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La dictée


On oublie trop souvent que ce qu’on lit sur un blogue ou ailleurs n’est, et ne restera, que la simple expérience d’une personne envers son ou ses enfants.  On oublie que ce qui fonctionne pour l’un, ne fonctionne pas nécessairement pour l’autre enfant, pourtant dans la même famille!

J’ai reçu un courriel hier d’une maman qui me reprochait d’avoir fait «miroiter» que la dictée était la panacée pour un orthographe parfait.

Si c’est le cas, je m’en excuse, puisque la dictée seule ne réussira absolument pas à rendre un enfant solide en orthographe.  Ce n’est qu’un moyen, efficace dans mon cas, parmi plusieurs autres moyens disponibles : lecture régulière, mémorisation de mots, écriture quotidienne, etc.

Si j’avais un conseil à donner ce matin, ce serait celui-ci :

L’important, pour nous parent-enseignant, est de suivre la méthode que nous trouvons le plus efficace pour nos enfants.  Il faut se souvenir que cette méthode n’est qu’un moyen, parmi plusieurs, pour arriver à un résultat avec l’enfant devant soi et pas obligatoirement pour tous!

Cela m’exaspère toujours de recevoir des reproches sur quelque chose comme ça.  Si, chez moi, un enfant n’arrive pas à écrire sans fautes, je n’accuserai certainement pas l’idée que j’ai puisée sur un blogue du piètre résultat de mon enfant.  Je vais, par contre, prendre le temps de chercher attentivement un moyen de l’aider efficacement.  Je vais probablement prendre le temps de me questionner sur ma façon de travailler avec lui, sur l’attention qu’il donne en classe, sur les outils que j’utilise, etc.

C’est facile, même pour moi, de dire que le manuel d’histoire que j’utilise conduit mes enfants à l’ignorance puisqu’il n’enseigne qu’une partie de la partie historique que j’étudie…  Ne devrais-je pas me questionner sur le complément d’information que je n’ai pas su leur donner?

Il faut parfois pousser beaucoup plus loin nos réflexions…  Que peut-on faire pour ajouter toujours ce petit quelque chose qui rendra les informations que je désire faire passer plus «adaptées» à l’enfant qui se retrouve devant moi.

Un mot à retenir : «RESPONSABILISATION»

oui…  responsabilisons-nous…  n’oublions pas que nous faisons toujours, oui toujours, ce que l’on croit adéquat et parfait…  mais  est-ce réellement le cas?

Bonne journée et bonne rentrée à celles qui débutent aujourd’hui!

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Ma maison (situation d’écriture)


Voici la très courte situation d’écriture que je propose à mon fils-3 (secondaire 1) cette semaine.

Je suis très, très, très pointilleuse sur la «manière de faire» ce genre situation d’écriture.  Je tiens à une «structure».  Comme je le répète continuellement chez nous : «Je préfère un petit paragraphe bien écrit qu’une longue page qui n’a aucun sens!  Ce n’est ni un concours, ni une démonstration de l’ébullition d’un cerveau! hihihi»

Décris la maison que tu habites, et dis les impressions qu’elle produit en toi.

  • Dans la première partie, insiste sur les détails caractéristiques, ce qui la distingue des autres.
  • Dans la seconde partie donne les impressions qu’elle produit en toi.

Source : Procure des frères de l’instruction chrétienne, «lectures littéraires tome 1»

Si cela vous intéresse, voici ma feuille de travail à imprimer :

Situation d’écriture_ma maison

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Le roman de Renart (livre)


Comme il n’y a que les fous qui ne changent pas d’idée…  hihihihi  mon fils-3 préfère débuter ce petit roman au lieu de l’autre préalablement choisi (Le chien des Baskerville)

Comme j’avais prévu l’exploiter de toute façon, pourquoi pas maintenant!

