Publié dans Français, Français

L’âcre parfum (nouvelle)


Les nouvelles de ce genre plaisent énormément à mon fils-3 même si cela demande toujours d’être un bon lecteur pour en comprendre le sens.
L’acre parfum
André Vanasse
Dès l’instant où il eut jeté un coup d’oeil sur l’envoi postal, il fut conquis. Son nom était précédé d’un «Monsieur le professeur». Il ne résistait jamais à cette flatterie.
Georges-Etienne de Roquebrune se hâta donc de décacheter le paquet contenant un manuscrit d’une centaine de pages à l’intérieur duquel il découvrit une enveloppe qu’il lut d’une traite non sans avoir humé le parfum — ma foi étrange, tenace même — qui s’en dégageait. La signataire lui disait à quel point elle appréciait ses talents de critique qui avaient — la louange lui parut excessive — largement débordé les frontières de son pays.  Elle sollicitait son avis sur le manuscrit qu’il trouverait sous pli. «Dois-je vous dire, Monsieur le professeur, que je tremble à l’idée de vous soumettre mon roman intitulé.  À dire vrai, ma vie dépend de vous. La vôtre aussi peut-être…»
Georges-Etienne de Roquebrune n’arriva pas à saisir le sens de ces propos sybillins. «Sans doute, une mégalomane.» Piqué par la curiosité, il ne put s’empêcher de lire le début. Il s’apprêtait à entreprendre la deuxième page quand il comprit qu’il avait commis une impardonnable erreur.
L’Acre parfum, songea-t-il avec horreur. Je l’ai respiré. Je mourrai comme le ridicule personnage de ce mauvais roman…
De fait, il fut frappé d’apoplexie. Sa tête buta sur le manuscrit dont il avait dit naguère, à titre de lecteur d’une maison d’édition, qu’il était d’un ennui… mortel !
Si cette nouvelle vous intéresse : Cliquez ici
Publicités
Publié dans Je parle de notre quotidien en classe, Planification, Planification

Routine quotidienne


Une autre semaine qui débute chez nous demain.  Le temps file, le mois de novembre se pointera déjà cette semaine!!!!

————-

Comme mes deux derniers sont au secondaire, notre travail est pas mal moins «WOW» qu’au primaire.  On se concentre sur le travail à faire et les enfants ne s’en plaignent pas trop.

Ce que j’apprécie de ce groupe d’âge c’est qu’ils deviennent beaucoup plus autonomes.  Ils travaillent bien, rigoureusement bien souvent et les interactions entre eux et moi deviennent réellement intéressantes dans un contexte scolaire.  C’est une période où ils se posent régulièrement des questions, ils veulent et cherchent des réponses, et ils découvrent avec plaisir que la curiosité intellectuelle peut être nourrie !

Je n’ai toujours pas assez de temps pour tout faire…  soupirs…  mais, franchement, mes priorités sont bien différentes maintenant.  J’accompagne mes enfants dans leur travail…  tout simplement.  Peu m’importe le temps que ça prendra, on terminera ces manuels un jour ou l’autre !  J’avance…  j’avance…   en gardant en tête que ce n’est pas moi qui avance mais bien «eux» ce qui entraîne une atmosphère fort différente en classe.

Je l’avoue, j’ai eu beaucoup de misère à lâcher prise…  et je dois me retenir par moment.  Comme je suis une hyperactive, j’ai tendance à pousser tout le monde autour de moi pour qu’ils me suivent.  J’ai toujours l’impression que les autres prennent une éternité à réfléchir, à comprendre ou à exécuter les choses.

C’est en accompagnant d’autres enfants que j’ai réalisé à quel point certains ont besoin de cette éternité, justement, pour bien comprendre.  Malheureusement, le programme, à partir de secondaire 3, n’est pas fait pour un élève qui prend son temps !  Il faut donc réfléchir longuement sur la pertinence de certaines choses à faire pour choisir une route acceptable et mieux adaptée.

Dans notre classe demain matin :

 

Période 1 :  Dictée (7:00)

  1. Secondaire 1 : ce / se / ceux (p.23)
  2. Secondaire 3 : Tout / tous (p.84)

Période 2 : Grammaire/conjugaison (7:15-7:45)

Je me promène dans plusieurs manuels pour travailler, ou retravailler, ce que je juge nécessaire pour l’instant.  D’ailleurs, dès que je repère une difficulté particulière à l’écrit, je travaille cette notion dès le lendemain ou les jours suivants.  Je m’assure de sa compréhension «réelle» au fur et à mesure que nous avançons.  Je vois de très bons résultats depuis que je travaille de cette manière.  Je regroupe aussi, chaque fois que cela est possible, les deux enfants puisque plusieurs notions à travailler ou retravailler sont identiques pour les deux niveaux.

