Catégorie : Journal quotidien 2017-2018

Journal quotidien


Pour certains enfants, les situations d’écriture semblent toujours plus difficiles à faire que d’autres.  Si j’observe ma propre classe-maison, il y a une ÉNORME différence entre chacun de mes quatre enfants.  Si, pour l’un, écrire sur un sujet d’invention prenait moins de 30 minutes, pour un autre, le même sujet prenait 2 heures…  pfft…  et parfois plus pour un autre !

Prenons, par exemple, une situation d’écriture comme celle de ce matin.

Pense à une nouvelle que tu pourrais écrire et dans laquelle un personnage verrait sa situation changer du tout au tout.  Ne rédige pas la nouvelle, fais-en plutôt un résumé d’une centaine de mots.  («Forum» p.62)

Résultats de recherche d'images pour « syndrome de la page blanche »Dès que j’ai mentionné le sujet, mon fils s’est retourné et a laissé échapper un très lourd soupir qui en disait long sur son intérêt.  Depuis, il rêvasse, cherche ses idées, joue avec deux aimants, observe différents objets devant lui, parle sans arrêt, dérange son frère, va à la salle de bain, boire un peu d’eau…  mais, n’écrit absolument rien.

Rassurez-vous, je ne vais pas le laisser «mijoter» dans son coin très longtemps puisque ce ne serait pas très productif comme matinée.  Par contre, j’aime bien l’idée qu’il expérimente le syndrome de la page blanche de temps en temps.  Si je vois qu’il ne fait rien dans une quinzaine de minutes, je lui proposerai quelques idées.

C’est souvent une situation très explosive dans certaines maisonnées puisqu’on a l’impression que rien ne se fait alors qu’en fait, ce n’est pas le cas.

Il SAIT que j’attends quelque chose de lui…

Il SAIT très bien que le travail proposé ne sera pas mis de côté sous prétexte que les idées ne viennent pas…

Il SAIT que lorsque je m’approcherai pour l’aider, il devra me prouver qu’il a tenté quelque chose.

Il ne fait donc pas «rien» puisque je sais qu’il y pense continuellement depuis 7:15  !

C’est dans ces moments que notre expérience en classe-maison nous recommande la bienveillance!!!

….  30 minutes plus tard

J’ai bien fait d’être patiente puisque son travail dépasse largement mes attentes !  Je ne l’ai même pas aidé, finalement.

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Journal quotidien


Il y a des jours où j’ai l’impression d’être sur la brèche, comme si j’étais montée sur un ressort!

Je suis continuellement prête à bondir…

Résultats de recherche d'images pour « hyperactivité »

Hélas, c’est incompatible avec mon désir d’une classe paisible comme je les aime.

Dans ces moments-là, je dois me parler intensément… très intensément…  puisque j’ai tendance à pousser les enfants pour qu’ils travaillent plus rapidement. J’ai l’impression que tout le monde est lent… soupirs…  mais, croyez-moi, je le sais : ce n’est pas eux le problème mais…  moi.

Ce n’est pas simple pour eux mais franchement pénible pour moi.

Je déteste tellement ces petites journées «occasionnelles» !

Heureusement, avec le temps qui passe, les années qui s’ajoutent, on apprend à se connaître et à reconnaître les symptômes avant qu’ils n’affectent le quotidien.  Maintenant, je suis en mesure de m’arrêter avant de laisser des traces derrière moi.  Ce matin, par exemple, j’ai donné un travail à chacun des enfants pour qu’ils travaillent en autonomie.  Pendant ce temps, j’ai eu l’occasion de courir ici et là et satisfaire mon hyperactivité du moment en travaillant à un rythme qui me convient mieux.

Si le temps améliore notre façon de travailler en classe-maison, il aide aussi à devenir de meilleures «accompagnantes» auprès des enfants.  On apprend à se discipliner davantage, à se modeler au rythme de notre propre classe-maison et non pas aux caprices du moment !

Bonne journée.

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Écrire n’a pas pour obligation d’être long et de prendre du temps…

On me demande régulièrement si je donne (souvent) des situations d’écriture à mes adolescents.  Oui, naturellement.  On me donne alors, immanquablement, la même réponse : mais…  ça prend tellement trop de temps !

