La Chatte et le lézard (texte)


Un texte pas si simple à comprendre pour plusieurs enfants.  Il faut comprendre que l’auteur du texte vient au secours du lézard. 

***Avant tout…  il faut savoir que la  » verdelle  » des Poyaudins est ce qu’en langage commun on appelle le lézard vert, soit Lacerta viridis pour la nomenclature.

La Chatte et le lézard

1.  — La chatte a pris un lézard vert ! Elle a pris un lézard vert dans la vigne. Venez voir, tous!

Peut-on dire qu’elle l’a pris? La chatte était couchée. Tout à coup elle s’est changée en dragon, en flamme, en poisson volant, et j’ai vu sous son ventre, entre ses pattes d’argent, un lézard vert, comme si elle venait de l’inventer à l’instant même.  Elle ne se risquait pas à le mordre, car une petite tête exaspérée, couleuvrine, gainée étroitement d’émaux en plaques juxtaposées, visait son précieux nez de chatte. Mais elle le tenait, et ses yeux délirants tournoyaient.

2.  — Chatte! voulez-vous le lâcher!

— Je ne suis pas folle, pour lâcher un lézard, gronda la chatte.

Elle resserra ses puissantes pattes fines, la gorge du lézard palpita à se rompre, une longue queue resplendissante se tordit sous la chatte; je vis s’ouvrir, suffoquée, la gueule rouge de la « verdelle*** ». Je n’eus que le temps de m’élancer.

— Rends-le-moi! C’est à moi! pleurait la chatte.

3.  Un pistil bifide, noir, agile, tâtait l’air, hors de la gueule du lézard mi-pâmé. Goutte à goutte, j’humectai d’eau cette fleur au gosier rouge, et le lézard rouvrit ses yeux de topaze.

4.  — Rends-le moi! miaulait la chatte.  Si tu en veux un, il n’en manque pas d’autres dans la vigne.  Celui-là est ma proie!  D’ailleurs, il va te mordre, et ce sera bien fait…

— Chatte, lui dis-je, vaquez à d’autres soins.  J’ai l’âge de savoir comment on tient un lézard sans qu’il morde, un crabe sans qu’il pince, et il y a beau temps que l’arête en éventail, sur le dos des trigles  (poisson de mer, qui s’appelle aussi rouget ou grondin) n’est plus un piège pour moi.  Allez chatte, capturer des papillons de nuit, bien gras, inoffensifs, en vous gardant de la sauterelle chevaline et de ses mandibules à ressort!

— Oh! bien, dit la chatte, je m’en vais.  Je ne suis pas à un lézard près, et tu sais ce que je pense des longs discours et des leçons de choses et des potins sur notre race, dont tu fais métier. »

Colette, Prisons et paradis, Ferenczi

 Questions oralement

  1. Combien y a-t-il de paragraphes dans ce texte?
  2. Qu’est-ce qu’il se passe dans le 1er paragraphe?
  3. De qui sont les paroles citées au discours direct au début?
  4. Est-ce que la chatte s’est vraiment changée en dragon, en flamme, en poisson volant?  que veut dire tout cela?
  5. Que fait le lézard pour empêcher la chatte de le mordre?
  6. Que se passe-t-il dans le 2e paragraphe?
  7. Que fait la chatte?  que fait le lézard?
  8. Que se passe-t-il dans le 3e paragraphe?
  9. Qu’est-ce qu’un pistil?  Que désigne ce mot?  Relève les adjectifs pittoresques de ce paragraphe.
  10. Que se passe-t-il dans le 4e paragraphe?  Relève les noms précis d’animaux cités pas l’auteur.

Exercices écrit :

  1. Résume le récit en quelques phrases.
  2. Pourquoi l’auteur veut-il faire lâcher prise à la chatte?
  3. Pourquoi la chatte est-elle mécontente?
  4. qui a raison, selon toi, dans ce débat : l’auteur, ou la chatte?

L.Geslin, Méthode de Composition française, J. De Gigord

Si cela vous intéresse :

Thème 2_La chatte et le lézard

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