Cette semaine, on se concentre sur de la conjugaison : imparfait et plus-que-parfait.  (avec le plus-que-parfait, on revoit les participes passés avec avoir).


Période 3 : Français (Travail sur le texte ou écriture) (7:45 – 8:45)

Je m’étais bien dit que je n’utiliserais qu’un seul manuel cette année…  mais…  c’est loin d’être facile.

Que voulez-vous, j’aime la liberté que me donne la promenade d’un manuel à un autre !  Comme mon fils aimait particulièrement mes choix de textes, il me demande souvent de revenir « comme avant ».

Cette semaine, pour Halloween, j’ai décidé de respecter son désir en proposant deux textes n’appartenant pas à son manuel de travail de base.

J’ai bien peur d’ouvrir une porte qu’il sera difficile de refermer ensuite.

Nos textes du jour :

  1. Secondaire 1 : L’anniversaire d’antan
  2. Secondaire 3 :  Projet d’écriture.

 


8:45 à 9:05  – petite pause collation


Période 4 : Mathématique (9:05 – 10:15)

J’aime particulièrement ce cahier de CEC.   Franchement, j’aurais dû y penser pour mon troisième.  Il est moins intense que «Point de Mire» ce qui me donne pas mal plus de temps pour approfondir «vraiment» les notions avec lui.  Si l’année se poursuit ainsi jusqu’à la fin, ce sera franchement extraordinaire puisque toutes les notions seront probablement assimilées correctement !

Je suis toujours déçue de voir les programmes passer rapidement sur les notions et ne proposer que quelques exercices réels pour en comprendre la façon de faire.  On a toujours l’impression de survoler la matière au lieu de s’y attarder suffisamment longtemps pour comprendre ce que l’on fait.  En utilisant un cahier plus simple, je me donne la possibilité de faire des ateliers, des activités de manipulation, un peu de recherche, etc.  On prend le temps…  vraiment le temps…  de faire les choses.  De plus, j’ai le temps de revenir sur la matière déjà vue !

Secondaire 1 : Une courte situation-problème trouvée sur le net : Un voyage à Disney

Décidément, c’est une année d’ajustement chez nous.  J’ai abandonné le cahier «Point de Mire» pour mon fils 3.  J’ai décidé de reprendre un programme que j’avais utilisé avec mes deux plus vieux : Intersection de Graficor

Je garde mon cahier «Point de Mire » pour quelques exercices supplémentaires quand j’en sens le besoin.

Pour le moment, j’ai l’impression de revenir dans mes bons vieux souliers.  Ici encore, on sent qu’on installe les notions au lieu de courir pour faire une multitude d’exercices sans trop comprendre ce que l’on fait.  Comme c’est une année particulièrement importante, j’aime sentir que mon fils maîtrise ce qu’il fait.

Demain, une situation-problème pour lui aussi : La fonte graphique ( p.51)


Période 5 (10:15 – 11:15)

Géographie pour mon fils de secondaire 1

Nous avons pratiquement terminé ce premier cahier.  Cette semaine, je lui propose de faire le projet suggéré par le programme : un diaporama sur une métropole, de son choix, dans le monde.

Ce diaporama doit démontrer que cette ville choisie est une métropole et expliquer un enjeu auquel cette métropole doit faire face.

Ce petit projet prendra plus qu’un 60 minutes de travail alors, il devra trouver du temps pour le terminer. ( J’utilise souvent ce genre de travail pour lui apprendre à gérer son temps d’une façon autonome )

Histoire pour mon fils de secondaire 3

Nous avons passé plusieurs semaines en sciences, maintenant on rattrape notre retard en histoire depuis la semaine passée.  Il a pratiquement terminé sa première séquence de travail sur les premiers occupants.

Voici un petit document pour réviser ce premier dossier.

Révision_module 1


Période 6 : Anglais (11:15 – …)

On travaille dans plusieurs cahiers ou manuels chez nous.

Demain c’est dans ceux-ci :

 

 

 

  1. Secondaire 1 : Lecture : Samuel de Champlain + questions  (p.14 – 15)
  2. Secondaire 2 : Grammar : Simple Past Tense.

Une revue que nous apprécions chez nous.

Ils doivent me lire une histoire (au choix) de cette revue cette semaine.

 


Période 7 : projet personnel (13:00 – …)

Je leur demande de travailler sur un petit projet personnel.

  1. Secondaire 1 : Cette semaine, il explore un métier : l’ébénisterie.
  2. Secondaire 2 : On verra demain…  présentement, il y pense.

