Le doute…


Peu importe le temps passé en classe-maison, je pense que nous avons tous, un jour ou l’autre, un doute qui s’insinue en nous.

Malheureusement, Je n’y échappe pas…

Pour quelqu’un qui a un enfant avec des besoins particuliers (TED, DYS, victime d’intimidation, etc…) la question ne se pose même pas : l’enfant est souvent mieux à la maison.  Par contre, pour des mamans qui ont uniquement des enfants qui fonctionneraient probablement très bien en classe régulière… la question se pose : Où serait-il le mieux?

Il m’arrive à l’occasion de me questionner, d’angoisser, de remettre tout en question, de vouloir autre chose, de désirer fuir et même de changer de vie!  Ça semble un peu radical, effectivement, mais il m’arrive de craindre le pire dans cette aventure.  Je ne m’en cache pas, il m’arrive de douter.  Je ne me sens pas ridicule de le faire, c’est ce que je suis et je m’assume totalement sur ce côté «tordu» de ma personnalité.

Jamais je ne regretterai ce que j’ai offert à mes enfants…  absolument pas.  Je pense avoir fait un travail scolaire «correct» auprès d’eux.  Sans être exceptionnelle, notre route est parsemée de plusieurs choses intéressantes qui donneront, éventuellement, des résultats positifs dans leur vie future.

Mais…  est-ce suffisant?  Doute…  doute…  doute…  un doute qui hante mes pensées occasionnellement.

Je compare parfois l’école-maison au mythe de «Dédale et Icare ».  Vous vous souvenez de ce mythe?  Icare qui s’envole avec les ailes fabriquées par son père Dédale pour fuir le labyrinthe dans lequel ils étaient prisonniers mais qui, en typique adolescent😉 n’écoute pas les conseils de son père et s’approche un peu trop du soleil qui brûle ses ailes…  Icare? Mes enfants, fuyant le système régulier (labyrinthe), s’envolent avec mon aide et l’école-maison.  Et si cette aventure brûlait les ailes de mes enfants?  Ambition démesurée, folie des grandeurs, témérité, imprudence,…  J’y pense parfois vous savez?

Comme je le répète souvent, le doute est sain en autant qu’il ne nous paralyse pas.  Malgré les nombreux doutes au fil du temps, je reste fidèle à notre désir d’éduquer nos enfants à la maison.  Je reste convaincue que je n’ai pas fait pire que le système régulier!  J’ose espérer que mes enfants en sortiront fiers et bien outillés.  Après tout, c’est pour eux que je travaille autant, car oui, je travaille beaucoup!

Pour les mamans qui m’écrivent souvent, vos doutes sont là pour rester encore un peu.  L’important, c’est de bouger, de prendre une direction et garder le cap!  Votre indécision produira un inconfort insupportable…  de toute façon, le pire, c’est de choisir.  Une fois le choix fait, la route devient soudainement plus claire jusqu’à un autre petit doute qui revient insidieusement de temps en temps…  mais cela fait parti du plaisir de l’aventure!

15 réflexions sur “Le doute…

  1. Chère Sylvie,
    Oui, moi aussi j’en parle parfois de ces doutes, assez étonnants d’ailleurs de la part de « vieilles » routières comme nous! Mais ils peuvent revenir de temps à autre, car la voie est tellement à contre-courant!!! On se prend parfois de tels commentaires. Cela peut nous remuer. Tiens cette semaine on m’a accusée de faire culpabiliser les autres par mes choix!

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      1. Je pense que l’impossibilité de voir les choses autrement que les lignes tracées empêche de voir qu’il existe d’autres chemins. Le pire, c’est que moi, je ne pense pas du tout que mon chemin est le meilleur!!! Je pense juste qu’il est valable, sans doute aussi bon que d’autres… Et je sais vu ton article que c’est ce que tu penses aussi!

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      2. Absolument, j’ai moi-même adoré l’école régulière… vraiment beaucoup d’ailleurs. Comment croire que l’école régulière est toujours mauvaise quand je sais très bien que c’est une erreur de le penser. Pourtant, peu de personnes peuvent croire qu’il est possible de s’épanouir ailleurs que là. Ils en profitent pour dire des choses vraiment déplaisantes bien souvent… soupirs…

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  2. ‘Merci pour ton message…Quelle douceur et vérité ! Je me pose hebdomardairement ses questions..et quand je vois à quel point les professionels de la santé remarque une différence; quand une garde vient me dire qu’elle est impressionnée par l’ouverture d’esprit de mes enfants, qu’une voisine aime beaucoup discuter avec mon fils car il est passionnant…qu’une orthophoniste me dit que le vocabulaire de mon fils de 4 ans et très développé, malgré son retarde de langage. Quand ma fille de 5 ans a fait son examen des 4,5 et demi, je me souviendrai à vie la pédiatre me dire; ça fait du bien de voir une fille comme elle. Elle arrive à dessiner des bonhommes ! Alors, je me dis que mon chemin en vaut la peine.
    Quand je vois des petites étoiles dans les yeux de ma fille de 2 ans, tellement heureuse d’apprendre du vocabulaire….et quand mon fils de 4 ans me couvre de bisous…

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      1. En relisant ton message, j’ai été interpellée du jugement fait en disant que tu détruis à la vie de tes enfants…Ces jours, je me disais combien de fois, j’aurais voulu profiter du beau temps ou de la neige au lieu d’être enfermée dans une salle de classe !! Je vois mes enfants qui passent leur après-midi dehors….heureux. Revenir le soir rassasié de relations d’amitié et social ! Alors, je me dis qu’il y a quelque chose qu’on a oublié à l’école le besoin de mouvement !

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      2. Je ne pense pas qu’on a simplement oublié ça😀 mais beaucoup de petites choses qui pourraient grandement améliorer le système scolaire.

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  3. Bonsoir !! Je trouve tellement que tu es formidable !!! Je trouve que tu illustres très bien la réalité de l’école à la maison. Je te remercie de partager tes réflexions avec nous, je ne sens enfin NORMALE de vouloir tout abandonner par moment !!!! Merci pour ton authenticité, j’apprécie énormément.

    MariePierre

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  4. Ton billet me rassure tellement! Je doute si souvent, j’ai si peur que mes choix « nuisent » à mes enfants, au bout du compte, plutôt que de les aider… Je vois maintenant que je ne suis pas la seule à me questionner sans arrêt et que même celles qui, comme toi, ont beaucoup d’expérience se remettent parfois en question. Merci pour ton honnêteté et ta générosité de partager tout ça avec nous🙂

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  5. Assumer des choix et les différences qui vont avec n’est pas toujours simple. On nous attend au virage et cela peut nous mettre une pression malsaine et nous accabler de doutes parfois…
    Dans ces moments là je regarde mes enfants, me rappelle comme Claire-Lise les observations valorisantes de certaines personnes et me dit que de toutes façons, il n’y a pas d’idéal. Je reste un parent ouvert et attentif le plus possible aux besoins de mes enfants et c’est le plus important à mes yeux. Douter sainement comme tu le dis, permets de se remettre en questions et de continuer à avancer plus sereinement.

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    1. Assumer des choix et les différences qui vont avec n’est pas toujours simple.

      Non… surtout lorsqu’on emprunte un sentier complètement hors norme où nous devons avancer avec beaucoup d’incertitudes.

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