Renart, rusé, habile et surtout beau parleur, a plus d’un tour dans son sac lorsqu’il s’amuse à piéger Ysengrin, le loup sot et glouton, Tiécelin le corbeau, Chantecler le coq, Daine Pinte la poule… Mais, las d’être dupés par ce goupil malicieux, les animaux lui complotent à leur façon une drôle de surprise ! Rira bien qui rira le dernier !

Vous vous demandez surement comment je vais insérer ce roman dans ma semaine de travail de français?  Je l’insère, tout simplement.  En fait, lorsque sa lecture sera faite, je lui propose de travailler avec lui les questions orales immédiatement après.  Il fera les questions écrites le lendemain en classe, on décalera donc la période de français qui était prévue.  Le roman «accompagne» notre semaine de travail.  Je n’arrête pas tout cette fois pour le travailler.

Je veux qu’il apprenne à lire en parallèle : chose qui semble bien difficile par moment pour lui 😉

Le travail sur le roman:

Dans ce cas-ci, je lui demande de lire le roman en entier avec moi.  Ce sera plus long, c’est vrai, mais je veux en profiter pour le guider dans sa lecture en lui proposant des pistes de réflexions qui l’aideront éventuellement pour son dossier de travail à la fin.

J’ai sélectionné ce dossier de PEMF et Cie

Voici le dossier :Roman_de_Renart

Il le fera en entier.  Je trouve qu’il résume très bien mes attentes envers ce roman.

À la fin…  vous me voyez venir…  je pense lui proposer une situation d’écriture.

SujetToujours torturé par la faim, Renart invente une nouvelle ruse pour piéger Ysengrin (ou un autre personnage de votre choix) et ainsi obtenir de la nourriture. Imaginez sa ruse et racontez cette aventure en insérant dans votre récit plusieurs dialogues.

Consignes

  • Rédigez votre récit au passé simple en introduisant des passages au présent de narration.
  • Respectez la présentation des dialogues.
  • Votre texte fera environ une page.

Critères de correction

  • Présence d’un récit avec des dialogues.
  • Originalité de la ruse.
  • Respect de la présentation des dialogues.
  • Emploi de verbes de parole variés.
  • Respect de l’orthographe, notamment des conjugaisons et des accords.

***source : cliquer ici

Je vais en profiter pour ajouter un peu d’art dans tout ça et plus précisément les enluminures. (cliquer ici)

Voici ma feuille de travail pour la situation d’écriture :

Le roman de Renart_situation d’écriture

Nous devrions y passer quelques semaines!

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Petite bouffée d’exaspération…


Ne trouvez-vous pas que c’est toute une aventure de trouver le bon manuel pour chaque matière?

Un manuel qui permet de travailler la matière adéquatement;

Un manuel qui laisse la place à des ajouts intéressants ou des discussions motivantes;

Un manuel qui nous donne l’impression d’apprendre réellement quelque chose sans perdre un temps fou à tourner en rond autour d’une même notion (ou sujet) éternellement!

Un manuel qui n’a pas besoin d’être accompagné par une longue liste de manuels pour compléter;

Un manuel qui propose des pistes intéressantes de réflexions;

Un manuel qui convient à un enfant visuel, auditif, kinesthésique;

Un manuel qui est facile à suivre, clair à utiliser;

Un manuel…  la liste pourrait être vraiment longue!

 

J’en rêve à chaque année depuis quinze ans! Ha!   Une vraie farce quand j’y pense…

Chaque année, j’ai toujours l’espoir de trouver les bons manuels qui sauront plaire à mes enfants et ME plaire aussi.

Vous savez quoi?  Je n’ai jamais réussi à trouver des manuels parfaits.

C’est exaspérant…  tellement exaspérant parfois.

Je respire et je retourne à la préparation de ma prochaine semaine…  je respire…

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Le pont du diable (texte-secondaire 1)


Voici un des prochains textes à l’étude pour mon fils-3 (secondaire 1-5e)  Il accompagne un thème sur la peur.

