Journal quotidien / je réponds


Il me semble en avoir parlé plusieurs fois au fil du temps.  Une maman, qui éprouve beaucoup de difficultés en classe avec ses petits, me demande si des récompenses pourraient améliorer la situation.

On me pose cette question très souvent…  mais, malheureusement, je ne suis pas une personne qui encourage les fameuses récompenses.

Refus de travailler ?

Il y a quelque chose là-dessous…

C’est normal qu’un enfant préfère s’amuser au lieu de s’installer devant un cahier et écrire pendant des heures!

Ça on le comprend…  mais un enfant qui refuse de travailler en tout temps?  Il y a, ici, un symptôme d’un problème sous-jacent.

Une difficulté réelle avec la matière ?  Un problème de compréhension?  Le parent-accompagnateur ne le soutient pas suffisamment ? Pas d’outils pour travailler ? Problème avec l’effort, la persévérance,…

Des difficultés peuvent venir de partout!

L’enfant ne comprend pas toujours qu’une tâche à accomplir ne prend souvent du temps que parce qu’il ne comprend pas bien la «réelle» tâche à accomplir.  Une tâche ne prend généralement que très peu de temps.

Avec les petits, il faut leur rappeler ce qu’il faut faire, comment le faire, donner un exemple, faire le premier exercice avec eux, les diriger, les encourager, les accompagner!

Il faut apprendre à fragmenter le travail à faire.  Vous avez une situation d’écriture à faire faire ? Choisissez-la petite au départ..  très petite.  Une simple phrase ou deux parfaitement écrite(s) est nettement préférable à 200 mots dans une structure incohérente!  On se fait un plan, on questionne l’enfant oralement : quel est le sujet?  De quoi désires-tu parler ?  ect…  Aidez-le à structurer sa pensée!!!

Une notion de grammaire à travailler ? pourquoi faire faire 8 exercices sur la notion dans la même période de travail ?  On peut très bien faire 2-3 numéros et faire une autre matière, puis y revenir plus tard.  Fragmenter.

Un tout petit de 6-8 ans a besoin d’être soutenu…  en tout temps!  Votre regard bienveillant, encourageant est essentiel!  Mais surtout…  surtout…  j’ai appris avec le temps…  qu’on n’abandonne jamais devant un enfant qui ne veut pas!!!

On persévère, on l’encourage, on le soutient et on apprend à taire nos frustrations devant lui.  L’enfant, lui, a besoin d’étaler ses petites souffrances…  il a besoin de vous exprimer ses difficultés : «Je ne comprends rien, c’est difficile, je déteste la grammaire, je n’arrive pas à la faire, pourquoi on fait ceci ou cela… »  et malheureusement, le parent, lui, exaspéré bien souvent lui répond sans cesse.

Pourtant, en ne disant rien…  Tout simplement rien.  On fait des miracles!

Je ne négocie pas…  pas plus qu’il ne devra négocier pour avoir son repas.

Je n’étale pas de colère…   pas plus que je n’accepterais qu’il étale sa colère pour manger.

Je ne crie pas…   pas plus qu’il ne le fera pour manger.  Je ne supplie pas…  Je n’exige pas…  Je n’achète surtout pas…  pas de récompenses…  pas de punitions…

Son travail doit être fait, tout simplement.

Il faut apprendre à voir notre rôle d’enseignante auprès d’eux comme un lien différent du lien d’amour entre une mère et son enfant.  J’aime mes enfants…  tellement…  mais je SAIS qu’ils doivent travailler pour apprendre.

Nous avons choisi d’enseigner à nos enfants à la maison et plusieurs difficultés viennent avec le travail!  Pour nous, le travail est loin d’être facile par moment puisque la classe devient le prolongement de notre quotidien.  Nous devons établir un lien de confiance, on doit fixer des règles claires, on doit gérer les périodes de crises,  on doit cultiver l’effort, le goût du travail bien fait, etc.

Et les récompenses ? On ne travaille pas toujours pour des récompenses.  La vie, la vraie, ne nous apporte pas toujours des récompenses lorsqu’on fait un travail quelconque.  Je me lève chaque matin, accomplit mes tâches, fait la classe, la routine de la maison, etc..  Pourtant, des récompenses, des vraies, où sont-elles?  je ne reçois pas un sou pour tout le travail que je fais quotidiennement!  Mes récompenses sont simplement différentes.

Nous devons encourager notre enfant à persévérer, à poursuivre le travail débuté jusqu’à la fin et être fier du résultat!  L’effort…  c’est le secret.  Il faut apprendre à notre enfant que le «travail» est essentiel à la réussite!

Bonne journée!

