Une mauvaise année? Mais non.


J’ai rencontré cette semaine une maman qui portait les cicatrices de sa première année d’école-maison : yeux baissés, les larmes aux yeux et un soupir à fendre l’âme.  Elle a passé une mauvaise année scolaire avec ses deux garçons.

Elle me raconta ses luttes continuelles pour «faire vouloir» ses garçons, ses tentatives pour les motiver, leur plaire, les encourager, les stimuler, les pousser, les…

J’ai pris le temps de l’écouter, sans rien dire puisque ce n’est pas ce qu’elle cherche en ce moment.  Je l’ai écoutée, solidairement, puisque je comprends tout à fait ce sentiment qui l’habite.

Mais…  pourquoi?

On peut pointer du doigt la médiocrité de nos manuels, la turbulence de nos enfants, une mauvaise discipline de vie, des exigences trop grandes, etc.  Mais, la réalité, c’est que nous sommes très souvent LE PROBLÈME.

On ne réalise pas assez l’importance de voir «l’école-maison» autrement.

Une maison n’est pas une école!

Oui, on installe minutieusement nos petits : jolis pupitres, jolis crayons, jolis papiers, jolis cahiers, jolies affichettes, jolis projets, …  mais on oublie l’essentiel : une maison ne deviendra JAMAIS une école.  On ne pourra JAMAIS reproduire une école à la maison.

Vouloir rebâtir une école à la maison est une erreur.

Si nos enfants aiment apprendre en pyjama… pourquoi pas?  Si nos enfants aiment lire dehors sous un arbre…  pourquoi pas?  Il faut s’adapter à notre maisonnée!

 

Voir les manuels comme des «outils» et non comme une panacée

Dernièrement, une maman me dit en lâchant un énorme soupir :

«J’ai adoré utiliser «Cyclades» cette année mais je ne l’utiliserai pas l’an prochain.

-Mais pourquoi pas?

-Parce que deux des thèmes proposés ne m’intéressent pas.

-Pourquoi ne pas simplement sauter ces deux séquences mais l’utiliser pour le reste?»

Plusieurs s’imaginent devoir tout faire d’un manuel… tout!  Mais pourquoi?  On peut très bien ne faire qu’une séquence et poursuivre avec un autre manuel…  pourquoi pas?  Votre manuel travaille une fable que vous détestez?  pourquoi ne pas en prendre une autre qui vous plaît et qui permettra d’atteindre les mêmes objectifs?

Osez!

Il ne faut pas voir le manuel comme la solution aux problèmes rencontrés par nos enfants…  les problèmes ne proviennent pas du type de manuels utilisés!!!!

 

Imposez un rythme qui vous ressemble

«C’était le bordel quotidiennement.  Ils ne pouvaient pas s’installer quand c’était le temps et dès qu’il y avait une pause, pas moyen de les faire revenir.»

On oublie trop souvent d’imposer un rythme, une routine à nos journées.  Je ne dis pas qu’un horaire hyper organisé est merveilleux pour tout le monde, mais un rythme qui revient quotidiennement aide vraiment beaucoup.

 

Oubliez les récompenses «vides»!

On imagine encore qu’il faut offrir à nos enfants des récompenses pour améliorer le travail : des autocollants, des bonbons, des objets, de l’argent, du temps aux jeux vidéo, etc.

Mais pourquoi?  Vous êtes récompensés pour tout ce que vous faites chez vous?

Sérieusement, les enfants n’ont pas besoin d’être récompensé par un jouet pour le travail qu’ils font en classe.  On habitue l’enfant à attendre une récompense pour ce qu’il fait…  Son objectif ne devient plus d’apprendre mais d’être récompensé!

Apprendre en classe ne devrait pas être amusant mais bien stimulant, intéressant, enrichissant, plaisant…  peu importe.  Le plaisir devrait venir de l’intérêt qu’il suscite.  On devrait songer à éveiller sa curiosité, son intérêt, son désir d’en apprendre plus!  Les bonbons ne sont que des leviers très superficiels…  à long terme?  Complètement inutile!

