Les livres – Hugo ( poésie )


Pour les plus grands, au secondaire, une poésie à réfléchir longuement…

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Dieu, le premier auteur de tout ce qu’on écrit,
A mis sur cette terre, où les hommes sont ivres,
Les ailes des esprits dans les pages des livres.
Tout homme ouvrant un livre y trouve une aile, et peut
Planer là-haut, où l’âme en liberté se meut.
L’école est sanctuaire autant que la chapelle.
L’alphabet que l’enfant avec son doigt épelle
Contient sous chaque lettre une vertu; le coeur
S’éclaire doucement à cette humble lueur.
Donc au petit enfant donnez le petit livre.
Marchez la lampe en main pour qu’il puisse vous suivre
La nuit produit l’erreur et l’erreur l’attentat.
Faute d’enseignement, on jette dans l’Etat
Des hommes animaux, têtes inachevées,
Tristes instincts qui vont, les prunelles crevées.
Aveugles effrayants, au regard sépulcral.
Qui marchent à tâtons dans le monde moral.
Allumons les esprits, c’est notre loi première,
Et du suif le plus vil faisons une lumière,
L’intelligence veut être ouverte ici-bas;
Le germe a droit d’éclore; et qui ne pense pas
Ne vit pas
Songeons-y bien, l’école en or change le cuivre,
Tandis que l’ignorance en plomb transforme l’or.

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VICTOR HUGO.

 

 

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