Journal quotidien


Mon mari et moi avons eu une longue discussion vendredi dernier…  Vous savez ce genre de discussion qui semble tout remettre en question?

Une longue conversation sur nos observations, nos attentes, notre regard sur chacun des enfants.  En fait,  pour dire la vérité, c’est davantage moi qui le questionnait puisque j’observe certaines choses et je n’arrive pas à décider quelle route prendre dans notre classe-maison.

Il en a profité pour me faire remarquer l’entêtement que j’aie, trop souvent d’ailleurs, à tenter de rendre mes 4 enfants aussi performants les uns des autres alors qu’ils sont si différents les uns des autres.

On dirait, à lire cette affirmation, que je tente de les «uniformiser» alors que ce n’est absolument pas l’objectif que je vise.  Pourtant, on pourrait le croire si on observe mon acharnement à proposer les mêmes manuels ou la même façon de faire.

Je l’avoue, c’est un peu vrai que je souhaiterais par moment que mes trois derniers réussissent aussi bien et aussi facilement que mon plus vieux.  Ah…  pas parce qu’il était parfait, disons simplement qu’il avait une très grande facilité avec les apprentissages et appréciait pratiquement n’importe quoi!  C’était plus simple…  puisque je pouvais lui présenter n’importe quoi et il travaillait avec sans vraiment rechigner.

Comme une certaine formule a très bien fonctionné avec mon plus vieux, j’ai tenté de reprendre cette même formule avec le deuxième…   ce qui n’a pas fonctionné, puis avec le troisième…  ce qui ne fonctionne pas… et je devine déjà que cela ne fonctionnera absolument pas avec mon dernier.

Voilà ce qui arrive avec plusieurs enfants à la maison!  Malgré une formule qui fonctionne avec l’un, rien ne dit qu’elle fonctionnera avec l’autre!

Est-ce une chance ou une malchance pour une école-maison, je l’ignore, mais j’ai 4 enfants totalement différents les uns des autres.  Si l’un aime les jeux de stratégies, de logiques, de réflexions…  l’autre les déteste et préfère les jeux de rôles.  Si l’un passe des heures le nez dans un roman… l’autre ne l’ouvre que si je l’y oblige!  Si l’un adore la littérature… l’autre préfère lire des documentaires uniquement.  Pendant que l’un passe des heures dans la piscine l’été… l’autre n’y entre qu’une seule fois!  Si l’un aime écouter des documentaires uniquement, un autre préfère les émissions d’humour, un autre des films uniquement et l’autre?  absolument rien! Si l’un voulait conduire à 16 ans, l’autre ne veut rien savoir pour le moment…  il veut attendre un peu.

En classe-maison, c’est la même chose.  Si un prend 15 minutes pour faire un exercice, l’autre met 45 minutes pour faire le même numéro dans le même manuel et…  pas toujours réussi.  Si l’un apprécie la poésie, l’autre ne se laisse que très rarement séduire par les mots.  Si l’un est motivé, l’autre ne l’est absolument pas.   Si l’un est perfectionniste et minutieux dans son travail… l’autre?  Devinez?  Si l’un apprécie et ne parle que de sa lecture, l’autre n’est même pas séduit par la même lecture.  Si l’un passe des heures à faire un projet d’art, l’autre?  À peine le temps de le faire! Pendant qu’un prend des heures à faire un travail, l’autre, lui, file à toute allure continuellement pour s’en débarrasser et jouer!

Ah! la différence parlons-en…  Cette différence entre les enfants qui nous poussent continuellement à s’ajuster, à organiser le travail en fonction de l’enfant et non pas en fonction de l’autre avant lui😉

Pfft…  C’est si simple de choisir un manuel et le proposer au suivant…  puis au suivant… et encore au suivant!  C’est simple et peu dispendieux.  Plusieurs familles y arrivent très bien, sans se questionner!!!  Hélas, chez nous, cela ne fonctionne qu’en partie.  Les enfants changent…  JE change…  entre le premier et le dernier 11 ans les sépare!  Les goûts, la façon d’enseigner, les objectifs à atteindre, …  plusieurs choses changent.

Naturellement, il y a des manuels qui traverseront les 4 enfants, mais pas de la même manière.  C’est là quelque chose de très particulier à observer.  Si l’un s’y retrouve, se sent à l’aise et l’apprécie, l’autre, en revanche, fera le manuel avec ennui.  Je ne suis pas inquiète, ils réussiront tous les deux, mais qui, de l’un et de l’autre, en retiendra quelque chose d’utile?

