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La malédiction du loup-garou (poésie)


Ce soir la lune est pleine, fiévreuse et tourmentée;
Un chien hurle à la mort sous l’étrange clarté;
Un grand brouillard laiteux ajoute à l’irréel,
Irradiant la forêt d’un blanc surnaturel…
Une ombre se faufile, et l’on entend crisser
Les griffes de la nuit, sur le ciel damassé…
Un accès de folie , je me sens attiré
Par une force obscure à travers les fourrés …
J’écarte les feuillages, réprime un cri d’effroi…
(Surtout ne pas bouger … bien garder son sang-froid …)
Devant moi, se produit une innommable chose :
Un homme, sous mes yeux, là, se métamorphose!
Je vois pousser ses crocs et son pelage roux …
Il devient animal … non, pire! Un loup-garou!
Et petit à petit j’observe s’allonger
Ses oreilles pointues et sa gueule enragée!
Il m’a vu, c’est trop tard! Vite, vite! Courons!
Les ronces me déchirent les joues, mais courons!
Ne pas se retourner … il se rapproche encore …
Je suis en nage … allez … juste un dernier effort…
Bon sang … quand finira la poursuite infernale.
Mais je sens sur mon cou son haleine … son hal…
Yann Walcker, Le manoir des horreurs,
Éditions Gallimard Jeunesse Musique, 1999, p. 16.
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La vengeance de la momie (poésie)


Elle a la voix des morts, tremblante et caverneuse,
Pour tout accoutrement jaunâtre bandelettes,
Un terrible rictus, sourire des squelettes,
Et son regard trahit quelque lueur haineuse …
Elle a quitté l’Égypte à bord d’un sarcophage,
Et son royal cadavre empli de fleurs séchées,
Cachant sous sa dépouille un crochet de boucher,
Échoua quelque part vers ces noirs marécages …
Ainsi fuyez toujours car dans l’ombre hideuse,
—Rusée comme un cobra, affamée tel un lynx,
Enfant damnée des Dieux, des Pharaons, des Sphinx—,
Vous guette à chaque instant la momie baladeuse …
Yann Walcker. Le manoir des horreurs.
Éditions Gallimard Jeunesse Musique. 1999. p. 22.
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L’âcre parfum (nouvelle)


Les nouvelles de ce genre plaisent énormément à mon fils-3 même si cela demande toujours d’être un bon lecteur pour en comprendre le sens.
L’acre parfum
André Vanasse
Dès l’instant où il eut jeté un coup d’oeil sur l’envoi postal, il fut conquis. Son nom était précédé d’un «Monsieur le professeur». Il ne résistait jamais à cette flatterie.
Georges-Etienne de Roquebrune se hâta donc de décacheter le paquet contenant un manuscrit d’une centaine de pages à l’intérieur duquel il découvrit une enveloppe qu’il lut d’une traite non sans avoir humé le parfum — ma foi étrange, tenace même — qui s’en dégageait. La signataire lui disait à quel point elle appréciait ses talents de critique qui avaient — la louange lui parut excessive — largement débordé les frontières de son pays.  Elle sollicitait son avis sur le manuscrit qu’il trouverait sous pli. «Dois-je vous dire, Monsieur le professeur, que je tremble à l’idée de vous soumettre mon roman intitulé.  À dire vrai, ma vie dépend de vous. La vôtre aussi peut-être…»
Georges-Etienne de Roquebrune n’arriva pas à saisir le sens de ces propos sybillins. «Sans doute, une mégalomane.» Piqué par la curiosité, il ne put s’empêcher de lire le début. Il s’apprêtait à entreprendre la deuxième page quand il comprit qu’il avait commis une impardonnable erreur.
L’Acre parfum, songea-t-il avec horreur. Je l’ai respiré. Je mourrai comme le ridicule personnage de ce mauvais roman…
De fait, il fut frappé d’apoplexie. Sa tête buta sur le manuscrit dont il avait dit naguère, à titre de lecteur d’une maison d’édition, qu’il était d’un ennui… mortel !
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