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Le rossignol ( texte )


Voici le premier texte de mon jeune fils-4…  ce texte aurait très bien pu être exploité en CE2 également.

Le Rossignol

Par une soirée délicieuse de printemps, un jeune enfant, accompagné de son maître, se promenait sur la lisière d’une forêt. Soudain le chant du rossignol se fit entendre.

« Quelle délicieuse harmonie!  s’écria Paul, après avoir écouté longtemps en extase; je serais curieux d’entendre de plus près un chantre si mélodieux; si nous avancions vers l’endroit où nous guide sa voix?

  • Gardez-vous-en bien; le rossignol est si sauvage que notre approche suffirait pour l’effaroucher et le réduire au silence.

  • Mais pourquoi donc, continua l’enfant, pourquoi cet oiseau, qui efface tous les autres, se plaît-il dans la solitude? Pourquoi fait-il entendre ses suaves accents loin de nos habitations, tandis que les moindres arbres de nos jardins sont remplis d’oisillons au ramage insipide et monotone?

  • C’est, répondit le maître, pour nous apprendre cette maxime, que « le véritable mérite est humble et timide.»

***J’ignore la source!

Questions :

  1. Quand se passe cette histoire?
  2. Où se promènent l’enfant et son maître?
  3. Qu’entend l’enfant?
  4. Que veut faire l’enfant?
  5. Que lui conseille son maître?
  6. Que découvre l’enfant?
  7. Que signifie la maxime : « le véritable mérite est humble et timide.

 

Si ce texte vous intéresse :

Le Rossignol

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Je réponds / texte de la semaine


«Peux-tu redonner un autre exemple d’un texte que tu travailles en 6e année STP »

Voici le premier texte qui sera travaillé cette semaine en 6e.  Je l’ai choisi pour son grand nombre de comparaisons.

Matin de foire

Jean est un jeune garçon d’une dizaine d’années.  Il s’est endormi la veille en pensant avec bonheur à la foire du lendemain.

Un coup de vent écuma l’aube et laissa là, blanchâtre comme du petit lait, croupi par les toits carmins, le petit jour.  L’air n’avait encore passé par aucune poitrine, n’était pas encore une haleine attiédie, et piquait. Des fermiers qui débouchaient de la nuit voilée et close en éternuèrent.  Le bourrelet de nuages qui ouatait l’horizon se soulevait par endroits, et mille courants d’air traversaient le bourg, ici une brise acide qui pénétrait dans les blouses par les collets ouverts, les tordait comme des jupons au séchoir et retombait en poussière sur le sol, là-bas un petit vent inconséquent qui effleurait à peine les cheveux et renversait dix mètres plus loin les planches ; l’air déshabitué répétait à faux les échos et le moindre toussotement résonnait sous le ciel comme sous un cloître.  Une cloche réveilla les ruisseaux qui galopèrent vers les mares et y plongeaient. Toute la terre s’étirait, heureuse et mécontente à la fois d’être là à l’heure, ainsi que celui qui ouvre les yeux un peu avant que le réveille-matin ne sonne.

Jean rejeta d’un coup sa couverture, et, les paupières à demi décousues, courut, titubant, vers la fenêtre.  C’était bien la foire, déjà reine, mais prudente encore et discrète : une femme à l’aube de sa fête.  Des carrioles passaient, aux roues engourdies, étirant leurs brancards ; des camions, dont les conducteurs somnolaient et dont la lanterne, seul vestige de la nuit, brûlait toujours.  Les maquignons se taisaient comme s’ils avaient fait un vœu, et ils portaient en effet le bâton des pèlerins.  Des génisses meuglotaient, jouant au cheval.  Les yeux des cochons étaient encore plus petits que la veille, affleurant ainsi que des truffes dans un pâté, et ils marchaient par groupes, flanc à flanc, les queues enroulées et renouées comme des gouvernails inutiles.  Dans les panières, le beurre à peine né jutait sous des feuilles de chou ; les yeux des poules couvaient sous un blanc d’œuf léger ; sur le siège, les mères assoupies allaitaient leur enfant d’un sein élastique que les cahots ne troublaient pas et les hommes marchaient à la tête de l’âne pour lui masquer les chevaux qui le dépassaient.  Au-dessus de la lucarne une mésange, réveillée en sursaut, oubliant que ses œufs n’étaient pas encore pondus, appelait en sanglotant ses petits ; au ciel encore incolore les alouettes montaient et viraient pour voir la foire de plus haut, et redescendaient en trombe vers l’étang désargenté qu’elles prenaient, de si loin, pour un miroir.  Le soleil rougi passait au blanc et, délesté, il s’enleva.