On peut féliciter un enfant, l’encourager, lui démontrer notre joie de le voir réussir, etc.  sans obligatoirement passer par des cadeaux!

 

On pourrait ajouter une tonne de choses…  j’y reviendrai éventuellement…  en attendant,

N’oubliez pas

Ce qui est merveilleux avec l’école-maison c’est qu’on peut prendre une nouvelle route n’importe quand.  Il n’y a pas de pression, pas de problème, on peut changer de manuel ou de façon d’enseigner sans difficulté.

On l’oublie…  trop souvent.

Une année qui semble moins bien réussie n’est qu’une expérience de plus vers une nouvelle route éventuellement!  Il n’existe donc pas de mauvaises années, il suffit simplement d’enrichir notre prochaine année avec toutes ces expériences qui s’accumulent!

10 réflexions sur “Une mauvaise année? Mais non.

  1. J’adore lire ces lignes !!!
    Tu dis les choses si bien ! C’est très encourageant pour mon avenir puisque je débuterai l’école à la maison cet été !
    Mille fois merci !!

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  2. Bravo pour ce joli billet, très juste !
    Je pense qu’oser le détachement vient après les deux premières années. Il nous faut à nous aussi le temps de mûrir. Il faut prendre de l’assurance et du recul pour pouvoir sautiller d’un manuel à l’autre, pour s’affranchir de l’épée de Damoclès des inspections.
    Je trouve qu’il est plus facile de se montrer un peu trop scolaire, un peu trop rigoureuse au départ et de s’ouvrir peu à peu, au fur et à mesure que le rythme et les priorités nous apparaissent que l’inverse.
    J’aime énormément la nouvelle présentation du blog !
    Merci Sylvie !

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    1. Tu sais Laurence, je ne suggère pas d’être «moins rigoureuse» mais d’apprendre à voir les apprentissages autrement. Je suis tout à fait d’accord avec toi, il faut du temps, et surtout de l’expérience, pour pouvoir se détacher aisément des manuels. D’ailleurs, j’ai souvent un petit démon sur l’épaule pour me ramener vers un seul manuel à l’occasion😉

      Aimé par 1 personne

      1. En fait, peut être que rigoureuse n’était pas le bon terme. Je pensais en disant cela à programmer les apprentissages de l’année vraiment dans le détail par matière sans se laisser sur le papier trop d’échappatoires et d’improvisations- qui ne manqueront pas d’arriver de toute façon. Je trouve que sinon, lorsqu’on débute, on perd trop vite la persévérance pour s’y remettre chaque jour et on perd les enfants en route.
        Dans la vie, il est de manière générale plus facile d’aérer un peu ce que l’on a soigneusement fermé que de tenter de refermer ce qu’on a trop largement ouvert…! C’est très vrai dans l’éducation, je trouve…!!

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      2. Laurence dit : «Dans la vie, il est de manière générale plus facile d’aérer un peu ce que l’on a soigneusement fermé que de tenter de refermer ce qu’on a trop largement ouvert…! C’est très vrai dans l’éducation, je trouve…!!»

        C’est tellement vrai…

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  3. Bonjourr,
    Merci pour cet article, il est vrai que l’on a tendance à vouloir reproduire la salle de classe et tout et tout. Je vais essayer de suivre vos bons conseils pour notre saut dans l’IEF !
    Martine42

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    1. On doit se rappeler qu’une maison ne sera jamais une école… même en faisant tous les efforts du monde! On doit jongler avec des paramètres complètement différents.

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  4. Bonjour Sylvie.
    Après mon déménagement au Brésil, j’ai dû opter pour l’école à la maison. Préoccupé par ma façon de faire, j’ai pris un coach, qui a rumpu notre contrat. Ce qui m’a fait perdre confiance en ce genre d’aide. Actuellement je pense sérieusement à prendre un cours par correspondance pour ma petite. Avez-vous des conseils, à ce sujet ? Comment bien choisir ? Quels sont les paramètres à prendre en compte ? Merci pour ce billet et tous les autres que vous postez. Ils me sont d’un grand soutien.

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