171

J’ai longuement médité sur cet extrait pendant que je marchais ce matin…  une marche pénible puisque nous sommes en pleine tempête!

I know you may bring a horse to the water, but you cannot make him drink. What I complain of is that we do not bring our horse to the water

Je prends mieux la mesure de cet extrait quand j’observe mon propre quotidien en classe-maison.  C’est tellement vrai…

On peut amener un cheval à l’abreuvoir  mais on ne peut pas le forcer à boire…

Déjà, dans cette simple phrase, tout est dit!

Même en proposant une tonne de choses…  il faut que l’enfant s’y intéresse pour s’y nourrir!

J’ai eu la chance de voir mes enfants s’enthousiasmer devant plusieurs connaissances…  Vous savez, ce regard pétillant, le désir de « faire comme », le désir de poursuivre la lecture ailleurs pour en apprendre encore plus…  le plaisir à l’état pur.  Je les ai vus, à plusieurs reprises, découvrir avec passion un sujet et nous en parler pendant des semaines!  J’ai souvent souhaité d’ailleurs que ces passions se poursuivent dans toutes nos matières scolaires! hihihi

We give him miserable little text-books, mere compendiums of facts, which he is to learn off and say and produce at an examination; or we give him various knowledge in the form of warm diluents, prepared by his teacher with perhaps some grains of living thought to the gallon 

C’est vrai qu’on ne fait pas découvrir la littérature en lisant de petits textes insignifiants proposés dans plusieurs cahiers de travail au primaire.  C’est vrai que nos livres scolaires d’histoire ne donnent pas trop le goût d’en apprendre davantage.  C’est vrai aussi que nos livres scolaires ne sont pas trop souvent très passionnants en général.  Il faut donc veiller à fournir à nos enfants des ressources pour compléter et «intéresser» nos enfants.

Je sais que mes propres enfants retiennent beaucoup plus d’informations à l’extérieur de notre travail scolaire…  ils apprennent vraiment lorsque les sujets les passionnent et lorsque l’information provient d’une source intéressante à découvrir.

Lorsque mon père, fermier, explique à mon fils-3 comment il s’occupe des animaux ou   comment il utilise sa machinerie agricole…  inutile de vous dire que les informations restent là où elles devraient être!  Mon père devient une ressource vivante et stimulante pour apprendre.  C’est tellement plus qu’un livre sur le travail de la ferme. Une simple conversation avec mon père peut entraîner des heures de recherche sur un sujet ou un autre par la suite chez nous.

Lorsqu’on prend le temps de « voir » tout ça, on comprend la nécessité de proposer à nos enfants des ressources qui vont les stimuler à apprendre, à découvrir, à poursuivre la recherche…  si on propose des milliers de ressources sur toutes sortes de sujet, alors…   il y a forcément au moins une chose qui accrochera notre enfant et le stimulera un peu!

Pas toujours simple pourtant…  je sais…  voilà pourquoi je poursuis mes réflexions!

Bon je retourne travailler, bon dimanche tout le monde!

Charlotte Mason 4


Bon matin tout le monde!

Je réponds à une question reçue hier : 

« Si je comprends bien, elle ne faisait écrire que des narrations? mais toi, tu ne fais pas que ça non?»

Eh oui!  Charlotte Mason ne faisait pas de situations d’écriture exactement comme on le fait présentement en classe  : un cadre où l’on écrit d’une telle manière.

Elle préconisait l’écriture « libre » où l’enfant finit par « copier » une certaine démarche en fonction de tout ce qu’il lit.

Au départ, pendant les 4-5 premières années où l’enfant ne fait que des narrations orales, il développe « l’art de raconter », il s’entraîne à raconter les histoires, les faits, les découvertes qu’il fait d’une façon logique.  Il lit beaucoup de choses…  beaucoup…  il découvre ainsi une certaine « manière de faire » qu’il reproduira instinctivement éventuellement.

L’écrit, pour les 4 premières années scolaires, est pour la recopie et les dictées!

