Une mise au jeu difficile (texte)


Voici le texte à l’étude ce matin dans la classe de mon 6e.


Le football

Alceste nous a donné rendez-vous, à un tas de copains de la classe, pour cet après-midi dans le terrain vague, pas loin de la maison. Alceste c’est mon ami, il est gros, il aime bien manger, et s’il nous a donné rendez-vous, c’est parce que son papa lui a offert un ballon de football tout neuf et nous allons faire une partie terrible. Il est chouette, Alceste.

Nous nous sommes retrouvés sur le terrain à trois heures de l’après-midi, nous étions dix-huit. Il a fallu décider comment former les équipes, pour qu’il y ait le même nombre de joueurs de chaque côté.

Pour l’arbitre, ça a été facile.  Nous avons choisi Agnan.  Agnan c’est le premier de la classe, on ne l’aime pas trop, mais comme il porte des lunettes on ne peut pas lui taper dessus, ce qui, pour un arbitre, est une bonne combine. Et puis, aucune équipe ne voulait d’Agnan, parce qu’il est pas très fort pour le sport et il pleure trop facilement. Là où on a discuté c’est quand Agnan a demandé qu’on lui donne un sifflet. Le seul qui en avait un, c’était Rufus, dont le papa est agent de police.

«Je ne peux pas le prêter, mon sifflet à roulette, a dit Rufus, c’est un souvenir de famille. » II n’y avait rien à faire. Finalement, on a décidé qu’Agnan préviendrait Rufus et Rufus sifflerait à la place d’Agnan.

« Alors? On joue ou quoi? Je commence à avoir faim, moi! » a crié Alceste.

Mais là où c’est devenu compliqué, c’est que si Agnan était arbitre, on n’était plus que dix-sept joueurs, ça en faisait un de trop pour le partage. Alors, on a trouvé le truc il y en a un qui serait arbitre de touche et qui agiterait un petit drapeau, chaque fois que la balle sortirait du terrain. C’est Maixent qui a été choisi. Un seul arbitre de touche, ce n’est pas beaucoup pour surveiller tout le terrain mais Maixent court très vite, il a des jambes très longues et toutes maigres, avec de gros genoux sales. Maixent, il ne voulait rien savoir, il voulait jouer au ballon, lui, et puis il nous a dit qu’il n’avait pas de drapeau. Il a tout de même accepté d’être arbitre de touche pour la première mi-temps. Pour le drapeau, il agiterait son mouchoir qui n’était pas propre, mais bien sûr, il ne savait pas en sortant de chez lui que son mouchoir allait servir de drapeau.

« Bon, on y va? » a crié Alceste.

Après, c’était plus facile, on n’était plus que seize joueurs.

Il fallait un capitaine pour chaque équipe. Mais tout le monde voulait être capitaine. Tout le monde sauf Alceste, qui voulait être goal, parce qu’il n’aime pas courir. Nous, on était d’accord, il est bien, Alceste, comme goal; il est très large et il couvre bien le but. Ça laissait tout de même quinze capitaines et ça en faisait plusieurs de trop.

« Je suis le plus fort, criait Eudes, je dois être capitaine et je donnerai un coup de poing sur le nez de celui qui n’est pas d’accord!

— Le capitaine c’est moi, je suis le mieux habil­lé! » a crié Geoffroy, et Eudes lui a donné un coup de poing sur le nez.

C’était vrai, que Geoffroy était bien habillé, son papa, qui est très riche, lui avait acheté un équipe­ment complet de joueur de football, avec une che­mise rouge, blanche et bleue.

« Si c’est pas moi le capitaine, a crié Rufus, j’appelle mon papa et il vous met tous en prison! »

Moi, j’ai eu l’idée de tirer au sort avec une pièce de monnaie. Avec deux pièces de monnaie, parce que la première s’est perdue dans l’herbe et on ne l’a jamais retrouvée. La pièce, c’était Joachim qui l’avait prêtée et il n’était pas content de l’avoir perdue; il s’est mis à la chercher, et pourtant Geoffroy lui avait promis que son papa lui enver­rait un chèque pour le rembourser. Finalement, les deux capitaines ont été choisis : Geoffroy et moi.

« Dites, j’ai pas envie d’être en retard pour le goûter, a crié Alceste. On joue? »

Après, il a fallu former les équipes. Pour tous, ça allait assez bien, sauf pour Eudes. Geoffroy et moi, on voulait Eudes, parce que, quand il court avec le ballon, personne ne l’arrête. Il ne joue pas très bien, mais il fait peur. Joachim était tout con­tent parce qu’il avait retrouvé sa pièce de monnaie, alors on la lui a demandée pour tirer Eudes au sort, et on a perdu la pièce de nouveau. Joachim s’est remis à la chercher, vraiment fâché, cette fois-ci, et c’est à la courte paille que Geoffroy a gagné Eudes. Geoffroy l’a désigné comme gardien de but, il s’est dit que personne n’oserait s’approcher de la cage et encore moins mettre le ballon dedans. Rudes se vexe facilement. Alceste mangeait des biscuits, assis entre les pierres qui marquaient son but. Il n’avait pas l’air content. « Alors, ça vient, oui? » il criait.

