Publié dans J'aimerais vous dire que...

Déjà le navire… (extrait)


Pendant que plusieurs sont à la fête, je suis confortablement installée devant mon ordinateur et je planifie notre prochaine semaine de travail ( on reprend mardi).

Je débute ma planification par mon plus jeune.

Voici notre premier texte de la semaine :

—————-

« Déjà le navire, désemparé, cédait à la fureur des vagues qui se jouaient de lui, le soulevant vers le ciel pour le faire sombrer d’autant mieux au fond des abîmes.  Un cri terrifiant, semblable au fracas d’un coup de tonnerre, remplit alors tout l’espace et nous fit sombrer dans l’épouvante, nous réduisant par avance à l’état de cadavres tant notre perte alors nous parut certaine : un poisson gigantesque fondait sur notre bateau, telle une vivante montagne ! Notre frayeur était indescriptible : nous allions rendre l’âme d’un instant à l’autre et récitions déjà entre nous la prière des morts. Et pourtant, dans le même temps, ce poisson nous fascinait, émerveillés que nous étions devant une si glorieuse créature du Dieu Très Haut ! Mais déjà un second poisson, plus monstrueux encore que le premier, s’approchait ! Nous nous fîmes un dernier adieu, pleurant sur notre vie perdue, quand soudain, un troisième poisson, plus formidable encore que les deux autres, se fraya à nouveau un chemin jusqu’à nous parmi les flots, bien décidé, semblait-il, à troubler le festin de ses congénères. Nous perdîmes à cet instant toute notion des choses; toute idée raisonnable semblait avoir fui notre esprit.  L’intensité de notre épouvante paralysait nos intelligences. Les trois monstres tournoyaient autour du navire ; mais comme le dernier venu d’entre eux se tournait à la fin contre nous, apparemment  résolu à avaler d’un coup tout le bateau avec ce qui se trouvait à bord, une saute de vent d’une brutalité inouïe nous arracha à lui : notre nef, soulevée avec violence, alla bientôt se fracasser sur une barre de rochers à fleur d’eau où elle se déchira en cent morceaux.  Pièces de charpente, ballots de marchandises, bagages, passagers, équipage : tout fut en un instant précipité à la mer.

J’avais pour ma part eu tout juste le temps de me dévêtir, ne gardant sur moi qu’un mince bout d’étoffe, afin de nager plus à mon aise. J’eus ainsi la chance de me saisir d’une grosse pièce de bois à laquelle je m’accrochai tant bien que mal ; après bien des
efforts, je réussis à grimper dessus et parvins même à m’y installer à califourchon. (…)

Je ne cessai dès lors de supplier Dieu Très Haut de vouloir bien me délivrer de ce péril.   Puis, me revinrent à l’esprit tous les moments de bonheur passés : ah !  comme il était loin le calme serein de ces instants où j’avais pu me livrer à mille plaisantes distractions, dans un état de si douce tranquillité !  Deux jours passèrent ainsi, à l’issue desquels je finis par aborder dans une île. Cette terre devait être for vaste.   Je me trouvai d’abord au débouché d’une large vallée des mieux ombragées, toute livrée au murmure des fraîches sources jaillissantes.  Je pus alors me nourrir des fruits qui poussaient là en grand nombre et me désaltérer de cette eau limpide. Mes forces furent bientôt restaurées…. »

René R. Kwawam, «Les Aventures de Sindbad le marin»

Vocabulaire :
Rendre l’âme = mourir
Un congénère = personne semblable à une autre ou qui est du même genre
Une saute de vent = changement brusque de direction du vent
Une nef = un grand navire
La félicité = le grand bonheur

—————-

Le travail qui s’y rattache :  quelques questions de compréhension, un peu de vocabulaire et une situation d’écriture.

Si cela vous intéresse : Déjà le navire p.82-83

Source : manuel Texto 1re des éditions Érasme p.82-83 (en partie)

—————-

Publicités
Publié dans J'aimerais vous dire que...

Je prends le temps de vous souhaiter mes meilleurs vœux pour cette période de festivité qui débute sous peu pour la plupart d’entre vous.

Je vous souhaite de savourer cette période dans la simplicité du moment, de savourer pleinement le temps qui passe avec ceux qui vous sont précieux.

Beaucoup de bonheur, de douceur, de santé, de sérénité pour la Nouvelle année, ainsi que la réalisation de vos projets les plus chers!

Je ne peux pas oublier de vous souhaiter l’énergie et les outils nécessaires pour mener à terme votre magnifique projet d’école-maison.