C’est un lâchez-prise que je n’arrive pas totalement à faire…  je l’avoue.  Je demande quelques situations d’écriture même pour les petits.  J’ai des comptes à rendre à ma CS et je me vois très mal lui dire que les enfants n’écrivent que des « recopies » ou des « dictées » pendant 5 ans! hihihihi

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La dictée

À partir de la 4e année environ…  Elle utilise la dictée pour enseigner l’orthographe et la grammaire.  Elle commençait par de courts passages pour les jeunes enfants puis des
paragraphes et des pages pour les enfants plus âgés.

 

«The gift of spelling depends upon the power the eye possesses to “take” (in a photographic sense) a detailed picture of a word; and this is a power and habit which must be cultivated in children from the first. When they have read “cat”, they must be encouraged to see the word with their eyes shut, and the same habit will enable them to image “Thermopylae”. This picturing of words upon the retina appears to be to be the only royal road to spelling; an error once made and corrected leads to fearful doubt for the rest of one’s life, as to which was the wrong way and which is the right. Most of us are haunted by some doubt as to whether “balance”, for instance, should have one “l” or two; and the doubt is born of a correction. Once the eye sees a misspelt word, that image remains; and if there is also the image of the word rightly spelt, we are perplexed as to which is which. Now we see why there could not be a more ingenious way of making bad spellers than “dictation” as it is commonly taught. Every misspelt word is in image in the child’s brain not to be obliterated by the right spelling. It becomes, therefore, the teacher’s business to prevent false spelling, and, if an error has been made, to hide it away, as it were, so that the impression may not become fixed.»

Charlotte Mason. Home Education

 

Elle utilisait ce qu’on appelle maintenant les « dictées préparées » .

On puise un extrait dans une lecture de l’enfant, un court paragraphe pour les plus jeunes et un large extrait pour les plus grands.  L’enfant « prépare » sa dictée à l’avance.  Il ne la mémorise pas.  Il repère les mots à mémoriser, les verbes, etc.  même la ponctuation.  Il se fait une « image » de la dictée.

Préparer la dictée habitue l’enfant à « lire avec attention », à créer l’habitude d’observer comment les mots sont écrits ou les phrases sont construites.

 

Sa méthode : 

  • Choisir un passage d’une lecture de l’enfant
  • Identifier les mots difficiles, les passages problématiques, la conjugaison, etc.
  • Recopier les mots à mémoriser
  • L’enfant relit plusieurs fois sa dictée
  • Lorsqu’il se sent prêt ( même si dans une semaine, c’est l’enfant qui détermine quand il est prêt ), on donne la dictée.  Attention, une seule phrase à la fois et on ne répète pas!
  • On revient sur les erreurs tout de suite après « très important » pour que l’enfant mémorise adéquatement la bonne orthographe du mot.  ***Personnellement, on recopie le mot erroné plusieurs fois et je le redemande dans la semaine.

 

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Chez nous…

Inutile de vous dire que je fais des dictées…  hihihihi  tout le mondeeeeeeeeeee le sait!

Je suis totalement d’accord avec elle..  les dictées aident « grandement » à l’apprentissage de l’orthographe et la grammaire.  Personnellement, j’ai expérimenté l’effet hautement positif chez nous.

Chez nous la dictée est quotidienne, d’ailleurs si je regarde mes deux plus vieux, ils écrivent pratiquement sans fautes… Est-ce un hasard?  Je ne le crois pas.  Il faut du temps pour bien écrire…  beaucoup d’observations et de temps.

Facile à mettre en place peu importe le type de travail proposé en classe!

Bonne journée.

 

Charlotte Mason 3


Charlotte Mason avait une magnifique appréciation de l’enfant… elle avait confiance en ses capacités intellectuelles d’où l’importance de le nourrir adéquatement.

Interesting thoughts here. Homeschool article about Narration (Charlotte Mason Style) vs. class lectures and textbooks.

