La soif ( texte 4e année-CM1)


La soif

L’aviateur Saint-Exupéry et son mécanicien Prévot sont tombés dans le Sahara.  Ils ont dû abandonner leur avion pour tâcher de traverser le désert.  Ils meurent de soif et ont perdu tout espoir, quand, par miracle, ils aperçoivent un Arabe, un bédoin.)

Nous sommes deux à tendre les bras vers ce Bédouin.  Nous sommes deux à user vers lui tout le souffle de nos poitrines.  Nous sommes deux à rire de bonheur!…

Mais nos voix ne portent pas à trente mètres.  Nos cordes vocales sont déjà sèches.  Nous nous parlions tout bas l’un à l’autre, et nous ne l’avions même pas remarqué!

Mais ce Bédouin et son chameau, qui viennent de se démasquer de derrière le tertre, voilà que lentement, lentement, ils s’éloignent.  Peut-être cet homme est-il seul.  Un démon cruel nous l’a montré et le retire…

Et nous ne pourrions plus courir!

Un autre Arabe apparaît de profil sur la dune.  Nous hurlons, mais tout bas.  Alors, nous agitons les bras et nous avons l’impression de remplir le ciel de signaux immenses.  Mais ce Bédouin regarde toujours vers la droite…

Et voici que, sans hâte, il a amorcé un quart de tour.  À la seconde même où il se présentera de face, tout sera accompli.  À la seconde même où il regardera vers nous, il aura déjà effacé en nous la soif, la mort et les mirages.  Il a amorcé un quart de tour qui, déjà, change le monde.  Par un mouvement de son seul buste, par la promenade de son seul regard, il crée la vie, et il me paraît semblable à un dieu…

C’est un miracle…  Il marche vers nous sur le sable, comme un dieu sur la mer…

L’Arabe nous a simplement regardés.  Il a pressé, des mains, sur nos épaules, et nous lui avons obéi. Nous nous sommes étendus.  Il n’y a plus ici ni races, ni langages, ni divisions…  Il y a ce nomade pauvre qui a posé sur nos épaules des mains d’archange.

Nous avons attendu, le front dans le sable.  Et maintenant, nous buvons à plat ventre, la tête dans la bassine, comme des veaux.  Le Bédouin s’en effraie et nous oblige, à chaque instant, à nous interrompre.   Mais dès qu’il nous lâche, nous replongeons tout notre visage dans l’eau.

L’eau!

Eau, tu n’as ni goût, ni couleur, ni arôme, on ne peut pas te définir, on te goûte, sans te connaître. Tu n’es pas nécessaire à la vie tu es la vie. Tu nous pénètres d’un plaisir qui ne s’explique point par les sens.  Avec toi rentrent en nous tous les pouvoirs auxquels nous avions renoncé.  Par ta grâce, s’ouvrent en nous toutes les sources taries de notre cœur.

Tu es la plus grande richesse qui soit au monde, et tu es aussi la plus délicate, toi si pure au ventre de la terre.  On peut mourir sur une source d’eau magnésienne.  On peut mourir à deux pas d’un lac d’eau salée.  On peut mourir malgré deux litres de rosée qui retiennent en suspens quelques sels.  Tu n’acceptes point de mélange, tu ne supportes point d’altération, tu es une ombrageuse divinité…

Mais tu répands en nous un bonheur infiniment simple.

A. de Saint-Exupéry «Terre des hommes»

Oralement puis à l’écrit : Travail sur le texte :  verbes d’action/verbes de situation

  1. Combien y a-t-il de paragraphes dans ce texte?
  2. Que font les deux aviateurs, dans le paragraphe 1?
  3. Que fait le Bédoin, sur son chameau, au paragraphe 3?
  4. Que font les deux aviateurs au paragraphe 5?
  5. Que fait le Bédoin au paragraphe 6?
  6. Que fait-il au paragraphe 8?  que font les deux aviateurs?
  7. Que font-ils au paragraphe 9?
  8. À qui s’adresse l’auteur aux paragraphes 11 et 12?  pourquoi parle-t-il avec tant d’émotion?
  9. Relevez les emplois du verbe être dans ces deux paragraphes.

 

À l’écrit : Compte-rendu de lecture :

  1. Compose deux paragraphes pour raconter la terrible aventure de Saint-Exupéry et de son mécanicien Prévot.
  2. Quelles émotions ont ressenties successivement les deux hommes?  qu’à dû penser le Bédoin?
  3. Trouves-tu que les deux aviateurs ont eu du courage?  Qu’aurais-tu fait à leur place.

L.Geslin  « Méthode de composition française II – les éléments du style » 1959

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Ce travail nous occupera une bonne partie de la semaine.

1) première lecture du texte seul.

2) lecture avec moi / prononciation / compréhension mot par mot, phrase par phrase, paragraphe par paragraphe…  bref une compréhension parfaite!

3) Questions à l’écrit cette semaine.  Je n’en demande pas souvent…  une fois de temps en temps seulement.  J’exige la réponse bien formulée oralement, mais cette fois, je lui demande de me l’écrire ensuite.

4) Rédaction…  un travail qui lui demandera au moins 2-3 périodes de travail selon moi😉

Si cela vous intéresse, voici mon document de travail :

Mars 2015_la soif

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