Jean Giraudoux ( provinciales, Grasset, éd)

1-  Première lecture silencieuse du texte (5-10 min.)

Je lui demande toujours de repérer les mots qu’il ne comprend pas pendant cette première lecture.  Dans un texte comme celui-ci, la compréhension est toujours plus difficile qu’un texte tout simple comme mon fameux « Pogo le hamster » de la semaine dernière 😉  C’est normal puisque l’écriture ne ressemble pas au langage familier de l’enfant.  Cependant, nous lisons chaque semaine des textes comme celui-ci…  alors, ce n’est jamais totalement incohérent pour lui.

2-  Deuxième lecture avec moi (30-40 min.)

Bon…  je sais.  Pour plusieurs ça semblent complètement inutile de relire un texte.  Pas pour moi.  Lors de la première lecture, l’idée est de se familiariser avec le texte.  Lors de la deuxième lecture, l’idée est de le « comprendre ».  Avec lui, nous repassons à travers le texte en entier et on l’épluche.  Ce n’est pas tout de lire un texte, il faut en comprendre le sens… non pas un sens approximatif mais bien le sens réel.

Mots ou expressions : écuma l’aube / petit-lait / les toits carmins / etc… etc…

Je repasse avec lui mot par mot / phrase par phrase tout le texte.

Je reviens sur la conjugaison des verbes du texte : ici, principalement à l’imparfait…  pourquoi? parce qu’un des rôles de l’imparfait est de présenter « une description associée à une réalité issue du passé. » comme dans ce texte!  On peut ajouter que lorsque Jean fait des actions ( Jean rejeta d’un coup sa couverture, etc… ) elles sont racontées à quel temps?  et oui…  au passé simple.  L’un accompagne souvent l’autre.

3-  Questions oralement ( 10-15 min. )

Uniquement pour vérifier la compréhension…  mais surtout pour vérifier s’il peut rechercher dans le texte les informations demandées rapidement.  Tout est là.  C’est le coeur de la compréhension de l’enfant…  apprendre à repérer les informations!

  1. Combien y a-t-il de paragraphes dans ce texte?
  2. De quoi est-il question dans le 1er paragraphe? ( idée principale )
  3. Que font les fermiers dans le premier paragraphe?
  4. Que font les bourrelets de nuages?
  5. Que font les mille courants d’airs?
  6. À la fin du 1er paragraphe, que fait la cloche?
  7. Que font les ruisseaux?
  8. Que fait la terre?
  9. Que se passe-t-il dans le 2e paragraphe? ( idée principale )
  10. Que fait Jean au début?
  11. Que font les carrioles?
  12. Que font les conducteurs de camions?
  13. Que font les lanternes?
  14. Que font les maquignons?
  15. Que font les génisses?
  16. Que fait la mésange?
  17. Que font les alouettes?

 

4-  Pour aller plus loin (15-20 min. ):

Ici, ça dépend de ce que je prévois revoir dans la semaine.  Je me sers du texte pour apporter une précision quelconque sur un sujet quelconque.

Le paragraphe.

Un paragraphe est une suite de plusieurs phrases qui développent une même idée.

On revient donc sur les questions 2 et 9

 

La comparaison.

Une des nombreuses figures de style.  La comparaison est la mise en relation de deux termes à l’aide d’un mot de comparaison ( comme, tel, semblable à , etc. )

On revient sur :

blanchâtre comme du petit-lait

les ( blouses ) tordait comme des jupons au séchoir

etc…

On pourrait cibler plusieurs choses!!!!!

******************************

Pour revenir à ce que je disais hier…  Travailler « en profondeur » un texte prend beaucoup de temps mais il apporte un regard « juste » par la suite.

On ne pourrait pas travailler plusieurs textes chaque semaine de cette manière… d’ailleurs, il ne serait pas « sain » de le faire.  L’enfant a besoin de travailler certains textes, mais il a également besoin de découvrir d’autres textes autrement.

L’important?  Lire..  lire… lire 😀

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Nids des oiseaux ( texte )


Voici mon petit texte à lire « à haute voix »  la prochaine semaine.

Nids des oiseaux

Une admirable providence se fait remarquer dans les nids des oiseaux. On ne peut les contempler sans être attendri de cette bonté divine qui donne l’industrie au faible et la prévoyance à l’insouciant.