Effectivement, c’est long pour certains enfants.  C’est même désespérément long pour quelques-uns.  Par contre, les effets positifs de ce travail d’écriture dépassent largement le temps déployé pour l’activité.  On ne réalise probablement pas à quel point le simple geste de poser un crayon sur une feuille blanche et créer un texte est important et crucial pour construire un bon français écrit.  Que dire de tout le travail qui s’y rattache : orthographe, grammaire, syntaxe, etc.

Cependant, doit-on écrire un texte de 3 pages pour faire un travail efficace ?  Absolument pas !  Au contraire, un texte court est souvent mieux construit et franchement mieux écrit.

Écrire ne devrait pas, justement, être pénible.  Spontanément, les enfants aiment raconter…  vraiment.  Ce qu’ils n’aiment pas c’est de «bien» écrire, d’être obligé de respecter une tonne de contraintes et sur des sujets qu’ils ne comprennent pas toujours totalement.  Voilà pourquoi il faut multiplier les sujets d’écriture pour que l’enfant comprenne rapidement qu’écrire n’est pas toujours simple, c’est vrai, mais possible.

On explique les contraintes, on donne des pistes de réflexions, on propose des idées, on ne les laisse pas devant une feuille blanche pendant des heures.  Écrire ne devrait pas prendre du temps…  on devrait, spontanément, avoir quelque chose à dire.

Si on multiplie les activités d’écriture, l’enfant ne se sent pas coincé dans le travail proposé puisqu’il sait qu’échouer à l’exercice n’y change rien puisqu’on lui présentera d’autres projets les jours suivants où il sera sans doute meilleur!

Si on fait en sorte qu’un projet d’écriture soit un «événement» dans le travail à faire en français (puisque l’enfant n’écrit jamais), le poids du travail pèse très lourdement sur lui.

C’est loin d’être une bonne idée, au contraire, on ne lui donne aucune possibilité de s’améliorer vraiment.

Si, quotidiennement, on lui demande d’écrire quelque chose…  oui, même une banalité, il apprend à se sécuriser lui-même.  De plus, il ne voit plus ses erreurs à l’écrit comme une montagne insurmontable mais comme le moteur des apprentissages à venir (si, comme moi, vous vous servez des erreurs pour améliorer le prochain travail).

Alors, pas de stress…  une période d’écriture de devrait JAMAIS se terminer dans les larmes, même pour les petits.  Si c’est le cas, c’est à vous, maman, de trouver un moyen plus simple de le faire écrire : une courte phrase chaque jour, un court paragraphe sur des sujets très simples, différents types de textes, raconter un événement, un film, une lecture, etc.

Écrire doit rester un processus plaisant !

 

Journal quotidien


Je vous fais une confession : je déteste le changement d’heure !

Si, comme moi, vous êtes une personne qui se lève tôt naturellement, ce changement d’heure automnal est carrément l’enfer.

Franchement, dites-moi, qui désire se lever à 4:00 quand ce n’est pas une obligation ?

Tout le monde dort chez nous…  tout le monde…  sauf moi, naturellement.  Pfft…

Journal quotidien


Une autre semaine qui débute chez nous demain.  Le temps file, le mois de novembre se pointera déjà cette semaine!!!!

————-

Comme mes deux derniers sont au secondaire, notre travail est pas mal moins «WOW» qu’au primaire.  On se concentre sur le travail à faire et les enfants ne s’en plaignent pas trop.

Ce que j’apprécie de ce groupe d’âge c’est qu’ils deviennent beaucoup plus autonomes.  Ils travaillent bien, rigoureusement bien souvent et les interactions entre eux et moi deviennent réellement intéressantes dans un contexte scolaire.  C’est une période où ils se posent régulièrement des questions, ils veulent et cherchent des réponses, et ils découvrent avec plaisir que la curiosité intellectuelle peut être nourrie !

Je n’ai toujours pas assez de temps pour tout faire…  soupirs…  mais, franchement, mes priorités sont bien différentes maintenant.  J’accompagne mes enfants dans leur travail…  tout simplement.  Peu m’importe le temps que ça prendra, on terminera ces manuels un jour ou l’autre !  J’avance…  j’avance…   en gardant en tête que ce n’est pas moi qui avance mais bien «eux» ce qui entraîne une atmosphère fort différente en classe.

