Publié dans Tout ce qui n'a pas été classé encore....

Mon exaspération devant les programmes actuels


Je suis en train de préparer le programme en étude de la langue de mon fils de secondaire 2 pour les prochaines semaines.

Je tourne les pages des vieux manuels et des cahiers scolaires actuelles et je ne comprends toujours pas pourquoi les programmes actuels délaissent une grande partie des informations pourtant pertinentes.

Prenons, par exemple, la conjugaison du futur simple et du futur antérieur.  Pourquoi avoir abandonné l’aspect «connaissance» au lieu de simplement faire conjuguer l’élève.

Je serais curieuse de voir quel élève connaît, maintenant, ce qu’exprime le futur simple (sa valeur) ?  Pourquoi l’utilise-t-on ce verbe à part pour exprimer une action à venir???

  • Une action à venir, proche ou lointaine.
  • Une affirmation atténuée d’un fait présent (futur de politesse).  Ex : Je vous prierai de m’écouter attentivement.
  • Un ordre atténué, un conseil, une prière, un souhait. Ex : Tu iras chez ta grand-mère dimanche.
  • Une probabilité, une intention, une promesse.  Ex: Je vous embrasserai ce soir.
  • Une action passée ( futur employé souvent par les historiens).  Ex: La guerre sera inévitable par la suite entre ces deux pays.
  • Une indignation devant un fait qui risque de durer.  Ex: Quoi!  Ces gens se moqueront de moi ! (La Fontaine)
  • Une vérité générale ( pour l’avenir comme pour le présent et le passé) avec toujours, souvent, jamais.  Ex: Homme libre, toujours tu chériras la mer ! (Beaudelaire)

J’ai beau feuilleter mes cahiers, mes manuels… rien.  Je ne trouve ces informations que dans les anciens manuels de grammaire.

Qui enseigne maintenant que le futur simple est la fusion d’une locution (infinitif + présent du verbe avoir)?

La plupart du temps, les programmes font mémoriser les terminaisons, sans réfléchir…  erai / eras / era…  tout simplement.  On semble oublier la réflexion derrière le geste à poser.  Avant de conjuguer, pourquoi ne pas chercher à comprendre un peu ?!  Pfft!

On reproche continuellement la médiocrité du français écrit de nos jeunes mais…  mais…  mais…  Avons-nous, entre les mains, les bons outils pour les accompagner!?!?!


Publicités
Publié dans Tout ce qui n'a pas été classé encore....

Nuit de neige (poésie)


La grande plaine est blanche, immobile et sans voix.
Pas un bruit, pas un son ; toute vie est éteinte.
Mais on entend parfois, comme une morne plainte,
Quelque chien sans abri qui hurle au coin d’un bois.

Plus de chansons dans l’air, sous nos pieds plus de chaumes.
L’hiver s’est abattu sur toute floraison ;
Des arbres dépouillés dressent à l’horizon
Leurs squelettes blanchis ainsi que des fantômes.

La lune est large et pâle et semble se hâter.
On dirait qu’elle a froid dans le grand ciel austère.
De son morne regard elle parcourt la terre,
Et, voyant tout désert, s’empresse à nous quitter.

Et froids tombent sur nous les rayons qu’elle darde,
Fantastiques lueurs qu’elle s’en va semant ;
Et la neige s’éclaire au loin, sinistrement,
Aux étranges reflets de la clarté blafarde.

Oh ! la terrible nuit pour les petits oiseaux !
Un vent glacé frissonne et court par les allées ;
Eux, n’ayant plus l’asile ombragé des berceaux,
Ne peuvent pas dormir sur leurs pattes gelées.

Dans les grands arbres nus que couvre le verglas
Ils sont là, tout tremblants, sans rien qui les protège ;
De leur oeil inquiet ils regardent la neige,
Attendant jusqu’au jour la nuit qui ne vient pas.

Guy de Maupassant, Des vers

Publié dans Tout ce qui n'a pas été classé encore....

La neige tombe (poésie)


La neige à flocons blêmes tombe,
Tombe, tombe en mols tourbillons,
Lis effeuillé sur une tombe.
Pour qui fait-on cette hécatombe,
Hécatombe de papillons ?
La neige à flocons blêmes tombe,
Tombe, tombe en mols tourbillons.

Toute blanche dans la nuit brune,
La neige tombe en voletant,
O pâquerettes ! une à une,
Toutes blanches dans la nuit brune…
Qui donc là-haut plume la lune ?
O frais duvet ! Flocons flottants !
Toute blanche dans la nuit brune,
La neige tombe en voletant.

La neige tombe, monotone,
Monotonement, par les cieux.
Dans le silence qui chantonne
La neige tombe, monotone,
Et file, tisse, ourle et festonne
Un suaire silencieux.
La neige tombe monotone,
Monotonement par les cieux.

Jean Richepin