Nous avons donc convenu, mon mari et moi, de revoir certaines de nos attentes.  De prendre davantage conscience de leurs différences et de «laisser-aller» certaines attentes irréalistes de ma part en classe. ( ça sera pas facile!!!!)

Certaines choses restent, d’autres seront diluées, d’autres disparaîtront et d’autres feront leur apparition dans notre travail hebdomadaire.

N’aie- je pas écrit sur mon blogue : «Une école-maison qui évolue quotidiennement» et bien…  c’est exactement ça…  que je le veuille ou non😉

Je vous souhaite une belle semaine.

10 réflexions sur “Journal quotidien

  1. C’est pourquoi je préfère me fixer de grands objectifs que de suivre une progression des apprentissages tellement chère au systeme quebecois. C’est aussi pour cela que je n’aime pas faire evaluer mes enfants par le systeme. Je pense ‘outils’. Bien évidemment l’acquisition de la maîtrise du francais et les mathematiques sont incontournables. Mais quand j’y pense on a tellement appris en faisant de l’histoire. Par passion et pas en fonction du programme. On a tellement appris par projets et cela a tellement ete plus intéressant. Mais comme toi nous expérimentons des cycles et nous nous ajustons. Bonne journée Sylvie et regarde des gars avec des yeux neufs, je suis certaines qu’ils sont plein de talents differents et capables de bien plus que tu ne l’imagines.

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    1. Christine dit : «je suis certaines qu’ils sont plein de talents differents et capables de bien plus que tu ne l’imagines.»

      Je le sais déjà… Il faut seulement que j’arrête de les imaginer tous de grands lecteurs😉

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  2. La diversité est aussi une richesse !

    C’est l’enfant unique, sans fratrie, qui peut être mal compris parce qu’on le veut certainement capable de réunir à lui tout seul les qualités de 4 enfants !

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  3. Mon 4ème qui se dit mauvais lecteur et qui n’a jamais voulu lire les romans clasdiques des manuels francais, lit avec plaisir des textes philosophiques, des discours politiques, historiques et même scientifiques. Il est plus documentaire et adore les manges et les BD. J’ai laissé aller les romans classiques et je le laisse choisir…. Il est plus heureux depuis.

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  4. Ayant des enfants avec troubles d’apprentissage, je vis cette différence depuis le début. Mais ce qui a changé dans mon regard est la finalité. Alors que je viens d’une famille où tous vont sans exception à l’université, je sais maintenant que ce n’est plus le seul chemin possible dans la vie. Et comme dit raxtine, je m’arrange maintenant pour fournir les outils dont ils auront besoin pour arriver à faire leur propre chemin. De bonnes discussions avec mon conjoint aussi apporte toujours un coup de pouce. Ce qui a été une prise de conscience importante: la réussite ne passe pas seulement par une scolarité prolongée. Je ne néglige pas leur bagage, loin de là, mais je relativise l’importance des gros diplômes dans le bonheur. Et j’aime ce que mon point de vue est devenu.

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    1. Même si les études à l’université ont aussi été au programme dans ma famille ( pourtant mon père est fermier hihihi ), je n’ai JAMAIS cru que mes 4 enfants iraient à l’université. Pour moi, l’important, ce n’est VRAIMENT PAS ÇA. L’important n’est pas l’argent que tu fais ou la célébrité mais bien tes relations avec les autres. Ça les enfants l’ont compris depuis longtemps. Par contre, je tiens, comme Raxtine, à certaines choses : orthographe, mathématique, lecture,etc… une certaine base sur laquelle ils pourront se créer une belle vie.
      J’oublie parfois qu’on ne peut pas «vouloir» à la place des autres😉

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  5. Juste Sylvie : non seulement il s’agit de ton blog, mais il y a suffisamment longtemps que je te lis pour savoir que ce n’est pas ce qui prime ici. Sur mon nouveau blog, j’ai choisi d’uniquement présenter des situations, d’essayer de limiter l’émotionnel, mais sans cacher certains faits et le fait est que, comme dans toute expérience, il y a des hauts et des bas.🙂

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    1. Lysalys, Je ne pourrais pas faire abstraction de l’émotionnel puisqu’il conduit souvent à plusieurs de mes décisions!!!! Je veux montrer la réalité d’un quotidien d’école-maison… un vrai quotidien.

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