Je l’avoue, j’ai eu beaucoup de misère à lâcher prise…  et je dois me retenir par moment.  Comme je suis une hyperactive, j’ai tendance à pousser tout le monde autour de moi pour qu’ils me suivent.  J’ai toujours l’impression que les autres prennent une éternité à réfléchir, à comprendre ou à exécuter les choses.

C’est en accompagnant d’autres enfants que j’ai réalisé à quel point certains ont besoin de cette éternité, justement, pour bien comprendre.  Malheureusement, le programme, à partir de secondaire 3, n’est pas fait pour un élève qui prend son temps !  Il faut donc réfléchir longuement sur la pertinence de certaines choses à faire pour choisir une route acceptable et mieux adaptée.

Dans notre classe demain matin :

 

Période 1 :  Dictée (7:00)

  1. Secondaire 1 : ce / se / ceux (p.23)
  2. Secondaire 3 : Tout / tous (p.84)

Période 2 : Grammaire/conjugaison (7:15-7:45)

Je me promène dans plusieurs manuels pour travailler, ou retravailler, ce que je juge nécessaire pour l’instant.  D’ailleurs, dès que je repère une difficulté particulière à l’écrit, je travaille cette notion dès le lendemain ou les jours suivants.  Je m’assure de sa compréhension «réelle» au fur et à mesure que nous avançons.  Je vois de très bons résultats depuis que je travaille de cette manière.  Je regroupe aussi, chaque fois que cela est possible, les deux enfants puisque plusieurs notions à travailler ou retravailler sont identiques pour les deux niveaux.

Cette semaine, on se concentre sur de la conjugaison : imparfait et plus-que-parfait.  (avec le plus-que-parfait, on revoit les participes passés avec avoir).


Période 3 : Français (Travail sur le texte ou écriture) (7:45 – 8:45)

Je m’étais bien dit que je n’utiliserais qu’un seul manuel cette année…  mais…  c’est loin d’être facile.

Que voulez-vous, j’aime la liberté que me donne la promenade d’un manuel à un autre !  Comme mon fils aimait particulièrement mes choix de textes, il me demande souvent de revenir « comme avant ».

Cette semaine, pour Halloween, j’ai décidé de respecter son désir en proposant deux textes n’appartenant pas à son manuel de travail de base.

J’ai bien peur d’ouvrir une porte qu’il sera difficile de refermer ensuite.

Nos textes du jour :

  1. Secondaire 1 : L’anniversaire d’antan
  2. Secondaire 3 :  Projet d’écriture.

 


8:45 à 9:05  – petite pause collation


Période 4 : Mathématique (9:05 – 10:15)

J’aime particulièrement ce cahier de CEC.   Franchement, j’aurais dû y penser pour mon troisième.  Il est moins intense que «Point de Mire» ce qui me donne pas mal plus de temps pour approfondir «vraiment» les notions avec lui.  Si l’année se poursuit ainsi jusqu’à la fin, ce sera franchement extraordinaire puisque toutes les notions seront probablement assimilées correctement !

Je suis toujours déçue de voir les programmes passer rapidement sur les notions et ne proposer que quelques exercices réels pour en comprendre la façon de faire.  On a toujours l’impression de survoler la matière au lieu de s’y attarder suffisamment longtemps pour comprendre ce que l’on fait.  En utilisant un cahier plus simple, je me donne la possibilité de faire des ateliers, des activités de manipulation, un peu de recherche, etc.  On prend le temps…  vraiment le temps…  de faire les choses.  De plus, j’ai le temps de revenir sur la matière déjà vue !

Secondaire 1 : Une courte situation-problème trouvée sur le net : Un voyage à Disney

Décidément, c’est une année d’ajustement chez nous.  J’ai abandonné le cahier «Point de Mire» pour mon fils 3.  J’ai décidé de reprendre un programme que j’avais utilisé avec mes deux plus vieux : Intersection de Graficor

Je garde mon cahier «Point de Mire » pour quelques exercices supplémentaires quand j’en sens le besoin.

Pour le moment, j’ai l’impression de revenir dans mes bons vieux souliers.  Ici encore, on sent qu’on installe les notions au lieu de courir pour faire une multitude d’exercices sans trop comprendre ce que l’on fait.  Comme c’est une année particulièrement importante, j’aime sentir que mon fils maîtrise ce qu’il fait.

