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Le silence de la mer (texte + travail)


Voici notre texte du jour en secondaire 3 (3e)


En 1941, au début de l’Occupation, un officier allemand épris de culture française est logé de force dans une famille comprenant un vieil homme et sa nièce, qui ne peuvent exprimer leur opposition et leur patriotisme que par un mutisme profond, une lutte silencieuse.

Un soir, – j’étais monté dans ma chambre pour y chercher du tabac, – j’entendis s’élever le chant de l’harmonium.  On jouait ces “VIIIe Prélude et Fugue » que travaillait ma nièce avant la débâcle.  Le cahier était resté ouvert à cette page mais, jusqu’à ce soir-là, ma nièce ne s’était pas résolue à de nouveaux exercices.  Qu’elle les eût repris souleva en moi du plaisir et de l’étonnement: quelle nécessité intérieure pouvait bien l’avoir soudain décidée?
Ce n’était pas elle. Elle n’avait pas quitté son fauteuil ni son ouvrage.  Son regard vint à la rencontre du mien, m’envoya un message que je ne déchiffrai pas.  Je considérai le long buste devant l’instrument, la nuque penchée, les mains longues, fines, nerveuses, dont les doigts se déplaçaient sur les touches comme des individus autonomes.
Il joua seulement le Prélude. Il se leva, rejoignit le feu.
– “Rien n’est plus grand que cela”, dit-il de sa voix sourde qui ne s’éleva pas beaucoup plus haut qu’un murmure.  “Grand?…ce n’est pas même le mot.  Hors de l’homme, – hors de sa chair.  Cela nous fait comprendre, non :  deviner…  non : pressentir ce qu’est la nature… la nature divine et inconnaissable… la nature… désinvestie… de l’âme humaine.  Oui : c’est une musique inhumaine.”
Il parut, dans un silence songeur, explorer sa propre pensée. Il se mordillait lentement une lèvre.
– Bach… Il ne pouvait être qu’Allemand.  Notre terre a ce caractère : ce caractère inhumain.  Je veux dire: pas à la mesure de l’homme.
Un silence, puis :
– Cette musique-là, je l’aime, je l’admire, elle me comble, elle est en moi comme la présence de Dieu mais… Mais ce n’est pas la mienne.
“Je veux faire, moi, une musique à la mesure de l’homme : cela aussi est un chemin pour atteindre la vérité.  C’est mon chemin.  Je n’en voudrais, je n’en pourrais suivre un autre.  Cela, maintenant, je le sais.  Je le sais tout à fait.  Depuis quand?  Depuis que je vis ici.
Il nous tourna le dos.  Il appuya ses mains au linteau, s’y retint par les doigts et offrit son visage à la flamme entre ses avant-bras, comme à travers les barreaux d’une grille.  Sa voix se fit plus sourde et plus bourdonnante :
– Maintenant j’ai besoin de la France.  Mais je demande beaucoup : je demande qu’elle m’accueille.  Ce n’est rien, être chez elle comme un étranger, – un voyageur ou un conquérant.  Elle ne donne rien alors, – car on ne peut rien lui prendre.  Sa richesse, sa haute richesse, on ne peut la conquérir.  Il faut la boire à son sein, il faut qu’elle vous offre son sein dans un mouvement et un sentiment maternels…  Je sais bien que cela dépend de nous…  Mais cela dépend d’elle aussi.  Il faut qu’elle accepte de comprendre notre soif, et qu’elle accepte de l’étancher… qu’elle accepte de s’unir à nous.
Il se redressa, sans cesser de nous tourner le dos, les doigts toujours accrochés à la pierre.
– Moi, dit-il un peu plus haut, il faudra que je vive ici, longtemps.  Dans une maison pareille à celle-ci.  Comme le fis d’un village pareil à ce village… Il faudra…
Il se tut.  Il se tourna vers nous.  Sa bouche souriait, mais non ses yeux qui regardaient ma nièce.
– Les obstacles seront surmontés, dit-il.  La sincérité toujours surmonte les obstacles.
“Je vous souhaite une bonne nuit.”
Extrait de : Vercors «Le silence de la mer»

Après l’analyse du texte, on revient sur l’écriture d’un résumé.

 Écrire…
Je lui demande de me résumer l’extrait en 100 mots maximums.
À partir de ce niveau, je propose souvent des exercices avec un nombre de mots précis afin de l’habituer à des examens futurs où, par souci d’uniformité de l’évaluation, on comptabilise le nombre de mots, identique pour tous.
Comme le résumé doit se faire en peu de mots, il forcera Raphaël à rechercher le chemin le plus juste dans un nombre limité de
mots.

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Journal quotidien


La routine est déjà installée… oui, déjà.  Je suis chanceuse d’avoir de bons enfants qui prennent place en classe-maison et travaillent aussi bien.  J’ai déjà presque oublié mon départ de la semaine passée ! hi hi hi

C’est plaisant de voir que la routine de travail est déjà bien comprise.  Les matières s’enchaînent, sans stress, et le travail est bien fait.  Les enfants ont tellement grandi pendant l’été, je me retrouve avec deux jeunes qui semblent être déterminé à bien travailler.  On verra si je garderai cette image d’eux longtemps! ha!

Bon, ce n’est pas parfait, naturellement.  Il m’arrive de demander d’arrêter de parler à l’un de mes enfants qui a toujours une chose ou deux à raconter.  Il ne s’arrête que pour dormir celui-là !  Il parle…  parle…  parle…

Je réalise à quel point l’ «atmosphère» dans notre classe-maison a un rôle vraiment important pour le bon déroulement de notre matinée.  Quand on prend le temps de bien faire les choses, sans s’énerver pour accélérer le travail, sans chercher à atteindre un résultat quelconque déjà planifié et prévu, le travail produit est franchement mieux fait et va au-delà de ce que j’avais prévu de faire.

On sous-estime grandement l’impact de notre attitude dans le bon déroulement de notre temps de travail.  L’adolescent, qui nous connaît bien davantage qu’un tout jeune enfant, ressent clairement notre satisfaction ou insatisfaction.  Il devine clairement notre exaspération, notre frustration, etc.  Dès qu’on le laisse travailler, qu’on lui donne la chance d’avancer dans un rythme qui lui ressemble, il produit un travail d’une bien meilleure qualité.  Prendre le temps…  pas toujours simple quand on désire accomplir un certain nombre de choses dans une semaine.  Étant une mère assez…  disons…  hyperactive…  il n’est pas toujours facile de voir la lenteur s’exprimer avec autant d’emphase dans notre classe-maison !

Bon, je vous laisse…  Pour faire changement, je retourne préparer la classe pour les prochaines journées !

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Cette semaine on écoute…


Cette année encore, nous poursuivons l’écoute de différentes œuvres musicales.  Les enfants apprécient et apprennent toujours autant, et ce, malgré les années qui passent !

On débute notre découverte ( ou redécouverte dans notre cas) par Debussy.

Claude Debussy – Compositeur français  (1862 – 1918)

L’œuvre que nous écoutons cette semaine…

Que j’aime jouer ou écouter cette œuvre…

Bonne écoute !