Un des principes est :

Nous soutenons que l’esprit de l’enfant n’est pas seulement un sac à remplir d’idées; mais il est plutôt, si on permet cette figure, un organisme spirituel, avec un appétit pour la connaissance. C’est son régime, pour lequel il est préparé à travailler; et qu’il peut digérer et assimiler comme le fait le corps avec les produits alimentaires.

C’est d’ailleurs ce qui m’a séduite en premier dans cette philosophie de l’éducation : l’enfant est au coeur de ses apprentissages et il grandit avec la nourriture qu’on lui donne ( éducation-instruction )

À partir de là, on ne s’étonne absolument pas que les manuels scolaires ne prenaient pas place au coeur de sa classe! hihihi  Elle préférait utiliser ce qu’elle appelle des « living book »

Le livre « vivant »

 Au fond, nous savons tous ce qu’est le « living book »…  mais oui…  qui n’a pas lu au moins un livre écrit par une personne passionnée par son sujet?  Un livre qui nous transporte…  un livre qui nous inspire… un livre qui nous donne envie d’être meilleur!
J’exagère un peu…  mais pas trop.
En fait, les  « living book » sont des livres inspirants qui traitent de divers sujets mais racontés d’une manière vivante.  Ils mettent en valeur l’imagination, l’originalité, les contacts humains et l’intégrité d’une personne.  Les idées véhiculées sont des parcelles de vérités distribuées d’un « penseur » à un autre! 🙂
Il ne faut pas oublier que Charlotte Mason était « très croyante » et qu’elle croyait fermement que « nous devons maintenir la vie intérieur d’un enfant avec une nourriture adéquate… »
« Education is a life. That life is sustained on ideas. Ideas are of spiritual origin,  and God has made us so that we get them chiefly as we convey them to one another,  whether by word of mouth, written page, Scripture word, musical symphony;  but we must sustain a child’s inner life with ideas as we sustain his body with food. »  ( Charlotte Mason )
Le livre vivant est donc essentiel à l’instruction d’un enfant.
« Our business is to give him mind-stuff, and both quality and quantity are essential. Naturally, each of us possesses this mind-stuff only in limited measure, but we know where to procure it; for the best thought the world possesses is stored in  books; we must open books to children, the best books; our own concern is  abundant provision and orderly serving. »  Charlotte Mason
Attention, le livre vivant n’est pas un livre amusant, simpliste qui plait aux enfants…  absolument pas.  En tout cas…  pas obligatoirement.
C’est plutôt un livre
  • « bien écrit »…  elle insiste…  toujours utiliser des livres où l’écriture est appréciable.  On voit apparaître depuis plusieurs années des romans écrits pour « plaire » aux enfants et qui sont écrits en langue familière…  ils ne sont assurément pas des « living book » comme elle l’entendait.  L’importance du style littéraire est essentielle.
  • qui propose des éléments « réels » de la vie de l’enfant.  Un roman qui parle d’un enfant torturé entre son désir de bien faire et celui de déplaire correspond à ce qu’un jeune enfant ressent.  Il peut donc s’identifier au personnage qui vit la même chose que lui.  Un livre qui raconte la vie d’un explorateur offre une vision « réelle » d’un événement.  Les personnages sont « vivants ».
  • qui offre l’« inspiration » de faire comme ou mieux.  Vous savez ce genre de livre qui nous inspire vraiment et qui nous donne l’impression qu’on peut devenir meilleur.
  • qui transmet des valeurs : amour, entraide, partage, don de soi…
  • qui a un réel impact sur les idées ou l’esprit de l’enfant.
  • des héros gonflés d’espoir…personnages qui vivent de grandes souffrances qui enseignent le courage… des fins heureuses…
love the little reader vintage wall art.
En résumé?
Un livre inspirant, engagé, transmis avec enthousiasme…  des histoires qui changent notre vision de la vie.  Des histoires qui restent dans le coeur et l’esprit.
Chaque matière enseignée avec ce genre de livres anime l’esprit et réveille l’imagination de l’enfant.  Ils développent la passion, permettent la naissance de la curiosité et donnent à l’enfant le désir de chercher, d’en savoir plus.