La Reuss, qui coule dans un lit de soixante pieds de profondeur, entre des rochers coupés à pie, interceptait toute communication entre les Grisons et les gens d’Uri.  Cette solution de continuité causait un tel dommage aux deux cantons limitrophes, qu’ils consultèrent leurs plus habiles architectes, et qu’à frais communs, plusieurs ponts furent jetés d’une rive à l’autre, mais jamais assez solidement pour résister plus d’un an à la tempête, à la crue des eaux ou à la chute des avalanches. Une dernière tentative avait été faite vers la fin du XIV«« siècle, et l’hiver, presque fini, donnait l’espoir que, cette fois, le pont résisterait à toutes les attaques, lorsqu’un matin on vint dire au bailli de Goeschenen que le pont était de nouveau renversé.

«Il n’y a que le diable, s’écria le bailli, qui puisse nous en bâtir un. »

Il n’avait pas achevé ces mots, qu’un domestique annonça messire Satan.

— Faites entrer, dit le bailli.

Le domestique se retira, et fit entrer un homme de trente-cinq à trente-six ans, vêtu à la manière allemande, portant un pantalon collant de couleur rouge, un justaucorps noir fendu aux articulations des bras, dont les crevés laissaient voir une double couleur de feu. Sa tête était couverte d’une toque noire, coiffure à laquelle une grande plume rouge donnait, par ses ondulations, une grâce toute particulière; quant à ses souliers, anticipant sur la mode, ils étaient arrondis du bout comme ils le furent cent ans plus tard.  Après les compliments d’usage, le bailli s’assit dans un fauteuil et le diable dans l’autre; le bailli mit ses pieds sur les chenets, le diable posa tout bonnement les siens sur la braise.

— Eh bien! mon bon ami, dit Satan, vous avez donc besoin de moi?

— J’avoue, monseigneur, répondit le bailli, que votre aide ne nous serait pas inutile.

— Pour ce maudit pont, n’est-ce pas, il vous est donc bien nécessaire

— Nous ne pouvons nous en passer.

— Ah! ah! dit Satan.

— Tenez, soyez bon diable, reprit le bailli après un moment de silence; faites-nous-en un.

— Je venais vous le proposer; il ne s’agit que de s’entendre sur le prix, dit Satan, en regardant son interlocuteur avec une certaine expression de malice.

— Oui, reprit le bailli, qui sentait que c’était là le point délicat.

— D’abord, continua Satan en se balançant sur sa chaise et en affilant ses griffes avec le canif du bailli, je serai de bonne composition sur ce peint.

— Eh bien, cela me rassure. Le dernier nous a coûté soixante marcs d’or; nous doublerons cette somme pour le nouveau, mais c’est tout ce que nous pouvons faire.

— Eh! quel besoin ai-je de votre or? J’en fais quand je veux. Tenez : Et le diable prit un charbon rouge au milieu du feu, comme il eût fait d’une praline dans une bonbonnière.

— Tendez la main, dit-il au bailli.

Le bailli hésitait.

— N’ayez pas peur, fit Satan, et il lui mit entre les mains un lingot de l’or le plus pur, et aussi froid que s’il fût sorti de la mine. Le bailli le tourna et le retourna, puis il voulut
le lui rendre.

— Non, non, gardez, reprit Satan en posant indifféremment une de ses jambes sur l’autre, c’est un cadeau que je vous fais.

— Je comprends, dit le bailli, en mettant le lingot dans une escarcelle, que si l’or ne vous coûte pas plus de peine à faire, vous aimez autant qu’on vous paie avec une autre monnaie; mais comme je ne connais pas celle qui peut vous être agréable, je vous prierai de faire vos conditions vous-même.

Satan réfléchit un instant.

— Je désire, dit le diable, que l’âme du premier qui passera sur ce pont m’appartienne.

— Soit, rédigeons l’acte.

Le bailli prit une plume, de l’encre et du papier, puis se prépara à écrire. Cinq minutes
après, un sous-seing en bonne forme, fait à double et de bonne foi, était signé de Satan, en son propre nom, et par le bailli, au nom et comme fondé de pouvoir de ses administrés.