 

 

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5 réflexions sur “Journal quotidien / je réponds

  1. Je suis d’accord avec vous sur le fait de ne pas récompenser les enfants pour le travail fourni.
    J’ai eu moi aussi une période difficile en début d’année scolaire où ma fille ne voulais pas faire certaines activités parce qu’elle les trouvait difficiles (ou se les imaginait difficiles).
    Je ne connais pas la situation précise de la personne qui vous a solicité, je ne me permettrai donc pas de lui donner des conseils, mais je peux témoigner de ce qui à fonctionné chez nous, cela pourra peut-être aider d’autres familles.
    J’ai une enfant qui est si effrayée à l’idée de faire une erreur qu’elle préfère ne pas essayer plutôt que de prendre le risque de se tromper. Elle a 5 ans et a souhaité apprendre à lire, tout se passait bien dans son apprentissage de la lecture jusqu’à ce qu’elle commence à lire ses premiers mots, dès lors c’est devenu un combat quotidien pour qu’elle accepte de faire une leçon de lecture ou pour qu’elle ne s’interrompt pas dans les cris et les larmes…
    J’ai cherché comment y remédier et ai choisi d’essayer de travailler sur mon propre comportement vis à vis d’elle lorsque nous travaillions ensemble: ce n’est pas encore bien acquis pour moi, mais désormais je m’efforce de ne pas émettre de jugement (ni négatif, ni positifs) sur son travail. Lorsqu’elle réussi quelque chose je lui demande si cela la rend fière, si elle est heureuse d’avoir réussi: cela l’aide comprendre le bénéfice qu’elle peut tirer de son travail pour elle même et de ne plus être soumise au regard de l’adulte.
    Ce n’est pas facile de s’empêcher tout terme qui inclut un jugement (un petit oui, ou un non m’échappe encore tellement facilement lorsqu’elle se trompe de son pour une lettre); mais nos séances de travail se sont tellement apaisée depuis que, pour moi, cela vaut bien cet effort quotidien d’autodiscipline.

    Aimé par 1 personne

  2. Laurence dit :

    Quand j’ai commencé l’école à la maison j’ai mis en place quelques « rituels » afin d’entrer en douceur dans les apprentissages de la journée. Ils étaient mis en place sur une semaine et celui du matin différait de celui de l’après-midi. Mon fils était alors en cm1 puis en cm2.

    Le matin, il y avait soit :
    – Découverte d’un morceau de musique classique et de son compositeur avec écoute sur la semaine (as-tu déjà déjà entendu cette musique avant, à quelle occasion ? que ressens-tu en l’écoutant ?…)
    – Découverte d’une peinture ou d’une sculpture sans nommer l’artiste ni l’oeuvre mais en donnant des indices permettant une recherche afin de trouver ces éléments. Ensuite, chercher les différents détournements faits à partir de l’oeuvre (détournements publicitaires ou autres) ou chercher d’autres peintures ou sculptures de l’artiste
    – Lecture faite par moi (roman – conte – lecture documentaire…), avec oralisation de ce qui avait été compris

    L’après-midi, nous regardions une petite vidéo « Un jour, une question » ou « Un jour, une actu » avec un petit débat oral.
    Il y avait d’autres « rituels » qui venaient en alternance mais ceux-ci étaient ceux qui rencontraient le plus vif succès. Mon fils entrait sans s’en apercevoir dans les apprentissages, c’est-à-dire qu’il n’avait pas vraiment l’impression qu’il avait commencé à travailler car pour lui ces moments étaient synonymes de détente.

    Le français et les mathématiques étaient répartis sur la journée et jamais une longue série d’exercices à la suite mais toujours une partie écrite et une partie orale en alternance.
    Encore maintenant au niveau 6e, je ne fais pas forcément français et maths dès que nous commençons le matin. Si je vois que c’est « une journée sans », je commence par Histoire, Education morale et civique ou géographie qui sont les matières qu’il préfère et nous oralisons un peu plus.
    Etant à la maison, nous pouvons nous permettre de la souplesse et n’hésitons pas à chambouler notre programme de la journée car ce n’est pas tant la quantité qui prime que la qualité.

    Et puis, si je vois que ça n’avance vraiment pas ou que le plaisir n’est pas là alors je n’hésite pas à tout réorganiser et à changer mon approche sur une notion, car en premier lieu c’est à moi d’inculquer à mon fils le gout du travail et du travail bien fait.
    Sa récompense ? la satisfaction d’un travail bien fait, pouvoir constater par lui-même ses progrès et la fierté de réussir 😉

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  3. yurididion dit :

    Bonsoir, je suis votre blog de manière assez régulière, et je tiens à souligner la qualité de vos conseils pour l’encadrement des cours. Je trouve qu’ils dépassent même le cadre du homeschooling, et sont éclairants pour l’accompagnement des devoirs des enfants. Merci.

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