On s’est placés sur le terrain. Comme on n’était que sept de chaque côté, à part les gardiens de but, ça n’a pas été facile. Dans chaque équipe on a commencé à discuter. Il y en avait des tas qui voulaient être avants-centres. Joachim voulait être arrière-droit, mais c’était parce que la pièce de monnaie était tombée dans ce coin et il voulait continuer à la chercher tout en jouant.

Dans l’équipe de Geoffroy ça s’est arrangé très vite, parce que Eudes a donné des tas de coups de poing et les joueurs se sont mis à leur place sans protester et en se frottant le nez. C’est qu’il frappe dur, Eudes!

Dans mon équipe, on n’arrivait pas à se mettre d’accord, jusqu’au moment où Eudes a dit qu’il viendrait nous donner des coups de poing sur le nez à nous aussi : alors, on s’est placés.

Agnan a dit à Rufus : « Siffle! » et Rufus, qui jouait dans mon équipe, a sifflé le coup d’envoi. Geoffroy n’était pas content. Il a dit : « C’est malin! Nous avons le soleil dans les yeux! Il n’y a pas de raison que mon équipe joue du mauvais côté du terrain!»

Moi, je lui ai répondu que si le soleil ne lui plai­sait pas, il n’avait qu’à fermer les yeux, qu’il jouerait peut-être même mieux comme ça. Alors, nous nous sommes battus. Rufus s’est mis à souffler dans son sifflet à roulette.

« Je n’ai pas donné l’ordre de siffler, a crié Agnan, l’arbitre c’est moi! » Ça n’a pas plu à Rufus qui a dit qu’il n’avait pas besoin de la permission d’Agnan pour siffler, qu’il sifflerait quand il en aurait envie, non mais tout de même. Et il s’est mis à siffler comme un fou. «Tu es méchant, voilà ce que tu es! » a crié Agnan, qui a commencé à pleurer.

« Eh, les gars! » a dit Alceste, dans son but.

Mais personne ne l’écoutait. Moi, je continuais à me battre avec Geoffroy. je lui avais déchiré sa belle chemise rouge, blanche et bleue, et lui il disait : «Bah, bah, bah! Ça ne fait rien! Mon papa, il m’en achètera des tas d’autres! » Et il me don­nait des coups de pied, dans les chevilles. Rufus courait après Agnan qui criait : « J’ai des lunettes! J’ai des lunettes! » Joachim, il ne s’occupait de per­sonne, il cherchait sa monnaie, mais il ne la trou­vait toujours pas. Eudes, qui était resté tranquille­ment dans son but, en a eu assez et il a commencé à distribuer des coups de poing sur les nez qui se trouvaient le plus près de lui, c’est-à-dire sur ceux de son équipe. Tout le monde criait, courait. On s’amusait vraiment bien, c’était formidable!

« Arrêtez, les gars! » a crié Alceste de nouveau.

Alors Eudes s’est fâché. « Tu étais pressé de jouer, il a dit à Alceste, eh! bien, on joue. Si tu as quelque chose à dire, attends la mi-temps! »

« La mi-temps de quoi? a demandé Alceste. Je viens de m’apercevoir que nous n’avons pas de ballon, je l’ai oublié à la maison! »

Tiré de «Le petit Nicolas»


Le début du récit

  1. Où et quand l’action se passe-t-elle ?
  2. Quels liens unissent les personnages ?
  3. Combien sont-ils ?
  4. Dans quel but se rencontrent-ils ?

Le coeur du récit

  1. Que doivent faire Nicolas et ses copains avant de jouer ?
  2. Pour quoi commencent-ils ?
  3. Pourquoi Nicolas suggère-t-il de choisir les capitaines d’équipe par un tirage au sort ?
  4. Quels joueurs sont choisis comme capitaine ?
  5. De quelle manière a-t-on déterminé l’équipe que joindrait Eudes ?
  6. Qu’a fait Eudes pour que les joueurs des deux équipes prennent rapidement leur place ?
  7. Pour quelle raison Geoffroy et Nicolas se battent-ils ?

La fin du récit

  1. Comment le récit se termine-t-il ?
  2. Que peux-tu dire des différents personnages ?

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Enfants de riches, enfants de pauvres (texte- 6e)


Nous avons travaillé ce petit texte ce matin.  Un court texte qui a permis d’éclaircir une tonne de petites choses «de la vraie vie».

Quel plaisir de prendre un texte pour introduire de belles discussions sur l’humiliation, le mépris, la honte, l’animosité entre enfants, la haine de la différence, le désespoir, la colère, etc.


La mère de Jean-Christophe est employée dans une famille de riches bourgeois. Un jour, on emmène le jeune garçon au jardin pour jouer avec les enfants de la maison.

   Ils se mirent à jouer. Comme Christophe commençait à se rassurer un peu, le petit bourgeois tomba en arrêt devant lui, et, touchant son habit, il dit:
– Tiens, c’est à moi!

Christophe ne comprenait pas. Indigné de cette prétention que son habit fût à un autre, il secoua la tête avec énergie pour nier.

– Je le reconnais bien! fit le petit; c’est mon vieux veston bleu; il y a une tache là.