Le diable s’engageait formellement, par cet acte, à bâtir dans la nuit un pont assez solide pour durer cinq cents ans; et le magistrat, de son côté, concédait, en paiement de ce pont, l’âme du premier individu que le hasard ou la nécessité forcerait de traverser la Reuss sur le passage diabolique que Satan devait improviser.  Le lendemain, au point du jour, le pont était bâti. Bientôt le bailli parut sur le chemin de Goeschenen ; il trouva le pont fort convenable et aperçut bientôt, à l’extrémité opposée, Satan, assis sur une borne, et attendant le prix de son travail nocturne.

— Vous voyez que je suis homme de parole, dit Satan.

— Et moi aussi, répondit le bailli, tout en déposant à l’entrée du pont un sac qu’il avait
apporté sur son épaule et dont il se mit incontinent à dénouer les cordons.

— Qu’est-ce? demanda Satan, essayant de deviner ce qui allait se passer.

— Prrrrrrooou! fit le bailli.

Et un chien, traînant une poêle à sa queue, sortit tout épouvanté du sac et traversa le pont en hurlant.

— Voilà votre âme qui se sauve, fit le bailli; courez donc après, monseigneur.

Satan était furieux; il avait compté sur l’âme d’un homme, et il était forcé de se contenter de celle d’un chien. Cependant, comme il était de bonne compagnie, il eut l’air de trouver le tour très drôle et fit semblant de rire tant que le bailli fut là; mais à peine eut-il le dos tourné, que Satan donna un libre cours à sa rage. Il allait démolir le pont, quand il aperçut distinctement le clergé de Goeschenen, croix en tête et bannière déployée, qui venait bénir l’oeuvre satanique et consacrer à Dieu le Pont-du-Diable. Satan vit bien qu’il n’y avait plus rien de bon à faire pour lui, et il disparut aussitôt.  Quant au bailli de Goeschenen, il n’entendit plus jamais parler de l’architecte infernal ; seulement, la première fois qu’il fouilla dans son escarcelle, il se brûla vigoureusement les doigts : c’était le lingot qui était redevenu charbon!

Alexandre Dumas, père

Ce texte est légèrement écourté par rapport à la version originale.

On peut écouter la version originale, en version audio d’ailleurs, sur Youtube

Si le texte vous intéresse, vous pouvez le télécharger  : Le pont du diable d’Alexandre Dumas, père (voir page 2-3)

Dans mon cas, il fera l’objet d’une analyse.

  1. Quel est le sujet de ce récit?
  2. Retrouve le schéma narratif
  3. Que nous apprend la situation initiale?  Par quoi les ponts bâtis jusqu’alors étaient-ils détruits?
  4. Indique les différentes actions dont se compose les péripéties.
  5. Observe la description de l’auteur dans sa description de Satan.
  6. Remarque la composition des dialogues.  Les deux personnages ont bien le langage conforme à leur caractère; montre en quoi le langage de Satan diffère de celui du bailli.
  7. Quel sentiment renferme cette phrase : Eh! voilà votre âme qui se sauve…?
  8. Que nous apprend la conclusion? Cite un détail qui, de prime abord, pouvait paraître superflu, mais qui fournit à l’auteur une conclusion piquante et originale.
  9. Indique les traits dominants du caractère de chacun des personnages.
  10. La légende est un récit dont le fond, pourtant historique, a été altéré par la tradition populaire; essaie de découvrir, dans celle-ci, la part de vérité qu’elle contient.
  11. Montre que l’intérêt, dans ce récit, augmente de plus en plus.
  12. Donne tes impressions à la lecture de ce texte.

Écriture : deux choix

En un paragraphe, fais le portrait physique d’un personnage de ton choix.

ou

Raconte une légende de ton choix.

***Source : Procure des frères de l’instruction chrétienne, Lectures littéraires tome 1 p.30-34