“We owe it every child to put him in communication worth great minds that he may get at great thoughts;  with the minds, that is of those who have let us great works; and the only vital method of education appears to be that children should read worthy books, many book, many worthy books.” (Vol.6, p.12)

L’idée est de nourrir intellectuellement l’enfant par des lectures inspirantes, qui vont l’aider à construire ses valeurs et l’amener à s’élever.

Prenez une bonne histoire , la remplir avec des personnages fascinants , l’entourer avec des détails historiques et géographiques , y ajouter les difficultés, les aspirations, les conflits intérieurs et l’épanouissement du héros, y placer un vocabulaire riche et varié, y ajouter une fin heureuse et vous avez une expérience inoubliable, un livre vivant !

 Voilà!
Chez moi…
Pour celles qui me suivent depuis longtemps, vous savez que je porte attention aux livres qui sont utilisés en classe-maison.  Je lis tout…  Je sélectionne les lectures de mes enfants.  Je choisis, justement, des livres qui correspondent à mes besoins du moment : recherche d’identification, travailler une valeur ou une vertu, force, courage, amour de l’autre, amitiés, ténacité, etc.  Je ne choisis JAMAIS un livre au hasard…  JAMAIS.
J’essaie… dans la mesure du possible de choisir un livre vivant!  Facile à mettre en place dans notre quotidien, il suffit de choisir un livre inspirant!
Bonne journée tout le monde.
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Je suis désolée…  Je n’ai pas le temps d’élaborer davantage… 
Si vous avez des questions, n’hésitez pas!

Les 20 principes de Charlotte Mason


Je remonte ma publication sur les principes de Charlotte mason

La philosophie de l’éducation selon Charlotte Mason est parfaitement résumée par 20 principes, tirés de l’introduction du sixième livre : 

  1. Les enfants sont des « personnes » dès la naissance.
  2. Ils ne naissent pas bons ou méchants, mais avec la possibilité d’être bons et/ou méchants.
  3. Les principes de l’autorité dans une main et ceux de l’obéissance dans l’autre, sont naturels, nécessaires et fondamentaux,