Et il y mit le doigt. Puis, continuant son inspection, il examina les pieds de Christophe et lui demanda avec quoi étaient faits les bouts de ses souliers rapiécés. Christophe devint cramoisi. La fillette fit la moue et souffla à son frère – Christophe l’entendit – que c’était un pauvre. Christophe en retrouva la parole. Il crut combattre victorieusement cette opinion injurieuse en bredouillant d’une voix étranglée qu’il était le fils de Melchior Krafft, et que sa mère était Louisa la cuisinière. Il lui semblait que ce titre était aussi beau que quelque autre que ce fût, et il avait bien raison. Mais les deux autres petits, que d’ailleurs la nouvelle intéressa, ne parurent pas l’en considérer davantage. Ils prirent au contraire un ton de protection. Ils lui demandèrent ce qu’il ferait plus tard, s’il serait aussi cuisinier ou cocher; Christophe retomba dans son mutisme. Il sentait comme une glace qui lui pénétrait le cœur.

   Enhardis par son silence, les deux petits riches, qui avaient pris brusquement pour le petit pauvre une de ces antipathies d’enfant, cruelles et sans raison, cherchèrent quelque moyen amusant de le tourmenter. La fillette était particulièrement acharnée. Elle remarqua que Christophe avait peine à courir à cause de ses vêtements étroits; et elle eut l’idée raffinée de lui faire accomplir des sauts d’obstacle. On fit une barrière avec des petits bancs, et on mit Christophe en demeure de la franchir. Le malheureux garçon n’osa pas dire ce qui l’empêchait de sauter; il rassembla ses forces, se lança et s’allongea par terre. Autour de lui, c’étaient des éclats de rire. Il fallut recommencer. Les larmes aux yeux, il fit un effort désespéré, et, cette fois, réussit à sauter. Cela ne satisfait point nos bourreaux, qui décidèrent que la barrière n’était point assez haute, et ils y ajoutèrent d’autres constructions, jusqu’à ce qu’elle devînt un casse-cou. Christophe essaya de se révolter. Alors la petite fille l’appela lâche et dit qu’il avait peur. Christophe ne put le supporter; et, certain de tomber, il sauta et tomba. Ses pieds se prirent dans l’obstacle; tout s’écroula avec lui. Il s’écorcha les mains, faillit se casser la tête; et, pour comble de malheur, son vêtement éclata aux genoux, et ailleurs. Il était malade de honte; il entendait les deux enfants danser de joie autour de lui; il souffrait d’une façon atroce. Il sentait qu’ils le méprisaient…pourquoi? Il aurait voulu mourir! Pas de douleur plus cruelle que celle de l’enfant qui découvre pour la première fois la méchanceté des autres: il se croit persécuté par le monde entier, et il n’a rien qui le soutienne: il n’y a plus rien! Christophe essaya de se relever; le petit bourgeois le poussa et le fit tomber; la fillette lui donna des coups de pied. Il essaya de nouveau; ils se jetèrent sur lui tous deux, s’asseyant sur son dos, lui appuyant la figure contre la terre. Alors une rage le prit: c’était trop de malheurs: Sa figure qui le brûlait, son bel habit déchiré, une catastrophe pour lui! – la honte, le chagrin, tant de misères à la fois se fondirent en une fureur folle. Il s’arc-bouta sur ses genoux et ses mains, se secoua comme un chien, fit rouler ses persécuteurs; et comme ils revenaient à la charge, il fonça tête baissée sur eux, gifla la petite fille, et jeta d’un coup de poing le garçon au milieu d’une plate-bande.

Ce furent des hurlements.  Les enfants se sauvèrent à la maison avec des cris aigus.  On entendit les portes battre, et des exclamations de colère.  La dame accourut, aussi vite que la traîne de sa robe pouvait le lui permettre.  Christophe la voyait venir, et il ne cherchait pas à fuir ; il était terrifié de qu’il avait fait : c’était une chose inouïe, un crime ; mais il ne regrettait rien.  Il attendait.  Il était perdu.  Tant mieux ! Il était réduit au désespoir.

cramoisi – très rouge
faire la moue – faire la grimace indiquant le mécontentement
le mutisme – état de celui qui reste muet
enhardis – encouragés
persécuté – tourmenté, harcelé

Romain Rolland, Jean-Christophe, «L’Aube».


Comprendre et expliquer

  1. Que font les deux enfants riches pour humilier Jean-Christophe?
  2. Explique « il sentait comme une glace qui lui pénétrait le coeur»
  3. Pourquoi l’enfant accepte-t-il de sauter alors qu’il sait qu’il tombera ?  Pourquoi est-il ensuite «malade de honte» ?
  4. Explique «mépriser» et «haïr» en montrant leur différence.
  5. Quels sont les trois mots qui expliquent que le «bon Christophe» ait pu se résoudre à frapper ses persécuteurs ?
  6. Pourquoi ne cherche-t-il pas à fuir?
  7. Explique ce qui rend la conduite des deux enfants riches particulièrement odieuse.
  8. Résume l’essentiel de ce passage en une dizaine de lignes.
  9. Penses-tu qu’aujourd‘hui les jeunes attachent une grande importance au niveau social de leurs relations?

Étude de la langue

  1. Quel est le temps verbal le plus fréquent dans le texte? Pourquoi?  Donne quelques exemples.
  2. Quelle sorte de temps verbal trouves-tu encore? Énumère quelques exemples.

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Un domestique modèle (texte)


Voici un des extraits que nous travaillerons cette semaine.

Quel plaisir de découvrir des extraits qu’un élève ne lirait pas si on ne fouillait pas ici et là dans divers manuels du même niveau.  On peut facilement enrichir un programme en proposant ce genre de très court texte plus «étoffé».


