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Une décision… trop lente ?


Je n’aurais jamais cru possible vivre une situation nouvelle dans ma classe-maison après toutes ces années….  Pfft…

Figurez-vous que mes deux derniers ont décidé, que dorénavant, ils prendraient leur temps pour travailler.

Une chose dite de cette façon apparaît sûrement tout à fait logique et sensée mais, dans les faits, c’est loin d’être aussi simple !

Trouvant que le rythme est trop soutenu présentement, mes chers fils ont décidé qu’ils travailleraient tranquillement sur leurs travaux sans se précipiter, sans se questionner sur le temps que cela prend pour faire le travail : on prend son temps, tout simplement.

Résultat ?

Ils ne font même pas la moitié de ce qu’on attend des élèves de ces niveaux scolaires ! Ha!  Une vraie farce.

J’ai bien rigolé lorsqu’ils ont étalé leurs arguments, prétextant «l’épuisement», la «pression psychologique constante», la grande différence entre la façon de travailler au primaire et au secondaire, l’importance de «bien faire les choses», etc…  Ils ont longuement étalé leurs constats : on travaille trop rapidement sur trop de matières en même temps.

Ah les enfants…  Ils seront toujours pour moi une source inépuisable de surprises! Hihihi.

Heureusement que je suis une bonne négociatrice auprès d’eux 😉

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Publié dans Français

Si… (situation d’écriture)


Petite situation d’écriture « express » pour des grands de secondaire 5

L’écrivain Scott Turow a écrit : « Le courage n’est pas l’absence de peur, mais la capacité de continuer avec dignité en dépit de tout. » Et le bonheur est vraiment une forme de courage. Tous nos rêves peuvent se réaliser si nous avons le courage de les poursuivre.

Si j’avais le courage de le faire, je…


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Jeannot et Colin (écriture)


Voici un petit travail proposé par un vieux manuel :

Lecture

Plusieurs personnes dignes de foi ont vu Jeannot et Colin à l’école dans la ville d’Issoire, en Auvergne.  Jeannot était le fils d’un marchand de mulets très renommé, et Colin devait le jour à un brave laboureur des environs.  Jeannot et Colin étaient fort jolis pour des Auvergnats ; ils s’aimaient beaucoup.

Le temps de leurs études était sur le point de finir, quand un tailleur apporta à Jeannot un habit de velours à trois couleurs, avec une veste de Lyon de fort bon goût ; le tout était accompagné d’une lettre à monsieur de La Jeannotière. Colin admira l’habit, et ne fut point jaloux ; mais Jeannot prit un air de supériorité qui affligea Colin. Dès ce moment Jeannot n’étudia plus, se regarda au miroir, et méprisa tout le monde. Quelque temps après un valet de chambre arrive en poste, et apporte une seconde lettre à monsieur le marquis de La Jeannotière : c’était un ordre de monsieur son père de faire venir monsieur son fils à Paris. Jeannot monta en chaise en tendant la main à Colin avec un sourire de protection assez noble. Colin sentit son néant, et pleura. Jeannot partit dans toute la pompe de sa gloire.

(Le père de Jeannot a fait fortune.  Mais bientôt, il se ruine et il est jeté en prison.  Le jeune marquis de la Jeannotière est méprisé par tous ses amis du beau monde)

Comme il était plongé dans l’accablement du désespoir, il vit avancer une chaise roulante à l’antique, espèce de tombereau couvert, accompagné de rideaux de cuir, suivi de quatre charrettes énormes toutes chargées. Il y avait dans la chaise un jeune homme grossièrement vêtu ; c’était un visage rond et frais qui respirait la douceur et la gaieté.

Le voyageur eut tout le temps de contempler le marquis immobile, abîmé dans sa douleur. « Eh ! mon Dieu ! s’écria-t-il, je crois que c’est Jeannot ! » À ce nom, le marquis lève les yeux, la voiture s’arrête : «C’est Jeannot lui-même, c’est Jeannot ! » Le petit homme rebondi ne fait qu’un saut, et court embrasser son ancien camarade. Jeannot reconnut Colin ; la honte et les pleurs couvrirent son visage. « Tu m’as abandonné, dit Colin ; mais tu as beau être grand seigneur, je t’aimerai toujours. » Jeannot, confus et attendri ; lui conta en sanglotant une partie de son histoire. « Viens dans l’hôtellerie où je loge me conter le reste, lui dit Colin.

Jeannot, éperdu, se sentait partagé entre la douleur et la joie, la tendresse et la honte ; et il se disait tout bas : « Tous mes amis du bel air m’ont trahi, et Colin, que j’ai méprisé, vient seul à mon secours. Quelle instruction ! »

La bonté d’âme de Colin développa dans le cœur de Jeannot le germe du bon naturel, que le monde n’avait pas encore étouffé. Il sentit qu’il ne pouvait abandonner son père et sa mère. « Nous aurons soin de ta mère, dit Colin ; et quant à ton bonhomme de père, qui est en prison, j’entends un peu les affaires ; ses créanciers, voyant qu’il n’a plus rien, s’accommoderont pour peu de chose ; je me charge de tout. » Colin fit tant qu’il tira le père de prison. Jeannot retourna dans sa patrie avec ses parents, qui reprirent leur première profession. Il épousa une sœur de Colin, laquelle, étant de même humeur que le frère, le rendit très heureux.

Voltaire, inspiré de « Jeannot et Colin»

Vieux manuel : L.Geslin «Méthode de Composition Française» IV – Le Plan.


Sujet d’écriture : (250-300 mots)

En t’inspirant du texte de Voltaire, montrez par un récit de votre invention que : Quand on est malade, tous les plaisirs vous abandonnent, excepté ceux de l’amitié.


Si cela vous intéresse

Jeannot et Colin_semaine 3


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La femme au parapluie (texte)


Un petit texte pour s’amuser…

 

-Tiens, drôle d’endroit pour perdre son parapluie. Il se pencha, ramassa le parapluie.

Le téléphone sonna.
-Allô.
-Bonsoir, monsieur. Vous avez trouvé mon parapluie?
-Pardon?
-Je vous demande si vous avez trouvé mon parapluie. Un parapluie noir avec…
-Oui, en effet, j’ai trouvé un parapluie, ce matin. Mais comment savez-vous, madame, que c’est moi qui l’ai trouvé?
-Mais mon cher monsieur, je l’ai perdu précisément pour que vous le trouviez! Et maintenant, je voudrais le ravoir. Vous voulez bien venir me le porter? Je vous attendrai ce soir au milieu du pont de bois, à l’est de la ville, à onze heures. Bonsoir, monsieur.

-Vous êtes en retard, je vous attends depuis dix minutes.
-Je m’excuse, j’ai été retardé… Voici votre parapluie, madame.
-Merci, monsieur.
Elle le regardait droit dans les yeux.
-Et maintenant, sautez. Votre heure est venue.
Il enjamba le garde-fou et se jeta dans la rivière.

Et elle repartit, laissant son parapluie au milieu du pont de bois, à l’est de la ville…

Michel Tremblay, «Contes pour buveurs attardés»