Demain, une situation-problème pour lui aussi : La fonte graphique ( p.51)


Période 5 (10:15 – 11:15)

Géographie pour mon fils de secondaire 1

Nous avons pratiquement terminé ce premier cahier.  Cette semaine, je lui propose de faire le projet suggéré par le programme : un diaporama sur une métropole, de son choix, dans le monde.

Ce diaporama doit démontrer que cette ville choisie est une métropole et expliquer un enjeu auquel cette métropole doit faire face.

Ce petit projet prendra plus qu’un 60 minutes de travail alors, il devra trouver du temps pour le terminer. ( J’utilise souvent ce genre de travail pour lui apprendre à gérer son temps d’une façon autonome )

Histoire pour mon fils de secondaire 3

Nous avons passé plusieurs semaines en sciences, maintenant on rattrape notre retard en histoire depuis la semaine passée.  Il a pratiquement terminé sa première séquence de travail sur les premiers occupants.

Voici un petit document pour réviser ce premier dossier.

Révision_module 1


Période 6 : Anglais (11:15 – …)

On travaille dans plusieurs cahiers ou manuels chez nous.

Demain c’est dans ceux-ci :

 

 

 

  1. Secondaire 1 : Lecture : Samuel de Champlain + questions  (p.14 – 15)
  2. Secondaire 2 : Grammar : Simple Past Tense.

Une revue que nous apprécions chez nous.

Ils doivent me lire une histoire (au choix) de cette revue cette semaine.

 


Période 7 : projet personnel (13:00 – …)

Je leur demande de travailler sur un petit projet personnel.

  1. Secondaire 1 : Cette semaine, il explore un métier : l’ébénisterie.
  2. Secondaire 2 : On verra demain…  présentement, il y pense.

Ce petit projet, peu importe à quoi il consiste, n’est là que pour leur donner le goût de s’investir un peu, de chercher, de découvrir, etc.  Ça peut être n’importe quoi !


Période 8 : lecture obligatoire

Secondaire 1 : Il lit présentement :

Cette lecture est accompagné d’un travail écrit qui varie d’une lecture à une autre.  Dans ce cas-ci, il s’agit d’un questionnaire de lecture et de la création d’une affiche de film ( à la fin ).  Pour le moment, il est à mi-parcours.

 

Secondaire 2 :

Il débute cette semaine.  Demain, on découvre la couverture, la quatrième, etc.

Ce roman sera accompagné d’un travail.

 


 

Journal quotidien


Avec cet automne si différent des autres, on peine à bien travailler en classe-maison.  Qui n’aimerait pas se promener dehors avec d’aussi belles journées au lieu de faire la classe?!?

Comme nous savons que ce merveilleux temps se terminera très bientôt, on a l’impression que sortir nous permet d’engranger un peu de lumière, de chaleur, de beauté avant les semaines ternes de novembre ou les grands froids de janvier.  Nul doute possible, l’hiver arrivera bientôt.

En attendant, mes grands enfants, au lieu de travailler rigoureusement, rêvent encore de jouer dehors !  Imaginez un peu mes deux grands de 12 et 14 ans qui s’élancent encore dans les feuilles!  Pfft…   Je me demande souvent si mes enfants sont normaux! C’est vrai qu’il n’y a pas beaucoup d’adolescents dans mon coin qui jouent dehors…  à vrai dire, aucun. Ha !

Je vais vous surprendre mais j’adore voir mes grands « s’amuser » malgré l’adolescence.  Naturellement, ils ne passent plus 2-3 heures à jouer dehors dans les feuilles, mais suffisamment en tout cas pour les voir revenir les joues rouges et le regards pétillants et heureux.

J’aime ma petite famille « étrange » et « différente ».  J’espère toujours qu’elle restera ainsi : un peu marginale.

Bonne soirée.