 

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J’ai dit que j’aimais singulièrement à méditer dans la douce chaleur de mon lit, et que sa couleur agréable contribue beaucoup au plaisir que j’y trouve.

Pour me procurer ce plaisir, mon domestique a reçu l’ordre d’entrer dans ma chambre une demi-heure avant celle où j’ai résolu de me lever. Je l’entends marcher légèrement et tripoter dans ma chambre avec discrétion ; et ce bruit me donne l’agrément de me sentir sommeiller ; plaisir délicat et inconnu de bien des gens.

On est assez éveillé pour s’apercevoir qu’on ne l’est pas tout-à-fait et pour calculer confusément que l’heure des affaires et des ennuis est encore dans le sablier du temps. Insensiblement mon homme devient plus bruyant ; il est si difficile de se contraindre, d’ailleurs il sait que l’heure fatale s’approche. – Il regarde à ma montre, et fait sonner les breloques pour m’avertir ; mais je fais la sourde oreille ; et, pour allonger encore cette heure charmante, il n’est sorte de chicane que je ne fasse à ce pauvre malheureux. J’ai cent ordres préliminaires à lui donner pour gagner du temps. Il sait fort bien que ces ordres, que je lui donne d’assez mauvaise humeur, ne sont que des prétextes pour rester au lit sans paraître le désirer. Il ne fait pas semblant de s’en apercevoir, et je lui en suis vraiment reconnaissant.

Enfin, lorsque j’ai épuisé toutes mes ressources, il s’avance au milieu de ma chambre, et se plante là, les bras croisés, dans la plus parfaite immobilité.

On m’avouera qu’il n’est pas possible de désapprouver ma pensée avec plus d’esprit et de discrétion : aussi je ne résiste jamais à cette invitation tacite ; j’étends les bras pour lui témoigner que j’ai compris, et me voilà assis.

Si le lecteur réfléchit sur la conduite de mon domestique, il pourra se convaincre que, dans certaines affaires délicates, du genre de celle-ci, la simplicité et le bon sens valent infiniment mieux que l’esprit le plus adroit. J’ose assurer que le discours le plus étudié sur les inconvénients de la paresse ne me déciderait pas à sortir aussi promptement de mon lit que le reproche muet de M. Joannetti.

Xavier de Maistre, «Voyage autour de ma chambre»


Notre travail sur ce texte

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  • Narration écrite : Écrire en cinq ou six lignes le résumé de ce texte.
  • Pourquoi l’auteur dit-il «On est assez éveillé» et non : «Je suis assez éveillé….» ?
    • Intéressant comme question je trouve…  différente de ce qu’on retrouve habituellement.
  • Explique :«l’heure des affaires…  est encore dans le sablier du temps»
  • Que veut dire, selon toi, «il n’est sorte de chicane que je ne fasse à ce pauvre malheureux.»?
  • Quelle excuse Xavier de Maistre donne-t-il à sa paresse ?
  • Quelle est, selon toi, la qualité dominante de M.Joannetti ?

Situation d’écriture

Le domestique raconte à son tour le lever de son maître.

ou

Tu m’as probablement pas toujours envie de te lever le matin quand tes parents t’appellent.  Raconte un de tes levers : tes regrets de quitter le lit, tes hésitations…


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Un drame en mer – le canon maîtrisé (texte)


Nous travaillerons ce texte la semaine prochaine.

J’ignore si je l’ai déjà mentionné ?  J’adore lire Victor Hugo ! Il écrit d’une manière sublime!

Contrairement à plusieurs, j’aime beaucoup les textes qui proposent un vocabulaire ancien ou plus difficile.  On en profite pour observer comment l’élève mobilise ses connaissances antérieures, sa façon de réagir à de nouveaux mots, comment il remédie à la situation pour mieux comprendre, etc.  Bref, on travaille «réellement»!


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Au début du roman, la corvette Claymore approche des côtes françaises.  Un canon, mal amarré, s’est détaché, et ses embardées, favorisées par le tangage et le roulis, ont tué cinq hommes, fait des brèches dans les flancs de bois, entamé la base du grand mât, rendu inutilisables la plupart des autres canon.  Le responsable du désastre est descendu dans l’entrepôt pour réparer sa faute au péril de sa vie, et, seul, il cherche à maîtriser l’énorme masse de bronze.  Un vieillard, passager mystérieux, assiste à cette lutte désespérée de l’homme et du monstre.

De telles choses ne peuvent durer longtemps. Le canon sembla se dire tout à coup: Allons! il faut en finir! et il s’arrêta. On sentit l’approche du dénouement. Le canon, comme en suspens, semblait avoir ou avait, car pour tous c’était un être, une préméditation féroce. Brusquement, il se précipita sur le canonnier. Le canonnier se rangea de côté, le laissa passer, et lui cria en riant:  » A refaire!  » Le canon, comme furieux, brisa une caronade à bâbord ; puis ressaisi par la fronde invisible qui le tenait, il s’élança à tribord sur l’homme, qui échappa. Trois caronades s’effondrèrent sous la poussée du canon ; alors, comme aveugle et ne sachant plus ce qu’il faisait, il tourna le dos à l’homme, roula de l’arrière à l’avant, détraqua l’étrave et alla faire une brèche à la muraille de proue. L’homme s’était réfugié au pied de l’escalier, à quelques pas du vieillard témoin. Le canonnier tenait sa barre d’anspect en arrêt. Le canon parut l’apercevoir, et, sans prendre la peine de se retourner, recula sur l’homme avec une promptitude de coup de hache. L’homme acculé au bordage était perdu. Tout l’équipage poussa un cri.