Aussitôt que les arbres ont développé leurs fleurs, mille ouvriers commencent leurs travaux. Ceux-ci portent de longues pailles dans le trou d’un vieux mur, ceux-là mâchonnent des bâtiments aux fenêtres d’une église ; d’autres cherchent un crin à une cavale, ou le brin de laine que la brebis a laissé suspendu à la ronce.  Il y a des bûcherons qui croisent des branches dans la cime d’un arbre ; il y a des filandières qui recueillent la soie sur un chardon. Mille palais s’élèvent, et chaque palais est un nid, chaque nid voit des métamorphoses charmantes : un œuf brillant, ensuite un petit couvert de duvet. Ce nourrisson prend des plumes, sa mère lui apprend à se soulever sur sa couche. Bientôt il va jusqu’à se pencher sur son berceau, d’où il jette un premier coup d’œil sur la nature ; effrayé et ravi, il se précipite parmi ses frères qui n’ont point encore vu ce spectacle ; mais rappelé par la voix de ses parents, il sort une seconde fois de sa couche, et ce jeune roi des airs, qui porte encore la couronne de l’enfance sur sa tête, ose déjà contempler le vaste ciel, la cime ondoyante des pins et les abîmes de verdure au-dessous du chêne paternel. Et pourtant, tandis que les forêts se réjouissent en recevant leur nouvel hôte, un vieil oiseau qui se sent abandonné de ses ailes, vient s’abattre auprès d’un courant d’eau : là, résigné et solitaire, il attend tranquillement la mort au bord du même fleuve où il chanta ses plaisirs, et dont les arbres portent encore son nid et sa postérité harmonieuse.

Chateaubriand, « oeuvres complètes, volume 3 » chap.VI

Si ce court extrait vous intéresse :

nids d’oiseaux

 

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Journal quotidien


Le poids de ce qu’on lit…  ou entend… soupirs…

Je pense qu’un jour ou l’autre, la comparaison est inévitable.

Qui n’a pas «salivé» au moins une fois devant un projet particulièrement réussi découvert sur un blogue quelconque?

Qui n’a pas soupiré au moins une fois devant un blogue qui présente l’école-maison comme étant le rêve ultime d’une vie?

Qui n’a pas souhaité une petite famille parfaite qui s’installe sans réchigner et s’amuse toujours pleinement à faire des exercices répétitifs de conjugaison?

Qui, oui je me le demande, qui n’a pas rêvé d’un quotidien aussi merveilleux qu’un autre quelconque blogue propose?

Oui…  le poids de ce qu’on lit…  ou entend…  soupirs…

Plus les années avancent..  plus d’autres années passent derrière moi…  plus je me rencontre que ce que j’ai lu ou entendu est souvent complètement ridicule et absurde.

Prenez, par exemple, le programme que l’on propose à un enfant.

Je peux très bien dire que dans ma classe-maison je propose : français, maths, anglais, biologie, chimie, physique, arts, éthique et culture religieuse, histoire du monde, histoire du Canada, histoire de ci ou de ça, latin et grec ancien naturellement, instrument de musique, et quoi encore…

Je lis, parfois des curriculums vraiment impressionnants pour des petits enfants au primaire encore!

J’ai déjà été éblouie par de tel programme…  mais, avec le temps, j’ai compris que c’était de la poudre aux yeux!

Attention, je ne dis pas ici que ces blogues ou mamans proposent un mensonge là!!!!!  Je dis simplement qu’il est « impossible » de faire tout ça…  sinon…  pauvre enfant.

Prenons, par exemple, une simple dictée.

Si on prend le temps de la donner correctement;

Si on donne un peu de temps pour que l’enfant se questionne un peu pour éviter une tonne de fautes ridicules;

Si on la corrige ensuite;

Si on fait la correction AVEC l’enfant;

Combien de temps tout ça a pris?  Chez nous, même après 15 ans, j’y mets un bon 30-40 minutes chaque fois.

Ajoutons à notre programme le texte du jour.

Si on prend le temps d’amener le texte : l’auteur, la période d’écriture, etc.

Si on prend le temps de laisser l’enfant lire le texte seul;

Si on prend le temps de lire avec l’enfant le texte pour travailler la prononciation, la fluidité, corriger les erreurs de compréhension, le vocabulaire :

Si on prend le temps de faire les exercices de compréhension;

Combien de temps tout ça a pris?  Chez nous, même après 15 ans, j’y mets un bon 60-90 minutes.

Ajoutons l’étude de la langue.

Si on prend le temps de revenir sur une notion passée pour mieux comprendre la nouvelle;

Si on prend le temps d’installer la notion correctement en faisant un retour en arrière parfois;

Si on prend le temps de faire chacun des exercices consciencieusement;

Combien de temps tout ça a pris?  Chez nous, même après 15 ans, j’y mets un bon 30-40 minutes chaque jour.

Avez-vous compté?  Déjà… uniquement avec le minimum en français on y met plus de 2 heures!