Je NOUS souhaite une magnifique période des fêtes où nos traditions laisseront dans nos enfants de belles empreintes de bonheur.  Noël est avant tout une période «spirituelle», période qui devrait nous donner la chance de nourrir l’amour que nous portons aux gens qu’on aime!

Même si je suis moins présente que par le passé sur ce blogue, je tiens à vous remercier d’être resté aussi fidèle tout au long de l’année 2017.   Sans vous, lecteurs et lectrices, ce blogue n’aurait aucune raison d’être.

Joyeux Noël et Bonne année à vous tous !

Publié dans J'aimerais vous dire que...

Le roi tisserand (conte algérien)


Dans les temps anciens, il y avait un puissant sultan du nom de Haroun El-Rachid. Il était le calife de Baghdâd. Ce monarque avait une femme de grande intelligence et de bon conseil. Un jour, elle insista auprès de lui : « Monseigneur, le pouvoir est capricieux et la vie pleine de surprises ! Apprends un métier manuel. Les mains, on les emporte toujours avec soi. Un jour ou l’autre l’apprentissage d’un métier révèlera son utilité ! ».

Le Calife accepta et choisit l’art du tissage et de la broderie. Il fit venir un grand maître tisserand-brodeur et commença son apprentissage. Plus que le tissage des tapis, il affectionnait la broderie au fil d’or. Par amour du cheval, il inclinait au travail minutieux sur le cuir destiné aux selleries. Mais son érudition le poussait à la calligraphie pour orner les couvertures des manuscrits. Durant sept longues années, il partagea son temps entre ses responsabilités et sa nouvelle passion pour la broderie fine.

Mais Haroun El-Rachid était réputé pour son sens aigu de la justice et du bien public. Accompagné de son vizir, il avait l’habitude de se déguiser en simple marchand et de se glisser au milieu de la foule pour s’enquérir de la vie de ses sujets. Un soir, pour une raison inconnue, il s’en fut seul à travers de sombres ruelles. Il marchait quand, soudain, il tomba au fond d’un trou. C’était un piège préparé par des bandits détrousseurs qui devinrent furieux de le trouver sans bourse et les poches vides. Il n’eut la vie sauve qu’en leur faisant une juteuse promesse: « Je suis tisserand et jamais vous ne trouverez une personne qui sache tisser et broder mieux que moi ».

C’est ainsi qu’il se retrouva esclave parmi les esclaves. De l’aube au crépuscule, il tissait des tapis et exécutait de magnifiques broderies que le maître revendait à prix d’or.

Tandis que sa police le recherchait inlassablement dans tout le royaume, le roi mûrissait un projet pour recouvrer sa liberté. Il attendait patiemment le moment propice car l’infinie cupidité de son geôlier était un atout. Un jour, alors que ce dernier lui exprimait sa satisfaction en soupesant les pièces d’or dans ses mains, le calife lui proposa : « Apporte-moi une étoffe en velours noir et du fil d’or de belle facture ! Je te façonnerai une somptueuse broderie, jamais vue de mémoire de commerçant. L’épouse du Calife t’en donnera une fortune ». Aussitôt, on fit remettre à l’esclave le tissu et une bobine de fil d’or. Il ne fallait pas perdre un instant. Le roi tisserand, maître de son art, tissa à l’aiguille une broderie en relief représentant un oiseau posé sur un délicat épi de blé. Un véritable chef d’œuvre !

Le maître des esclaves se précipita au palais avec sa précieuse étoffe sous le bras. Il demanda audience et fut reçu. Il déroula la magnifique pièce devant la sultane qui poussa un murmure de ravissement : « Ho ! Cela ferait un somptueux vêtement de cérémonie ! ».

Mais à l’observation, un détail attira son attention. En effet, l’épi de blé sur lequel l’oiseau était posé demeurait bien droit. Or le poids de l’oiseau aurait dû le faire pencher. Intriguée, elle regarda de plus près. Elle sentit soudain son cœur bondir dans sa poitrine. Elle venait de reconnaître la dextérité de l’aiguille de son mari. Ne laissant rien paraître de son émotion, elle poursuivit attentivement l’observation des motifs. Méthodiquement. Jusqu’à y déceler le message secret calligraphié qu’elle avait pressenti. Le roi indiquait l’endroit précis où il était détenu. Sur le champ, elle fit arrêter le maître des esclaves et fit libérer le sultan.

C’est depuis cette époque que l’ont dit : « L’apprentissage d’un métier révèle toujours un jour ou l’autre son utilité ! »

Il est disponible sur le net : CLIQUER ICI