Mais le vieux passager jusqu’alors immobile s’était élancé lui-même plus rapide que toutes ces rapidités farouches. Il avait saisi un ballot de faux assignats, et, au risque d’être écrasé, il avait réussi à le jeter entre les roues de la caronade. Ce mouvement décisif et périlleux n’eût pas été exécuté avec plus de justesse et de précision par un homme rompu à tous les exercices décrits dans le livre de Durosel sur la Manoeuvre du canon de mer.

Le ballot fit l’effet d’un tampon. Un caillou enraye un bloc, une branche d’arbre détourne une avalanche.

La caronade trébucha. Le canonnier à son tour, saisissant ce joint redoutable, plongea sa barre de fer entre les rayons d’une des roues d’arrière. Le canon s’arrêta.

Il penchait. L’homme, d’un mouvement de levier imprimé à la barre, le fit basculer. La lourde masse se renversa, avec le bruit d’une cloche qui s’écroule, et l’homme se ruant à corps perdu, ruisselant de sueur, passa le nœud coulant de la drosse au cou de bronze du monstre terrassé.

C’était fini. L’homme avait vaincu. La fourmi avait eu raison du mastodonte ; le pygmée avait fait le tonnerre prisonnier.

Les soldats et les marins battirent des mains.

Tout l’équipage se précipita avec des câbles et des chaînes, et en un instant le canon fut amarré.

Le canonnier salua le passager.

  • Monsieur, lui dit-il, vous m’avez sauvé la vie.

Le vieillard avait repris son attitude impassible, et ne répondit pas.

Victor Hugo «Quatre-vingt-treize»


Grammaire

  • Quand l’auteur emploie-t-il le présent ?
  • Justifiez l’emploi de l’imparfait dans « ne sachant plus ce qu’il faisait » ( l.10)
  • Quelle est la valeur du plus-que-parfait. (l.18-20, 32-33)
  • Quelle est la différence entre le passé simple et le passé composé (l. 37-38)

Vocabulaire

Cite le nom de bateaux anciens et modernes que tu connais, en donnant autant que possible quelques-unes de leurs caractéristiques.


Narration

Raconte une promenade sur l’eau – mer, lac, rivière.


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Prière d’un petit enfant nègre (texte)


On pourrait travailler ce texte sous plusieurs angles…  dans mon cas, je le prends au premier niveau, tout simple : mon fils de 6e pourrait faire la même prière.  Hihihi.  Quel enfant ne rêve pas d’une vie simple loin de l’école!


Il y a longtemps qu’on sourit de «Nos ancêtres les Gaulois», que devaient réciter les petits écoliers Sénégalais ou algériens.  Sans doute le petit enfant nègre raille-t-il ici notre conception de la civilisation, mais il représente d’abord un enfant qui voudrait vivre à sa guise ; en quoi il se montre bien le frère de nombreux écoliers de France et du monde.

Seigneur, je suis très fatigué.
Je suis né fatigué.
Et j’ai beaucoup marché depuis le chant du coq
Et le morne est bien haut qui mène à leur école.
Je veux suivre mon père dans les ravines fraîches
Quand la nuit flotte encore dans le mystère des bois
Où glissent les esprits que l’aube vient chasser.
Je veux aller pieds nus par les rouges sentiers
Que cuisent les flammes de midi,
Je veux dormir ma sieste au pied des lourds manguiers,
Je veux me réveiller
Lorsque là-bas mugit la sirène des blancs
Et que l’Usine
Sur l’océan des cannes
Comme un bateau ancré
Vomit dans la campagne son équipage nègre…
Seigneur, je ne veux plus aller à leur école,
Faites, je vous en prie, que je n’y aille plus.
Ils racontent qu’il faut qu’un petit nègre y aille
Pour qu’il devienne pareil
Aux messieurs de la ville
Aux messieurs comme il faut.
Mais moi, je ne veux pas
Devenir, comme ils disent,
Un monsieur de la ville,
Un monsieur comme il faut.
Je préfère flâner le long des sucreries
Où sont les sacs repus
Que gonfle un sucre brun autant que ma peau brune.
Je préfère, vers l’heure où la lune amoureuse
Parle bas à l’oreille des cocotiers penchés,
Écouter ce que dit dans la nuit
La voix cassée d’un vieux qui raconte en fumant
Les histoires de Zamba et de compère Lapin,
Et bien d’autres choses encore
Qui ne sont pas dans les livres.
Les nègres, vous le savez, n’ont que trop travaillé.
Pourquoi faut-il de plus apprendre dans des livres
Qui nous parlent de choses qui ne sont point d’ici ?
Et puis elle est vraiment trop triste leur école,
Triste comme
Ces messieurs de la ville,
Ces messieurs comme il faut
Qui ne savent plus danser le soir au clair de lune
Qui ne savent plus marcher sur la chair de leurs pieds
Qui ne savent plus conter les contes aux veillées.
Seigneur, je ne veux plus aller à leur école !

Guy Tirolien


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Une vocation de terrien (texte)


Je l’adore ce petit manuel de 1964 !

