Je réponds / plan de travail à chaque enfant


Il m’arrive parfois de prendre trop de place pour répondre à un simple commentaire hihihi  je me suis donc permise d’y répondre dans cette publication.

« Pertinence et utilité d’un plan de travail?!»

Voici un exemple de plan de travail que j’utilisais : semaine-1-jour-1

Je ne m’en cache pas, j’ai préparé des plans de travail à chacun de mes enfants pendant des années.  Je peux même affirmer que j’adorais leurs utilités.  Par contre, est-ce que je pense la même chose maintenant?  Pas vraiment…  Je pense qu’on évolue dans notre quotidien d’école-maison, on découvre qu’un outils peut devenir «moins pertinent» avec le temps.

Au départ, le plan de travail est apparu dans ma classe-maison parce que je n’en pouvais plus de répondre continuellement aux questions : «On fait quoi après?» ou encore « il reste combien de choses à faire aujourd’hui?» .

Au départ des plans de travail hebdomadaires, ils sont devenus journaliers par la suite… puis…  ils sont disparus l’an dernier parce qu’ils sont devenus complètement inutiles maintenant.  Pourquoi?

Mon fils-2 et mon dernier sont des enfants anxieux.  Pas une énorme anxiété paralysante, mais suffisante pour continuellement s’inquiéter pour «ce qui vient ensuite».  Au départ, le plan de travail semble être une véritable panacée pour ces enfants anxieux puisqu’on leur donne enfin la réponse à leur questionnement perpétuel… mais…  on se rend compte éventuellement qu’au lieu d’apaiser cette anxiété, on la nourrit continuellement.  Il suffit de croiser le regard d’un enfant anxieux qui ne devient motivé que par une chose : terminer son plan de travail le plus rapidement possible!  Voilà pourquoi mon plan de travail avait tellement changé au fil du temps…  je tentais sans cesse d’améliorer et atténuer ce sentiment de course perpétuel.

J’ai donc appris, après plusieurs années malheureusement, qu’un enfant anxieux doit apprendre à «vivre autrement» partout…  en classe naturellement, mais ailleurs aussi.  Il faut bien l’avouer, mes deux fils ne s’inquiètent pas uniquement de savoir «ce qui vient après» en classe mais partout!  Mon dernier, par exemple, peut me demander ce que nous allons manger pour le repas du soir pendant qu’il mange son repas du midi!!!!

Notre solution?

J’ai instauré une règle chez nous…  bon, ce n’est pas simple à mettre en place et à garder en mémoire continuellement…  on vit l’instant présent.  Ça semble tellement ridicule écrit ainsi… mais c’est loin d’être facile à mettre en place avec de jeunes enfants en classe-maison!  J’insiste donc, chaque jour, croyez-moi à chaque journée qui passe, j’insiste pour répéter continuellement qu’on ne fait qu’une chose à la fois en mettant toute son attention sur cette activité.  Par la suite, on passera à une nouvelle chose que l’on fera aussi avec attention.

Nous nous sommes donnés des trucs, des manières de se rappeler, des façons de faire, etc…  Tout ça, uniquement, pour apprendre à mes deux anxieux à ne pas «anticiper» ou «imaginer» un événement qui n’arrive pratiquement jamais!

En classe…

—  Je ne donne aucun plan de travail maintenant.  Rien.   Je demande de prendre les cahiers au fur et à mesure.  Les enfants ne savent donc pas qu’ils feront la matière qu’ils aiment moins plus tard en matinée.

—  Je ne donne plus de pause à une heure précise déjà prédéterminée.  Les enfants ne deviennent donc plus fébriles lorsqu’on approche de l’heure fixée🙂

—  J’ai enlevé les horloges de la classe-maison.  Les yeux ne se posent donc plus continuellement sur l’heure qui passe tellement trop lentement…  lorsqu’on attend la fin!

—  Je prévois TOUJOURS des activités plus «amusantes» ou «intéressantes» entre les matières difficiles ou exigeantes.  Je me fais une petite banque de choses rapides à faire qui permettent d’abaisser l’anxiété ou le découragement.

—  On ne s’inquiète plus pour le temps que prend un exercice à faire…  on le fait, tout simplement.  Je déteste entendre des enseignants ou parents-enseignants qui mettent des minuteries pour faire un exercice…  Pfft…  Que retiendra-t-il de cet exercice…  absolument rien!  L’important n’est-il pas de comprendre?  Un enfant pourra faire 25 exercices avant d’en comprendre réellement le sens, un autre n’en fera qu’un ou deux… lentement…  mais en retiendra l’essentiel!  Il faut simplement penser autrement.  Ce n’est pas la quantité de travail qui est important, mais sa qualité.  Par contre, le problème de la lenteur est très souvent un problème d’attention.  C’est ce que nous devons travailler auprès d’eux, pas la vitesse d’exécution!

—  Nous avons appris à «terminer» ce que nous commençons.  Bon, ce n’est pas encore totalement acquis, mais ça vient.  Lorsqu’on débute un jeu de société, on le termine avant de changer pour un autre.  Lorsqu’on débute un casse-tête, on le termine avant de le ranger…  même s’il est trop difficile pour nous.  On débute un livre?  On le termine et on cherche à comprendre ensuite pourquoi il ne nous plaisait pas.  Nous faisons une sortie…  on n’anticipe pas la prochaine activité, on vit le moment présent.