Ce petit projet, peu importe à quoi il consiste, n’est là que pour leur donner le goût de s’investir un peu, de chercher, de découvrir, etc.  Ça peut être n’importe quoi !


Période 8 : lecture obligatoire

Secondaire 1 : Il lit présentement :

Cette lecture est accompagné d’un travail écrit qui varie d’une lecture à une autre.  Dans ce cas-ci, il s’agit d’un questionnaire de lecture et de la création d’une affiche de film ( à la fin ).  Pour le moment, il est à mi-parcours.

 

Secondaire 3 :

Il débute cette semaine.  Demain, on découvre la couverture, la quatrième, etc.

Ce roman sera accompagné d’un travail.

 


 

Publié dans Français

L’anniversaire d’antan (texte)


Gabriel s’ennuie du temps où je leur proposais des textes sur des thèmes qui ponctuaient le temps qui passe.  La rentrée, les pommes, l’automne, Halloween,…  J’ai donc sélectionné ce premier texte pour débuter la semaine.


L’anniversaire d’antan

Le texte suivant rapporte un fait vécu. Le héros de cette histoire affirme que les événements racontés ici se sont vraiment produits. Est-ce possible? Ce qu’il rapporte est tellement étrange!…

Ce jour là, un jeune homme emmenait sa petite amie pour une promenade en voiture au clair de lune, sur une route de campagne de l’ouest du Massachusetts, quand il tomba en panne d’essence. Il laissa la jeune fille dans la voiture et partit chercher du secours. Un bon kilomètre plus loin, il aperçut une lumière dans le lointain. Il se mit à courir dans cette direction.

Il trouva vite une ferme reliée à la route par un chemin de terre battue. Il était passé devant en voiture mais n’avait pas vu de lumière à ce moment-là. En fait, les amoureux avaient trouvé que la vieille maison avait l’air si triste avec ses vitres cassées, ses volets arrachés et son seuil effondré. Le jeune homme n’était pas sûr qu’il s’agissait de la même maison. En tout cas, celle-ci lui ressemblait.

Il monta le sentier pour la regarder de plus près. Maintenant, il était sûr que c’était bien la même, mais quelle différence! Des lumières brillaient dans toutes les pièces. La vaste pelouse était entretenue. Des éclats de rire et de la musique arrivaient jusqu’à lui. Comme il restait figé devant le spectacle, il entendit soudain des bruits de sabots. Lorsqu’il jeta un coup d’œil dans la grande cour latérale, il découvrit une vingtaine de voitures dont les chevaux étaient attachés à des poteaux.

Cela non plus, ce n’était pas normal, car il y avait bien un demi-siècle que ce genre d’attelage n’était plus utilisé. Peut-être, se dit le jeune homme, s’agissait-il d’une réunion de collectionneurs de véhicules de ce type. Quoi qu’il en soit, il trouverait bien un peu d’essence quelque part. Il se dirigea donc vers une porte latérale. Avant d’atteindre le porche, il jeta un coup d’œil par une des fenêtres. Dans la salle, il vit une cinquantaine de personnes habillées selon la mode du début du siècle*, qui mangeaient, buvaient ou dansaient. Il regarda sa montre. Il était exactement minuit mois le quart. C’est à ce moment qu’il entendit un cri perçant venant de l’intérieur, un cri aigü poussé par une femme. Les lumières s’éteignirent. Cloué sur place, le jeune homme était terrorisé.

Quelques secondes plus tard, lorsque ses yeux furent accoutumés à la clarté de la lune, il reçut un autre choc quand il se rendit compte qu’il regardait en fait une pièce vide à travers une vitre sale et cassée. Les volets pendaient lamentablement et, sous ses mains, l’appui de fenêtre pourri s’effritait. Il tourna les talons et se mit à courir jusqu’à la route.

Lorsqu’il raconta son aventure à des habitants du coin, il apprit qu’exactement cinquante ans plus tôt, à minuit moins le quart, une jeune fille avait été assassinée par un fiancé jaloux dans la pièce même où se déroulait la fête.

Il y a aujourd’hui plus de cinquante ans que ces événements se sont passés. Le témoin vit toujours dans l’ouest du Massachusetts. Mais il ne part plus jamais sans emporter un bidon d’essence.

 

C.B. Colby, Des histoires vraies de fantômes,

Malle (Belgique), Éditions Le Ballon,

« série Croco bleue », 2000, p.40-41

 

*Bien sûr, il s’agit du début du XXe siècle.

 

Le manuel «Rendez-vous» de Graficor propose de retrouver le schéma narratif de ce texte.  Pourquoi pas!

Voici le travail demandé ainsi que le texte :

Texte p.44-45_L’anniversaire_d’antan