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Ernest Pérochon (1885-1942) a écrit des romans régionaux où il peint avec beaucoup de sobriété des drames paysans: Nène (1920), qui obtint le prix Goncourt; la Parcelle 32 (1922)…
À la fin de la guerre (1914-1918) les prix ont commencé de monter.  Le notaire vient de conseiller au vieux Mazureau, un paysan poitevin, d’en profiter pour vendre ses champs et placer son argent.  Il n’a rien répondu, car, s’il tient à sa terre son fils a été tué à Verdun et lui se fait vieux.  Avec Bernard, son petit-fils, qui a 16 ans il regagne sa ferme.


Quand ils eurent dépassé les dernières maisons, ils laissèrent la route et prirent un petit chemin traversier qui coupait droit, au milieu de la plaine, vers Fougeray.

On était en février, et le froid était net et piquant.  Sous le ciel bas, dans cette grande étendue plane et sans  arbres, un vent cruel bondissait et faisait front. Mazureau n’y prenait point garde, mais le petit geignait de temps en temps :
–Le vent coupe !
Il s’arrêta un instant pour rabattre les oreillères de sa casquette.  Le grand-père, ne le sentant plus à côté de lui, se retourna et son regard, vague, se posa sur l’enfant.
–Que fais-tu donc Bernard?
–C’est que j’ai les oreilles glacées… Et puis le bout du nez aussi.
Mais le grand-père n’entendait pas.  Depuis les paroles du notaire toute sa pensée était en travail.
–Mauvais temps, disait l’enfant ; la terre n’est pas gelée, cependant rien ne pousse.  Il faudrait un peu de soleil à ce moment de l’année, et de l’eau, n’est-ce-pas, pour les emblavures ?
— Oui ! de l’eau… de la pluie douce…  Dis–moi, Bernard ?
— Quoi donc, grand-père ?
Le grand-père n’acheva sa pensée que vingt pas plus loin.
–Dis-moi, Bernard, t’en retournerais-tu à la ville avec ta mère si elle voulait t’emmener ?
— Non!
— Si elle veut, cependant…
— Elle ne m’emmènera pas !  Je ne veux pas, moi, ma place est ici ; c’est ici qu’il y a du travail pour moi.
— Mais elle parlait de te mettre à l’apprentissage, ta mère…
— Je n’irai pas ! Mon père est mort à la guerre… J’ai des droits!
— Bien dit, mon petit gars !
— Je veux rester chez nous !  J’aime la terre, moi ; je veux des champs… Plus tard, j’achèterai de la terre au lieu d’en vendre.
–Bien dit, Mazureau !
Le grand-père regarda avec une orgueilleuse tendresse cet enfant qu’il connaissait à peine, trois ans plus tôt.  Sa bru le lui avait confié au début de la guerre, quand elle était entrée comme ouvrière dans une usine de Nantes et, tout de suite le petit citadin anémique s’était épanoui.  Un mois après son arrivée, le fouet en main, des socques boueux aux pieds il poussait les bêtes avec le dandinement d’un vieux paysan.  Il avait retrouvé, d’instinct, les gestes séculaires de sa race et en son âme d’enfant, quelques choses d’âpre avait surgi qui était le tenace amour de la terre, de la terre ingrate, buveuse de sueur, buveuse de sang, de la terre maigre où l’outil s’émousse, de l’argile qui tire les pieds, de la terre dure aux hommes, mais où passe le vent des libres espaces.

Oui, celui-là était un vrai Mazureau un gars solide, rusé, actif, un peu taciturne.  Il répondait mal aux gâteries de sa tante Evelyne, si douce et si maternelle.  On le voyait point jouer avec les jeunes garçons de son âge ; il préférait à tout autre compagnie celle de son grand-père et celle de son chien Flambeau, une grande bête hargneuse, aux yeux féroces.  Quand il avait appris la mort de son père, il avait pleuré, mais raisonnablement.

–Bien dit, Mazureau !

Ernest Pérochon, La Parcelle 32


Sujet d’écriture

Aimerais-tu, comme Bernard, devenir cultivateur ?  Si oui, dis les raisons qui te font aimer ce métier.  Si non, dis pourquoi tu ne l’aimes pas.


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Le bouillon de la poule (texte)


Le prieur de Plessis-Grimould.  Il n’était pas bien riche, d’autant plus qu’il rendait d’une main ce qu’il recevait de l’autre.  Ses paroissiens, qui le savaient, lui faisaient par-ci par-là, quelques dons de chapons bien dodus.

Un jour, un paysan vint lui apporter une belle poule.  Le prieur, en retour, lui fit servir une bonne soupe et un verre de vin.  De retour à son village, il vanta chaleureusement devant ses voisins l’excellent accueil du prieur.  Et ceux-ci se promirent de passer au prieuré, mais sans poule.  Huit jours après, l’un d’eux s’y présente.

«Monsieur le prieur, je suis le frère de l’homme de la Lande-Beaumont qui vous a apporté une poule ces jours derniers, et qui m’a dit tellement de bien de vous, que j’ai désiré vous voir en passant.

–Entrez, mon ami », dit le prieur.

Et il enjoignit à sa servante de servir une soupe et un verre de vin au visiteur.  celui-ci ne manqua point de se congratuler avec ses parents et amis de la bonne réception du prieur.

La semaine suivante, un autre villageois arrivait aussi au prieuré.

