Le taureau céleste (Gilgamesh)


Gilgamesh lave ses cheveux. Il quitte son linge sale et s’enveloppe d’une belle tunique.

Lorsqu’il coiffe sa couronne, Ishtar la déesse est émerveillée par sa beauté. « Allons, Gilgamesh, lui dit-elle, épouse-moi ! Sois mon mari, je serai ton épouse ! Je te ferai faire un char de lazulite et d’or, avec des roues en or pur, des rênes en ambre. Quand tu pénètreras dans notre Palais de cèdres, tous les rois, les seigneurs et les princes se prosterneront devant toi. Ils t’apporteront des produits de toutes parts. Tes chèvres feront des triplés, tes ânes seront plus forts que des mulets. Tes chevaux de char triompheront à la course. Tes boeufs seront les plus puissants. »

Malgré l’insistance d’Ishtar, Gilgamesh refuse. Il la repousse car il sait que ce ne sont que des mensonges. Il lui rappelle ce qu’elle a fait subir à ses précédents maris :

« Le Lion, d’une vigueur incomparable, tu l’as aimé, puis tout à coup, tu n’as cessé de lui tendre des pièges! Le Cheval, passionné de combat, tu l’as aimé, puis tout à coup, tu lui as fait subir le Fouet à pointes et à lanières ; tu l’as condamné à des courses sans fin et à ne boire qu’une eau boueuse ! Tu as aimé le Pâtre, le beau berger, qui te préparait sans cesse des galettes cuites sous la cendre, et qui chaque jour, te sacrifiait ses chevrettes, puis tout à coup, tu l’as frappé et changé en loup, si bien que ses propres valets le pourchassent et que ses chiens lui mordent les fesses ! (…) Alors,  moi aussi, si tu m’aimes, tu me traiteras comme eux ! »

Ishtar est furieuse. Elle grimpe jusqu’au ciel et s’en va sangloter devant le dieu Anu. En laissant couler ses larmes, elle gémit :

«Gilgamesh m’a couverte de honte ! Gilgamesh m’a injuriée. Il s’est moqué de moi ! Donne-moi le Taureau céleste pour que je me venge ! »

Anu finit par céder et lui accorde le Taureau géant.

Ishtar conduit le Taureau géant en plein centre d’Uruk. Le Taureau s’ébroue une première fois. Une crevasse s’ouvre dans le sol. Trois cents habitants sont précipités dans ce trou.  Il s’ébroue une deuxième fois. A nouveau, trois cents habitants disparaissent dans le trou ! Lorsqu’il s’ébroue une troisième fois, une crevasse s’ouvre tout près d’Enkidu. D’un bond, il sort de la crevasse et saisit le Taureau par les cornes. Le Taureau lui résiste ! Il bave ! Il envoie de la bouse partout. Enkidu appelle Gilgamesh : « Mon ami, nous nous sommes glorieusement tirés de la Forêt des Cèdres, mais comment faire face à ce nouveau péril ? »

Pendant que Enkidu tient le Taureau, Gilgamesh plonge son couteau entre le cou, les cornes et la nuque. Le Taureau est abattu. Ils lui arrachent le coeur et le déposent devant le dieu Shamash. Puis, ils s’écartent, se prosternent devant lui et s’assoient tous deux, côte à côte.

Cependant, Ishtar, montée sur les remparts d’Uruk, prend la tenue du deuil et jette une longue plainte :

« Gilgamesh m’a humiliée en tuant le Taureau céleste ! »

 

«Le grand homme qui ne voulait pas mourir». Traduit de l’akkadien et présenté par Jean Bottéro, L’Aube des peuples, Gallimard, NRF, Paris, 1994.

Si cela vous intéresse :

Ce texte fait parti d’une évaluation d’une certaine Marielle?!? : evaluation_gilgamesh_marielle

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