mais

  1. Ces principes sont limités par le respect dû à la personnalité de l’enfant, qui ne doit pas être diminuée par l’utilisation directe de la crainte ou de l’amour, par la suggestion ou l’influence, ou par le jeu inapproprié, sur un désir normal.
  2. Par conséquent, nous sommes limités à trois moyens éducatifs – l’atmosphère, la discipline de l’habitude et la présentation d’idées vivantes. La devise des écoles est: « L’éducation est une atmosphère, une discipline et une vie ».
  3. Lorsque nous disons que « l’éducation est une atmosphère », nous ne voulons pas dire que l’enfant devrait être isolé dans un environnement infantilisé, spécialement adapté et préparé, mais nous devons plutôt tenir compte de la valeur éducative de l’atmosphère de la maison, au regard des personnes et des choses, et nous devons le laisser vivre librement dans ses conditions. Cela abrutit un enfant de réduire son monde à un niveau infantile.
  4. Par « l’éducation est une discipline », nous voulons dire la discipline des habitudes, formée définitivement et avec réflexion, à la fois les habitudes de l’esprit et du corps. Les physiologistes nous disent que l’adaptation des structures du cerveau se fait selon nos lignes de pensée habituelles i.e. nos habitudes.
  5. En disant que « l’éducation est une vie », le besoin intellectuel et moral est semblable aux besoins de sustentation physique. Le cerveau se nourrit d’idées, donc les enfants devraient avoir un programme d’étude généreux.
  6. Nous soutenons que l’esprit de l’enfant n’est pas seulement un sac à remplir d’idées; mais il est plutôt, si on permet cette figure, un organisme spirituel, avec un appétit pour la connaissance. C’est son régime, pour lequel il est préparé à travailler; et qu’il peut digérer et assimiler comme le fait le corps avec les produits alimentaires.
  7. Une telle doctrine, que l’esprit est un réceptacle, étend le stress de l’éducation (la préparation de la connaissance en petits morceaux dûment préparés), sur le professeur. Les enfants éduqués selon ces principes risquent de recevoir beaucoup d’enseignement et peu de connaissance ; et l’axiome du professeur est « ce qu’un enfant apprend est moins important que comment il l’apprend ».
  8. Mais nous, croyant que l’enfant normal a la capacité intellectuelle adaptée à traiter toute connaissance appropriée pour lui, nous lui donnons un programme d’étude généreux et complet; il faut seulement prendre soin que toutes les connaissances offertes soient vitales, c’est-à-dire, que ces faits soient présentés sans d’autres idées qui les entourent. Selon cette conception, le principe que —
  9. « L’Éducation est la science des relations », c’est-à-dire que l’enfant a une relation naturelle avec un vaste nombre de choses et de pensée : ainsi nous le formons avec des exercices physiques, de l’observation de la nature, des travaux manuels, de la science, des arts et un grand nombre de livres vivant car nous savons que notre tâche n’est pas de lui enseigner tout, à propos de n’importe quoi, mais de l’aider à faire autant qu’il peut « selon les affinités innées qui modèlent notre nouvelle existence aux choses existantes ».
  10. En concevant un programme pour un enfant normal, de quelque classe sociale qu’il soit, trois points doivent être considérés : (a) Le programme nécessite une grande quantité de connaissances, car l’esprit a besoin d’autant de nourriture que le corps. (b)La connaissance doit être variée, car une monotonie dans la diète mentale ne crée pas l’appétit (i.e. la curiosité). (c) La connaissance doit être communiquée dans un bon langage, parce que l’attention répond naturellement à ce qui est transmis dans un langage littéraire.
  11. Comme la connaissance n’est pas assimilée tant qu’elle n’est pas reproduite, l’enfant doit la « redire » après une seule lecture ou audition, ou doit écrire sur une partie du sujet qui a été lu.
  12. Nous insistons sur « une seule lecture » car les enfants ont, naturellement, un grand pouvoir d’attention; mais cette force est dissipée par la re-lecture de passages et aussi par l’interrogation, la récapitulation et autres. Agissant sur ces points et sur certains autres du comportement de l’esprit, nous avons trouvé que « l’éducabilité » des enfants est beaucoup plus grande que ce qui a été supposé jusqu’ici, et est peu dépendante des conditions telles que l’environnement et l’hérédité. Et cette affirmation ne se limite pas aux enfants brillants ou aux enfants de la classe éduquée : des milliers d’enfants des Écoles Élémentaires répondent librement à cette méthode, qui est basée sur le comportement de l’esprit.
  13. Il y a deux guides, pour l’autodirection morale et intellectuelle, qui doivent être offerts aux enfants, qu’on peut appeler « la voie de la volonté » et « la voie de la raison ».
  14. « La voie de la volonté » : On devrait enseigner aux enfants, (a) à distinguer entre Je veux et Je dois. (b) Que la voie de la volonté est effectivement de tourner le dos à ce que nous désirons, mais que nous ne devons pas. (c) Que la meilleure façon de nous détourner de nos désirs est de penser ou de faire quelque chose de très différent, amusant ou intéressant. (d) Qu’après un peu de repos de cette façon, la volonté revient au travail avec une nouvelle vigueur. Cette façon de faire nous est connue en tant que diversion, ce qui nous permet de nous libérer quelque temps de l’effort de volonté, pour que nous puissions « vouloir » encore avec plus de force. L’utilisation de la suggestion comme une aide à la volonté doit être désapprouvée car elle tend à abrutir et à faire des caractères stéréotypés. Il semblerait que la spontanéité est une condition du développement, et que la nature humaine a besoin autant de la discipline de l’échec que de celle du succès.
  15. « La voie de la raison »: nous enseignons aux enfants aussi, de ne pas être trop confiants dans leur propre compréhension; car la fonction de la raison est de donner la démonstration logique de (a) la vérité mathématique, (b) d’une idée initiale, acceptée par la volonté. Généralement, la raison est un guide infaillible, mais finalement, elle n’est pas toujours fiable; car que l’idée soit vraie ou fausse, la raison la confirmera par des preuves irréfutables.
  16. Par conséquent, nous devrions enseigner aux enfants, lorsqu’ils sont assez matures pour comprendre, que la première responsabilité qui repose sur eux, en tant que personne, est l’acceptation ou le rejet des idées. Pour les aider dans ce choix, nous leur donnons des principes de conduite, et un large éventail de connaissances appropriées. Ces principes devraient sauver les enfants d’une réflexion relâchée et d’actions irréfléchies qui font que plusieurs d’entre nous vivons à un niveau plus bas que celui qui nous est nécessaire.
  17. Nous ne permettons aucune séparation entre la vie intellectuelle et la vie spirituelle des enfants, mais nous leur enseignons que l’esprit divin a constamment accès à leur esprit et qu’il est leur soutien continuel dans tous leurs intérêts, devoirs et joies de la vie.

