Conte pour le son « L »


Un conte sur le génie de la découverte…
Soanne, une libellule savante, mène de nombreuses expériences scientifiques, aux résultats rarement maîtrisés ! Ce qui met de l’animation dans le marais !
Pas facile à vivre tous les jours pour les habitants des lieux…
Mais, n’est-ce pas là leur contribution à la science… ?

Soanne la libellule

Soanne la libellule vivait dans un marais humide et salé, et adorait aller à la découverte des expériences les plus folles.
Elle avait beaucoup d’idées géniales, et ses créations mettaient souvent de l’animation dans les lieux.
Un jour, avec des petites feuilles rigides plantées autour d’un roseau, elle confectionna une hélice.
-« Chouette ! » se dit-elle, « je vais m’en servir pour voler encore plus vite ! »
Elle la colla derrière ses fesses, et commença à voler dans le ciel. Soudain, un coup de vent souffla, et Soanne fut propulsée à toute allure, de l’autre côté du marais. L’hélice tournait à toute vitesse, et l’on pouvait entendre un doux bruit de ronronnement…
Bzoum en haut, bzou-oum à gauche, bzou-ou-oum à droite… La libellule traversait le marais dans un train d’enfer !
Elle dépassa un banc de canards qui volaient dans le ciel, et qui crurent avoir affaire à une météorite tombée du ciel.
-« Tous aux abris ! » cria le chef, « des objets volants non identifiés et hyper rapides tombent du ciel ! »
Soanne continua son voyage turbo et attrapa au vol une petite grenouille en plein bond.
Celle-ci se retrouva scotchée contre la tête de la libellule, qui du coup, n’y voyait plus rien.
-« Mais, mais, mais… Que se passe-t-il ? Je suis encore en l’air ? Je ne croyais pas avoir pris autant d’élan pourtant ! »
La libellule volait au hasard, avec la grenouille collée contre elle par la vitesse…
Et boum ! Arrêt brutal contre un tronc d’arbre qui se trouvait sur le passage. La grenouille fut assommée, et crut quand elle se réveilla, avoir rêvé. Quant à Soanne, elle avait le front orné d’une belle bosse, qui la faisait ressembler de loin, à une petite licorne !
Bon, l’hélice était ratatinée, mais qu’à cela ne tienne, elle allait passer à autre chose. Déjà, d’autres idées lui traversaient l’esprit, et cette fois, c’était la chimie qui l’intéressait.
Elle confectionna avec de petits rameaux évidés des petits tubes, dans lesquels elle plaça diverses mixtures de sa composition. Il y en avait une bleue, une jaune, une orange et une rose.
-« Super ! » se dit-elle « il ne me reste plus qu’à essayer les mélanges. »
Elle testa le rose avec le bleu… et obtint un petit nuage de fumée qui ne sentait pas très bon.
-« Bof ! Ca sent le prout ! » dit la libellule, en fronçant les narines, « essayons voir le jaune avec l’orange… »
Alors là, ce qui se produisit fut plutôt sympathique : de jolies étincelles qui crépitaient puis partaient dans le ciel pour éclater en de belles gerbes dorées.
Le spectacle attira du monde, et bientôt la foule s’amassa.
Soanne, ravie du succès, en remit une ou deux couches, et ce fut reparti !
Mais, dans l’allégresse générale, la libellule voulut essayer un autre mélange : le bleu avec le jaune.
Cette fois, il y eut d’abord de petites bulles qui se formèrent, puis, soudain des pétarades qui détonèrent avec fracas dans le marais.
-« PAN – PAN PAN PAN PAN, PAN PAN !»
Panique dans le quartier, on crut que les chasseurs étaient de retour, et on se sauva à tire d’ailes, à pattes raccourcies…enfin très vite.
Ce fut là que Soanne osa le dernier mélange : le rose avec le jaune ! Alors là, ce fut l’apothéose : le liquide monta monta…déborda du roseau et gicla en des milliers de gouttelettes.
Certains crurent que c’était la balle des chasseurs qui les avait touchés, et s’écroulaient de faiblesse. D’autres pensèrent qu’on s’amusait à les arroser et firent volte-face pour piéger l’agresseur. Mais, rien à l’horizon !
Et, sur leur corps, seulement ces petites gouttes qui les grattaient là où elles étaient tombées…
Bientôt, tout le marais se retrouva en train de se gratter, et ça faisait un sacré remue-ménage.
-« C’est une attaque de puces ! Elles se sont cachées dans les gouttes ! » dit un corbeau, les pattes écartées pour se gratter les ailes.
-« Mes pattes, elles me démangent ! » gémit une araignée dont les jambes tambourinaient, comme si elle dansait le rock.
-« Et moi ! C’est mon cou ! » pleura une pauvre poule d’eau, qui avait beau tourner le bec dans tous les sens, ne parvenait pas à atteindre l’endroit sensible.
Soanne regardait tout ça, un peu dépitée.
Bon, il valait mieux ranger ses tubes et ne plus les sortir d’un moment. Il fallait encore un peu travailler avant, pour tenter de comprendre ce qui pouvait être déclenché !
Soanne continua ses tours de génie, et parfois le marais s’en portait mieux, parfois c’était le contraire…
Mais, ce n’était pas partout qu’on pouvait se vanter d’avoir chez soi un génie, alors il fallait bien faire avec !

 

Valérie Bonenfant

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