Bon je m’éloigne là…

Vous comprenez maintenant pourquoi je n’utilise plus de plan de travail.  Je trouve que c’est un outils merveilleux pour des enfants qui vivent bien avec les ajouts, s’ils restent du temps, ou n’ayant pas l’impression d’être moins bons parce qu’ils n’arrivent pas à terminer le fameux plan.  Il n’est pas toujours facile de «prévoir» une bonne semaine sans surcharger ou se rendre compte qu’on aurait pu faire tellement plus!  Certains enfants n’aiment pas «les ajouts» puisqu’ils ont l’impression qu’on fait tout pour rendre la classe plus longue et pénible.  D’autres, vivent très bien avec ça.

Sans plan de travail…  ils ne le savent pas😀

14 réflexions sur “Je réponds / plan de travail à chaque enfant

  1. Façon de penser vraiment intéressante et vous avez suffisamment développé pour rendre votre point de vue vraiment pertinent. Je me rends compte que je suis moins même anxieuse et donc je devrai apprendre de votre liste de trucs à la fin🙂

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  2. J’ai longtemps voulu en faire et les enfants en étaient demandeurs mais je n’ai jamais pris le temps…alors c’est que cela ne devait pas être si important…
    Une nouvelle année scolaire débute et toujours pas de plans de travail de mis en place. Nous verrons mais il y a déjà bien assez de notre emploi du temps serré à la journée pour ne pas en rajouter.
    Prenons le temps de travailler, c’est le plus important.

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    1. Je ne dis pas que c’est inutile puisque j’en ai fait pendant des années… mais, pas pour tous les enfants et pas pour toutes les mamans aussi😀 C’est souvent beaucoup de travail!

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  3. Merci beaucoup Sylvie pour l’information!
    Mon fils étant anxieux, je suis heureuse d’avoir le résultat de ton expérience. C’est ce qui est bien de suivre ton blog, on peut s’éviter certains écueils.

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    1. Par contre, votre propre expérience sera peut-être totalement différente de la mienne!!!! Nous apprenons tellement au fil du temps… tellement, c’est la beauté de notre quotidien.

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      1. Je suis certaine que vos tentatives seront fructueuses… pour un temps😉 hihihihi c’est la beauté de la chose, on peut refaire autrement notre routine occasionnellement!

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  4. Je n’ai jamais fait de plan de travail. Je me fixe de grands objectifs pour chaque enfant. Je choisis les ressources qui je pense m’aideront à les atteindre. Je divise ma semaine en m’assurant que j’ai du temps avec mon grand. Avec lui on subdivise le travail pour nous assurer que le travail avance. Avec les petites, on vit chaque moment pleinement. On prend le temps qu’il faut. Je varie les activités mais nogre manière de faire, sans être routinière, conserve un certain rituel et elles savent à quoi s’attendre quant à la manière et les attentes. Finalement, c’est dans le nombre d’activités extérieures que je reste vigilante. Je veux assurer un équilibre sain tout en privilégiant de longs moments de travail commun. On finit toujours ce qu’on commence, peu importe le temps. Cela nous donne à tous un grand sentiment d’accomplissement. On ne s’ennuie jamais. Je n’ai pas de pause préétablie, mais elles ont un gros deux heures de jeux à l’heure du dîner. Mon grand de 15 ans, une fois lancé, est responsable. Nos rendez vous réguliers durant la semaine permettent de s’assurer de la progression, de la compréhension et surtout de développer une méthode de travail adéquate.

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    1. J’aimais bien les plans de travail pour la «structure» qu’ils donnaient. Par contre, j’apprécie davantage le plaisir de prendre mon temps et la satisfaction que cela me donne. Quel soulagement!😀

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      1. Je trouve que je suis moins stressée et que je profite mieux de nos apprentissages quand nous saisissons le moment et que nous allons au bout de nos questionnements. Je manque toutefois de temps pour tout faire. Je fais peu d’arts plastiques. Je vais tenter çette annee d prevoir quelques projets. Je développe l’histoire et l’appréciation artistique à travers la litterature, la geometrie, la manipulation des instruments avec précisions à travers les mathematiques, frisés, formes, rosaces, etc. Elles n’ont même pas conscience que c’est du travail.

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      2. Moi aussi j’essaie de saisir le moment pour apprendre une tonne de choses mine de rien, mais ça demande tellement de temps… tellement… qu’on a l’impression de ne pas avoir suffisamment de temps pour l’essentiel. On pourrait parler des heures sur un simple épisode d’histoire!!!! Une chance qu’on peut apprendre ailleurs qu’en classe!

        Le temps, c’est tellement paniquant de voir à quel point ils nous en manquent. Mon dernier voudrait ajouter «espagnol» mais quand?????????????? Mon deuxième aurait aimer apprendre l’enluminure… imagine le temps que ça prend! franchement, je n’ai pas suffisamment de temps pour tout, mais comme toi, je suis tellement mieux maintenant qu’il y a quelques années. Je me sens «en meilleur contrôle» de ce qui se passe, de ce que je désire faire et enseigner. J’aime tellement ça!

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  5. C’est merveilleux de voir des enfants désireux d’apprendre de tout! Pourquoi ne pas leur donner cette responsabilité, l’enluminure de manière auto-didacte, je suis certaine que c’est possible. A la limite on leur trouve le matériel et eux……ils en ont du temps libre!!!!!! L’an passé jai fait une commotion cérébrale au DÉBUT de l’année scolaire…je n’étais pas disposée évidemment. J’avais un vieux ordi portable, je l’ai donné à mon fils et lui ai demandé de le démonter pièces par pièces. Mine de rien j’ai eu une semaine de tranquilité! Il savait qu’il n’aurait aucune aide alors il s’est arrangé tout seul.
    Ils sont très intelligents nos petits loups!

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