Philo-fables / Les maçons


Un jour, un voyageur traversa un lotissement où de nombreuses maisons étaient en construction. C’était l’après-midi. Il faisait une chaleur accablante. Et le voyageur crut bon de dire un petit mot à chacun.

– Bonjour, dit-il au premier, que faites-vous donc là ?

– Moi ? répondit l’homme d’un ton rogue. Vous ne voyez pas que j’entasse des briques? Par une chaleur pareille, ce n’est vraiment pas humain. Je fais un boulot de galérien.

Et, à chacun des hommes qu’il croisa, le voyageur posa la même question.

– Moi, répondit un second avec flegme, je suis maçon. Je fais un métier dur et pénible, mais on gagne sa vie comme on peut.

– Moi, répondit un troisième avec un sourire, je suis en train de construire ma maison. Je vais enfin avoir quelque chose qui sera à moi.

– Moi, répondit le dernier, qui semblait comme illuminé de l’intérieur, je construis la maison de la femme que j’aime. J’y mets tout mon cœur et ce sera la plus belle maison du lotissement.

Le voyageur passa son chemin, mais plusieurs heures plus tard, il avait encore en tête le sourire radieux de l’homme amoureux.

« Rien n’est agréable ni pénible en soi. Une marche dans la campagne sous un soleil d’été peut être vécue comme un vrai bonheur ou un pur calvaire. Tout dépend de l’état d’esprit dans lequel on l’accomplit. Mais, si l’on en croit ce texte, c’est bien évidemment l’amour qui magnifie le mieux le monde ! »

Michel Piquemal, «Les maçons», Les philo-fables

 

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