Ajoutons notre programme de mathématique.

Si on prend le temps de revenir sur une notion passée pour mieux comprendre la nouvelle notion;

Si on prend le temps d’installer la notion;

Si on prend le temps de faire des manipulations pour amener la notion « concrète » dans la tête de l’enfant;

Si je prends le temps de parler, jaser, échanger sur des concepts mathématiques;

Si je prends le temps de faire tous les exercices, les corrigés et les refaire s’il le faut;

Si je prends le temps de faire de nombreux retour en arrière;

Combien de temps prend tout ça? Chez nous, même après 15 ans, j’y mets un bon 60-90 minutes chaque jour.

Alors…  la matinée est déjà passée et TRÈS remplie.  On ne parle même pas ici d’une situation d’écriture!

Parlons-en…

Si on prend le temps de bien comprendre le sujet;

Si on prend le temps de penser…  de mettre nos idées en place;

Si on prend le temps de faire un plan;

Si on prend le temps de faire le brouillon;

Si on prend le temps de se corriger, de réécrire en apportant des corrections;

Si on prend le temps d’écrire soigneusement un texte et l’embellir pour en être fier(ère)

Combien de temps prend tout ça? Chez nous, même après 15 ans, j’y mets un bon 2-3 heures!!!!

Est-ce que je vais plus loin?????

J’ai appris en faisant l’école-maison moi-même….  j’ai appris en travaillant chaque jour avec mes enfants…  j’ai vraiment compris ce que représentait tout le travail à faire lorsque j’ai tenté d’ajouter ceci ou cela en classe.

La réalité?  nos enfants ne sont pas des robots.

Une maman école-maison m’a dit un jour : « Sylvie tu surcharges ton fils-1 »

Au départ, je ne comprenais pas…   Il pouvait faire tout ce que je lui proposais aisément.  Mais étant ce que je suis…  toujours en train de se questionner…   j’ai commencé à observer « ce que je proposais » à ce fils-1.  J’ai commencé à porter un regard « critique » sur ce que je proposais en classe.

Et?  J’ai réalisé que beaucoup de choses ne sont pas essentielles.  Il est de bon ton de dire que notre enfant fait du chinois ou du latin…   mais est-ce toujours pertinent pour tous les enfants?

La réponse était assez claire pour moi.  Absolument pas.

Maintenant, lorsque je lis des absurdités, je me pose la bonne question : Est-ce humainement possible de faire tout ça chez nous?

Épurer…  voilà un mot qui devrait revenir à la mode dans notre classe-maison…   épurer pour solidifier les fondations!

Bonne journée!

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Pour aller un peu plus loin…


On travaille souvent la lecture… que ce soit la lecture à haute voix ou encore la lecture silencieuse mais peu de mamans travaillent aussi l’écoute!

On néglige souvent de proposer quelques exercices ici et là pour apprendre à bien écouter. Pourtant, il est si facile de proposer à l’enfant d’écouter un texte lu par un autre enfant ou par nous.  C’est un entraînement réellement difficile pour plusieurs de retenir des informations « entendues » au lieu de lues.

Cette semaine j’ai proposé ceci :

Voilà sur la table des figures géométriques de différentes couleurs : le triangle est vert, le carré est bleu, le rectangle est rouge, l’hexagone est blanc, le losange est jaune.  Le triangle est sur la table entre le carré et l’hexagone.  J’ouvre le tiroir de la table et je mets le carré dans le tiroir, j’ouvre le livre et je mets le rectangle dans le livre, je ferme le livre, le livre est fermé.  Le triangle a trois angles, le carré et le rectangle ont quatre angles, l’hexagone a six angles, les quatre angles du carré sont des angles droits, les six angles de l’hexagone sont des angles obtus mais au contraire les trois angles du triangle sont des angles aigus.

***source : vieux manuel « Livre de lecture et de conversation » 1899

Questions posées oralement :

  1. De quelle couleur est le triangle?
  2. De quelle couleur est la cerise?
  3. Où est le triangle?
  4. Combien d’angles le triangle a-t-il?
  5. Entre quelles figures géométriques le triangle est-il?
  6. Combien d’angles l’hexagone a-t-il?
  7. Les angles du carré sont-ils aigus?
  8. De quelle couleur est la rose?
  9. Quelles sont les différentes couleurs des figures géométriques?
  10. Où sont les figures géométriques?

Simple…

D’ailleurs, beaucoup de réponses seront des déductions sur les connaissances antérieures et certaines questions n’ont aucun rapport avec le texte entendu ( 2-8 )!

mais…  quel bel exercice de mémorisation auditive!!!!