La devise des étudiants est « Je suis, je peux, je devrais, je ferai ».

Source : Wikipédia

Journal quotidien ( Charlotte Mason 2)


Bonjour tout le monde!

Je poursuis ce que j’ai débuté hier…  Charlotte Mason dans mon quotidien.

Un point charnière de sa philosophie : la narration.

La narration

Charlotte Mason explique ce que la narration est vraiment.J’aime cette citation…  elle rassemble l’essentiel de cette méthode.

Premièrement, « narrer» quelque chose, c’est « raconter » ou  encore « exposer » ce que nous avons lu.  D’ailleurs, on confond souvent le travail à faire : écrire une narration ce n’est pas résumer un texte mais bien de « le raconter » ce qui est complètement différent.  Ce n’est pas en faire le récit… c’est RACONTER.

Pour mieux comprendre, vous n’avez qu’à penser à un conteur qui raconte une légende ou une histoire, il ne donne pas le résumé d’une légende, il conte, à sa manière, une légende qu’il a entendue ou lue.

Faire une narration, c’est devenir un conteur!

Je sais que j’ai parlé plusieurs fois de la narration.  Alors, je me vois mal répéter ce que j’ai dit plusieurs fois sur ce même blogue… Je vous invite donc à relire mes publications qui font le tour de ma compréhension de la narration ( au fil du temps… ) :

 

Comment faire?

Pour les petits : narration orale seulement.   ( 1re année)

Maman lit une courte histoire.  On demande à l’enfant de dire ce qu’il en a retenu.

***Peu importe que tout soit dans le désordre, laissez l’enfant « raconter » ce qu’il a entendu.  Peu à peu, après un certain temps, l’enfant découvrira qu’il y a une structure dans une histoire : un début et une fin.

Si vous faites régulièrement l’exercice, les progrès arriveront rapidement.  Au départ, il retient peu…  mais tranquillement, il retient beaucoup!

Attention, on ne reprend pas l’enfant… on le laisse raconter même avec des erreurs!  C’est important de ne pas le reprendre pour ne pas interrompre le chemin mental de l’enfant.  Il ne faut pas l’arrêter et reprendre ensuite.  Même si cela ne fonctionne pas au départ, éventuellement, dans une autre narration, cela fonctionnera!

Pour les petits… un peu plus grand ( hihihi ) : narration orale seulement ( 2e – 3e année)

Maman lit une histoire ou l’enfant lit un petit paragraphe ou une courte histoire.  On demande à l’enfant de le raconter ensuite.

Pour les moyens : narration orale ( 4e année)

L’enfant lit lui-même son texte… un court chapitre pourrait faire l’affaire à cet âge.  Ici encore on demande de « raconter  » ce qu’il a lu.