«Bonjour, monsieur le prieur.

— Que désirez-vous, mon ami ?

–Monsieur le prieur, je suis le cousin du frère de celui qui vous a apporté une poule.»

Le prieur fit encore donner une soupe et un verre de vin au visiteur.  Mais il se promit de mettre fin à ces visites.  Huit jours après un nouvel individu se présente.

«Monsieur le prieur, je suis le parent éloigné de celui qui vous a apporté une poule il y a quelque temps.

–À quel degré êtes-vous parent ?

— Je suis un cousin issu de germain du neveu du beau-frère du frère de celui qui vous donna la poule.

— Bien, mon ami, entrez et vous ferez la collation.»

Et dame Gothon, la servante, qui avait le mot, arriva quelques instants après avec une écuelle recouverte d’une assiette.  L’individu but avidement ce qu’il croyait être un bon bouillon, et fit la grimace ; car ce n’était qu’un bol d’eau chaude où trempait un peu de pain.

Comme il se plaignait :

«Mon ami, dit le prieur,  ce bouillon est en effet très maigre.  Il est cousin issu de germain du neveu du beau-frère du frère du bouillon de la poule.  Il ne tiendra, à l’avenir, qu’aux habitants de la Lande-Beaumont de le boire meilleur : ce sera d’apporter avec eux une poule.

Brunet


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La marche des Rois (chant)


Afin d’accompagner notre premier thème sur la fête des Rois et le Nouvel An…  un chant !

De bon matin,

J’ai rencontré le train

De trois grands Rois qui allaient en voyage,

De bon matin,

J’ai rencontré le train

De trois grands Rois dessus le grand chemin.

.

Venaient d’abord les gardes du corps,

Des gens armés avec trente petits pages,

Venaient d’abord les gardes du corps

Des gens armés dessus leurs just’au corps.

.

Puis sur un char,

Doré de toute part,

On voit trois rois modestes comme d’anges

Puis sur un char,

Doré de toute part

Trois rois debout parmi les étendards.

.

L’étoile luit

Et les Rois conduit,

Par longs chemins,

Devant une pauvre étable,

L’étoile luit

Et les Rois conduit,

Par longs chemins devant l’humble réduit.

 

Au fils de Dieu

Qui naquit en ce lieu

Ils viennent tous présenter leurs hommages,

Au fils de Dieu

Qui naquit en ce lieu

Ils viennent tous présenter leurs doux vœux.

 

De beaux présent,

Or, myrrhe et encens

Ils vont offrir au maître tant admirable

De beaux présent,

Or, myrrhe et encens

Ils vont offrir au bienheureux enfant.

 

L’auteur des paroles est Joseph Domergue, curé doyen d’Aramon de 1691 à 1728, mort à Avignon en 1729.

La chanson a été publiée pour la première fois en 1743 dans un recueil de Noëls provençaux de Saboly.

La musique empruntée à la marche de Turenne, est attribuée à Lully.

Le souper des Rois (texte)


Je prends de l’avance…

Voici un des textes qui accompagnera mon fils lors de notre première semaine de travail après la période des fêtes.


  1. Rutile : briller d’un vif éclat
  2. Hasarder : risquer ; dire avec timidité, avec la crainte de déplaire.
  3. Diadème : sorte de couronne ressemblant à un bandeau richement décoré, plus large en avant que sur les côtés.

Le souper des Rois

Voici les Rois. La maison a pris son air de fête. Tout rutile (1) au salon et dans la salle à manger.  Aux exclamations sonores des jeunes, au cliquetis joyeux des ustensiles, se mêlent les accords éclatants que Pierrette joue au piano.  De la cuisine viennent des odeurs appétissantes qui charment délicieusement l’odorat.

«C’est moi qui serai roi, dit Paul.

-On croirait que toutes les faveurs te sont dues, remarque Louise ; mais je suis sûre que, cette année, c’est moi qui trouverai la fève ; et quand je serai reine, il faudra m’obéir, Paul !

-Ce sera moi la souveraine, affirme Claudine, et je porterai la couronne royale et j’aurai des tas de bijoux d’or !

-Moi, fait Joseph, j’aurai des soldats plein le corridor, et gare à ceux qui me résisteront!

-Si j’étais roi, hasarde (2) le petit Albert, j’aurais des bonbons tant que j’en voudrais.

-C’est Robert qui sera roi, tranche impérieusement Jeanne, il est arrivé le premier de sa classe.

-Non, non !

-Si, si !»

Le père intervient : « À table, les enfants, on vous attend.  Il ne faut pas laisser refroidir ces bonnes choses ! »  Après le bénédicité, on s’assoit et toutes ces figures épanouies font une couronne vivante autour de la table familiale.  Avec quel empressement on fait honneur au menu !

Et voici le moment solennel.  Maman découpe le gâteau merveilleux et en distribue un morceau à chacun des convives.  L’impatience est à son comble.  Qui a la fève ?  Et tout à coup : «C’est moi qui l’ai !» lance Jeanne, triomphante.

«Vive la reine ! » crie-t-on d’une voix unanime.  Et tous d’envier la charmante souveraine dont papa orne la tête d’un beau diadème (3) doré.