 

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« En fidèles robots, ils tournent les pages d’un cahier, multipliant les exercices, mais ils ne comprennent absolument rien de ce qu’ils font.  Malgré un retour fréquent sur les notions, lorsque vient l’évaluation et dans le meilleur des cas, un quart (ou un tiers) de mes élèves réussissent à reproduire ce qu’ils ont fait dans les exercices (souvent surpris d’avoir réussi ), un autre quart (parfois un tiers) s’en sortent de justesse (ne sachant pas trop comment ils y sont arrivés) et la demie restante échouent lamentablement. »

Cette affirmation, provenant d’un professeur au secondaire, me rappelle une publication que j’ai faite il y a quelques jours…

Je me questionne présentement…  tellement…  mon troisième n’est pas un élève qui réussit extrêmement facilement en mathématique.  Malgré l’attention que je porte à la matière, il semble toujours traîner lorsque vient le temps de faire les problèmes.  Il ne semble «jamais» réellement maîtriser les notions adéquatement avant de se retrouver en face des nombreux problèmes proposés.

Je me questionne…  Comme il est en secondaire 3, année charnière à mon avis, il DOIT réellement comprendre ce qu’il fait cette année.  Ce secondaire 3 est réellement important pour les deux prochaines années en mathématique puisqu’il représente la première marche de plusieurs notions importantes.  Comme il désire poursuivre en science…  ouf…  on doit travailler fort !

J’y travaille…  J’y travaille…  vous n’avez pas idée !

Comme mon premier avait «énormément» de facilité en mathématique, je ne me suis pas trop questionnée…  Pour mon deuxième, différent du premier,  j’ai pu remarquer plusieurs «coins sombres» qui semblent se répéter avec mon troisième présentement.   Inutile de vous dire que je souhaite corriger la situation au plus vite !

Oh que je suis en état d’alerte présentement, si vous saviez! ha!

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Il faut avoir enseigné au secondaire pour réaliser à quel point les manuels proposent un programme chargé qui n’amène pourtant pas toujours l’élève à l’endroit où on aimerait le voir arriver.  On propulse rapidement les élèves dans des résolutions de problèmes alors qu’ils n’ont pas eu la chance, bien souvent, de maîtriser la notion elle-même.

On a souvent tendance à survoler la leçon, diriger l’enfant vers ce qu’on attend de lui mais il n’a jamais véritablement le temps d’assimiler correctement ce qu’il vient d’apprendre.  Je déteste ça.  Je m’ennuie du temps où les cahiers étaient dirigés vers la connaissance au lieu de la compétence.  On faisait nettement plus d’exercices en amont avant de se lancer dans des problèmes qui demandent une bonne assimilation de la notion.

Je me rends compte qu’on tente toujours, par tous les moyens, de faire tous les numéros proposés dans le manuel au lieu de se concentrer sur la compréhension réelle de la notion.  Comme on a toujours l’impression que multiplier les problèmes rendra l’enfant meilleur, on les fait tous…  mais cela le rend-il réellement meilleur?   Et bien, non.  Justement.  En tout cas, pas tous les enfants.

Lorsque je repense à mon plus vieux qui réussissait très facilement son programme de mathématique, je me rends compte que c’était principalement parce qu’il comprenait «réellement» ce qu’il faisait.  Je me souviens de certaines sections de géométrie ou de trigonométrie où, franchement, il était incroyable.  Il pouvait représenter ou expliquer la situation avant même de résoudre le problème.  Pour lui, c’était clair…  donc, totalement facile.

Je me demande toujours pourquoi j’insiste autant à reproduire ce qui ne fonctionne pas totalement…  soupirs…  J’imagine que je me rassure ainsi.  J’aurai l’audace de faire autrement lorsque je n’aurai plus d’enfants en classe j’imagine! hihihi.

Si j’étais sage…  Si…  Je sais très bien que je m’écouterais davantage.

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Une chose est certaine, prendre son temps est fabuleux pour le moral mais catastrophique pour tout le programme à couvrir ! ha !  Il y a des jours où on a réellement l’impression de faire du « sur place » tellement nous avançons lentement dans nos programmes.  Naturellement, les enfants ont le moral en hausse et le mien est à la baisse…  Comment concilier le rêve de prendre son temps avec toute la matière à voir ?

Il y a énormément d’éléments positifs à «prendre son temps» puisqu’on a réellement le temps de bien faire les choses.

Quel plaisir de relire une troisième fois un texte pour simplement le mettre en voix.

Quel soulagement de voir un adolescent réussir tous ses numéros de mathématique tout simplement parce qu’il prend le temps de les faire.

Quel fierté de voir son gamin prendre le temps de recopier plusieurs fois les exceptions d’une notion de grammaire pour s’en rappeler éventuellement.