*** À cet âge, MOI, je commence à demander des narrations plus élaborées (oralement).  Par exemple de me parler d’un personnage, d’un lieu en particulier, d’une expérience possible à faire, etc.  À cet âge, l’enfant peut raconter des chapitres entiers et même le livre en entier bien souvent.

Pour les moyens un peu plus grands ( 5-6e année) : narration orale et début de la narration écrite.

Au départ, l’élève raconte ce qu’il a lu…  tout simplement.  Il ne fait pas le résumé de l’histoire, il la «raconte» dans ses mots.  Éventuellement, lorsque l’enfant devient plus habile à l’écrit, on peut demander des narrations plus poussées : parler d’un personnage, d’un lieu, etc.  ( voir une liste de questions possibles dans les liens que j’ai donnés )

À l’écrit, je commence en 5e année par la narration d’un court paragraphe ou d’un très court texte.  L’écrit demeure un réel défi à cet âge.  Raconter oralement est une chose…. l’écrire tout autre!

À partir de la 6e année, l’écrit prend une grande place dans les narrations.

Chez nous :

  • 1-2-3-4e année narration orale seulement.
  • 5-6e année narration orale et 1-2 narrations écrites chaque semaine.
  • secondaire 1-5 narrations écrites principalement ( 5-6 chaque semaine ) je demande quelques narrations orales chaque semaine où je discute d’un sujet avec mon fils.

Les points négatifs…

Ne faire que ça…  hum…  je n’ai jamais pu le faire.

D’ailleurs, je ne pourrais pas ne faire que des narrations pour tout ce qu’on fait pour la simple raison que l’enfant n’apprend pas à « répondre adéquatement » à des questions écrites.  Ça semble ridicule, mais, pour moi, apprendre la formulation de la réponse est importante pour bien réussir des évaluations qui seront faites éventuellement.  Mes enfants devront réussir des examens à la fin du secondaire…  donc… ils doivent être en mesure de lire et répondre adéquatement à des questions.  Je fais donc passer quelques questionnaires de lecture « plus conventionnels » de temps en temps, pour veiller à ce que les enfants apprennent une démarche claire.

L’idée de raconter est géniale et fonctionne très bien chez nous… mais maman ne permet pas que ça!!!

Autre bémol?

Le temps…  la narration écrite prend beaucoup de temps!!!!!   Plus le niveau augmente, plus la narration devient complexe et longue à faire…  et à lire pour maman!

Le temps n’est pas élastique chez nous… donc je dois sélectionner les narrations les plus importantes à mes yeux.

Autre bémol?

Il faut une maman engagée…  il faut lire tout ce que l’enfant lit pour bien suivre le travail effectué…

Plusieurs enfants… plusieurs narrations à corriger!!!!

Ce que je fais : 

Je demande des narrations orales :

  • Chaque texte lu en classe
  • Lecture en science
  • Biographie d’auteur
  • Lecture en histoire
  • Lecture en géographie
  • etc…

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C’est merveilleux de lire ou entendre une narration : on découvre comment notre enfant retient ses informations et la route qu’il prend pour nous les raconter.

Bonne journée!

 

 

Journal quotidien ( je réponds)


Bon matin tout le monde!

Je profite de mon journal quotidien pour répondre à une question.

Tout le monde sait sur ce blogue, probablement en tout cas, que je m’inspire beaucoup de Charlotte Mason au quotidien.

Une maman me demande :

« Je sais que tu utilises beaucoup de choses qui proviennent de sa philosophie : poésie, recopie, musique, art, théâtre, narration, carnet nature, etc… Pourrais-tu nous parler de ce que tu utilises de sa méthode et comment tu l’appliques?  Par le fait même, tu pourras expliquer ce que tu laisses de côté. (…) »

J’ai découvert Charlotte Mason grâce à une maman école-maison il y a plus de 10 ans déjà! Depuis, plusieurs choses font effectivement parties de notre quotidien.  Je ne suis pas une spécialiste de Charlotte Mason…  loin de là.  J’ai lu ces volumes et plusieurs choses sur le net…

Je vais donc passer en revue tout ce que je fais qui s‘approche de sa philosophie mais loin de moi l’idée de tout savoir sur sa manière d’enseigner.

