Le chat et le jeune oiseau (fable)


Un chat, qui n’avait point une allure très franche

Et qui rôdait à l’heure où le jour rembrunit,

Finit par découvrir, perché sur une branche,

Mais tout près de son nid,

Un jeune oiseau qui voltigeait à peine.

 

–Sais-tu bien, lui dit-il, que tu n’es pas prudent.

 

–Comment? répond l’oiseau, d’une âme fort sereine,

Je ne m’éloigne pas de mon nid cependant.

 

–C’est là précisément que se trouve te faute.

Un chat comme parfois l’on en a remarqué,

Un chat peu scrupuleux arrive, grimpe ou saute,

Et te voilà croqué.

 

–Que me conseille alors votre touchante estime?

 

–Eh! de monter, parbleu! de monter à la cime.

Vole de branche en branche; il te faut essayer

Tes ailes déjà grandes.

Ne va pas t’effrayer:

Il me tarde que tu te rendes

En sûreté.

 

L’oiseau naïf ouvre ses ailes,

Mais il a trop compté

Sur ses plumes nouvelles:

Il s’élève un instant, dégringole et s’abat

Dans les griffes du chat.

 

Jeunesse sans expérience,

N’écoute pas ces inconnus

Qui par des discouru ingénus

Vantent tes biens et ta science,

Reste, près du nid maternel :

Le foyer, l’école ou l’église,

Jusqu’à ce que le nid te dise :

Vole maintenant dans le ciel.

 

L. Pamphile Lemay

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