Toute la soirée, Jeanne porte fièrement sa couronne.  Elle occupe un trône d’honneur à côté de l’arbre de Noël.  Les voisins et les parents en visite la félicitent avec chaleur.  Quand on passe des douceurs et des rafraîchissements, elle est la première servie.  On exécute ses moindres désirs sur-le-champ.  Elle choisit à son gré les divertissements de la soirée.  S’il s’élève des débats, elle les règle d’autorité.

Mais Jeanne a un secret.  Elle sait que sa royauté est éphémère.  Quand on lui demande si elle a un dernier vœu à exprimer, elle se lève et, à la surprise de tous, elle va poser sa couronne sur le front de sa mère.

«C’est vous, maman, la vraie reine !  Je désire que vous soyez toujours fière de nous !»

Inspiré de Louis Fréchette.


On peut très bien faire ce genre de travail oralement…

Il m’arrive, régulièrement, de le faire faire à l’écrit pour garder une trace dans mes portfolios et faire en sorte que mes enfants apprennent à bien répondre, à l’écrit, à différents types de questions.

Les questions de compréhension se répondent, habituellement, assez facilement par les jeunes enfants mais les questions d’interprétations, d’appréciations et de réactions…  hum…  souvent moins beaucoup moins bien.

On revient sur le texte…

  • D’après le texte, combien y a-t-il d’enfants?
    • huit : Pierrette, Paul, Louise, Claudine, Joseph, Albert, Robert, Jeanne.
  • Montre que l’animation est grande avant le souper.
    • On met la table, Pierrette joue au piano, on discute bruyamment.
  • Comment appelle-t-on les coutumes populaires, comme celles de dire le bénédicité, de fêter les Rois par un gâteau spécial ?
    • On appelle ces coutumes des «traditions»
  • Peux-tu nommer d’autres coutumes de ce genre ?
    • Réveillon de Noël, fête du nouvel An, St-Valentin, …
  • Qui trouve la fève ?  Quel ornement lui met-on ?
    • Jeanne.  On lui met un diadème doré sur la tête.
  • De quels privilèges jouira-t-elle au cours de la soirée ?
    • Elle aura un trône spécial.  Elle reçoit des félicitations.  Elle sera la première servie.  On obéira à ses ordres.  Elle peut choisir les activités à faire.  On la choisit comme arbitre dans les débats.
  • Quel coup de théâtre survient à la fin de la soirée ?  Qu’en penses-tu ?
    • Elle dépose sa couronne sur la tête de sa mère.

J’aime beaucoup ce genre de travail qui prend peu de temps mais qui touche à l’essentiel : apprécier, comprendre, interpréter ou réagir à un texte.


Source : «Cours de français 6e année» Procure des frères de l’instruction Chrétienne


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La fête de Noël (texte)


Voici un texte puisé dans un vieux manuel…

Manuel scolaire ancien québécois donc très fortement teinté de religion catholique…  ne m’écrivez donc pas (comme c’est déjà arrivé par le passé) pour me dire que c’est un texte religieux, dépassé, que c’est épouvantable de faire lire ce genre de texte en 2016, etc.

Vous n’êtes obligés en rien…  Ne le lisez tout simplement pas !


La fête de Noël

Noël ! C’est la fête charmante, toute étincelante de beauté et de poésie ; c’est la fête des enfants, la fête des adultes, la fête des vieillards.

Noël !  C’est la journée mystérieuse à laquelle sont attachés tant de souvenirs, tant d’impressions, tant de merveilles et tant d’agréables surprises.

Noël !  C’est tout d’abord la nuit étoilée ; ce sont les carillons légers et les joyeuses volées des cloches qui, du haut de leur tour, annoncent aux chrétiens « l’heure solennelle où l’Homme-Dieu descendit jusqu’à nous » et les invitent avec instance à venir se prosterner devant l’enfant-Dieu.

Noël !  C’est la messe de minuit ; c’est le temple saint débordant de clarté, c’est l’autel étincelant de mille feux ; c’est la crèche avec ses paisibles moutons blancs et ses bergers ; c’est l’étoile mystérieuse ; ce sont les vieux cantiques qui ravissent dans leur harmonieuse simplicité.

Noël !  C’est encore la fête de famille ; c’est le gai réveillon dont l’heure inaccoutumée donne au repas familial une saveur nouvelle ; c’est le petit sapin vert orné de guirlandes et de lumières multicolores, chargé de filets d’argent et de boules étincelantes ; c’est l’arbre généreux au pied duquel se blottit le mystère des boîtes soigneusement enrubannées, c’est l’arbre devant lequel garçons et fillettes se groupent et sautent de joie.

Noël !  C’est enfin la course sur la neige blanche, c’est la procession de parents et des amis, c’est la chanson des bons souhaits, c’est la danse des présents.

Noël !  C’est la plus joyeuse des fêtes de l’année.

«Mon livre de français sixième année» les frères du Sacré-Coeur


  1. Pourquoi la fête de Noël est-elle une fête inoubliable ?
  2. Qu’annoncent les carillons et les cloches de nos églises ?
  3. Décris le petit sapin vert qui orne le salon.
  4. Enfin, que rappelle la grande fête de Noël ?
  5. Dans ce texte, que signifient les expressions «les joyeuses volées», «avec instance», «paisibles moutons», «ravir», «inaccoutumée», «arbre généreux», «le mystère des boîtes», «se blottit» ?
  6. Comment l’auteur dit-il que la fête de Noël est charmante ?  Qu’on s’échange des souhaits et des présents ?

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