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La première chose que j’ai intégré est la recopie.  Facile à mettre en place et hautement efficace chez nous.

La recopie.

C’est devenu un incontournable dans ma classe-maison… quotidiennement!

Oui, oui…  chaque jour…

C’est très simple :

On recopie un petit quelque chose chaque jour.

Attention, ce n’est pas simplement un exercice ce copie…  au contraire, on parle ici d’un exercice fait avec minutie et « attention».

Il ne s’agit pas de copier bêtement une phrase mais bien de prendre le temps de mémoriser le mot « avant » de l’écrire.

Transcription should be an introduction to spelling. Children should be encouraged to look at the word, see a picture of it with their eyes shut, and then write from memory.

Charlotte Mason, vol.1

On parle donc d’une manière de faire qui va beaucoup plus loin qu’un simple exercice de copie.

Chez nous, on utilise toujours la même technique :

  1. On lit une première fois la phrase ou le court texte à recopier.  J’ai remarqué que les enfants repèrent souvent les mots nouveaux.
  2. On lit le premier mot ( en vieillissant, les enfants mémorisent plus d’un mot à la fois.)
  3. On ferme les yeux, on se rappelle le mot.
  4. On regarde à nouveau le mot si nécessaire pour en vérifier l’orthographe.
  5. On recopie le mot « de mémoire ».
  6. On vérifie et on passe au suivant.  On doit recopier la ponctuation aussi… naturellement.

Quoi copier?

Naturellement,  le choix du texte à recopier est important puisqu’il offre la possibilité d’implanter un vocabulaire plus riche et d’offrir de belles choses à « lire » .  Recopier, c’est aussi un exercice de mémorisation puisqu’on mémorise les mots avant de les écrire.  Une belle citation, une belle pensée, un extrait d’une lecture…  tout ça offre la possibilité d’acquérir une belle banque de mots, de phrases, d’idées pour écrire ensuite.

« Children should transcribe favorites passages.–A certain sense of possession and delight may be added to this exercise if children are allowed to choose for transcription their favourite verse in one poem and another. This is better than to write a favourite poem, an exercise which stales on the little people before it is finished. But a book of their own, made up of their own chosen verse, should give them pleasure.

Charlotte Mason vol. 1

L’important est de se rappeler que ce n’est pas la longueur du texte à copier qui est important mais la qualité du travail effectué.

Charlotte Mason était très « pointilleuse » sur la qualité du travail!

Chez nous, j’ai réellement remarqué une nette amélioration de l’orthographe même avec ce si petit travail.

Pourquoi recopier?

Charlotte Mason utilisait la recopie et la dictée comme base d’apprentissage de l’écrit : apprendre par l’observation.

Je suis désolée de dire ça…  mais…  je ne crois pas cela totalement possible en français…  il y a trop de règles, d’exceptions,… sans parler de la conjugaison!

Après l’avoir utilisé quotidiennement depuis 10 ans, je dirais que pour qu’il soit réellement efficace cet exercice, il faut pousser un peu plus loin le travail.

La langue française n’est pas la langue anglaise…  surtout pas à l’écrit.

Pour le rendre réellement efficace, j’ai ajouté :

  • L’analyse de la phrase : les classes de mots ( déterminant, nom, verbe, etc.), fonctions dans la phrase ( sujet, CC, COD, CI, attribut, etc…)
  • Je sélectionne mes phrases en fonction des notions à apprendre.

Je sais…  c’est un peu court comme explication, mais cela cerne déjà l’essentiel.  Si vous voulez plus d’informations, faites-moi signe!

Je vous laisse…  je suis en retard sur ma classe-maison!

Bonne journée et bonne semaine!

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Je viens de réaliser que j’en avais déjà parlé : cliquer ici