Je l’avoue, prendre son temps porte des fruits que l’on ne voit pas autrement.  C’est dans des situations comme celles-là que je me questionne sur notre lourd programme scolaire.  Sérieusement, qu’est-ce qui est le plus payant : exécuter plusieurs cours rapidement et les comprendre à moitié ou faire quelques cours en prenant réellement le temps de les faire ?

Soupirs…  Je suis certaine que vous pensez comme moi.


Je vous laisse sur notre poème à réciter cette semaine :

Les éléphants

Le sable rouge est comme une mer sans limite,
Et qui flambe, muette, affaissée en son lit.
Une ondulation immobile remplit
L’horizon aux vapeurs de cuivre où l’homme habite.

Nulle vie et nul bruit. Tous les lions repus
Dorment au fond de l’antre éloigné de cent lieues,
Et la girafe boit dans les fontaines bleues,
Là-bas, sous les dattiers des panthères connus.

Pas un oiseau ne passe en fouettant de son aile
L’air épais, où circule un immense soleil.
Parfois quelque boa, chauffé dans son sommeil,
Fait onduler son dos dont l’écaille étincelle.

Tel l’espace enflammé brûle sous les cieux clairs.
Mais, tandis que tout dort aux mornes solitudes,
Lés éléphants rugueux, voyageurs lents et rudes
Vont au pays natal à travers les déserts.

D’un point de l’horizon, comme des masses brunes,
Ils viennent, soulevant la poussière, et l’on voit,
Pour ne point dévier du chemin le plus droit,
Sous leur pied large et sûr crouler au loin les dunes.

Celui qui tient la tête est un vieux chef. Son corps
Est gercé comme un tronc que le temps ronge et mine
Sa tête est comme un roc, et l’arc de son échine
Se voûte puissamment à ses moindres efforts.

Sans ralentir jamais et sans hâter sa marche,
Il guide au but certain ses compagnons poudreux ;
Et, creusant par derrière un sillon sablonneux,
Les pèlerins massifs suivent leur patriarche.

L’oreille en éventail, la trompe entre les dents,
Ils cheminent, l’oeil clos. Leur ventre bat et fume,
Et leur sueur dans l’air embrasé monte en brume ;
Et bourdonnent autour mille insectes ardents.

Mais qu’importent la soif et la mouche vorace,
Et le soleil cuisant leur dos noir et plissé ?
Ils rêvent en marchant du pays délaissé,
Des forêts de figuiers où s’abrita leur race.

Ils reverront le fleuve échappé des grands monts,
Où nage en mugissant l’hippopotame énorme,
Où, blanchis par la Lune et projetant leur forme,
Ils descendaient pour boire en écrasant les joncs.

Aussi, pleins de courage et de lenteur, ils passent
Comme une ligne noire, au sable illimité ;
Et le désert reprend son immobilité
Quand les lourds voyageurs à l’horizon s’effacent.

Charles-Marie LECONTE DE LISLE

 

 

Journal quotidien


Je n’aurais jamais cru possible vivre une situation nouvelle dans ma classe-maison après toutes ces années….  Pfft…

Figurez-vous que mes deux derniers ont décidé, que dorénavant, ils prendraient leur temps pour travailler.

Une chose dite de cette façon apparaît sûrement tout à fait logique et sensée mais, dans les faits, c’est loin d’être aussi simple !

Trouvant que le rythme est trop soutenu présentement, mes chers fils ont décidé qu’ils travailleraient tranquillement sur leurs travaux sans se précipiter, sans se questionner sur le temps que cela prend pour faire le travail : on prend son temps, tout simplement.

Résultat ?

Ils ne font même pas la moitié de ce qu’on attend des élèves de ces niveaux scolaires ! Ha!  Une vraie farce.

J’ai bien rigolé lorsqu’ils ont étalé leurs arguments, prétextant «l’épuisement», la «pression psychologique constante», la grande différence entre la façon de travailler au primaire et au secondaire, l’importance de «bien faire les choses», etc…  Ils ont longuement étalé leurs constats : on travaille trop rapidement sur trop de matières en même temps.

Ah les enfants…  Ils seront toujours pour moi une source inépuisable de surprises! Hihihi.

Heureusement que je suis une bonne négociatrice auprès d’eux 😉